Kadou

Pour les métiers libres :

L’autre jour un ami, l’âge venant, me confiait ses soucis, dont un problème physique à son bras, lié à son activité professionnelle, commençait à lui poser quelques handicaps, il se demandait comment serait l’avenir pour lui dans la conjoncture actuelle. Il fait partie de ces milliers de travailleurs, venus de ces terres du Portugal, comme d’autres d’Italie ou d’Espagne, qui n’épargnèrent pas leurs efforts dans le travail durant de nombreuses années sur notre terre de France. Ces populations aux mêmes racines latines et chrétiennes, apportèrent une forte énergie dans leur intégration parmi nous et c’est avec un grand respect que je les salue… Bref que penser de sa situation, sachant que chargé de famille en plus et d’enfant handicapé de surcroit, l’avenir dans un monde libéral où seul l’argent compte n’annonce pas de bons augures.

 

Nous pourrions sous d’autres sociétés répondre qu’importe, faisant parti d’un corps de métiers respecté, puissant et libre, il serait, par son expérience acquise, dirigé vers la partie « administrative » professionnelle, s’occuper à la formation des plus jeunes, des apprentis. Il pourrait prendre en charges les enfants orphelins du métier, gérer la caisse maladie dudit métier où entrer dans la magistrature de celui-ci ! S’il se sent plus impliqué il pourrait encore représenter le métier dans les chambres jusqu’à la province pour peut-être finir dans les Conseils économiques de l’Etat. Si les métiers étaient libres de s’organiser, ce n’est pas les fonctions internes qui manqueraient et j’en oublie. Mais pour le plaisir et par empirisme historique nous pourrions rajouter, gérer la trésorerie du métier, sa police et ses droits, ses fêtes, ses coutumes, son héraldique et ses titres, ses écoles, ses fonctions sociales, ses biens meubles et immeubles…

 

Tout ce que la Révolution a volé au monde ouvrier et qui faisait ses défenses, son armature, ses privilèges, sa sécurité, bref son autonomie et dont notre monde d’aujourd’hui ne fait qu’admirer les chef d’œuvre passés, parce qu’il faut sans cesse le répéter, la nuit du 4 aout fut la mort des autonomies ouvrières et provinciales, bien plus que des droits féodaux. La révolution « bourgeoise » n’eut qu’un seul but, mettre en place au pouvoir le libéralisme économique, au service des puissances financières, rien de plus. Le « prêt à penser » fabrique l’histoire afin de laisser croire à la fin d’un régime exécrable mais il reste encore assez d’informations libres aujourd’hui, à travers archives, textes, actes notariés, livres des métiers pour y découvrir bien le contraire. L’ère de l’esclavage fut plutôt le XIXe siècle suivant cette horrible révolution générant toutes les dictatures modernes et dont la sombre histoire reste le linceul immaculé du sang ouvrier…

 

Bref les libertés ne peuvent fleurir que sous un régime qui possède le temps pour lui et dont les fondements sont autres que financiers. L’argent n’a que faire du beau comme du bien, cela ne rapporte pas ! Le libéralisme ne s’intéresse qu’à l’utile quand il rapporte et non à la culture et aux arts. Sous notre république des droits de l’homme, les artistes peuvent bien « crever » dans les rues, on est plus sous François 1er où Louis XIV les hébergeant gratuitement au Louvre. C’est sous nos rois que les cathédrales pointaient fièrement leurs cimes vers le ciel, comme c’est sous leurs règnes que les artisans étaient anoblis car « peuple et rois » sont de droits divins disait mon vieil ami Marcel Jullian disparu. Qu’importe tous les ministres dits de la culture comme ceux de l’éducation nationale, car dans une société libre, ils n’existeraient pas, les écoles et universités alors, s’autogéreraient, les hommes redeviendraient des citoyens à part entière, au sens grec du terme. Nous ferions de bonnes économies car la République coûte cher au contribuable, excessivement cher, beaucoup plus cher que n’importe quelle monarchie à bien regarder…

 

C’est pourquoi mon cher ami, tu comprendras que tant que le système trouve en toi le moyen de gagner de l’argent, tu l’intéresse mais surtout, ne fléchis pas ni ne réfléchis, car alors tu découvriras combien la ripoublique qui est au pouvoir est antisociale !!!

 

Notre jour viendra !

 

Frédéric Winkler

 

La Monarchie n’est pas une idéologie :

« L’armature politique et l’armature militaire d’un pays sont le berceau où les mœurs et les lois, et la langue, et la religion même, et la race, et les arts peuvent se coucher pour grandir. » Charles Péguy

 

« N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît,
Et modeste, d’ailleurs, se dire : « Mon petit,
Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles
Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! »
Puis, s’il advient d’un peu triompher, par hasard,
Ne pas être obligé d’en rien rendre à César,
Vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,
Bref, dédaignant d’être le lierre parasite,
Lors même qu’on n’est pas le chêne ou le tilleul,
Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul… »

(Cyrano de Bergerac, Edmond Rostand)

 

Nous vivons cette époque de profondes confusions, fruit du questionnement comme de l’instabilité des êtres. Mais pas seulement car c’est aussi et surtout le résultat d’un conditionnement savamment pratiqué d’un système profondément antisociale. Notre peuple a perdu depuis fort longtemps le chemin de la sérénité, par une lente dégradation de l’attention qu’il portait à l’invisible, à la contemplation, la remise en question comme de l’humilité. Vieille civilisation, qui jadis consultait les anciens, respectait l’expérience, se remettait en question, s’analysait, alors que comme le disait Régine Pernoud : « Notre geste familier, c’est l’index accusateur, dénonçant toujours le mal chez l’autre, restons humble, leur geste à eux consistait à se frapper la poitrine « pour nos pêchés Dieu nous châtie »». C’est ainsi que certains redécouvrent par des pratiques venant de pays du Tiers monde des enseignements qui jadis faisaient la richesse de notre pays, croyant en des nouveautés qui, somme toute, ne sont que des pratiques oubliées. C’est ainsi, la méconnaissance, l’enseignement perdu, la destruction de l’histoire, la perte d’identité font que les êtres cherchent des repères afin de comprendre et sortir de situations de plus en plus compliqués.

(suite…)

Adieu Jean Piat :

« Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances. » (Cyrano)

Adieu Jean Piat, grand comédien qui nous fit rêver durant notre jeunesse avec ton incomparable « Lagardère » (1967). Les exploits du chevalier « J’y suis ! » champion de la « Botte de Nevers », croix fait par l’épée sur le front des félons, entraînaient nos jeunes années dans les rues pour s’escrimer entre nous. Tantôt chevalier et tantôt en bossu, malingre et renard, Jean Piat développait tout ses talents comme dans les « Rois maudits ».
Je m’étais d’ailleurs entretenu avec Maurice Druon, dans les rues par une rencontre fortuite près des quais de Seine, au début des années 80, proche du restaurant Louis-Philippe, chez un bouquiniste de nos amis. Connaissant mes idées royalistes, discussions riches, le long de cette ile St Louis, il m’avait proposé de rencontrer alors Thierry Maulnier. Mes premières lectures furent le prix de longues recherches où alors on pouvait pour quelques francs, se constituer une solide bibliothèque d’historiens oubliés…
Pour parfaire le tableau, Marcel Jullian était producteur d’Antenne 2, je l’ai rencontré lors d’un Banquet d’Action française au début des années 80, nous avions bien parlé… Il présentait son ouvrage : « Courte supplique au roi pour le bon usage des énarques », quel grand homme il était…
C’est encore un temps fort riche où je donnais chaque vendredi soir à la Sorbonne, le journal royaliste que nous y vendions, à Jacques Dufilho, ardent royaliste aussi. Un personnage discret qui me donnait en retour le contact pour venir gratuitement le voir, à ses pièces de théâtre…
Bref après ce petit tour d’horizon, de grands personnages disparus, je rappellerai les circonstances de ma rencontre avec Jean Piat, c’était un 6 novembre 2009, avec Maître Trémolet de Villers, pour la présentation de l’ouvrage « Un Prince Français » du Prince Jean de France.
Nous y étions en tant que groupe d’Action royaliste invités pour une grande soirée. J’avais demandé à Jean Piat d’y rajouté un mot et il avait, pour l’occasion écrit pour Fanfan (mon fils) « Merci François de répandre cette bonne parole, Jean Piat ».

« Oui, monsieur, poète ! et tellement, Qu’en ferraillant je vais – hop ! – à l’improvisade
Vous composer une ballade. » (Cyrano, E. Rostand)

Jean Piat fut un grand acteur et un très grand comédien et comme beaucoup qui nous quittent dans ce sablier du temps qui, imperturbablement ensemence notre terre de tant de talents, ils restent toujours trop tôt disparus…
Alors oui Jean, Cyrano, Robert D’Artois où Lagardère, tu va nous manquer et pas seulement sur les planches mais comme compagnon, comme défenseur de cette France royale, par poésie comme tu le disais dans « Et… Vous jouez encore » (Mémoires en trois actes, Jean Piat, 2015). Dans nos rêves sans fin, comme dans la vie, pour le Roi toujours, nous serons d’ardents bretteurs pour confondre les mauvais, par chevalerie et service mais surtout par justice. C’est toujours difficile de voir partir le talent comme les amis, ils vont continuer là-haut de rayonner. Molière l’y attend, comme Cyrano dont il fut un des meilleurs interprètes après Daniel Sorano…

« Belles personnes, – Rayonnez, fleurissez, soyez des échansonnes – De rêve, d’un sourire enchantez un trépas, – Inspirez-nous des vers… mais ne les jugez pas ! » (Cyrano)

F. Winkler

Honte à la pseudo-justice républicaine ! :

Ces derniers jours, la pseudo-justice républicaine a encore fait parler d’elle. Un peu comme le mauvais élève du fond de la classe se faisant remarquer pour sa turbulence. Et qu’a-t-elle fait encore cette pseudo justice ? A vrai dire elle a fait comme à ses habitudes, elle s’est comportée minablement face à une situation qui nécessitait de sa part plus de partialité et de sang-froid. L’affaire en question c’est celle de Clément Méric. Estéban Morillo et Samuel Dufour, les deux protagonistes qui ont été jugés en cette mi-septembre 2018, sont condamnés à 11 ans de prison ferme pour Morillo, et 7 ans ferme pour Samuel Dufour. La lourdeur des condamnations est incontestable ! Sachant d’autant plus qu’il a été prouvé que c’était bel et bien Clément Méric et ses acolytes antifas, qui ont cherché la bagarre. Estéban et Samuel n’ont fait que se défendre. A en juger la condamnation, on a l’impression qu’Estéban Morillo a tué un fonctionnaire de police. C’est d’ailleurs très certainement la peine qu’il aurait encouru si cela avait été le cas. Mais là, il s’agissait plutôt d’un jeune antifa exalté par les slogans de violence permanente qui caractérise tant ce milieu aux méthodes fascisantes avérées. Et c’est à travers cette lourde condamnation que l’on se rend compte à quel point les antifas sont bel et bien considérés par le pouvoir républicain comme une milice supplétive non officielle, mais totalement surprotégée. D’autant plus que la mort du jeune Méric fut un accident, elle ne fut nullement préméditée par Estéban Morillo et ses compères. Jamais ils ne voulurent la mort de quiconque dans cette histoire. Il s’agissait d’une querelle entre jeunes aux camps différents, qui a malheureusement accidentellement mal tourné pour l’un d’eux.

Il n’est donc pas difficile de comprendre qu’Estéban et Samuel ne furent pas jugés pour leurs actes, mais bel et bien pour leur appartenance à la mouvance « d’extrême droite ». C’est « l’extrême droite » qui fut jugé en cette mi-septembre et non l’affaire Méric en elle-même. Même un candidat de télé-réalité le comprendrait assez facilement. L’allégorie de la Justice est souvent représentée avec les yeux bandés, histoire de bien montrer son impartialité lors de son jugement final. Mais pour ce qui est de cette affaire Méric, non seulement la Justice n’avait pas les yeux bandés, mais elle disposait au contraire, d’une lunette de visée pour fusil sniper en direction des deux militants nationalistes. Sachant qu’en plus ils fréquentaient un certain Serge Ayoub, diablotin virulent bien connu du système, incarnation caricaturale de « l’extrême droite » et de la « haine » !  Autant dire que pour les deux militants nationalistes, c’était Alea Jacta Est bien avant le début du procès.

Bref ! Qu’est ce qui a changé depuis l’assassinat de Marius Plateau en 1923 ? Ce dernier était un ancien combattant de 14-18, secrétaire général de la Ligue d’Action française et Camelot du Roi. Il fut assassiné par une anarchiste du nom de Germaine Berton. Et malgré les preuves et les aveux de cette dernière, la pseudo justice républicaine l’acquitta ni plus ni moins. Forcément comme le disait si bien Saint Just en son temps : « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Le slogan « La liberté ou la mort » est malheureusement toujours d’actualité, et dans cette affaire c’est Clément Méric qui incarnait aux yeux de la pseudo justice républicaine, la liberté en question. Liberté qui pourtant ne rime pas avec « antifa » quand on songe à leurs méthodes fascisantes… D’ailleurs, envoyer sur le terrain un jeune fragile sorti à peine d’une leucémie, il y a de quoi se poser des questions sur les méthodes en question. Car non seulement il ne faut pas s’étonner du résultat final en cas de baston, mais aussi qu’en est-il du responsable antifa de Paris qui avait la responsabilité des activités de Clément ? On les voit tous pleurnicher maintenant, organisant de petites manifs en hommage à Clément avec pour slogan : « Ni oubli, ni pardon ! » Rien que ça ! Encore un slogan qui respire la paix, surtout de la part de gens qui ne savent que pleurnicher sur les conséquences de ce qu’ils prônent… La violence contre ceux qui ne pensent pas comme eux, les antifas, dont faisait partie Clément Méric, l’ont toujours prôné, et ont toujours cherché à la mettre en pratique. Mais depuis quand on envoie au casse-pipe des jeunes gringalets leucémiques à qui on fait croire que la violence au nom de l’antifascisme est une noble cause, sans se soucier des conséquences possibles ?

La partialité des juges et des magistrats devrait susciter plus d’inquiétude. Car force est de reconnaître que l’épuration idéologique des structures de l’état en 1944 et 1945 a été particulièrement efficace, et à ce jour nous en subissons toujours les conséquences.

Nous ne pouvons que souhaiter beaucoup de courage pour Estéban et Samuel, même si nous ne sommes pas pleinement en adéquation avec leurs idées. Nous espérons que leurs avocats, à défaut d’avoir su les défendre efficacement, puissent au moins alléger leur peine et faire que leur détention se passe pour le mieux.

Nous finirons avec une simple petite question pour la pseudo justice républicaine : Et si c’était Clément Méric qui avait tué par inadvertance Estéban Morillo, quelle aurait été la condamnation pour Clément ??

La réponse nous la connaissons déjà, c’est Germaine Berton qui nous la fourni…

P-P Blancher

Le Loto du patrimoine :

Le Loto du patrimoine se déroule cette semaine et devrait rapporter environ 15 à 20 millions d’euros pour participer à la restauration de 270 sites en péril : cela peut sembler dérisoire au regard des enjeux et de l’importance de ce qui fait nos paysages historiques et l’identité de la France tout autant que sa mémoire vive. Mais, même si les sommes restent beaucoup trop modestes, c’est toujours mieux que rien et, surtout, c’est l’occasion de mettre en valeur quelques éléments de la richesse française et de sa civilisation bimillénaire, et de rappeler à nos contemporains que nous sommes des héritiers, que nous le voulions ou non.

 

Cette opération intervient au moment où le Brésil pleure son patrimoine détruit lors de l’incendie de l’ancien palais impérial devenu Musée national à Rio de Janeiro. « Créé en 1818 par le roi portugais João VI, il abritait notamment le squelette de Luzia, plus ancien humain découvert dans le pays, datant d’environ 11.000 ans », rapporte Le Pélerin dans son édition du 6 septembre, et environ 20 millions de pièces conservées en cet endroit ont disparu en une seule nuit, n’en laissant que cendres et regrets, colère aussi. Les raisons qui expliquent, non pas l’incendie mais son ampleur et ses conséquences dévastatrices, sont éminemment politiques, comme « les coupes budgétaires décidées par le gouvernement libéral et affectant, entre autres, l’entretien du bâtiment ». Cela doit nous alerter sur la précarité de ce qui est face aux événements toujours possibles de l’incendie, du vandalisme ou du vol, et nous inciter à prendre quelques précautions et quelques initiatives pour préserver, entretenir et, surtout, valoriser ce que nous possédons comme patrimoine physique, mais sans jamais négliger « l’esprit des choses », ce patrimoine immatériel et symbolique qui donne du sens aux monuments et aux objets d’hier et d’avant-hier.

 

Dans cette période de mondialisation qui tend à uniformiser les pensées et à dénier les identités particulières des États pour imposer un modèle à la fois mondial (société de consommation ; libre-échange ; primat de l’économie ; multiculturalisme ; etc.) et communautariste (religieux ou ethnique), la préservation du patrimoine français va bien au-delà de la seule protection des vieilles pierres ou des ensembles admirables : il s’agit de sauvegarder et d’entretenir ce qui nous mène de la terre au ciel, nos racines, variées, familiales et provinciales, et ce tronc commun qui se nourrit de toutes et les réunit toutes, la nation française, lui même décoré et enrichi d’influences diverses et parfois extérieures, au fil d’une histoire qui n’est pas finie.

 

Il y a un « devoir de patrimoine », qui doit permettre à la mémoire de se perpétuer sans être un carcan mais bien plutôt « la possibilité d’un destin ». Si chacun de nous, et aussi tous les amoureux de la France et de ses mille couleurs, de la Bretagne à l’Alsace, de la Provence au pays d’Ouche, de Paris à Lancieux, peuvent être les gardiens attentifs et attentionnés de ce riche patrimoine, il appartient à l’État de jouer son rôle historique et politique qui est de garantir sa bonne santé et sa transmission aux générations futures, non en organisant tout et en intervenant partout mais en mobilisant les énergies disponibles et en appelant les capitaux et le mécénat là où c’est possible, et en n’hésitant pas à mettre la main à la poche quand cela est nécessaire, comme le firent les rois qui se sont succédé depuis François Ier, puis les quelques présidents soucieux d’art et de mémoire, comme MM. de Gaulle et Pompidou, entre autres. M. Macron, qui inaugura son règne quinquennal dans la cour du Louvre royal, ne doit pas oublier que le décor de sa victoire doit aussi à ce lointain passé qui, en définitive, n’est jamais complètement dépassé, source d’une mémoire active et encore vive d’une réflexion politique qui pose le temps comme un élément fondateur de toute puissance pérenne et visible.

 

L’État ne doit pas être un simple organe d’administration économique, comme le souhaiteraient les adeptes d’un libéralisme oublieux du Bien commun et partagé ; il se doit d’être le protecteur des arts et des pierres qui fondent la nation, avant que d’en être le financier ultime si besoin est. Cela implique aussi de ne pas laisser le passé nous commander mais d’en préserver les fondations solides sans lesquelles il n’est pas d’avenir souverain possible : la France n’est pas, ne doit pas être un musée. Mais elle doit être elle-même, libre, dans une logique permanente de « tradition critique » et de « fidélité créatrice ». Le bon usage de notre riche patrimoine peut en être une illustration utile et, en tout cas, nécessaire : oublier cela serait, non seulement un risque pour la pérennité de ce qui est, mais un péril pour ce que nous sommes au regard du monde et de l’histoire…

Jean-Philippe Chauvin

 

Vers une révolution corporative :

Il est très difficile aujourd’hui de proposer le principe corporatif comme conception économique, tant les esprits sont imprégnés des idéologies dominantes : le libéralisme et le socialisme. Depuis que l’ordre naturel, fondé sur des communautés naturelles organiques, a été bouleversé par la loi Le Chapelier, qui ne reconnaît plus que les individus et l’État, nous baignons dans un système qui oscille entre la poursuite d’intérêts individuels, exaltés par l’idée de concurrence, où toutes les barrières qui régulaient l’économie sont abolies, et une défense d’intérêts de classe, où le principe d’opposition s’est substitué au principe d’union et d’organisation. Tout le problème est là. Cette philosophie de l’économie, a débouché sur l’ouverture des marchés à tous vents, au développement de la grande distribution tuant le commerce de proximité, à la mondialisation, aux multinationales et à la disparition des économies locales, qui reflétaient un art de vivre et qui ont fait toute l’originalité de notre civilisation. Que peut-on faire aujourd’hui pour reconstituer des structures d’organisation et de participation dans le domaine professionnel ?

Avec René de la Tour du Pin on sait qu’il n’y a pas deux, mais trois principales écoles d’économie politique :

 » celle où l’on considère l’homme comme une chose « , c’est le libéralisme,

 » celle où on le considère comme une bête « , c’est le socialisme,

 » celle ou on le considère comme un frère « , il s’agit alors du corporatisme.

C’est de cette troisième école d’économie politique dont nous allons parler :

Cette troisième école d’économie politique, venue de l’expérience de l’histoire, par empirisme, en quelque sorte, oubliée par confort par ceux qui soumettent les peuples à l’usure et au monde des chimères matérialistes, fut celle des temps médiévaux. Cette école a fleuri sur l’arbre de nos ancêtres, fruit des usages, coutumes, droits acquis et traditions multiples, que nos pères avaient accumulés avec le temps. Les efforts dans le labeur avaient constitué des règles, liés aux divers métiers et soucis sociaux, c’est ce que nous appellerons plus communément le régime corporatif. Ce régime est le plus humain et le mieux adapté face aux difficultés économiques d’aujourd’hui et de demain. Les considérations qui vont suivre le feront paraître.

Et d’abord quelle est la condition essentielle d’un bon régime du travail ? La Tour du Pin a fait à cette question une réponse de nature à satisfaire les plus difficiles : « Le travail n’a pas pour but la production des richesses, mais la sustentation de l’homme, et la condition essentielle d’un bon régime du travail est de fournir en suffisance d’abord au travailleur, puis à toute la société, les biens utiles à la vie. »

La Tour du Pin a défini le régime corporatif : « Une organisation de la société en corps professionnels, aussi bien dans l’ordre politique que dans l’ordre économique ». Dans l’ordre politique, il fournit aux corps élus la représentation des droits et des intérêts en lieu de celle des partis ; dans l’ordre économique, « il substitue à la liberté illimitée du travail et du capital et à la concurrence sans frein qui en résulte des règles variables dictées par les corps professionnels eux-mêmes dans l’intérêt de la sécurité et de la loyauté du métier ».

Retenons bien cette formule : « Règles dictées par les corps professionnels eux-mêmes » : elle restitue au régime corporatif son vrai visage. Ce régime n’est pas, ne doit pas, ne peut pas être une création d’Etat : il est l’organisation de la profession par les hommes de la profession.

Le régime corporatif français rejette le libéralisme, l’anonymat des entreprises, la lutte des classes et l’orientation de la production tournée exclusivement vers le profit.

La république antisociale dans ses oeuvres :

Devant la cadence antisocial d’une ripoublique destructrice de notre économie au profit des banque dont le président fut un des loyales serviteurs, alertons inlassablement nos frères dans la promiscuité des lendemains qui ne seront pas enchanteurs. je republie mon texte de l’an dernier… Ordonnances Macron, qu’en dire pour l’instant
« Les républiques françaises, territoriales et professionnelles, ont besoin d’un fédérateur. On ne sauve une nation qu’en respectant, ou bien en retrouvant, le principe qui a présidé à sa naissance » (A.Murat)
Un monde Orwellien est en marche, depuis quelques temps déjà, il était question de réformer le Code du travail devenu effectivement incompréhensible dans ses inextricables articles. Le nouveau président Macron avait annoncé qu’il gouvernerait par « Ordonnances », voilà qui est fait et tant pis pour les incrédules imaginant une justice dans un système qui depuis bien longtemps est antisocial (
« Code du travail : Ce que contiennent les cinq ordonnances, Alexia Eychenne, 31 août 2017, « Libération », http://www.liberation.fr/…/ce-que-contiennent-les-cinq-ordo…). Il est plutôt question de faciliter les solutions expéditives concernant les salariés comme leurs instances représentatives. D’ailleurs un formulaire type sera fait pour les licenciements, plus pratique pour se débarrasser des salariés en entreprise (« Bientôt un formulaire pour se faire licencier ? », Cécile Crouzel Publié le 30/06/2017, le Figaro économie, http://www.lefigaro.fr/…/09005-20170630ARTFIG00002-bientot-…) : « Cela va rassurer les PME, désormais on va pouvoir maîtriser le risque du licenciement » (François Asselin, président de la CPME, « Confédération des petites et moyennes entreprises »). Concernant l’ancienneté : « Avec deux ans d’ancienneté, le plafond sera de trois mois de salaire, augmenté à raison d’un mois par année d’ancienneté, jusqu’à 10 ans. Puis en hausse d’un demi-mois par an, pour atteindre 20 mois maximum pour 30 années dans la même entreprise. Les salariés avec peu d’ancienneté sont pénalisés, car la loi accorde aujourd’hui au moins six mois de salaire après deux ans de maison dans des entreprises de plus de 10 salariés. Le juge ne gardera sa liberté d’appréciation qu’en cas d’atteinte aux libertés fondamentales (harcèlement, discrimination, dénonciation de crimes et délits…) » (« Code du travail : Ce que contiennent les cinq ordonnances, Alexia Eychenne, 31 août 2017, « Libération », http://www.liberation.fr/…/ce-que-contiennent-les-cinq-ordo…). Voilà en guise de remerciement pour bons et loyaux services !…

(suite…)

Déblayons les préjugés sur la Monarchie :

Pour beaucoup, l’histoire de France commence en 1789, comme si avant, c’était l’obscurantisme, l’asservissement, les superstitions. Et l’école républicaine a si bien enfoncé cela dans nos crânes, que ce serait un coup d’État dans notre vision moderne que de penser autrement. Les  » valeurs de la république  » seraient-elles un autre évangile, celui de l’homme sans Dieu ? Il est à présent ringard et rétrograde que d’oser évoquer le sujet, sous peine  » d’excommunication républicaine « , c’est-à-dire le risque d’une carrière brisée, une réputation de fasciste, une odeur nauséabonde de non-liberté ! Cette vidéo dépoussière le sujet pour ceux qui veulent penser par eux-mêmes. Croyants, non croyants, vous êtes invités à soulever le couvercle républicain dans cette vidéo. Venez et faite-vous votre opinion…

Chronique d’une république destructrice :

Concrétisez votre soutien dans nos activités vidéos :
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Suite à la suppression de la première version de cette vidéo sous prétexte de droit d’auteur réclamé par l’INA, nous repostons donc la vidéo : Chronique d’une république destructrice !

Cette vidéo est la présentation d’un discours fait par Frédéric Winkler, président du Groupe d’Action Royaliste, lors du banquet Camelot du 23 janvier 2011.

Au-delà de l’affaire Benalla, la question des institutions :

L’affaire Benalla a largement empoisonné l’été présidentiel et montré quelques failles du système de M. Macron : l’absence de relais véritablement enracinés dans le pays ; un personnel politicien et parlementaire macronien peu efficace, voire trop arrogant pour être entendu par l’opinion publique ; une communication élyséenne maladroite ; la fragilisation de l’image d’autorité du président, soupçonné d’autoritarisme et sa dégradation aux yeux des États étrangers, certains trop heureux de voir les difficultés de la magistrature suprême française occulter leurs propres faiblesses…

 

Il faut pourtant replacer cette affaire dans son contexte et ne pas en faire ce qu’elle n’est pas, dans une dérive qui reste une tendance lourde et facile des médias et des oppositions en régime démocratique d’opinion. L’affaire Benalla est un scandale qui touche la magistrature suprême de l’État, mais ce n’est pas, pour autant, une crise d’État comme certains ont pu le dire ou l’écrire : le régime ne va pas s’effondrer et la République n’a pas tremblé sur ses bases, qu’on le regrette ou non. En revanche, c’est bien plutôt une « crise d’état d’esprit », et, en cela, elle dépasse largement les seuls protagonistes de cette affaire : c’est aussi ce que voulait signifier le slogan popularisé par le Groupe d’Action Royaliste cet été : « Le Roi avait d’Artagnan, le Président a Benalla ! ». La comparaison entre les deux noms et les deux régimes a, d’ailleurs, fait mouche dans la rue et parmi ceux qui ont aperçu cette formule au hasard de leurs déplacements estivaux…

 

Un de nos interlocuteurs résumait par une autre formule (approchante) cette affaire : « Quand la Monarchie suscite le service et la fidélité, la République, elle, valorise les grands principes… et favorise les opportunistes ». Cela n’a pas empêché la Monarchie de connaître aussi des scandales et des courtisans, mais sa nature même empêchait les dérives inhérentes à la logique propre et à la pratique des institutions républicaines, et pouvait préserver l’autorité de l’État qui, non élu en sa magistrature suprême, ne dépendait pas des coteries ou des arrangements entre les plus puissants : un Nicolas Fouquet fit d’ailleurs les frais de cette politique d’indépendance de la Monarchie à l’égard des féodalités de l’Argent, et c’est d’Artagnan lui-même qui, sur ordre du roi Louis XIV, se chargea de l’arrêter au sortir d’un conseil des ministres. Cela paraît inenvisageable dans la République actuelle, et, au regard de l’histoire des cinq Républiques françaises, cela semble bien une constante depuis Danton, corrompu au plus haut point et qui, exception marquante et néanmoins sinistre, le payera de sa tête au nom d’une vertu républicaine que Robespierre incarnera dans le sang et qui fera regretter l’ancienne justice royale, plus mesurée en comparaison.

 

Néanmoins, la pression de l’opinion publique ou, plutôt, celle des médias et des réseaux sociaux, se fait désormais derrière des écrans, ce qui évite à la République d’avoir à affronter des manifestations de rue comme celles, tragiques en leur terme, des mois de janvier et février 1934, initiées et emmenées par l’Action Française et ses Camelots du Roi dont plusieurs seront alors tués par une République aux abois et toujours scandaleuse. Soyons précis : les affaires actuelles, pour ce que l’on en sait et ce qu’en feuilletonne Le Canard enchaîné avec gourmandise, sont bien mineures au regard de l’affaire Stavisky, du nom de cet autre « Monsieur Alexandre », ou de celles qui concernent les multinationales de la chimie (Monsanto, Bayer), de l’agroalimentaire ou des « GAFAM » états-uniens, celles-ci privant le budget de l’État de plusieurs milliards d’euros chaque année  ! En fait, Benalla, Kohler ou Nyssen, au-delà de leurs fautes respectives et évidemment condamnables, au moins politiquement et moralement, ne sont que des leurres qui, parfois, nous empêchent de voir le plus grave et le plus inquiétant, cette main-mise des féodalités financières et économiques sur nos sociétés et sur les États politiques contemporains, ce que dénonçait, dans une scène d’anthologie, le « Président Beaufort » (Jean Gabin) devant un parlement houleux et furieux de voir sa proximité avec les milieux d’affaires ainsi mise en lumière par celui qui paraît bien le seul homme libre de l’assemblée, ce que la République parlementaire ne peut, d’ailleurs, longtemps supporter… Que dirait-il aujourd’hui !

 

Depuis ses origines tumultueuses, la République a un vrai problème avec l’Argent, une forme d’addiction qui est la règle quand la Monarchie, elle, cherchait et réussissait souvent à ne pas en être dépendante, aidée en cela par le principe de la transmission héréditaire : « la naissance ne s’achète pas », diront les théoriciens royalistes du XXe siècle, ce qui assure, d’office, une véritable indépendance de la magistrature suprême de l’État à travers la personne du roi qui s’est « contenté » de naître « fils de roi » et qui doit attendre l’événement le plus triste qui soit, la mort de son prédécesseur, de son propre père le plus souvent, pour monter sur le trône. Cet avantage de la Monarchie repose aussi sur une approche liée à sa tradition plus politique que financière, et à sa compréhension de la fameuse formule issue de l’Antiquité romaine : « L’Argent est un bon serviteur mais un mauvais maître ». Le général de Gaulle avait, sous son règne présidentiel, traduit la citation par « L’intendance suivra » qui remettait l’Argent à sa place, qui ne doit pas être la première, mais cela ne dura que le temps des fondateurs de la Cinquième République.

 

Ce qui manque à la magistrature suprême de l’État aujourd’hui en République (même cinquième et malgré de Gaulle), c’est cette indépendance véritable à l’égard des puissances d’argent et cet enracinement dans le temps et l’histoire qui permettent la fidélité à l’Auctoritas et le service désintéressé de l’État : en cela, la République, hors quelques idéalistes, hommes d’honneur ou honnêtes commis, ne peut susciter ces d’Artagnan qui, pourtant et en ces temps de mondialisation déstabilisante, seraient fort utiles à la France…

 Jean-Philippe Chauvin