Histoire et empirisme

La chute du mur de la honte (1989-2019)

Ce mois de novembre 2019, est un mois particulier pour les Allemands. C’est la date anniversaire des 30 ans de la chute du mur de Berlin. C’était le 9 novembre 1989, et ce fut avec soulagement que le peuple Allemand pu sceller à nouveau sa réunification en détruisant ce mur, symbole de la séparation de deux idéologies se voulant antagonistes. Paradoxalement, en France en cette même année 1989, la république fêtait son bicentenaire de destruction de la France. Très symbolique en effet lorsque l’on sait que le régime communiste qui a construit ce mur de la honte, avait pour modèle idéologique la révolution de 1789 ! Cette année 1989 fut très symbolique. D’un côté la glorification de l’origine du mal à grand renfort de feux d’artifices, et de bonnets phrygiens sur les têtes de nos petits écolier de l’époque, (j’en faisais partie…) et de l’autre la destruction d’un symbole qui mettra par la suite un terme à l’une des pires idéologies du XXè siècle héritière de 1789.

Mais pas seulement ! Il serait incorrect de prêter uniquement au communisme une origine idéologique à 1789. Car le nazisme contre lequel la Russie soviétique de Staline s’est battue est aussi une idéologie ayant un socle émanant de 1789. Il y a d’ailleurs bien plus de points communs entre communisme et national-socialisme qu’on ne le pense :

Ce sont deux idéologies issues du socialisme – nazi étant le diminutif de national-socialisme -, ces deux idéologies se revendiquent du milieu ouvrier – le parti d’Hitler le NSDAP signifie : Parti national-socialiste des travailleurs allemands -, leur couleur dominante est le rouge, les deux idéologies ont pour méthode la déportation des opposants dans des camps ou goulags, elles visent également à engendrer des hommes nouveaux, une race supérieure pour l’un et une classe supérieure pour l’autre, s’inspirant toutes les deux de la logique du darwinisme. Ces deux idéologies ont instauré des partis uniques avec culte de la personnalité du dirigeant principal. S’ajoute à cela l’embrigadement de la jeunesse, avec les Jeunesses Hitlériennes pour l’un et le Komsomol pour l’autre, sans oublier leurs polices politiques respectives, Gestapo pour l’un et NKVD pour l’autre… Hitler lui-même aurait admis cette ressemblance idéologique entre le nazisme et le communisme. Hermann Rauschning, un proche d’Hitler, écrivit dans son livre Hitler m’a dit, l’aveu que le Chancelier du Reich lui aurait fait à ce sujet : « En plus, il y a plus de liens qui nous unissent au bolchevisme que d’éléments qui nous en séparent. […] Le petit bourgeois socialiste et le chef syndical ne feront jamais un national-socialiste, mais le militant communiste, oui. » (François Furet, Le Passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au XXe siècle, 1995, Robert Laffont/Calmann Lévy, page 229)

C’est Hitler qui porte l’entière responsabilité du désastre de l’Allemagne en s’attaquant à ce géant qu’était l’URSS ! Ce qui motiva Hitler d’une telle attaque fut avant tout sa totale adhésion à la théorie du Lebensraum du géopolitologue Friedrich Ratzel. Ce Lebensraum, n’était autre que le fameux espace vital dont devait bénéficier le peuple Allemand, afin qu’il puisse s’y épanouir et y développer sa pureté raciale dans la logique eugéniste du national-socialisme. Les territoires du Lebensraum sont ceux de l’est de l’Allemagne, à savoir la Russie et les pays limitrophes qui en dépendent.

La finalité de cette désastreuse attaque téméraire, malgré les premiers succès de la Wehrmacht grâce à ses offensives éclaires, fut que les allemands n’atteignirent jamais Moscou, et qu’après le tournant de Stalingrad, ce fut au contraire l’Armée Rouge qui mena une reconquête inexorable jusqu’à Berlin. La conséquence de cette défaite cuisante pour l’Allemagne nazi fut l’expulsion de plus de 12 millions d’Allemands obligés de quitter les territoires de l’Est du fameux Lebensraum vers la frontière du territoire Allemand tel que nous le connaissons aujourd’hui. Cette expulsion mit fin à près de mille ans de présence allemande sur une partie de ces territoires. Une autre conséquence plus fâcheuse encore, c’est d’avoir permis une avancé de plus de 1000 km du communisme en Europe. Cela se soldera par le rideau de fer et le début d’une longue guerre froide entre les Etats-Unis et leurs alliés, le bloc de l’ouest, face à l’URSS et tous les pays du pacte de Varsovie, le bloc de l’est. Hitler qui était soi-disant le fer de lance de la lutte contre le bolchévisme, fut au contraire la plus belle opportunité pour les communistes d’élargir leur sphère influence en Europe !

Et le mur de Berlin fut le symbole par excellence de la victoire de la peste sur le choléra. Mais ni l’un ni l’autre n’étaient acceptables pour le peuple Allemand, comme pour le reste de l’humanité d’ailleurs. Si le nazisme a chuté depuis sa défaite en 1945, la chute du mur de Berlin en 1989, marquera aussi celle du bloc soviétique pour le plus grand soulagement du peuple Allemand réunifié.

C’est donc une date anniversaire très importante mettant un terme à ce qui avait débuté avec la révolution d’Octobre de 1917.

Mais pour nous Royalistes français, ne n’est pas suffisant. Car la matrice idéologique qui est à l’origine de la plupart des régimes totalitaires du XXè siècle n’a jamais été condamnée sérieusement encore à ce jour. Car il ne faut pas oublier que ce mur de Berlin qui fut détruit dans le soulagement en 1989, avait pour mortier les cadavres des paysans Vendéens de 1793.

Les Allemands peuvent fêter une date anniversaire de la fin d’un régime barbare, mais nous en France, a quand une date anniversaire célébrant la fin de la Vè république et de son système de « valeurs » ? A quand l’abolition du 14 juillet comme fête nationale ? A quand la renonciation définitive de l’idéologie de la philosophie des « Lumières » ?

Ce n’est qu’une question de temps…

Notre jour viendra !

P-P Blancher

 

Versailles, cultivons la grandeur de la France :

Et puis qu’importe les grincheux où histrions de tout poil, qui hantent les ruines des architectures bitumées des constructions mondialistes sans vie ni beauté. Ils parlent de valeurs inexistantes d’un système usé comme d’une république enlaidie par trop de sang versé. Nos travaux le démontrent chaque jour par les révélations d’une histoire étouffée, que des élites dépravées cachent à notre peuple désinformé. Le « prêt à penser » sans sève fabrique, chaque jour les cornichons à l’abri des courants d’air que dénonçait Bernanos en son temps, mais prudence, car on n’endort pas un peuple qui fut la lumière du monde, durant des siècles. Le plus humble de nos paysans, fut un seigneur, comme le plus humble artisan, un noble en son métier.

Ton sang de français, fruit de plusieurs peuples, animé de la foi, sema en terre de France, églises et cathédrales aux pointes caressant les cieux sous les nuages complices. Loin des rigueurs fragiles aux courages incertains des publicains, batteurs d’estrade, vendant promesses et mensonges, tes rois touchaient humblement les malades : le roi te touche, Dieu te guérisse. Et puis, Il est toujours bon de sortir la vérité des archives afin de confronter les incohérences de la pensée dominante. C’est tout de même sous Louis XIV que les premières allocations familiales furent distribuées, à Dunkerque :

«…les heureuses conséquences sociales, par un privilège que Louis XIV avait octroyé aux habitants de Fort-Mardyck et qui s’était perpétué. Pour peupler ce nouveau port, le Roi-Soleil avait décidé que chaque foyer qui s’y fonderait recevrait en cadeau de mariage un lopin de terre d’un demi-arpent d’ordonnance (2400m2 d’aujourd’hui), prélevé sur les dunes, et où trouverait place sa chaumière et son jardin. Si bien que la Ligue du Coin de Terre aurait dû honnêtement se mettre sous le patronage du plus absolu de nos rois ! ».

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Un projet des Amis de Jeanne d’Arc :

Chers amis

En ce jour de l’Assomption, l’initiative originale  des Amis de Jeanne d’Arc  vous intéressera-t-elle? Je vous la présente en vous recopiant ci-dessous un message envoyé à quelques amis orthodoxes: 

Tisser des liens de fraternité  spirituelle entre la Fille aînée de l’Église et la Sainte Russie, ce ne sont pas nos gouvernants qui le feront. Mais cela se fera peut-être, pour le plus grand bien du Monde,  par l’intercession d’une sainte française au rayonnement international, Jeanne d’Arc, martyre  d’une politique absurde, comme tant de martyrs de la Révolution française, du communisme, du nazisme, de l’islamisme, une carrière fulgurante, symbole de la possibilité du miracle dans l’Histoire, de la réponse du Ciel aux prières du peuple chrétien quand tout semble perdu.

C’est à ce titre,  à l’occasion du centenaire de sa canonisation qui sera célébré en 2020,  en souvenir  de relations amicales entre la France et la Russie, et avec le désir de les raviver, que la municipalité de St Petersbourg  a accepté l’érection , sur une place de sa ville , dans le quartier de l’Amirauté et en bordure de la Néva, d’une statue de Jeanne d’Arc offerte par des Français. L’emplacement est donc  choisi, la maquette de la statue agréée, mais le financement n’est pas encore  complet. La souscription reste ouverte.

J’ai pensé que cette initiative pourrait parler au cœur d’ orthodoxes vivant en France et  toujours attachés à la Russie. Ils  n’en sont sans doute pas au courant et  vous pourriez peut-être la leur faire connaître.

C’est pourquoi  je joins à cette missive  un tract  qui est en même temps un bon de souscription, la première page du dernier bulletin de l’association des amis de Jeanne d’Arc et  les litanies de Jeanne d’Arc

 Pour de plus amples renseignements et pour obtenir des tracts en nombre, adressez-vous à l’ASSOCIATION UNIVERSELLE DES AMIS DE JEANNE D’ARC,

85 rue Petit 75019 Paris – Tél. 01 60 77 19 51  et 06 80 72 72 77

www.amis-jeanne-darc.org

 En union de prières et avec l’assurance de mon respect

 Jacqueline Picoche

 http://jpicochelinguistique.free.fr/

Libertés N°38 : Pourquoi nous ne sommes pas Bonapartistes ? :

La France vit dans l’habitude d’une contestation permanente, celle des « Gilets jaune », mais pas que. Chaque jour de nouvelles catastrophes économiques frappent notre pays, celles-ci paraissent épisodiques lorsque ce sont de grands ensembles qui sont frappés de délocalisation ou de licenciements mais oublie-t-on que chaque jour, les «petites» professions sont touchées ! Les suicides des agriculteurs, des petits commerçants, de la jeunesse et jusqu’aux forces de l’ordre, ne semblent pas inquiéter un Etat ripoublicain, bien loin des considérations sociales… Alors sur ce fond de détresse quotidienne, parmi des familles en souffrance, des retraités qui peines à vivre de peu, des SDF, bref des Français tout simplement, nous continuerons d’informer, de participer, voir d’aider ce peuple qui est le notre et que nous aimons tant, car « Peuple et Roi » sont de droits divin disait Marcel Jullian. Notre jour viendra !

L’histoire des deux « 14 juillet » :

Puisque nous sommes le 14 juillet, il ne me semble pas inutile de republier cette note sur l’histoire des deux « 14 juillet », ceux de 1789 et 1790 : au-delà de l’histoire elle-même, il n’est pas inintéressant de se poser quelques questions sur l’instrumentalisation des événements et sur le rôle de cette dernière dans la formation d’une certaine mythologie républicaine qui, comme toute mythologie, accorde plus de poids au sens qu’on lui donne qu’à l’exacte réalité des faits et des idées…

Le 14 juillet est devenu fête nationale au début de la IIIe République, après un débat fort animé le 8 juin 1880. Il est savoureux de lire, avec le recul, le propos du rapporteur de la proposition de loi, le dénommé Antoine Achard (député radical de la Gironde), et d’en montrer, au vu des connaissances historiques qui ne sont pas toujours en concordance avec l’idéologie, les limites et les contradictions : « Les grands, les glorieux anniversaires ne manquent pas dans notre histoire. Celui qui vous est désigné est mémorable à double titre ; il rappelle en effet la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la grande Fête de la Fédération célébrée le 14 juillet 1790. La prise de la Bastille qui fut le glorieux prélude, le premier acte de la Révolution a mis fin au monde ancien et, en ouvrant les portes de la rénovation sociale, a inauguré le monde nouveau, celui dont nous voyons l’aurore, celui qui s’édifie, lentement mais sûrement, le monde de la justice et de l’humanité, de l’égalité des droits et des devoirs.

La Fête de la Fédération a fait le monde moderne. En mettant en contact sympathique des populations jusqu’alors étrangères les unes aux autres, de races, d’origines différentes, distinctes par les moeurs, par le langage, par les lois ; en les groupant dans une grande manifestation pacifique, en leur apprenant en un mot à se connaître et à s’aimer, la Fête de la Fédération a fondé, sur des bases indestructibles, l’unité de la patrie ».

Quelques décennies après, l’historien monarchiste Pierre Gaxotte (1895-1982) répliquait, à sa façon, à ce discours par un texte ironique, publié dans l’été 1939, quelques jours avant le début de la Seconde guerre mondiale : « Le 14 juillet est devenu la fête de l’unité française. Devenu, ou plutôt redevenu. Historiquement et légalement en effet, notre 14 juillet ne commémore pas la délivrance des faux-monnayeurs et des satyres qui étaient emprisonnés à la Bastille, mais bien la fête de la Fédération qui eut lieu, en 1790, au Champ-de-Mars.

(…) Quoique agrégé d’Histoire, M. Daladier avait, par prudence, recouru à la science de M. le Directeur des Archives nationales (…). Je ne m’explique pas comment, à eux deux, ils ont pu commettre, dans leur reconstitution, deux énormes oublis.

1° La fête de la Fédération consista d’abord en une messe solennelle chantée par un évêque. Cette année, pas de messe. 2° Pour la présider, il y avait un roi, circonstance importante et nécessaire. Un roi, monsieur le président, un vrai roi à fleurs de lys, avec sa femme, son fils, sa fille et sa soeur. Puisque vous vouliez que votre fête révolutionnaire et commémorative de l’unité française fût exacte, il fallait y mettre le roi. Il fallait rétablir la monarchie. Sinon, ce n’est plus de l’histoire, c’est du roman ». Il est vrai que les deux « 14 juillet » se sont déroulés quelques années avant la République, en un temps où cette idée même apparaissait incongrue en France, et que, au grand dam de nos républicains, les deux se sont faits aux cris de « vive le roi », y compris pour mieux, dans celui de 1789, violer la loi…

Car, malgré les accents lyriques du député Achard, le 14 juillet 1789 ne fut pas vraiment glorieux et il n’y a pas de quoi s’en vanter. Il est d’ailleurs amusant de constater que nos officiels de la République célèbrent une émeute dont ils se seraient effrayés à l’automne 2005 ou au printemps 2016… Comment, ainsi, dénoncer les désordres des banlieues et les casseurs dans la ville quand on glorifie un épisode d’une violence aveugle et, à l’origine, si peu politique ? Je viens d’acquérir un livre fort intéressant intitulé « Les secrets de la Bastille tirés de ses archives » et écrit par l’historien Frantz Funck-Brentano dans les années 30, et qui remet un peu les choses au point : après le pillage des dépôts d’armes des Invalides (28.000 fusils et 24 canons), l’émeute se déplaça vers la Bastille pour y aller chercher la poudre qui s’y trouvait, et pas vraiment pour aller libérer les prisonniers qui y étaient enfermés (au nombre de 7 : connaissez-vous beaucoup de prisons aujourd’hui qui n’accueillent que ce petit nombre de personnes ?). Funck-Brentano écrit : « Il faut bien distinguer les deux éléments dont se composa la foule qui se porta sur la Bastille. D’une part une horde de gens sans aveu, ceux que les documents contemporains ne cessent d’appeler « les brigands » et, d’autre part, les citoyens honnêtes : ils formaient certainement la minorité qui désiraient des armes pour la constitution de la garde bourgeoise. La seule cause qui poussa cette bande sur la Bastille fut le désir de se procurer des armes. (…) Il n’était pas question de liberté, ni de tyrannie, de délivrer des prisonniers, ni de protester contre l’autorité royale. La prise de la Bastille se fit aux cris de : Vive le Roi ! tout comme, depuis plusieurs mois en province, se faisaient les pillages de grains ».

Je passe sur les différents épisodes de la journée relatés dans cet excellent petit bouquin. Mais il n’est pas inintéressant d’évoquer un élément souvent oublié dans les manuels d’Histoire (trop anecdotique, sans doute) qui montre un « autre » aspect de ce 14 juillet 1789 : « Une jolie jeune fille, Mademoiselle de Monsigny, fille du capitaine de la compagnie d’invalides de la Bastille, avait été rencontrée dans la cour des casernes. Quelques forcenés s’imaginèrent que c’était Mademoiselle de Launey (M. de Launey, ou Launay, était le gouverneur de la Bastille). Ils la traînèrent sur le bord des fossés, et, par gestes, firent comprendre à la garnison qu’ils allaient la brûler vive si la place ne se rendait. Ils avaient renversé la malheureuse enfant, évanouie, sur une paillasse, à laquelle, déjà, ils avaient mis le feu. M. de Monsigny voit le spectacle du haut des tours, il veut se précipiter vers son enfant et est tué par deux coups de feu. () Un soldat, Aubin Bonnemère, s’interposa avec courage et parvint à sauver la malheureuse enfant ».

La Bastille se rendit sans vraiment combattre et le gouverneur, malgré les promesses, fut massacré et sa tête fichée au bout d’une pique : c’était la première à tomber, la première d’une liste fort longue…

Ce livre donne d’autres indications intéressantes et qui rompent avec « l’histoire sainte » de la prise de la Bastille : en particulier les textes relatant l’événement dus à Saint-Just et à Marat, révolutionnaires insoupçonnables de tendresse pour l’Ancien Régime et qui offrent quelques surprises à leur lecture… Quant à la liste définitive des « vainqueurs de la Bastille », elle comptera environ 900 noms (863 selon Funck-Brentano, mais 954 selon d’autres décomptes), ce qui est fort loin des foules ou du « peuple de Paris » évoqués par les manuels d’Histoire (ou d’histoires ?)…

Le dramaturge Victorien Sardou, dans sa pièce « Rabagas », écrit ceci, qui résume bien l’affaire : « Mais alors à quoi distingue-t-on une émeute d’une révolution ? L’émeute, c’est quand le populaire est vaincu, tous des canailles. La révolution, c’est quand il est le plus fort : tous des héros ! » : une leçon à méditer, pour l’historien comme pour le politique…

Jean-Philippe Chauvin

 

Pourquoi nous ne sommes pas Bonapartistes ? :

Une question assez récurrente nous est souvent posée : Pourquoi n’êtes-vous pas Bonapartistes ? Ou tout au moins, pourquoi en tant que Royalistes ne défendons-nous pas la politique de Napoléon Bonaparte face à la révolution ? Sans oublier tous les petits idolâtres du petit corse qui grognent sur nos vidéos chaque fois que l’on formule une critique sur leur idole…

Nous allons donc nous efforcer dans cet exposé de répondre à cette question en faisant un bilan global de l’œuvre de Napoléon expliquant pourquoi, en tant que Royalistes, nous ne pouvons défendre un tel personnage et son idéologie.

Pour commencer, l’une des raisons la plus évidente à nos yeux, et qui justifie amplement notre rejet du bonapartisme, c’est que ce dernier est avant tout un héritier de la révolution de 1789. Napoléon, au même titre que Robespierre ou Marat ou bien d’autres encore, est un fils de 1789. Il est la branche militaire et impérialiste des idéaux de la révolution antifrançaise.

Le chanoine Henri Delassus l’exprimait en ces termes :

« De fait, partout où Napoléon porta ses armes, il y faisait ce qui avait été fait en France, établissant l’égalité des cultes, expulsant les religieux, vendant les biens ecclésiastiques, imposant le partage forcé, abolissant les corporations, détruisant les libertés locales, renversant les dynasties nationales, anéantissant en un mot l’ancien ordre des choses et s’efforçant de substituer à la civilisation chrétienne une civilisation dont les dogmes révolutionnaires auraient été le fondement et le principe. »

Cité par Jean Ousset, dans : Pour qu’il règne, 1986 – p. 229

Mieux encore, cette fois-ci de la part de son cher neveu, le futur Napoléon III du second empire, ne disant pas mieux dans ses idées napoléoniennes :

« Napoléon, en arrivant sur la scène du monde, vit que son rôle était d’être l’exécuteur testamentaire de la révolution. Le feu destructeur des partis était éteint, et  lorsque la révolution mourante mais non vaincue légua à Napoléon l’accomplissement de ses dernières volontés, elle dut lui dire : « Affermis sur des bases solides les principaux résultats de mes efforts, réunis les Français divisés, repousse l’Europe féodale liguée contre moi, cicatrise mes plaies, éclaire les nations, exécute en étendue ce que j’ai dû faire en profondeur ; sois pour l’Europe ce que j’ai été pour la France; et quand même tu devrais de ton sang arroser l’arbre de la civilisation, voir tes projets méconnus et les tiens sans patrie errer dans le monde, n’abandonne jamais la cause sacrée du peuple français, et fais-la triompher par tous les moyens que le génie enfante, que l’humanité approuve. » »

Des idées napoléoniennes – par Louis-Napoléon Bonaparte – Paulin Librairie éditeur – 1839  p17 et 18

Oui, Napoléon fut bel et bien le fer de lance et le bras armée des idéaux de la révolution !

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L’intégrisme républicain contre le catholicisme :

« La laïcité française a toujours constitué à expulser l’Église de l’espace public, un projet qui a été couronné de succès en offrant aux citoyens un nouveau code moral. Et dans ce projet, l’Église est considérée comme l’ennemie de la République ».
Pierre Manent

La Révolution de 1789, faisant suite au travail de sape entrepris depuis la Renaissance par des écrivains, des penseurs et des « philosophes » (Lumières ?), afin de détruire le catholicisme, qui demeurait le rempart contre l’éclosion du capitalisme. Les « sociétés de pensée » comprirent que pour permettre à l’argent de dominer, il fallait à la différence de l’Angleterre, supprimer le Roi, garant des libertés populaires et protecteur social de son peuple (En Angleterre le roi se lia aux Lords contre le peuple !).
C’est cela que le peuple ignore. La Révolution fut faite pour asseoir le pouvoir des puissances d’argent, bref d’un « ordre » antisocial, au nom d’une idéologie prônant de fausses valeurs (liberté, égalité…). Ceci, afin d’entraîner le peuple vers une nouvelle forme d’esclavage dans l’accouchement infernal du XIXe siècle…
La révolution, ainsi que sa fille la république, commencèrent très rapidement les persécutions contre l’Église. L’Église s’occupant avant la révolution des œuvres sociales et de l’éducation, entièrement gratuite alors. Jean de Viguerie dans Christianisme et révolution (1986), mit en évidence huit formes de persécutions :

1_la nationalisation et la vente des biens du clergé,
2_la Constitution civile du Clergé instituant une église parallèle avec des évêques et des prêtres élus par les fidèles, rémunérés par l’État, tenus de prêter un serment de fidélité « à la nation, à la loi, au roi ». Ce régime avait été condamné par le Saint-Siège de sorte que s’opposaient depuis lors en France le clergé assermenté ou constitutionnel au clergé insermenté ou réfractaire, fidèle à Rome. Le 29 novembre 1791, l’Assemblée législative décréta que les réfractaires seraient tenus pour suspects : les persécutions commençaient contre les catholiques fidèles à Rome.
3_la suppression des ordres religieux
4_la circonscription des paroisses, réalisée en 1791 et 1792, et qui supprime environ 4 000 paroisses.
5_les mesures prises contre les prêtres, la proscription des réfractaires et la campagne de déprêtrisation. Les prêtres se déplacent continuellement pour éviter d’être repérés, disaient la messe la nuit en des lieux écartés, ne passaient que de loin en loin et à des intervalles irréguliers dans la même paroisse. La crainte d’une dénonciation et des peines terribles réservées aux fidèles donnant asiles aux réfractaires, refroidit le zèle de plusieurs fidèles qui voulaient les accueillir ou les appeler.

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La souffrance ouvrière sous la république :

La révolution antifrançaise de 1789, faisant suite au travail de sape entrepris depuis la Renaissance par des écrivains, des penseurs et les « philosophes », afin de détruire le catholicisme, rempart contre l’éclosion du capitalisme, détruisit les protections sociales ouvrières (corporations) afin d’asseoir le pouvoir de l’argent et de l’usure. C’est par le décret d’Allarde (2 et 17 mars 1791) et la Loi le Chapelier (14 et 17 juin 1791) que les révolutionnaires détruiront le système corporatif, qui servait de protection pour les ouvriers, et imposeront un libéralisme économique sauvage rejeté jusqu’alors par nos Rois. Les « sociétés de pensée » comprirent que pour permettre à l’argent de dominer, il fallait donc, à la différence de l’Angleterre, supprimer le Roi, garant des libertés populaires et protecteur social de son peuple. (En Angleterre le roi se lia aux Lords et à l’argent contre le peuple, ce qui explique le maintien de la Monarchie anglaise !)

Certes, il est vrai qu’en 1776 Turgot, alors contrôleur général des finances, obtint du roi Louis XVI la suppression des communautés de métiers, avec l’Édit de Turgot de 1776 supprimant les corporations. Il le justifiait ainsi : « La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d’un même métier de s’assembler et de se réunir en corps. » Le roi Louis XVI ayant compris son erreur, car ayant été très certainement mal conseillé, revint sur cet Edit. L’Edit du roi enregistré au Parlement le 23 août 1776 annula donc l’abolition des corporations. Louis XVI se justifia ainsi devant Turgot : « En faisant cette création, nous voulons donner aux ouvriers un moyen de défense, nous voulons qu’ils puissent jouir en commun de leur intelligence, qui est le bien le plus précieux de l’homme ». M-H de Lacombe « Le suffrage universel et la représentation des intérêts » dans : Le Correspondant: Religion, Philosophie, Politique… Tome 69 – 1876 – p.623

Pas étonnant avec une telle réponse d’apprendre que Louis XVI fut le premier à utiliser le terme de « Justice sociale » !

Le vol du bien commun des ouvriers a donc été décidé par le décret d’Allarde du 2 -17 mars 1791, qui déclarait propriété nationale les biens corporatifs. Ce décret d’Allarde faisait aussi du libéralisme économique le fondement du nouveau régime de travail, de la production et du commerce.

Le 14 et 17 juin 1791, la loi « Le Chapelier » interdisait aux hommes de métier de s’associer en vue de « former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ». Cette loi calquée sur la logique de Turgot s’inspirait du Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, dont Isaac le Chapelier reprit des passages entiers dans son exposé.

Privés de leur patrimoine, les corps de métiers ne pouvaient plus vivre.

L’historien Hippolyte Taine évalua à seize milliards de l’époque la valeur du patrimoine des métiers confisqué aux corporations. Somme énorme si l’on considère le chiffre peu élevé des effectifs ouvriers au moment de la révolution.

Rappelons également que sur le nombre total de guillotinés durant la période de la révolution ; 31% étaient des ouvriers ; 28% des paysans et 20% des marchands. Soit prêt de 80% étaient des « petites gens ». Le tout au nom de la Liberté et des Droits de l’Homme comme il se doit !

(suite…)