Royalisme social

La Tour du Pin et le salut par le Corporatisme :

  • Introduction

« Une propagande vraiment apostolique consiste à gagner à une entreprise des esprits neufs et des cœurs encore libres, à les enflammer de sa passion, à les soutenir de son énergie, à les diriger par son jugement, à être en un mot l’âme d’une association que l’on va organiser et développer dans son cadre à mesure qu’elle se recrute par ses premiers zélateurs. C’est là qu’est le secret d’une action vraiment puissante sur les idées et les institutions, qu’il s’agisse soit de les battre en brèche, soit de les réformer, soit de les mettre en honneur… » (La Tour du Pin)

Voici quelques passages de René de la Tour du Pin, que mon vieil ami Antoine Murat analysait dans son ouvrage « La Tour du Pin en son temps ». J’ai tiré de ces écris quelques lignes que je livre à ceux qui me liront. Ce que souhaitait Antoine et ce que je souhaite aussi, c’est d’en extraire l’esprit qui anime les saines solutions sociales et économiques dont notre pays peut s’inspirer, s’il décide de se redresser d’une pente inéluctable vers la mort, qu’entraîne le libéralisme financier. Nous avons longuement discutés ensemble. Je connaissais Maître Murat depuis les années 80, depuis la parution de son volume « Le Catholicisme Social en France » où je ferai part de son intervention d’alors. Il fut chef de groupe Camelot et eut sous ses ordres Guy Steinbach, qui me relatait ses souvenirs. Maître Murat, l’année de ses 100 ans m’écrivit le 9 juin 2008, l’émotion qu’il eut de partager ses repas avec moi au pied de son hôtel parisien, des Arènes de Lutèce, lorsqu’il venait sur Paris : « Je ne saurais oublier ni les paroles ni vos démarches…Tant de gentillesse et de dévouement sans ostentation, tant de fidélité et de désintéressement au service de la Cause, celle de la France et du Roi, sont des signes de la Providence. Un encouragement du Ciel… ». Je retourne à Maître Murat l’honneur qu’il me fit, me sentant bien humble, devant tant de compliments, j’essaierai d’être digne de sa mémoire. Il tint d’ailleurs à remettre en priorité l’insigne souvenir des Camelots du Roi à « Fanfan », officialisé plus tard par Guy Steinbach en personne. J’ai souvenir de son passage dans des locaux où il s’adressa fier et digne, devant un auditoire de jeunes qui, pour la plupart ne comprenaient pas l’importance de ce moment, cela motiva d’ailleurs, la création du « Groupe d’Action Royaliste », fruit d’une volonté créatrice. Il fut donc à l’origine, de notre existence aujourd’hui, par ses conseils et recommandations, comme François Algoud, Jean D’Orgeix, Guy Steinbach, Lavo et Jean Marie Keller. Si le « GAR » existe, c’est grâce à eux. Ils furent mes motivations pour continuer inlassablement, humblement, le travail que nous apportons à la cause du Roi…

Depuis la Révolution, certains maux apparaissent dans la vie professionnelle tels que :

  • L’accroissement du prolétariat
  • la désorganisation des familles
  • la désaffection des ouvriers aux patrons
  • L’instabilité des rapports
  • La décroissance de la capacité professionnelle
  • L’insécurité de l’exploitation
  • Les indices de la décadence économique après la consommation de la décadence morale, l’ensemble des phénomènes les plus néfastes de la désorganisation sociale apparaissent sous des formes variées
  • Les délocalisations…

Les causes en sont partout les mêmes dans la rupture des liens sociaux, l’individualisme, bref les fruits du libéralisme conquérant notre société depuis la Réforme, privilégiant le visible à l’invisible et mit au pouvoir par la Révolution. Le principe du régime corporatif est « dans la reconnaissance d’un droit propre, tant à chaque membre de l’association qu’à celle-ci dans l’Etat et à l’Etat envers celle-ci. C’est là le principe qui présidait à toute l’organisation du Moyen âge… ». Le monde médiéval se composait d’un enchevêtrement de droits et devoirs correspondants à des contrats entre collectivités pourvues chacune de privilèges, traitant entre elles, avec leurs membres pour l’édification d’un statut commun. Apprentis, compagnons ou maîtres, avaient leurs propres droits garantis par les statuts associatifs des corporations et sauvegardés par leur magistrature. L’ouvrier avait une « possession d’Etat », un titre comme l’ont aujourd’hui les avocats et médecins. Rappelons que ces associations avaient un capital, un patrimoine corporatif permettant de subvenir aux nécessiteux du métier, aux femmes perdant leur mari où aux enfants du métier. D’autre part ce patrimoine, financier, biens matériels et immobilier, permettait d’assurer l’apprentissage, les formations, les déplacements et bien d’autres choses encore. Faudrait-il parler du vol honteux que firent les révolutionnaires sur ces biens qui manquèrent aux ouvriers durant le scandaleux XIXème siècle antisocial de la république triomphante. Les révolutionnaires supprimèrent aussi les structures protectrices des corps de métier, faisant de l’ouvrier possesseur de son travail, un prolétaire-esclave livré à une « bourgeoisie », libérale victorieuse, transformant la société traditionnelle en société de masse, prolétarisée, numérotée, conditionnée, robotisée. Proudhon rajouterai : contrôlé, amendé, emprisonné, fusillé… Il est temps de retrouver le chemin oublié, de la reconnaissance de la capacité professionnelle du salarié comme de l’entrepreneur. La création du patrimoine corporatif participant à la prospérité de l’industrie. Le régime corporatif offre ce double avantage de « l’arrêt de la décadence économique par la loyauté de la concurrence et la prospérité du métier, l’arrêt de la décadence morale par la conservation des foyers et le retour à la vie de famille. »

« Le capitalisme est aujourd’hui pratiqué dans toute l’économie sociale qui ne tend uniquement qu’à faire porter des rentes au capital et, pour cela, qu’à diminuer le prix de revient du produit en se procurant à meilleur marché possible, la matière première et la main-d’œuvre et employant du produit le moins possible de l’une et de l’autre en qualité et en quantité… la concurrence, dit-on, est l’âme de la production ; mais elle existait aussi bien jadis, même avec le monopole corporatif qui, d’une part, ne permettait pas la surélévation au-delà du juste prix parce que les magistratures publiques y veillaient, et, d’autre part, ne toléraient pas la décadence du produit parce que les jurandes y tenaient la main. Il y avait concurrence entre les maîtres de la même corporation à qui livrerait, aux mêmes conditions de tarif pour la main d’œuvre, la matière première, et la vente, le meilleur produit. » (La Tour du Pin)

METHODE VIVANTE et CONCRETE !

OBSERVATION du PASSE pour le PRESENT !

COMPARAISON (EMPIRISME), ANALYSE (causes et risques)

CRITIQUE des RESULTATS !

JUGEMENTS et REMEDES

Le libéralisme est le fruit de l’individualisme sauvage rejetant toute vie communautaire, d’entraides sociales. Au nom des valeurs abstraites de la République, comme liberté-égalité-fraternité, on a détruit et pillé les anciennes corporations, qui assuraient l’équilibre des rapports sociaux. Au nom de la fausse croyance du « laisser faire, laisser aller », les libéraux ont jeté l’individu hors du métier organisé, pour le soumettre à la « libre concurrence », à « l’homme-masse », bref au joug de l’argent.

Cette voie oubliée et non enseigné, et pour cause, est celle de nos racines historiques, celle de la vie, celle des coutumes qu’édifièrent nos pères à travers cette magnifique construction nommée France. Le « vrai » revient toujours parce qu’il est naturel et contre les idéologies matérialistes de mort et d’exploitation de son prochain. Cette œuvre doit être connue et j’espère que ma modeste extraction et mes commentaires, vous inciterons à découvrir le chemin de notre libération car « Notre jour viendra ! »…

 Frédéric Winkler

Les ouvriers oubliés de la présidentielle et de la République :

Doit-on parler de la question ouvrière en 2017 ? Elle est, en tout cas, l’une des grandes absentes du débat présidentiel, comme si elle n’était qu’une annexe mineure des débats économiques et sociaux, et qu’elle n’avait plus de sens sur la scène politique française. Il est vrai que les ouvriers ne représentent plus « que » 5 millions de personnes environ, et que leur nombre s’effrite chaque année un peu plus devant l’avancée de la robotisation, les délocalisations et la poussée permanente de la tertiarisation des sociétés. Le monde paysan a connu le même processus de déperdition numérique et d’effacement de sa visibilité aux yeux de nos contemporains depuis plus d’un siècle, processus accéléré par les fameuses « Trente Glorieuses » et le triomphe de la société de consommation depuis les années 1960 en France comme dans le reste de l’Europe. Aujourd’hui, les ouvriers sont quasiment effacés de la représentation médiatique de notre société contemporaine, et l’éclat de rire des chroniqueurs de M. Ruquier devant le candidat d’extrême-gauche Philippe Poutou, un authentique ouvrier industriel, signifiait, d’une certaine manière, le congé que la Gauche donne désormais à une classe productrice manuelle qu’elle ne veut plus reconnaître en France, si ce n’est comme une masse pourvoyeuse de votes populistes… L’ouvrier français n’est-il pas, effectivement, la « mauvaise conscience » d’une Gauche qui, jadis ouvriériste, a préféré les sirènes de l’altérité lointaine ou exotique à la défense et pérennisation d’une classe de travailleurs un peu trop proches et parfois attachés à des traditions qui leur donnaient « corps et sens » dans une société qui « du passé fait table rase » ?

Pourtant, il y aurait de quoi débattre et proposer sur les conditions de formation, d’accès à l’emploi ou des pratiques et calendrier de travail, voire sur le cadre industriel ou sur l’organisation des chantiers, etc. Sans oublier les questions salariale et de la pénibilité du travail dans certains secteurs d’activité (industrie, bâtiment, etc.), et celle de la santé des ouvriers, dont l’espérance de vie générale serait de sept ans moins élevée que celle des cadres ou des enseignants, tandis que leur espérance de vie sans incapacité majeure ou « en bonne santé » (trop peu évoquée et pourtant beaucoup plus significative) serait encore plus éloignée de celle des salariés du tertiaire…

Souvent, la question ouvrière n’est abordée qu’au moment des fermetures d’usines, quand il est déjà trop tard pour sauver les emplois eux-mêmes, et sous l’angle d’une désindustrialisation qui serait dans le cours du temps et dans la logique de la mondialisation, et contre laquelle certains nous expliquent doctement qu’il est inutile de lutter… Les ouvriers sont les grands sacrifiés de la mondialisation, et ce n’est pas seulement vrai en France ! La condition ouvrière dans les pays ateliers d’Asie ou d’ailleurs n’a rien à envier à celle que décrivaient Zola, London et Simone Weil en leurs temps respectifs… Et celle des ouvriers français de 2017 est désormais fort dépendante des intérêts et des spéculations de quelques financiers ou actionnaires qui ne laissent s’installer les unités de production que là où ils seront sûrs de faire les meilleurs bénéfices, sans trop regarder au sort de ceux qui leur permettront ces dividendes de plus en plus souvent fruits d’une exploitation brutale des travailleurs locaux.

Alors, que faire ? Doit-on se résoudre à l’abandon des classes ouvrières françaises pour complaire aux investisseurs ? Doit-on s’empêcher de penser aux améliorations possibles des conditions de travail en France ? Sûrement pas ! Et le vieux royaliste social que je suis espère bien que la question ouvrière ne sera pas vue sous un angle seulement économiste ou compassionnel mais qu’elle sera posée dans des termes de mieux-être au travail, de qualité et d’intégration dans les nouveaux équilibres écologiques et sanitaires, ne serait-ce que pour permettre aux ouvriers d’usine comme du bâtiment (entres autres) d’espérer vivre mieux et plus longtemps au regard des chiffres d’aujourd’hui, y compris après la période professionnelle.

Non, la question ouvrière, qui peut se décliner en multiples questions professionnelles, productives et sanitaires, ne doit pas être négligée, ni dans cette campagne présidentielle ni hors et après celle-ci ! Sans doute faudra-t-il la rappeler régulièrement aux hommes politiques qui ont tendance à ne voir que les chiffres et à oublier ceux, les ouvriers, qui leur donnent de la consistance par leur rude travail quotidien.

Dans l’histoire, et sauf quelques notables exceptions comme celle du Front Populaire (avec les erreurs, voire les fautes de celui-ci dont les conséquences se firent sur le long terme et au dépens de la France comme de ses travailleurs) mais aussi de l’époque gaullienne, la République n’a guère eu beaucoup d’égards envers les ouvriers, préférant les fusiller en 1848 à Paris comme en 1908 à Draveil, puis les matraquer ensuite avant que de les juger et condamner ces dernières années pour mieux décourager toute colère et toute contestation ouvrières.

En ouvrant une ancienne brochure royaliste des années 1900, je tombe sur ces quelques phrases auxquelles j’avoue souscrire entièrement, en attendant mieux encore par l’action politique et la conquête sociale : « Les intérêts du Roi et de la classe ouvrière sont confondus. Le Roi exilé, c’est la classe ouvrière maintenue dans la servitude ; le Roi sur le Trône, c’est l’abolition du prolétariat, c’est le droit de cité restitué à la classe ouvrière ». Oui, le droit de cité, le droit de se faire entendre et respecter par les forces financières et industrielles, et celui d’être écoutée et, éventuellement et autant que faire se peut, soutenue par une classe politique qui, aujourd’hui, préfère parler de « valeurs de la République » mythiques plutôt que de préserver les intérêts concrets des ouvriers, ceux d’ici et de maintenant.

Puisque la République ne veut pas assurer la défense ouvrière française, il faudra bien que les royalistes, sociaux par nature, assument avec d’autres (qu’ils soient de droite ou de gauche, des marges ou des centres, syndicalistes ou indépendants), cette régence-là, en préparant le recours à cette Monarchie qui, pour s’enraciner, se devra d’être sociale et politique à la fois, juste et forte, protectrice et fédératrice. En un mot : royale !

Jean-Philippe Chauvin

 

L’argent ne doit pas être le maître en politique :

La Cinquième République vit une campagne présidentielle éprouvante et qui ressemble de plus en plus à une fin de régime, qu’on le veuille ou non. Certains y voient l’occasion de vanter une Sixième République, et en font le nouvel horizon des gauches, comme la promesse d’un changement radical et propre à remettre la France, ou l’idée qu’ils s’en font, en état de marche, voire « en État » tout court. Mais cette Sixième ressemble étrangement à la Quatrième, avec un Parlement trop puissant pour permettre à l’État de tenir son rang et jouer sa partition particulière dans le monde et en Europe. Elle risquerait bien de faire disparaître tout ce que la République, sous l’inspiration gaullienne, avait repris de la Monarchie capétienne, politiquement et diplomatiquement parlant, et qui faisait de la Cinquième une synthèse, plus ou moins réussie, entre deux traditions fortes de notre pays, la monarchique et la républicaine.

Il est vrai qu’il y a longtemps que l’esprit du fondateur de la Cinquième s’est évaporé dans les palais et les couloirs de la République : il n’en est resté, le plus souvent, que la triste et pitoyable caricature, et le service de l’Argent a parfois, souvent même, remplacé celui de l’État, de la nation et des peuples de France. Un service égoïste, pourrait-on dire si l’on considère les cas les plus récents de MM. Cahuzac, Morelle, Lamdaoui, Arif, Thévenoud, pour la gauche socialiste, ou ceux de MM. Balkany, Sarkozy et, évidemment, Fillon, pour la droite républicaine. « Nul ne peut servir deux maîtres », écrit saint Matthieu. « Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre ». De Gaulle, souvent invoqué mais peu suivi, considérait que la politique de la France ne pouvait se jouer à la Bourse et que l’argent ne pouvait être qu’un serviteur, non un maître : « l’intendance suivra », affirmait-il dans un réflexe que certains qualifiaient alors de « maurrassien » parce qu’il rappelait, par sa formule lapidaire, que c’était bien à l’État, au politique, de fixer les tâches de l’économie (et non l’inverse), de commander à l’Argent et non de se laisser commander par lui. N’était-ce pas là la politique des rois de France, par exemple d’un Louis XIV qui n’hésita pas à emprisonner l’homme le plus riche du royaume, jadis bon serviteur de l’État, mais qui avait cru que sa bonne fortune allait lui ouvrir toutes les portes et lui permettre d’aller plus haut que la magistrature suprême de l’État ? N’était-ce pas l’application du « Politique d’abord » cher à Maurras ?

Or, aujourd’hui et au-delà même de l’amour que nombre de personnalités politiques portent à l’argent (une passion fort humaine, sans doute, mais dont justement ceux qui se targuent de faire de la politique devraient faire l’économie, au moins quand ils sont censés servir l’État ou qu’ils en revendiquent l’honneur), c’est l’exercice même de l’État qui souffre de cette dépendance intellectuelle et morale des dirigeants de la République à l’Argent-Maître. Ne dit-on pas que c’est lui qui « fait » les élections ? Si cette idée me semble un peu réductrice, elle n’en révèle pas moins un fond de vérité, et l’on imagine pas un candidat, quel qu’il soit et à quelque scrutin qu’il se présente, qui puisse se passer de ce précieux allié, fût-il le meilleur orateur ou le plus fin des stratèges ès-élections. Le souci n’est pas, d’ailleurs, qu’il soit un allié mais trop souvent un tentateur et, bientôt, « le » maître, celui à qui l’on cède tout en croyant le maîtriser…

La corruption en politique est une réalité qu’il ne faut pas méconnaître. Que la République en soit autant la victime que l’inspiratrice ou l’instigatrice doit nous interpeller sur son incapacité notoire à la maîtriser, et cela depuis ses origines et malgré ses grands principes et sa vertu revendiquée : l’histoire de la Révolution, au travers de ses grandes figures, et en particulier celle de Danton, en est l’illustration éclairante mais pas vraiment satisfaisante sur le plan politique plus encore que moral.

La mission de la Monarchie « à la française », au jour de son inauguration, sera de rappeler la règle simple de l’honnêteté à ceux (et pour ceux) qui doivent servir le pays : non par « moralisme » mais pour incarner une exemplarité nécessaire aujourd’hui pour apparaître légitime et juste aux yeux des citoyens, et redonner crédibilité et autorité à l’action de l’État, qui en a bien besoin pour affronter nos temps incertains et les défis de demain…

Jean-Philippe Chauvin

 

La République impuissante face aux plans sociaux :

Pendant la campagne présidentielle, les plans sociaux (si mal nommés) continuent… Un fort intéressant article du Figaro (en ses pages économie) du lundi 30 janvier 2017, signé d’Ivan Letessier, aborde ce dossier peu traité jusqu’à présent dans la presse ni même dans les médias militants, plus intéressés par les affrontements politiciens et les affaires de M. Fillon que par les difficultés du Pays réel industriel : « Personne n’a relevé la provocation. Mardi (24 janvier), à trois mois du premier tour de la présidentielle (…), le leader français de l’habillement Vivarte a annoncé 702 suppressions de postes, et Whirlpool la fermeture de sa dernière usine de l’hexagone, qui emploie 290 salariés et fait travailler 250 intérimaires et 100 employés d’un sous-traitant. » Ce genre de plans sociaux paraissait jadis impossible à un tel moment électoral, surtout si les colères sociales menaçaient de se traduire en poussée « populiste » ou « gauchiste » : il ne fallait pas, pensait-on alors dans les milieux financiers, tenter le diable… L’ambiance a visiblement changé, pour le plus grand malheur des ouvriers qui n’auront même pas droit à ce sursis, à cette grâce (temporaire) électorale sur laquelle la République jouait aussi pour donner l’impression qu’elle avait encore du pouvoir sur les forces économiques de la mondialisation.

Ainsi, les fermetures d’usines semblent même s’accélérer, dans une grande indifférence et sans beaucoup d’éclats pour l’heure, et les manifestations des ouvriers n’ont même pas les honneurs des médias : l’abandon des travailleurs par la grande presse, la classe politique et la République de M. Hollande, est terrifiant, et je ne m’y habitue pas. M. Letessier l’explique ainsi : « En 2017, une digue a sauté. (…) Les annonces de restructuration en campagne prouvent aussi le divorce entre le monde de l’entreprise et le pouvoir politique, et un manque de respect croissant du premier envers le second. » Oui, vous avez bien lu : le monde de l’entreprise ne respecte plus le pouvoir politique, ce qui signifie que l’Économique s’émancipe de plus en plus du Politique en France et que les féodalités financières et industrielles se sentent assez fortes pour ne plus craindre l’État. Cela signale, à l’inverse, la faiblesse d’un État que l’on peut qualifier, comme le faisait le philosophe royaliste Pierre Boutang, de « Semble-État ».

J’entends certains me dire : « jamais la Gauche ne laissera faire ! ». La courte mémoire peut excuser le propos de mes interlocuteurs, mais elle n’efface pas les réalités, de Mitterrand et la sidérurgie à Hollande et Arcelor-Mittal, en passant par le fatalisme de Lionel Jospin qui lui a coûté si cher près de l’électorat populaire. Mais la Droite n’a guère mieux fait depuis Giscard d’Estaing, malgré quelques exceptions, et le gouvernement Fillon n’a pas vraiment brillé en ce domaine, persuadé alors que la mondialisation était une « fatalité nécessaire » et qu’il fallait « moderniser » l’économie : l’on mesure le (mauvais) résultat social !

Si la tradition de la Gauche (mais de quoi parle-t-on exactement ? La réponse est plus complexe que le singulier…) paraissait accorder plus d’importance à la défense de l’emploi que celle de la Droite libérale (qui n’est pas toute la Droite, comme nous le rappellent Albert de Mun et le général de Gaulle), le dépérissement du Politique et la « nécessité d’être de son temps » (l’idéal de la feuille morte au fil de l’eau, pourrait-on ironiser), conjugués aux expériences (et aux défaites) gouvernementales récentes, semblent avoir eu raison d’elle : « Si la gauche est si discrète, c’est que ses cris d’orfraie seraient un aveu de son impuissance et de l’inefficacité de sa politique économique. Or, aucun des deux ex-ministres de François Hollande candidat à sa succession ne veut assumer le bilan du président. De plus, ils savent le poids des promesses intenables.

« En 2012, le candidat Hollande avait assuré aux salariés d’Arcelor-Mittal qu’il empêcherait la fermeture des hauts fourneaux de Florange, et à ceux de l’usine Fralib, dont la fermeture était actée, qu’il forcerait Unilever à leur céder la marque Éléphant. En vain à chaque fois. » Ces déconvenues de M. Hollande sont-elles autre chose que les conséquences de l’absence d’une « puissance d’État » capable de s’imposer aux forces économiques ?

C’est bien là que se joue la question des « plans sociaux », et la réponse est, d’abord, politique : un État qui veut est un État qui peut, mais encore faut-il qu’il y ait la volonté politique au sein de l’État et que l’État soit assuré d’une continuité et, mieux, d’une permanence en sa magistrature suprême et d’une indépendance par essence qui lui permette de s’imposer aux nouvelles féodalités financières et économiques.

La République a laissé l’Économique s’imposer au détriment du Social et du Politique, et cela n’est pas sain. La Monarchie « à la française », active et sociale (l’un ne devant pas aller sans l’autre), est la condition de la mise au pas des féodalités, quelles qu’elles soient : c’est ce processus qui, jadis, a permis leur dépassement et la constitution, avec le soutien du roi, de Métiers et Franchises (ce que l’on nommera ensuite corporations et libertés) qui protégeaient les travailleurs dans leur emploi comme dans leur travail. L’expérience peut servir, en s’adaptant aux réalités nouvelles, mais sans se laisser forcément commander par elles.

La mondialisation ne doit pas être l’alibi de l’impuissance de l’État, et, s’il ne faut pas la négliger, il s’agit bien de « faire rentrer le fleuve dans son cours », c’est-à-dire la maîtriser, au bénéfice des nations et des travailleurs, tout en permettant la vie des entreprises mais aussi le rappel de leurs devoirs sociaux et environnementaux.

Jean-Philippe CHAUVIN

Les royalistes sociaux contre les délocalisations de Whirlpool :

Une fois de plus et malgré la proximité d’une élection présidentielle, sans doute aussi parce que la perspective de la victoire d’un Macron ou d’un Fillon n’effraye guère les investisseurs et les spéculateurs, une multinationale délocalise l’activité de son usine française vers un pays à bas coût salarial : cette fois, c’est la Pologne qui est choisie, non pour les qualités mêmes de ses ouvriers (qui, d’ailleurs, ne sont évidemment pas en cause), mais parce que leurs salaires sont beaucoup plus « compétitifs », ce simple qualificatif montrant bien que cette stratégie industrielle n’est rien d’autre que la mise en concurrence de tous contre tous, et non la volonté de faire travailler, là où ils sont, des femmes et des hommes. Ici, ce n’est pas le travail qui compte et qui est valorisé, et encore moins ceux qui travaillent, mais le simple enjeu financier, la spéculation même…

Cette fois, c’est Whirlpool, multinationale de l’électro-ménager dont le siège social trône aux Etats-Unis, qui délocalise et, dans la foulée, ferme sa dernière usine basée à Amiens, ville déjà fortement frappée par la fermeture, il y a quelques années, de l’usine de production de pneumatiques Good Year. Alors que l’ancien directeur s’était toujours opposé à la délocalisation de son usine, au prix d’une rude politique de réduction des coûts, son départ à la fin de l’année dernière a fait tomber le principal obstacle à la désindustrialisation du site amiénois. Désormais, la délocalisation totale de l’usine est annoncée pour l’an prochain et les 290 derniers salariés d’un site qui en comptait encore 1.300 au début des années 2000 seront condamnés au chômage ou à la « reconversion » souvent peu valorisante et, même, dépréciative…

Dans le même temps, les favoris de la prochaine présidentielle (du moins ceux du moment…) nous parlent de la mondialisation, de la « nécessaire adaptation » à celle-ci et semblent passer par « pertes et profits » les salariés, désormais véritables variables d’ajustement de l’économie, et traités comme telles.

La légèreté avec laquelle sont considérés et traités les travailleurs d’Amiens est choquante et me choque, profondément : elle est néanmoins révélatrice d’un système économique et de pensée qui se traduit aussi par une forme de « dépolitisation » de nos sociétés, c’est-à-dire une émancipation (que certains rêveraient totale) de la sphère de décision économique à l’égard de la politique et des décisions de l’Etat… C’est la logique de « 1791 », celle qui préside au décret d’Allarde et à la loi Le Chapelier : un libéralisme qui libère l’Argent en proclamant la « liberté du travail » qui, en définitive, n’est ni celle des travailleurs, ni celle du travail au sens noble du terme mais seulement la liberté pour ceux qui en ont les moyens de faire travailler, au profit de l’Argent et de ceux qui le possèdent, sans se reconnaître aucun devoir à l’égard de ceux qui n’en ont pas ou de ceux qu’ils font travailler pour qu’ils leur en rapportent plus encore.

Le refus de la direction de Whirlpool d’écouter les inquiétudes et les recommandations du gouvernement français en dit long sur cet état d’esprit franklinien qui anime les entrepreneurs libéraux (sans avoir besoin d’être « néo » ou « ultra »). C’est aussi l’occasion de réfléchir à une nouvelle organisation des liens entre l’argent-moyen et le travail, au sein des entreprises et de notre société : en refusant l’étatisme, qui est l’esclavage pour l’Etat-Moloch et sa techno-bureaucratie, et en contestant le libéralisme qui prône une liberté indexée sur l’argent et oublie celle des plus faibles, l’on peut ouvrir la voie à une autre économie, moins « sauvage » et plus humaine, plus civilisée, dans laquelle la convivialité, les qualités et le travail bien-fait peuvent s’épanouir et permettre à chacun de trouver sa place dans le cadre d’une société équilibrée et juste.

C’est pour ouvrir à ces réflexions et combattre les mauvaises attitudes et habitudes des multinationales parfois oublieuses de leurs devoirs sociaux que les Royalistes sociaux du Groupe d’Action Royaliste ont affiché samedi des affiches dénonçant la délocalisation de Whirlpool et prônant la Monarchie sociale et corporative, nécessaire à l’établissement et à la garantie de la justice sociale et à l’exercice, par les travailleurs, de leurs libertés professionnelles effectives.

Jean-Philippe Chauvin

M. Fillon n’est pas Albert de Mun :

En quelques jours, le paysage électoral s’est éclairci : des figures habituelles de la politique française, presque familières depuis trois décennies, ont disparu. Qu’elles soient détestées ou aimées par l’opinion publique, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, elles ont été « remerciées », soit par le suffrage, soit par le sondage… L’actuel locataire du palais de Mme de Pompadour, lui-même, a préféré (avec le concours à peine discret de son Premier ministre) abandonner l’espoir d’une réélection et laisser le champ libre à d’autres qui se partageront les dépouilles d’une Gauche qui a, depuis longtemps, perdu trop de ses propres repères pour rester ou redevenir crédible.

Le royaliste que je suis pourrait se réjouir du discrédit d’une Gauche qu’il a longtemps combattue et qui lui semble désormais trop peu sociale pour mériter d’être sauvée en l’état. Mais je ne me résous pas non plus à soutenir une Droite qui, elle-même, a oublié ses traditions et ses devoirs devant les peuples de France et devant la nation historique : alors que M. Fillon a attiré une part importante du vote catholique provincial, celui-ci, malgré son enracinement sarthois, ne semble guère partager les valeurs sociales de l’Église et il ne semble pas avoir lu l’encyclique Laudato Si’, ce manifeste de l’écologie intégrale et pontificale… Son libéralisme si peu original et son soutien au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’ont pas grand-chose à voir avec le message du Pape ni avec celui, proche, des traditionalistes politiques : M. Fillon n’est ni Albert de Mun ni Georges Bernanos !

Bien sûr, son programme politique et diplomatique peut contenir quelques éléments intéressants, tout comme ceux de MM. Macron ou Mélenchon (entre autres), et nous ne les bouderons pas lorsqu’ils seront évoqués, de la défense de la place de la France en Europe ou de la nécessité de rouvrir quelques perspectives avec la Russie. Mais les bonnes intentions ne font pas un paradis, et la question sociale ne peut être sacrifiée sur l’autel de l’économie, trop sauvage quand on oublie qu’elle peut l’être avec les plus faibles. Le report promis de l’âge de départ à la retraite à 65 ans (mais M. Fillon souhaitait en 2011 un alignement sur le souhait allemand et européen de… 67 ans) n’est pas, entre autres propositions, une bonne idée ni, même, une nécessité si l’on parle économies.

Au moment où les peuples marquent, non pas leur peur, mais leur colère à l’égard de la mondialisation si peu sociale par essence même, il faut entendre cette insurrection démocratique, ces bulletins qui sont autant de pavés jetés au fond des urnes : M. Fillon se méprendrait s’il croyait que les Français sont disposés à tout supporter pour en finir avec une dette qui est, d’abord, de la responsabilité des gouvernements qui se sont succédé depuis tant de décennies et d’une Union européenne qui n’est plus considérée que comme une sorte de Père Fouettard en col blanc. Vouloir culpabiliser les citoyens sans inculper les dirigeants et agents électoraux du « Pays légal » européen et républicain serait dangereux et fort malheureux.

Cela ne signifie pas qu’il ne faille rien faire ni que les populations ne doivent pas, elles aussi, changer de pratique économique et de consommation, mais plutôt qu’il vaut mieux, d’abord, donner l’exemple d’une bonne et juste gestion quand l’on incarne, pour un temps plus ou moins long, l’État ou « l’Europe ». J’insiste sur la formule de « juste gestion » qui va plus loin que celle de saine gestion car elle rappelle que, pour faire accepter et pratiquer par tous une bonne gestion, encore faut-il qu’elle soit, socialement, juste et équilibrée, équitable. Cela implique de remettre les féodalités économiques et financières, aujourd’hui dominantes, à leur place qui ne doit pas être la première ni au-dessus des États légitimes. Si la République ne veut pas le faire, il faudra bien passer à autre chose, en écartant tout extrémisme et tout angélisme…

Cet « autre chose » pourrait bien, tout compte fait et toute histoire connue, prendre la forme de la Monarchie « traditionnelle dans son principe, moderne dans ses institutions » : mais celle-ci devra, pour s’enraciner dans le pays et le temps long, être, d’abord et encore, éminemment politique et sociale, et inscrire dans sa pratique que « la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille ». C’était et cela reste tout le sens de la formule avancée par le royaliste social Firmin Bacconnier : « la Monarchie sera populaire, ou elle ne sera pas », tout simplement.

Jean-Philippe Chauvin

Mesdames et Messieurs les candidats, n’oubliez pas les pauvres ! :

La question de la pauvreté contrainte est un sujet qui ne me laisse pas indifférent, et cela depuis fort longtemps, sans doute aussi parce que, en d’autres temps, j’en ai personnellement connu quelques aspects et quelques légères morsures… Lors des dernières élections européennes, au printemps 2014 et sous les couleurs de L’Alliance Royale, j’en avais même fait un de mes principaux thèmes de campagne, à la fois pour sensibiliser les électeurs à cette question toujours pendante mais souvent occultée, et pour proposer quelques pistes pour faire reculer cette insécurité sociale qui ronge nos sociétés et les affaiblit. Mais c’est un thème qui n’est pas assez électoralement porteur, sans doute, pour que les partis politiques et leurs dirigeants s’y intéressent, et il semble être « abandonné » aux associations comme le Secours catholique ou les Restos du cœur qui font, d’ailleurs, un travail important pour soulager, autant que faire se peut, la misère dans nos villes. Les royalistes du Groupe d’Action Royaliste, quant à eux, organisent régulièrement des « Soupes du Roi », et cela depuis presque dix ans, fidèles à leurs prédécesseurs du début XXe siècle mais aussi des siècles précédents, gardant en mémoire que, au Moyen âge, le Roi était « le père des pauvres ».

Pourtant, la pauvreté n’est pas un sujet mineur en France et les récents chiffres donnés par le Secours catholique la semaine dernière font plutôt froid dans le dos : « En 2000, on comptait 7,8 millions de personnes pauvres ; on en recense 8,8 millions aujourd’hui. Parmi ces personnes, entre 4 et 4,5 millions sont des jeunes de moins de 30 ans, ce qui devrait nous interpeller concernant l’impact de la pauvreté sur l’avenir de notre société », explique son secrétaire général Bernard Thibaud dans les colonnes de La Croix du jeudi 17 novembre dernier. Sans oublier que, selon Eurostat, 21,2 % des enfants de France sont menacés de pauvreté…

Bien sûr, il y a toujours eu des pauvres depuis que les sociétés humaines existent, mais elle est scandaleuse aujourd’hui au regard de toutes les richesses naturelles que nous exploitons et de toutes celles qui envahissent nos sociétés au risque de l’engloutir sous une débauche de produits marchands souvent inutiles : la démesure est dans cette invasion des objets qui semble nous faire oublier notre prochain, notre voisin.

Le politique ne peut ignorer ceux qui souffrent de « n’avoir pas assez » quand d’autres consomment sans compter. Il ne s’agit pas de dénoncer la richesse mais plutôt la démesure et l’égoïsme, et de rappeler, comme le fait régulièrement le pape François à la suite de tant d’autres princes de l’Eglise, la valeur du partage.

J’espère que cette question de la pauvreté contrainte sera abordée dans les prochains débats présidentiels, mais, au regard des jeux médiatiques actuels, je crains que cela ne soit pas le cas : « cachez ces pauvres que je ne saurais voir »… J’entends même quelques uns dire qu’en parler serait faire du « populisme » ! C’est dans ce genre de réaction stupide que l’on mesure le grand écart qu’il y a entre des élites mondialisées et le commun des mortels, mais aussi cette absence de compassion à l’égard des « perdants de la mondialisation » : est-ce la (triste) victoire de Benjamin Franklin ? Je préfère, en bon Français, l’exemple de saint Martin de Tours, de celui qui n’hésita pas à couper son manteau pour en donner la moitié à un malheureux transi de froid, un soir d’hiver de l’an 334… Et les candidats de 2017 pourraient bien y trouver quelque source d’une inspiration sociale bienvenue en ces temps d’incertitude…

Jean-Philippe Chauvin

La Révolution française et le triomphe du libéralisme économique :

Avant de participer à la réalisation prochaine par le SACR (Studio Audiovisuel du Combat Royaliste, émanation du G.A.R.) d’une vidéo sur le royalisme social, je travaille sur le texte d’une conférence que je vais donner vendredi 22 avril devant les jeunes de l’Action Française, en ce 10, rue Croix-des-Petits-Champs mythique qui vit se succéder tant de générations royalistes depuis le début des années 1950. Cette fois, comme de nombreuses fois précédentes, il s’agit de traiter des royalistes face à la question sociale depuis la Révolution française, et le sujet n’est pas mince s’il est généralement mal connu. Bien sûr, depuis quelques années, le Groupe d’Action Royaliste (dont je suis le vice-président) a publié bon nombre de textes, de brochures et de vidéos sur ce thème, mais c’est un travail de bénédictin qui attend celui qui voudra faire une synthèse complète des positions et des politiques monarchistes qui se veulent sociales, et il ne faudra pas oublier, aussi, les réticences ou l’indifférence de certains de ceux-ci devant des avancées sociales qui, parfois, semblaient « socialistes »… Effectivement, s’il y aura bien un Mouvement Socialiste Monarchiste qui, entre 1944 et 1946, fera référence au « socialisme » de René de La Tour du Pin et vantera, furtivement, les expériences sociales des monarchies du Nord de l’Europe, il ne connaîtra qu’un succès éphémère et tout relatif, et sera largement incompris du public qu’il était censé attirer…

Et pourtant ! Si la question sociale ne naît pas avec la Révolution, loin s’en faut, ce sont des royalistes qui vont, dès la fin du XVIIIe siècle, dénoncer les conditions nouvelles faites au monde des artisans et ouvriers par le libéralisme triomphant à travers le décret d’Allarde et la loi Le Chapelier. Car la date de naissance « légale » de la condition de « prolétaire » en France est bien cette année 1791 avec ses deux textes aujourd’hui « oubliés » des manuels scolaires et qui, tout le XIXe siècle, permettront l’oppression en toute légalité et au nom de « la liberté du travail » (qui n’est pas vraiment la liberté des travailleurs…) des populations ouvrières de notre pays.

(suite…)

Pierre-Joseph Proudhon, le visionnaire :

Voici quelques lignes tirés des travaux de mon ami regretté Pierre Bécat dans « L’anarchiste Proudhon, apôtre du progrès social ». Je n’ai fait que reprendre ce qui me semblaient essentiels afin d’aider les esprits à retrouver le chemin vers l’élévation. Il nous faut sortir d’un système créateur de misère et d’esclavage au profit du capitalisme libéral. Le choix sera simple où continuer vers un monde fabriquant des numéros avec des consommateurs devenus « des robots » aux ordres de financiers, où retrouver la voie d’un humanisme pour demain où l’homme libre reprendra sa place…

Notre jour viendra !
F. Winkler