Histoire et empirisme

21 juin 1429 la Triple Donation :

Saint-Benoît-sur-Loire, le 21 juin 1429:

Jehanne dit à Charles :

« Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai ? »
Le Roi hésite, puis consent.

« Sire, donnez-moi votre royaume ».
Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille :

« Jehanne, je vous donne mon royaume ». (1ère Donation)
Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi ; après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait :

« Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien ».
Puis aussitôt après, s’adressant aux secrétaires :

« Écrivez : Jehanne donne le royaume à Jésus-Christ ». (2ème Donation)
Et bientôt après :

« Jésus rend le royaume à Charles ». (3ème Donation)

Père Jean Dupuy, O.P. en 1429, Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, 1885, p. 652, d’après le Breviarium historiale, texte rédigé au cours de l’été 1429.

Déposition du Duc d’Alençon au procès de réhabilitation, le 3 mai 1456 :

« […] Alors Jeanne adressa plusieurs requêtes au roi, et entre autres pour qu’il donnât son royaume au Roi des cieux : après cette donation le Roi des cieux agirait comme il l’avait fait pour ses prédécesseurs, et le remettrait en son état antérieur […] »

Procès de condamnation et de réhabilitation de Jeanne d’Arc, dite La Pucelle, publiés pour la première fois d’après les manuscrits de la Bibliothèque Royale, par Jules Quicherat, Tome IV, 1847 :

« D’abord, quand la Pucelle arriva auprès dudit roi, elle lui fit promettre de faire trois choses : la première, de se démettre de son royaume, d’y renoncer et de le rendre à Dieu de qui il le tenait. »  

 

Le message de la légende du Roi Arthur :

Une réalité derrière la légende du Roi Arthur ?
Le film de Guy Ritchie se voit couronné en première tête du box-office de cette fin du mois de mai. Ne faisons pas de conclusion hâtive, mais rassurons-nous de l’intérêt porté par les français à nos traditions légendaires. Le film n’en demeure pas moins un merveilleux voyage en terres celtiques, il retrace le parcours mythologique nécessaire à la mise en relief des personnages et à l’immersion totale du spectateur.
Mais au-delà du spectacle que reste-t-il ? Quel message porte cette légende ?
Ne sommes-nous pas aussi en des temps troublés et n’assistons-nous pas aussi aux convoitises pathétiques du pouvoir ?
Ces rentiers de la politique asservis au grand patronat, à la finance et aux lobbies habiles amènent les français de tous bords désormais au désespoir de voir renaitre un jour une incarnation du pouvoir qui soit sincère, responsable, indépendante et juste. La république en serait-elle capable ? Gageons que c’est la dernière chance que les Français ont accordé à cette dernière en soutenant un candidat « sans » casseroles politiciennes et « sans » attaches aux partis politiques. Ne soyons tout de même pas dupe que la république a fabriqué de toutes pièces M. Macron comme un phœnix séduisant pour renaitre des cendres de l’UMPS… Et dans cinq ans, nul doute que le système sera à nouveau à bout de souffle, et nous saurons rappeler aux oreilles attentives notre intransigeance avec cette république.


Mais cette incarnation que les français attendent, n’est pas le mirage macron, car la France a connu Henry IV, François Ier, Louis XIV, et d’autres grands Rois qui ont fait notre nation, quand leurs avatars républicains, bien moins vertueux, la défont chaque jour un peu plus…


Alors il faut savoir s’animer de mythologie et de foi comme d’un soutien sur le chemin difficile de la vérité pour enfin rendre justice à notre histoire. Nos ancêtres n’ont-ils pas bâtit des cathédrales pour s’élever vers le ciel même en sachant que jamais ils n’en verraient l’achèvement ? Nous pouvons nous interroger sur ce qu’il nous resterait à contempler aujourd’hui si nos ancêtres s’étaient crû si intelligent que nous-même à refuser la part d’irréel et d’invisible qui nous entoure… Le mystique et la croyance sont des conditions indispensables au dépassement de l’homme, et à sa capacité à ne pas s’arrêter à une réalité souvent trop contraignante, pour envisager et se projeter sur des projets qui le dépassent.


Le film illustre très bien le destin du Roi qui, seul légitime à gouverner doit assumer le pouvoir comme un fardeau, comme un quête à accomplir, une mission divine, plutôt qu’une expérience éphémère et intéressée de la politique. Diriger un pays ne peut-être qu’une vocation, et une vocation est un appel à réaliser une mission, donc cela ne peut être un choix délibéré, c’est le cas de l’héritier qui est appelé à exercer une fonction du mieux qu’il le pourra et le plus humblement possible avant d’appeler à son tour son fils à honorer l’héritage laissé. On dit souvent que les meilleurs chefs sont ceux qui n’ont pas voulu du pouvoir, et cela est probablement vrai dans la mesure où la quête du pouvoir à travers les campagnes présidentielles évoquent chez les meilleurs candidats les pires réflexes et bassesses. Au-delà d’un spectacle pathétique, les qualités nécessaires à la course au pouvoir (ambition, alliances courtisanes, financements occultes, etc.) ne sont pas celles requises par un véritable chef d’Etat. Alors le système du suffrage universel est tronqué dans son fondement, et l’on voit bien que malgré la volonté du général De Gaulle d’épargner la cinquième république du joug des partis, ces derniers n’ont jamais été aussi nuisibles et corrompus. Ce n’est donc pas une nième république qui changera la donne.


Il faudra enfin que nous nous réconcilions avec l’idée monarchique, car elle semble bien être la seule chance qu’il restera à la France, une fois que l’oligarchie au pouvoir sera à bout de souffle et commencera à manquer de ressources pour maintenir l’illusion de la démocratie.


Il faudra enfin accepter qu’un pays comme la France ne se gère pas sur cinq ans, que les poulains des partis politiques manquent terriblement d’engagement et de conviction.
Et que notre pays se gouverne sur un temps long, que la gestion économique, sociale, l’éducation, la santé, doivent se rapprocher du peuple par une décentralisation véritable des institutions. Le Roi est le garant des institutions, le peuple en est l’acteur ; il faut enfin une véritable démocratie locale et participative au niveau communale et régionale.
Il faut pour finir un Roi pour son peuple et un peuple pour son Roi.


Fanfan

Combattre pour la vraie France :

A ce jour, la république est en France le système de gouvernement incarnant la conséquence de la rupture avec Dieu depuis la désastreuse révolution de 1789. Cette révolution ne fut que la phase terminale de la trinité infernale de notre déclin, à savoir les 3 R : la Renaissance, la Réforme et la Révolution.

« Ces fameux « 3 R » sont la marque de la Révolte, du Refus, du Rejet, du Ressentiment, … de l’Homme face à Dieu, de la créature face à son Créateur. Ces trois évènements théologico-politico-historiques forment comme des repères, et sont autant de ruptures, de cassures, et de fractures dans la longue durée de l’Histoire humaine. » écrivait Christophe Lacroix dans « Ripostes au politiquement correct » Tome 3 – p36

Ces fameux « 3 R » ont au final donné naissance à une autre société n’ayant plus rien à voir avec celle qui émergea du Sacre de Clovis. Car ce qu’il faut bien comprendre, c’est que s’il est totalement faux de dire que la France est née en 1789, comme aime à le rappeler certains révolutionnaires, il n’en demeure pas moins qu’UNE certaine France est bel est bien née cette année-là ! Le remplacement de la vie communautaire dans toute l’acceptation du terme avec la société matérialiste et superficielle, ce que nous résumerons dans l’abandon de l’invisible au profit du visible ! Voir pour cela les travaux de Marie Madeleine Martin et Régine Pernoud…

Mais l’erreur des révolutionnaires a été justement de garder le nom de France comme représentatif de leur idéologie, alors que la France n’a pas attendu 1789 pour exister, bien loin de là ! Les révolutionnaires de 1789 ont voulu faire table rase du passé, et dans cette logique, il fallait tout changer. C’est ce qu’ils firent mais pas pleinement. Ils avaient changé les noms des Provinces d’Ancien Régime tout en redécoupant ces dernières en départements. Les noms de ces départements n’avaient plus une connotation historique, mais étaient et sont toujours, ceux de rivières, de fleuves, de reliefs géologiques etc. Pour la première fois également, ces départements étaient, et sont toujours, numérotés. Les premières formes de déshumanisations administratives apparaissaient, avant que ce ne soit les habitants de ces départements qui soient également numérotés administrativement… Ce que Proudhon bien plus tard dénoncera dans sa révolte : « … endoctriné, contrôlé, censuré, exploité, pressuré, volé ; puis, à la moindre résistance, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, emprisonné, fusillé, jugé, condamné, trahi… Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! »

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Les heures historiques à Sully sur Loire :

Cette année de nouveau nous sommes allés au rassemblement historique de Sully sur Loire. Il faut dire que le temps cette année fut au rendez-vous à contrario des deux années précédentes.

Les différents plateaux retraçant notre histoire et celle du monde étaient composés de nombreux fidèles de la reconstitution historique dont les âges variaient en montrant que tous peuvent y participer d’une égale passion.

Les quelques photos qui suivent égrènent les moments de victoire comme les périodes sombres qui endeuillèrent les générations constituant le terreau de notre peuple…

Frédéric Winkler

L’épopée miraculeuse de Jeanne d’Arc :

« Nous ne sommes qu’à l’aube des jours qui verront s’accomplir, indéfiniment, sa mission. »

      Gabriel Hanotaux – Jeanne d’Arc (1911)

« Il y a grande pitié au Royaume de France »

Disait l’Archange St Michel à Ste Jeanne d’Arc alors que la France paraissait perdue, entre la folie de son roi Charles VI et l’invasion anglaise devenue inéluctable. Nous sommes en pleine Guerre de cent ans en l’an de grâce 1429. A cette époque, le sort du Royaume de France ne tenait plus qu’à la ville d’Orléans. Si Orléans tombait entre les mains des anglais, alors plus rien ne pourrait les empêcher d’envahir les territoires du sud de la Loire encore fidèles à Charles VII. Autant dire qu’à ce stade de la guerre, si Orléans tombe, c’est la France entière qui disparaît sous le joug de la couronne britannique. Mais la chevalerie française en cette année 1429 n’avait plus vraiment la fougue et le moral d’acier de jadis. La cruelle défaite française à la bataille d’Azincourt, le 25 octobre 1415, avait ruiné pour longtemps tout espoir de reconquête, et les défaites successives depuis cette bataille l’ont bien démontré.

C’est dans ce contexte assez désastreux du Royaume de France que débutera la glorieuse épopée de la Sainte Pucelle. Nous n’allons pas faire un exposé sur toute sa vie, mais seulement reprendre des épisodes de son miraculeux parcours, afin de mettre en évidence les enseignements qu’elle laissa aussi bien à ses contemporains qu’aux générations futures…

A l’âge de 13 ans, elle eut une apparition de Saint Michel sous l’apparence d’un chevalier, de Sainte Marguerite et de Sainte Catherine. L’archange et ses deux saintes lui ordonnèrent de conduire le dauphin à Reims pour le faire sacrer et de « bouter les Anglais hors de France ».

Mission qui, pour être politique, n’en est pas moins, pour elle, religieuse. Ses « voix » se font de plus en plus insistantes.

D’abord traitée de folle, elle est enfin prise au sérieux. C’est alors que débute l’aventure guerrière.

Le 25 février 1429, lorsque Jeanne se présenta devant Charles VII à Chinon, après l’avoir reconnu malgré la présence d’un faux Charles se faisant passer pour lui pour la tester, elle lui dit : « J’ai nom Jeanne la Pucelle, et vous mande par moi le roi des cieux que vous serez sacré et couronné dans la ville de Reims et serez lieutenant du roi des cieux qui est roi de France ! »

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Re-histoire pour tous :

On nous raconte depuis les bancs de l’école – et la télévision s’en fait le relais -, que le Moyen âge fut une période abominable et que le siècle des Lumières vit l’émergence de la Raison après des siècles d’obscurantisme superstitieux. Mensonges ! Il n’est pas un argument politique, pas un discours de propagande qui ne se fondent sur une contrevérité historique. Ce site ambitionne de rétablir la vérité chaque fois que ce sera possible.

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France/Etats-Unis l’alliance impossible – 1

“Les Etats-Unis d’Amérique forment un pays qui est passé directement de la barbarie à la décadence sans jamais avoir connu la civilisation.”

Citation attribuée à Albert Einstein sans certitude…

Rappelons que pour l’histoire, Georges Washington commença par assassiner un officier : le sieur de la Jumonville durant la « Guerre de Sept Ans » et qu’il fut le seul président dans l’histoire, à avoir été vaincu par les Français !  Si La Fayette est de nos jours la figure emblématique de la politique pro américaine anti-britannique, il fut néanmoins précédé sur le terrain par le marquis de La Rouërie. Ce dernier était intégré dans l’armée de Washington avec le grade de colonel sous le nom de colonel Armand. La Rouërie qui plus tard fondera l’Association Bretonne, précurseur de la future chouannerie en France fut un héros de la guerre d’indépendance américaine. François-René de Chateaubriand disait de lui « Rival de La Fayette et de Lauzun, devancier de La Rochejaquelein, le marquis de La Rouërie avait plus d’esprit qu’eux : il s’était plus souvent battu que le premier ; il avait enlevé des actrices à l’Opéra comme le second ; il serait devenu le compagnon d’armes du troisième. Il fourrageait les bois, en Bretagne, avec un major américain, et accompagné d’un singe assis sur la croupe de son cheval. » (François-René de Chateaubriand, Mémoires d’outre-tombe, op. cit., tome I, p.111-112)

Si les treize colonies britanniques devinrent les Etats-Unis, c’est à la France qu’elles le doivent, par une guerre qui dura de 1775 à 1783 jusqu’à la signature du traité de Paris. La France prêta 12 millions de livres aux Américains, et en donna 12 autres…

« Signature de la declaration d’independance des Etats Unis en 1776 » Gravure d’apres la peinture de John Trumbull ( 1756-1843 ) 1783 Collection particuliere

Après la Déclaration d’indépendance du 4 juillet 1776, la France fut la première nation à reconnaître officiellement les États-Unis d’Amérique. Cette déclaration d’indépendance préfigura la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui sera votée en août 1789 en France. Le Général George Washington aurait dit à juste titre : « Sans La Fayette et sans la France, l’Amérique n’existerait pas. ».

Après la mort de Louis XVI, les relations entre les Etats-Unis et la France se détériorèrent et aboutirent à la Quasi Guerre qui débuta le 7 juillet 1798. Le congrès des Etats-Unis décida d’annuler les traités signés auparavant avec la France. John Adams ne souhaitant pas débuter une guerre, il instaura un embargo sur tous les produits français. Il soutint la révolution contre les colons français à Haïti et fit passer des ordres aux soldats de la marine afin qu’ils s’emparent des bateaux français. Sans déclaration de guerre formelle, des combats navals éclatèrent entre les deux nations, principalement en zone caraïbe. Ce conflit particulier s’achève le 30 septembre 1800 par le traité de Mortefontaine.

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Le désastre de la IIIè république – De Bismarck à la Grande Guerre :

Du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France de Napoléon III et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse sont en guerres. Mal préparés, le plus souvent inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français furent sévèrement battus dans plusieurs des batailles jalonnant cette période de guerre. La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III, provoquèrent la chute du Second Empire. La victoire prussienne est totale, mais cette guerre ne fut que l’amorce des deux guerres mondiales qui affaibliront considérablement la France durant le XXème siècle.

Le Second Empire de Napoléon III fut remplacé par la troisième république. Bismarck se montra favorable au maintien de cette république, car il pensait que ce régime empêcherait la France de concocter des alliances avec les monarchies européennes. En réalité, il craignait les monarchistes, parce qu’ils possédaient cet esprit revanchard qui le répugnait. De plus, la monarchie pouvait créer un régime fort qui essayerait éventuellement de reconquérir les territoires perdus. Le 24 mai 1873, Bismarck accueille très mal le fait que le nouveau gouvernement français se composait majoritairement de monarchistes catholiques. Toutefois, il avait déjà mis en place un premier système d’alliance et espérait ainsi contrer toutes les initiatives diplomatiques possibles de la France. Cette crainte d’un retour à la Monarchie en France, Bismarck l’exprima clairement dans une lettre qu’il fit au Baron Harry Von Arnim alors Ministre plénipotentiaire à Paris de 1871 à 1874, le 16 novembre 1871.

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