Kadou

Non au CETA, dangereux pour notre agriculture, notre santé et l’environnement ! :

Ainsi, et malgré l’opposition forte d’une partie de l’opinion, de la classe politique et des agriculteurs français, déjà fort éprouvés ces derniers temps, le CETA, traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, a été voté par les députés français, et il devra aussi être ratifié par les autres pays de l’UE pour pouvoir entrer en plein exercice, même s’il est déjà appliqué en grande partie depuis deux ans. En fait, ce vote n’est pas une bonne nouvelle et il montre l’hypocrisie d’une République qui invite le midi une jeune Suédoise à parler de lutte contre le réchauffement climatique et vote, dans la foulée, pour un traité qui est un démenti à toute stratégie écologique crédible… D’ailleurs, l’étonnante hésitation de Greta Thunberg à l’égard de ce traité de libre-échange apparaît assez contradictoire avec le message d’alerte qu’elle est censée délivrer, elle qui dénonce avec force les excès de la société de consommation : car, n’est-ce pas la « fluidité » organisée de la mondialisation et favorisée par le libre-échange qui est la cause principale des rejets massifs de gaz à effet de serre dans l’atmosphère ? N’est-ce pas le fait de produire là-bas et loin pour vendre ici (dans une logique de bas coûts et de plus-values qui profite d’abord aux grandes sociétés transnationales et à leurs actionnaires) qui est mortifère pour l’environnement sous toutes ses formes ? A quoi servent les cris d’alarme si l’on refuse de voir et de combattre les causes de l’incendie ? Si je ne remets pas forcément en cause la sincérité de cette jeune fille, je crains que son message ne s’inscrive que trop bien dans la logique dominante contemporaine du capitalisme et de la mondialisation libérale, logique qu’il est pourtant nécessaire de dénoncer et de remplacer.

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Libertés N°38 : Pourquoi nous ne sommes pas Bonapartistes ? :

La France vit dans l’habitude d’une contestation permanente, celle des « Gilets jaune », mais pas que. Chaque jour de nouvelles catastrophes économiques frappent notre pays, celles-ci paraissent épisodiques lorsque ce sont de grands ensembles qui sont frappés de délocalisation ou de licenciements mais oublie-t-on que chaque jour, les «petites» professions sont touchées ! Les suicides des agriculteurs, des petits commerçants, de la jeunesse et jusqu’aux forces de l’ordre, ne semblent pas inquiéter un Etat ripoublicain, bien loin des considérations sociales… Alors sur ce fond de détresse quotidienne, parmi des familles en souffrance, des retraités qui peines à vivre de peu, des SDF, bref des Français tout simplement, nous continuerons d’informer, de participer, voir d’aider ce peuple qui est le notre et que nous aimons tant, car « Peuple et Roi » sont de droits divin disait Marcel Jullian. Notre jour viendra !

L’histoire des deux « 14 juillet » :

Puisque nous sommes le 14 juillet, il ne me semble pas inutile de republier cette note sur l’histoire des deux « 14 juillet », ceux de 1789 et 1790 : au-delà de l’histoire elle-même, il n’est pas inintéressant de se poser quelques questions sur l’instrumentalisation des événements et sur le rôle de cette dernière dans la formation d’une certaine mythologie républicaine qui, comme toute mythologie, accorde plus de poids au sens qu’on lui donne qu’à l’exacte réalité des faits et des idées…

Le 14 juillet est devenu fête nationale au début de la IIIe République, après un débat fort animé le 8 juin 1880. Il est savoureux de lire, avec le recul, le propos du rapporteur de la proposition de loi, le dénommé Antoine Achard (député radical de la Gironde), et d’en montrer, au vu des connaissances historiques qui ne sont pas toujours en concordance avec l’idéologie, les limites et les contradictions : « Les grands, les glorieux anniversaires ne manquent pas dans notre histoire. Celui qui vous est désigné est mémorable à double titre ; il rappelle en effet la prise de la Bastille le 14 juillet 1789 et la grande Fête de la Fédération célébrée le 14 juillet 1790. La prise de la Bastille qui fut le glorieux prélude, le premier acte de la Révolution a mis fin au monde ancien et, en ouvrant les portes de la rénovation sociale, a inauguré le monde nouveau, celui dont nous voyons l’aurore, celui qui s’édifie, lentement mais sûrement, le monde de la justice et de l’humanité, de l’égalité des droits et des devoirs.

La Fête de la Fédération a fait le monde moderne. En mettant en contact sympathique des populations jusqu’alors étrangères les unes aux autres, de races, d’origines différentes, distinctes par les moeurs, par le langage, par les lois ; en les groupant dans une grande manifestation pacifique, en leur apprenant en un mot à se connaître et à s’aimer, la Fête de la Fédération a fondé, sur des bases indestructibles, l’unité de la patrie ».

Quelques décennies après, l’historien monarchiste Pierre Gaxotte (1895-1982) répliquait, à sa façon, à ce discours par un texte ironique, publié dans l’été 1939, quelques jours avant le début de la Seconde guerre mondiale : « Le 14 juillet est devenu la fête de l’unité française. Devenu, ou plutôt redevenu. Historiquement et légalement en effet, notre 14 juillet ne commémore pas la délivrance des faux-monnayeurs et des satyres qui étaient emprisonnés à la Bastille, mais bien la fête de la Fédération qui eut lieu, en 1790, au Champ-de-Mars.

(…) Quoique agrégé d’Histoire, M. Daladier avait, par prudence, recouru à la science de M. le Directeur des Archives nationales (…). Je ne m’explique pas comment, à eux deux, ils ont pu commettre, dans leur reconstitution, deux énormes oublis.

1° La fête de la Fédération consista d’abord en une messe solennelle chantée par un évêque. Cette année, pas de messe. 2° Pour la présider, il y avait un roi, circonstance importante et nécessaire. Un roi, monsieur le président, un vrai roi à fleurs de lys, avec sa femme, son fils, sa fille et sa soeur. Puisque vous vouliez que votre fête révolutionnaire et commémorative de l’unité française fût exacte, il fallait y mettre le roi. Il fallait rétablir la monarchie. Sinon, ce n’est plus de l’histoire, c’est du roman ». Il est vrai que les deux « 14 juillet » se sont déroulés quelques années avant la République, en un temps où cette idée même apparaissait incongrue en France, et que, au grand dam de nos républicains, les deux se sont faits aux cris de « vive le roi », y compris pour mieux, dans celui de 1789, violer la loi…

Car, malgré les accents lyriques du député Achard, le 14 juillet 1789 ne fut pas vraiment glorieux et il n’y a pas de quoi s’en vanter. Il est d’ailleurs amusant de constater que nos officiels de la République célèbrent une émeute dont ils se seraient effrayés à l’automne 2005 ou au printemps 2016… Comment, ainsi, dénoncer les désordres des banlieues et les casseurs dans la ville quand on glorifie un épisode d’une violence aveugle et, à l’origine, si peu politique ? Je viens d’acquérir un livre fort intéressant intitulé « Les secrets de la Bastille tirés de ses archives » et écrit par l’historien Frantz Funck-Brentano dans les années 30, et qui remet un peu les choses au point : après le pillage des dépôts d’armes des Invalides (28.000 fusils et 24 canons), l’émeute se déplaça vers la Bastille pour y aller chercher la poudre qui s’y trouvait, et pas vraiment pour aller libérer les prisonniers qui y étaient enfermés (au nombre de 7 : connaissez-vous beaucoup de prisons aujourd’hui qui n’accueillent que ce petit nombre de personnes ?). Funck-Brentano écrit : « Il faut bien distinguer les deux éléments dont se composa la foule qui se porta sur la Bastille. D’une part une horde de gens sans aveu, ceux que les documents contemporains ne cessent d’appeler « les brigands » et, d’autre part, les citoyens honnêtes : ils formaient certainement la minorité qui désiraient des armes pour la constitution de la garde bourgeoise. La seule cause qui poussa cette bande sur la Bastille fut le désir de se procurer des armes. (…) Il n’était pas question de liberté, ni de tyrannie, de délivrer des prisonniers, ni de protester contre l’autorité royale. La prise de la Bastille se fit aux cris de : Vive le Roi ! tout comme, depuis plusieurs mois en province, se faisaient les pillages de grains ».

Je passe sur les différents épisodes de la journée relatés dans cet excellent petit bouquin. Mais il n’est pas inintéressant d’évoquer un élément souvent oublié dans les manuels d’Histoire (trop anecdotique, sans doute) qui montre un « autre » aspect de ce 14 juillet 1789 : « Une jolie jeune fille, Mademoiselle de Monsigny, fille du capitaine de la compagnie d’invalides de la Bastille, avait été rencontrée dans la cour des casernes. Quelques forcenés s’imaginèrent que c’était Mademoiselle de Launey (M. de Launey, ou Launay, était le gouverneur de la Bastille). Ils la traînèrent sur le bord des fossés, et, par gestes, firent comprendre à la garnison qu’ils allaient la brûler vive si la place ne se rendait. Ils avaient renversé la malheureuse enfant, évanouie, sur une paillasse, à laquelle, déjà, ils avaient mis le feu. M. de Monsigny voit le spectacle du haut des tours, il veut se précipiter vers son enfant et est tué par deux coups de feu. () Un soldat, Aubin Bonnemère, s’interposa avec courage et parvint à sauver la malheureuse enfant ».

La Bastille se rendit sans vraiment combattre et le gouverneur, malgré les promesses, fut massacré et sa tête fichée au bout d’une pique : c’était la première à tomber, la première d’une liste fort longue…

Ce livre donne d’autres indications intéressantes et qui rompent avec « l’histoire sainte » de la prise de la Bastille : en particulier les textes relatant l’événement dus à Saint-Just et à Marat, révolutionnaires insoupçonnables de tendresse pour l’Ancien Régime et qui offrent quelques surprises à leur lecture… Quant à la liste définitive des « vainqueurs de la Bastille », elle comptera environ 900 noms (863 selon Funck-Brentano, mais 954 selon d’autres décomptes), ce qui est fort loin des foules ou du « peuple de Paris » évoqués par les manuels d’Histoire (ou d’histoires ?)…

Le dramaturge Victorien Sardou, dans sa pièce « Rabagas », écrit ceci, qui résume bien l’affaire : « Mais alors à quoi distingue-t-on une émeute d’une révolution ? L’émeute, c’est quand le populaire est vaincu, tous des canailles. La révolution, c’est quand il est le plus fort : tous des héros ! » : une leçon à méditer, pour l’historien comme pour le politique…

Jean-Philippe Chauvin

 

La mondialisation nourrit le chômage en France :

Le chômage est un mal endémique qui touche notre société depuis les années 1970, devenant structurel après être resté longtemps conjoncturel et limité. Aujourd’hui, c’est un véritable fléau qui mine l’harmonie sociale et fonde le ressentiment profond d’une part des catégories sociales, souvent populaires et, parfois déracinées ou dépossédées, mais aussi de plus en plus des classes moyennes et des catégories tertiaires. Le président François Mitterrand, qui s’était fait élire en 1981 sur la promesse d’un chômage qui n’atteindrait jamais les deux millions de personnes (ce qui se produisit quelques mois après…), avait baissé les bras et son action s’était réduite à créer quelques pansements sociaux, au grand dam des mineurs et ouvriers qui, dès 1984, brûlèrent son effigie lors des manifestations lorraines et parisiennes en criant à la trahison : la Gauche entamait alors son grand déclin et entérinait ses grands renoncements, au nom d’une Construction européenne qui remplaçait désormais la résolution de la question sociale… Et le chômage, presque cinquante ans après la fin du plein-emploi, est toujours là, inquiétant, épuisant, destructeur autant des métiers que des vies et des familles.

 

Mais si l’on veut le combattre, car il faut le combattre (ce dont ne sont pas sûrs un certain nombre de libéraux qui y voient un mal nécessaire), encore faut-il en discerner les causes et s’y attaquer, non par de simples lamentations ou gesticulations mais par une véritable politique d’Etat, une politique qui ne vise pas à « tout faire » mais à impulser des initiatives et à soutenir des projets (y compris privés), à financer des grands chantiers et à penser des stratégies à long terme. Le fatalisme serait la pire des choses, et le « laisser-faire, laisser-passer » un abandon des responsabilités de l’Etat qui, pour conforter sa légitimité politique, ne doit pas négliger ses devoirs sociaux et nationaux de protection de ses citoyens-contribuables, travailleurs et producteurs. Bien sûr, l’étatisme serait aussi absurde que l’indifférence, et tout aussi dévastateur car il déresponsabiliserait les Français comme il dessaisirait les entrepreneurs quand il faut responsabiliser les uns et les autres et les protéger tout autant dans le cadre social et politique, en assurant l’équilibre social et en rassurant les acteurs et investisseurs économiques.

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Compte-rendu du Banquet Camelots du 23 juin 2019 :

La canicule de la dernière semaine de juin s’annonçait tout juste lorsque nous nous sommes retrouvés pour le dernier Banquet Camelot de la saison à Paris ; ce rendez-vous du GAR, incontournable, festif, convivial et traditionnel a permis de rassembler une fois de plus de joyeux amis et fervents défenseurs de la cause royaliste.

Ce rendez-vous de fin d’année, par un hasard qui ressemble en tous points à un clin d’œil du bon Dieu, s’est tenu le jour de la fête du Saint-Sacrement. Lorsque nous fûmes enfin tous réunis, aux alentours de 13 heures, notre cher Frédéric Winkler, qui porte l’organisation de nos réunions sans faillir depuis plus de 10 ans, fit un rappel des mois écoulés, des banquets précédents et du contexte dans lequel s’inscrivait ce dernier rendez-vous avant l’été ; il nous présenta ensuite les invités – pendant que l’équipe du restaurant tentait de se frayer un passage entre nous tous afin de gérer au mieux la pitance de chacun ! Deux invités de marque nous ont donc fait l’honneur de leur présence ce 23 juin : le journaliste et réalisateur Daniel Rabourdin et Maître Trémolet de Villers, éminent avocat habitué de nos amicaux banquets.

Premier des invités à prendre la parole, le journaliste et réalisateur franco-américain Daniel Rabourdin nous a présenté son travail de reconstitution historique en tant que réalisateur indépendant. Ayant travaillé en accédant aux mêmes sources que Reynald Secher, spécialiste du génocide vendéen, il s’est tout naturellement heurté aux mêmes réactions hostiles que nous opposent systématiquement les dépositaires l’histoire académique. Les fourmis de la quête des preuves historiques d’époque, qui tentent au quotidien de rétablir des vérités interdites, doivent s’armer de courage. Fort du succès renouvelé de sa présentation de La Rébellion cachée, Daniel Rabourdin s’est proposé de mettre en place une série de présentations dans les paroisses dont chacun de nous pourrait avoir le contact, qui à Paris, qui en province. À ce sujet, il a mis à notre disposition une fiche technique, disponible par mail, de sorte à porter le projet auprès des nos curés respectifs : ayant prévu de revenir en France entre octobre et décembre, Daniel Rabourdin est tout à fait disposé à présenter son travail et ses projets à ce moment-là. Il serait utile de prévoir deux diffusions en paroisse pour toucher le public le plus large possible. N’hésitez pas à nous contacter si vous pensez qu’il vous est possible de participer à l’organisation d’une rencontre à l’automne.

Maître Trémolet de Villers, que nous retrouvons régulièrement à notre table, a ensuite pris la parole pour nous parler de la place très particulière de Sainte Jeanne d’Arc, héroïne nationale, et des festivités liées à la commémoration du centenaire de sa canonisation en 2020. À ce titre, il a insisté sur la nécessité d’organiser dans un maximum de localités françaises des cérémonies rassemblant les représentants des institutions en place, les représentants militaires haut-gradés et les représentants ecclésiastiques. Les cérémonies sont prévues officiellement le deuxième dimanche du mois de mai 2020. Dans ce but, se rapprocher des cercles royalistes locaux serait un appui intéressant afin de créer des liens intermédiaires entre les différentes instances. Selon Maître Trémolet de Villers, il nous reste encore du temps pour parvenir à rassembler préfets, généraux et évêques dans toutes les moyennes et grandes villes de France. Dans le contexte actuel de délitement des valeurs et traditions, ce rappel de l’histoire pourrait constituer un élément éminemment fédérateur. Notre invité a ensuite parlé avec un enthousiasme communicatif de l’avancée du projet de sculpture monumentale de Saint Jeanne d’Arc, statue en pied de la sainte portant un étendard, œuvre de Boris Lejeune, destinée à être érigée à Saint-Pétersbourg. Ce projet, validé par les instances pétersbourgeoises, d’une grande force symbolique, témoigne de l’amitié liant la Russie et la France depuis de longs siècles et du souci commun de préserver les racines et les traditions. Afin d’apporter sa contribution, une levée de fonds a été proposée au nom du GAR au cours du banquet.

Jean-Philippe Chauvin, notre ami vice-président du GAR, nous a ensuite livré ses analyses affûtées du contexte socio-économique actuel : au bout de huit longs mois de contestation sociale sans réaction adéquate du gouvernement d’un pays légal rêvant d’une France hors-sol, sans compréhension véritable du nœud des revendications venant du pays réel, nous apparaissons, nous, royalistes, comme alternative de plus en plus crédible à un système corrompu et à bout de souffle. Notre force, en tant que royalistes, est de proposer de véritables solutions, prenant appui sur le bon sens et l’enracinement, dans tous les domaines où la république échoue lamentablement et pire, détruit méthodiquement ce qui fonctionnait, que ce soit en matière d’écologie, d’éducation et de culture, de liens familiaux, d’accès à la santé et à la vraie solidarité, de respect des conditions de dignité due à chacun, qu’il soit ouvrier, artisan, agriculteur…

Comme lors de chaque banquet, un large choix d’ouvrages et brochures était mis à disposition de chacun, pour parfaire sa culture de la cause et nourrir sa réflexion politique au contact du travail colossal de recherche effectué par nos amis, à compléter, bien sûr, par les vidéos de la chaîne SACR TV. Et, chers amis, si vous avez le temps pendant l’été, au bord de la piscine, vous pouvez toujours jeter un œil sur la belle collection Montjoie Saint Denis de l’éditeur indépendant et régional Christian Lacour.

C’est toujours avec un immense plaisir que nous nous retrouvons ensemble, forts de nos traditions, de nos convictions chevillées au corps, entourés de nos drapeaux fleurdelisés, comme autant d’encouragements à aller de l’avant sans faiblir ni douter.

Notre jour viendra !

Hélène C.

Intervention de Jean-Philippe Chauvin, lors du banquet Camelots du 23 juin 2019, faisant un bilan global de la crise des gilets jaunes et de l’état d’esprit néfaste du gouvernement actuel…

Intervention de Frédéric Winkler, lors du banquet Camelots du 23 juin 2019, faisant un bilan de l’état actuel de notre pays, et du rôle salvateur des idées royalistes…

Intervention de Maître Trémolet de Villers, lors du banquet Camelots du 23 juin 2019, exposant ses activités johanniques, ainsi que le projet de statue de Jeanne d’Arc en Russie et les relation France/Russie…

Intervention de Maître Trémolet de Villers, lors du banquet Camelots du 23 juin 2019, racontant une de ses entrevues avec le Prince Jean Comte de Paris…

Une lecture royaliste des dérèglements climatiques contemporains :

L’écologie est à la mode… Doit-on s’en réjouir ? Bien sûr, il y a l’effet canicule, il y a les débats incessants autour du Traité de Paris, de moins en moins respecté par les grandes puissances et qui semble désormais rejoindre le magasin des « bonnes intentions sans réalisation », et il y a ce succès tout relatif de la liste de M. Jadot aux dernières élections européennes qui lui fait prendre ses rêves pour des réalités, sans oublier les mobilisations lycéennes du vendredi qui ont permis au gouvernement d’éviter une véritable mobilisation contestatrice au moment le plus vif de la révolte des Gilets jaunes. Tout cela a pu faire de l’écologie un thème d’actualité et c’est fort heureux ; mais ce qui l’est moins, c’est qu’elle apparaît désormais plus comme une mode médiatique que comme une véritable réflexion sur notre mode de vie et de consommation. Or, l’écologie ne peut se contenter d’être un beau discours ou une suite de déclarations d’intentions, au risque de devenir une idéologie coupée du réel et de perdre tout crédit en politique, pourtant nécessaire pour espérer relever les défis environnementaux et changer les perspectives.

 

Dans le dernier numéro de Marianne, Natacha Polony, qui se réclame de la décroissance, remet quelques pendules à l’heure en précisant « les données du problème » posé par les dérèglements climatiques contemporains : elle dénonce ainsi un discours trop souvent entendu sur les capacités d’adaptation de l’homme et des sociétés : « l’adaptation s’est faite, dans les siècles passés, au prix de violences et de morts. Les guerres à venir pour l’eau et les terres arables ne sont pas des hypothèses mais des risques majeurs. » Avec une démographie mondiale qui n’est pas vraiment maîtrisée dans les continents asiatique et africain, et une intégration croissante de leurs pays dans une société de consommation née il y a un siècle de l’autre côté de l’Atlantique et qui se caractérise par la croyance en « l’illimitation du monde » et par une néophilie permanente et pourvoyeuse de démesure, la planète ne peut, comme au terme de la mondialisation du XIXe siècle, que se heurter aux limites qu’elle a cru pouvoir éternellement repousser : c’est ce moment particulier qui, par lui-même, est terriblement belligène et qui, s’il n’est pas surmonté par la perception de la fragilité de la paix et (pour chacune des puissances elles-mêmes) de celle de sa propre existence géopolitique et nationale, peut mener au pire, c’est-à-dire à la transformation de la concurrence économique et commerciale en confrontation militaire et politique, d’autant plus violente qu’elle mobilise toutes les forces nécessaires à surmonter l’obstacle, au risque de perdre, une fois de plus, tout sens de la mesure et toute possibilité de conciliation, chacun considérant « son » modèle comme « non négociable », selon le terrible mot du président Bush (le second). L’eau et les terres agricoles sont, non seulement les richesses d’antan (ce que les rois de France avaient compris et que, en quelques mots célèbres, Sully avait formulé), mais encore plus celles de demain, dans un monde qui devra continuer à assurer la subsistance de chacun malgré la raréfaction des ressources, conséquence d’une surexploitation débridée et plus quantitative que qualitative. Or, les crises climatiques que, malgré toute sa puissance technique, l’homme n’arrive pas vraiment à maîtriser, font craindre une modification de la carte des productions agricoles et, pour le cas de notre métropole, une déperdition importante de ses particularités et richesses qui sont à la base de notre gastronomie et de son excellence et, au-delà, de notre civilisation française. C’est d’ailleurs ce que souligne aussi Natacha Polony : « les changements qui sont à l’œuvre auront un impact sur les paysages qui nous entourent, sur nos modes de vie, et donc sur la perpétuation de cette civilisation européenne et tout particulièrement française fondée sur le caractère tempéré du climat et le type de végétation et de culture que produit cette tempérance. »

 

Bien sûr, si l’on évoque le « réchauffement climatique », il sera facile de nous objecter que notre pays a connu, dans son histoire bimillénaire, d’autres épisodes de canicule et de désordres climatiques qui, comme la formule l’indique, sont bien une rupture des équilibres habituels et nécessaires, naturels mais aussi agricoles, au risque de provoquer crises alimentaires et surmortalité. Qu’il y en ait eu bien avant le XXIe siècle n’enlève rien à leurs dramatiques conséquences, et tout l’effort des pouvoirs de l’époque comme d’aujourd’hui a été et doit être d’amortir « le choc sur la nature et les hommes », la nature étant, ici, celle qui n’est pas vraiment naturelle mais plutôt « agriculturelle », puisque nos sociétés, à tort d’ailleurs, négligent fortement tout ce qui ne leur apparaît pas directement reliée et profitable… Néanmoins, il nous faut rappeler (par exemple) l’importance des zones humides qui souffrent énormément des sécheresses à répétition, entraînant la disparition des batraciens, des libellules ou des poules d’eau qui sont, eux aussi, des richesses de la biodiversité « inutile » à la société de consommation et pourtant absolument nécessaire à l’éventail du monde, comme le rappelait jadis Konrad Lorenz.

 

Mais les temps actuels ne sont pas ceux d’hier et il faut savoir les distinguer des temps anciens pour éviter toute erreur de diagnostic comme de stratégie face aux défis contemporains et futurs. D’abord, la démographie n’est pas la même, et son explosion numérique mondiale depuis un peu plus d’un siècle a obligé à une extension parfois démesurée des espaces anthropisés au détriment des forêts, des marais ou des prairies anciennes, d’une part pour accueillir et loger, d’autre part pour nourrir et satisfaire les populations ; ensuite, le système même de la société de consommation a entraîné une demande des consommateurs de plus en plus forte, suscitée parfois plus encore par une « tentation » toujours renouvelée et augmentée que par le simple appétit naturel ou par la nécessité vitale, et le « développement » prôné par Rostow et le président des Etats-Unis Truman à la fin des années 1940, n’est rien d’autre que l’intégration, plus ou moins forcée, à cette même société de tentation et de consommation, très prédatrice d’espaces et de ressources naturelles… Ce modèle anglosaxon et « fordo-franklinien » n’est-il pas, d’ailleurs, la cause principale de la dégradation de notre planète, après les premières dévastations notables liées au modèle d’industrialisation lui-aussi issu du monde anglosaxon et d’abord anglais au XIXe siècle avant que d’être états-unien à partir du XXe ? Là aussi, il faudrait rappeler que c’est bien la Révolution française et la fin du modèle social et corporatif français, légalisée en 1791, qui ont ouvert la voie à ces modèles pourtant si peu appropriés à la préservation de l’environnement comme au respect des hommes eux-mêmes et de leurs sociétés traditionnelles (ce qui ne signifie pas immobiles…), au risque de libérer des forces « mauvaises » (dénoncées par Tolkien et par Bernanos, entre autres) ou cet « orgueil humain » qui oublie le sens même des sociétés humaines et de leurs membres.

 

Que nous soyons des héritiers, d’une façon ou d’une autre, ne nous dispense pas de séparer le bon grain de l’ivraie, fidèles en cela à la formule maurrassienne de la « tradition critique », et soucieux de ne pas être des spectateurs passifs quand le devoir nous impose l’action et la réaction face aux processus mortifères qui, si l’on n’y prend garde, nous mènent à ces guerres qu’évoque Natacha Polony. Si les royalistes cultivent un écologisme intégral qui peut surprendre, au moins dans sa formulation, c’est justement parce qu’ils se veulent des héritiers soucieux et sourcilleux, non seulement pour eux-mêmes, mais pour ceux à qui ils transmettront l’héritage français, des paysages multiples et variés aux ressources et richesses de ceux-ci, des beautés de la nature aux trésors de la culture, et qu’ils ont à cœur de ne pas l’appauvrir malgré les tentations de la « jouissance excessive » et de la consommation débridée, autres noms du gaspillage et de la destruction consumériste… « Sauvegarder l’héritage », voilà une œuvre éminemment écologique et politique mais qui ne sera confirmée et enracinée dans le temps que par le retour de « l’héritier » statutaire, issu de cette dynastie capétienne qui sait ce que signifie la patience et la mesure, et qui n’oublie pas que, dans le domaine environnemental, « maintenir c’est créer »…

Jean-Philippe Chauvin

 

Une mesure sociale encore insuffisante : la cantine à un euro :

La pauvreté contrainte est, en France et aujourd’hui, un véritable scandale social, ne serait-ce que parce que notre société contemporaine a désormais les moyens de l’éradiquer, ce qui n’était pas forcément le cas en des temps plus lointains. Or, que constate-t-on ? Non seulement la pauvreté ne recule plus, alors que ce mouvement était, depuis des décennies, inscrit dans la suite des événements et de l’histoire, mais elle grignote des pans entiers de la société française, allant jusqu’à lécher de plus en plus les abords des classes moyennes fragilisées par la mondialisation, cette « guerre de tous contre tous » à l’échelle mondiale. Bien sûr, les raisons de cette persistance de la misère sociale sont multiples et cette dernière n’a pas les formes terribles qu’elle pouvait avoir jadis, jusqu’au terme fatal, mais cela n’enlève rien à son incongruité dans une société de consommation où près d’un tiers de la production alimentaire est détruit avant même d’avoir été consommé et dans laquelle l’écart entre les revenus les plus élevés et les plus faibles ne cessent de s’accroître, contre toute logique ou justice sociale.

 

Et pourtant, la République a inscrit dans le marbre de ses frontons le mot fraternité, qui pourrait être, si l’on considérait la nation comme une grande famille, une solidarité véritable entre tous les Français et non un simple copinage entre puissants de quelques réseaux devenus de solides (et parfois sordides) « états dans l’Etat ». Aussi, lorsqu’il est annoncé que le coût d’un repas à la cantine serait ramené à un euro pour les familles les plus nécessiteuses, il faut s’en réjouir sans s’en satisfaire : s’en réjouir parce que cela va assurer un bon repas du midi à nombre d’enfants aujourd’hui réduits à une portion alimentaire plutôt congrue ; ne pas s’en satisfaire parce que cela ne va pas régler le problème de la précarité et qu’il y a un risque, si l’on n’y prête attention, d’assistanat (et non de louable assistance). D’autre part se pose la question du financement de cette mesure : les communes doivent-elles encore être mises à contribution alors même que les petites et moyennes villes connaissent de plus en plus de difficultés à boucler leur budget ? Sans doute faudra-t-il penser à une réponse multiple et adaptée aux conditions locales, sans suivre un seul modèle centraliste mais plutôt une ligne générale éminemment sociale sans oublier d’être politique.

 

Néanmoins cette mesure est aussi l’occasion de réfléchir sur une stratégie plus audacieuse contre la pauvreté contrainte : elle ne peut être séparée d’une véritable stratégie d’aménagement du Territoire qui doit redonner place et avenir aux zones rurales et aux petites et moyennes villes, et qui doit se dégager de la seule logique de la métropolisation, celle-ci trop liée à la mondialisation pour pouvoir (ou vouloir) redonner vigueur à une décentralisation enracinée pourtant bien nécessaire pour revivifier notre pays en tous ses recoins habités. La mesure des repas à un euro peut d’autant mieux réussir et se crédibiliser que seront partout organisés des réseaux de circuits courts entre productions agricoles et alimentaires, appuyés sur une maîtrise raisonnée et raisonnable des territoires et de leurs potentialités : c’est un enjeu important, et une nécessité absolue, et il faudrait bien que la République, si peu « sociale » malgré les milliards qu’elle distribue en se croyant « Providence », réfléchisse au-delà de son propre calendrier perpétuellement quinquennal… Le peut-elle, le veut-elle ? Il est possible d’en douter…

Jean-Philippe Chauvin

 

 

 

Pourquoi nous ne sommes pas Bonapartistes ? :

Une question assez récurrente nous est souvent posée : Pourquoi n’êtes-vous pas Bonapartistes ? Ou tout au moins, pourquoi en tant que Royalistes ne défendons-nous pas la politique de Napoléon Bonaparte face à la révolution ? Sans oublier tous les petits idolâtres du petit corse qui grognent sur nos vidéos chaque fois que l’on formule une critique sur leur idole…

Nous allons donc nous efforcer dans cet exposé de répondre à cette question en faisant un bilan global de l’œuvre de Napoléon expliquant pourquoi, en tant que Royalistes, nous ne pouvons défendre un tel personnage et son idéologie.

Pour commencer, l’une des raisons la plus évidente à nos yeux, et qui justifie amplement notre rejet du bonapartisme, c’est que ce dernier est avant tout un héritier de la révolution de 1789. Napoléon, au même titre que Robespierre ou Marat ou bien d’autres encore, est un fils de 1789. Il est la branche militaire et impérialiste des idéaux de la révolution antifrançaise.

Le chanoine Henri Delassus l’exprimait en ces termes :

« De fait, partout où Napoléon porta ses armes, il y faisait ce qui avait été fait en France, établissant l’égalité des cultes, expulsant les religieux, vendant les biens ecclésiastiques, imposant le partage forcé, abolissant les corporations, détruisant les libertés locales, renversant les dynasties nationales, anéantissant en un mot l’ancien ordre des choses et s’efforçant de substituer à la civilisation chrétienne une civilisation dont les dogmes révolutionnaires auraient été le fondement et le principe. »

Cité par Jean Ousset, dans : Pour qu’il règne, 1986 – p. 229

Mieux encore, cette fois-ci de la part de son cher neveu, le futur Napoléon III du second empire, ne disant pas mieux dans ses idées napoléoniennes :

« Napoléon, en arrivant sur la scène du monde, vit que son rôle était d’être l’exécuteur testamentaire de la révolution. Le feu destructeur des partis était éteint, et  lorsque la révolution mourante mais non vaincue légua à Napoléon l’accomplissement de ses dernières volontés, elle dut lui dire : « Affermis sur des bases solides les principaux résultats de mes efforts, réunis les Français divisés, repousse l’Europe féodale liguée contre moi, cicatrise mes plaies, éclaire les nations, exécute en étendue ce que j’ai dû faire en profondeur ; sois pour l’Europe ce que j’ai été pour la France; et quand même tu devrais de ton sang arroser l’arbre de la civilisation, voir tes projets méconnus et les tiens sans patrie errer dans le monde, n’abandonne jamais la cause sacrée du peuple français, et fais-la triompher par tous les moyens que le génie enfante, que l’humanité approuve. » »

Des idées napoléoniennes – par Louis-Napoléon Bonaparte – Paulin Librairie éditeur – 1839  p17 et 18

Oui, Napoléon fut bel et bien le fer de lance et le bras armée des idéaux de la révolution !

(suite…)

La Bannière Rouge :

« Le diable a deux cornes, l’orgueil et le mensonge » Lanza del Vasto

Nous les laborieux du peuple, les « gueux », les « manants », les « sans-dents », les « gilets jaunes » voir « les brigands » arborons le rouge comme bannière de révolte, celle de St Denis brandit jadis par nos rois lorsque le danger menaçait la terre de France. Cette période lointaine, souvenir de Bouvines, est finalement proche car « Peuple et Rois » demeurent de droit divin. Le pays réel humilié, souffre d’une république antisociale et de ses laquais médiatiques vautrés dans les scandales. Le système avale les contestations et les digère par sa répression comme par ses agissements dans les alcôves et les coulisses. Le pain manque dans de nombreux foyers, le travail comme une peau de chagrin diminue ou se délocalise dans des lieux où l’esclavage est plus juteux pour les adeptes des « droit de l’homme » sans état d’âme. On est plus préoccupé par le sexe des anges que par une soi-disant crise économique qui arrange le système usurier d’un libéralisme diabolique…

Les familles comme les travailleurs, vomis par ceux qui gouvernent, n’intéressent personne, pas plus malheureusement que les « burnout » que les taux de suicides. L’injustice grandissante, comme la misère entraînera demain le balayage de cette pourriture privilégiée qui gangrène nos existences et encombre les allées du pouvoir. Les « tièdes » préfèrent le calme et la modération, vertus accompagnant les enterrements des nations, alors que la jeunesse a besoin d’espérances, en dehors des bocaux où les cornichons soumis du système, dorment à l’abri des courants d’air, aurait rappelé Bernanos. Assez de compromissions indignes et de tolérances, prostituant l’esprit libre, le peuple désir reprendre ses pouvoirs, que l’Etat s’est attribué dans les préfectures et défend avec ses CRS ! Les « Gilets jaunes » écrasés, humiliés, trahis, récupérés tandis qu’autour les taxes, l’énergie (EDF +6%), les nouveaux radars, les impôts continuent leur hausse, tandis que de plus en plus d’ouvriers se retrouvent à la rue…

La France n’est pas faite pour vivre couché car sous nos pieds dorment des générations de héros. Est-on prêt à relever le défi historique et renouer avec ses grandes heures. Sentons-nous cette noblesse d’âme, ce souffle, cette présence des preux à nos côtés pour nous guider dans nos pas et nous libérer de la veulerie marchande et matérialiste !

Nous appelons une « Libération Nationale », l’élan qui, par la connaissance de ses traditions historiques, saura extraire les saines expériences nécessaires pour la véritable Renaissance de demain. De bonnes raisons ne suffisent pas, il faut également être à la hauteur de la cause que l’on défend. Le dépassement est une quête vers l’esprit chevaleresque et aristocratique nécessaire, comme celui d’être, l’acteur du monde futur de demain. Sachant qu’être aristocratique est une vertu ouverte à tout individu de la société. Afin d’éviter tous les écueils d’un tâtonnement inutile et dangereux dans un changement politique éphémère, il est sain de savoir et de connaître ce que le passé peut nous transmettre de positif. Il s’agit d’effectuer une transformation harmonieuse de notre pays, de renouer cette chaîne du passé de notre grande nation, qui par son baptême de Clovis répandait : humanisme, panache, attachement et joie de vivre. Bref repartir pour une grande œuvre dont la jeunesse dans son inconscient, éprit d’aventure, de romanesque, ne fait que rêver, alors encore une fois, soyons les Chasseurs du roi …

Frédéric Winkler