Jean-Philippe Chauvin

Le corporatisme raisonné de La Tour du Pin (1)

Le 4 décembre 1924 décédait René de La Tour du Pin, théoricien du Royalisme social et du Corporatisme français. 101 ans après, il reste à lire, à relire, parfois à découvrir : son œuvre est un continent !

Il y a un an se tenait à Paris un colloque co-organisé par le Groupe d’Action Royaliste. Nous publions ici la première partie du texte de l’intervention de Jean-Philippe Chauvin sur le corporatisme raisonné de La Tour du Pin.



Le corporatisme raisonné de La Tour du Pin.


Un aveu, tout d’abord : quand j’ai appris qu’il y avait la possibilité de faire un hommage sous la forme d’un colloque à René de La Tour du Pin, j’en ai été ravi, et en même temps, un peu effrayé. Pourquoi ? D’abord, parce qu’il y a peu d’études qui ont été écrites ces dernières années sur La Tour du Pin. A ma connaissance, la dernière a été publiée en 2017 (1)… René de La Tour du Pin, « le très ignoré La Tour du Pin », selon Edmond Michelet, le ministre du général de Gaulle : ce n’est que trop vrai, malheureusement, et on le voit justement par cette faiblesse historiographique qu’il serait bon de corriger dans les années prochaines.

La Tour du Pin, c’est un personnage et c’est une écriture d’une très grande richesse. Personnage riche au niveau de la pensée, particulièrement économique et sociale, et parfois tellement complexe qu’il faut souvent s’y reprendre à deux fois avant d’en saisir tout le sens et toute la portée. Une petite anecdote révélatrice, à ce sujet : il y a quelques jours, l’on me demande, pour faire un « visu » du centenaire de sa mort, une citation pas trop longue de La Tour du Pin. En fait, je n’en ai pas trouvée, tout simplement parce que les citations de La Tour du Pin ne sont pas des slogans, ni même des éléments de communication : ils sont d’abord des éléments de réflexion. Donc, il m’a fallu prendre quelques unes de ses phrases, les triturer, en faire une espèce de résumé, mais ce n’était qu’un résumé. La pensée de La Tour du Pin ne peut se réduire à quelques slogans, ni en quelques citations. Aussi, le thème que je vais aborder maintenant, en quelques phrases, c’est La Tour du Pin et le corporatisme. Soyons clairs : ce terme de corporatisme n’a pas très bonne presse aujourd’hui. Là encore, une anecdote : Mme Amélie de Montchalin, lors d’une conférence à laquelle j’assistais et qu’elle donnait au lycée Hoche de Versailles à la fin novembre, qui a été ministre (2), puis représentante permanente de la France à l’OCDE, a évoqué son refus, net, du corporatisme comme si c’était quelque chose d’extrêmement négatif, sans sursis aucun. Un refus définitif sans que le corporatisme soit simplement défini… C’est-à-dire que le corporatisme apparaît aujourd’hui comme un repoussoir sans même qu’on prenne le temps de le définir. C’est désormais un discours récurrent dans les cercles politiques comme économiques. Il y a quelques années, un universitaire états-unien, Steven L. Kaplan, s’était amusé de voir que le corporatisme semblait cumuler tous les maux économiques et sociaux de nos sociétés, et que lorsqu’il fallait dénoncer une revendication même légitime, on la taxait de corporatisme. Qui veut tuer son adversaire pourrait le taxer de corporatisme, au moins sur le plan social ou économique ! Et ce terme est réapparu encore lors des dernières grèves où ceux qui condamnaient ces grèves évoquaient des réflexes corporatistes. Or, Steven L. Kaplan montre que le mot corporatisme, en définitive, qui renvoie aux anciennes corporations, est un mot qui cache plusieurs types de réalités et ne mérite pas tant d’indignité (3)…

Tout d’abord, le corporatisme de la Tour du Pin n’est pas l’étatisme ou le « statocorporatisme » qu’on va pouvoir trouver dans certains pays qui se réclament du mot mais déforment le fait comme la définition. Alors, de quoi parle-t-on en définitive quand on parle du corporatisme de la Tour du Pin ou du corporatisme en France ? D’abord, il faut faire un détour par l’histoire sociale et économique de notre pays et tenter de définir, en quelques mots, ce que furent les corporations de l’Ancien Régime, ou sous l’Ancien Régime plus exactement. Pour commencer, le terme corporation lui-même est apparu très tardivement, au moment où ce qu’il est censé désigner est menacé de disparition ou d’abolition. Les premières occurrences du mot, c’est à la veille même des mesures de Turgot qui visent à abolir ces corporations. Auparavant, on emploie plutôt le terme de métier, de guilde, de jurande ou tout autre terme qui signifie en fait une sorte d’union au sein des professions, au sein des métiers. Cela peut être des métiers du cuir, des métiers de bouche, etc : c’est très différent selon les endroits. Et historiquement, ces corporations sont nées d’une manière spontanée, au milieu du Moyen âge ; puis, il y a eu des réorganisations à l’époque de Saint-Louis, à l’époque de Colbert qui les ont rendues plus efficaces dans certains cas. Et puis, évidemment, il y a une première abolition par le ministre libéral Turgot, en 1776, qui dissout brutalement les corporations, par idéologie mais aussi surtout pour récupérer le patrimoine de celles-ci (loin d’être négligeable) sans avoir à en répondre à qui que ce soit. Mais elles vont être restaurées par la signature de Louis XVI, qui évoque alors la nécessité de préservation des ouvriers.

En fait, la deuxième fois sera la « bonne » (sic), d’une certaine manière. Ce n’est pas en 1789, contrairement à ce qu’on aurait pu penser, que les corporations vont être abolies mais en 1791, à travers deux lois, l’une qui est d’abord un décret puis l’autre une loi pleine et entière : le décret d’Allarde de mars 1791 devenu loi d’Allarde, du nom d’un baron qui a toujours fait de très mauvaises affaires dans le commerce, puisqu’il sera ruiné sous la Révolution, puis à nouveau sous Napoléon, et la loi Le Chapelier, en juin. Le décret d’Allarde abolit les corporations, et le décret Le Chapelier interdit ensuite toute association ouvrière, toute grève, toute coalition qui serait alors une atteinte à la sacro-sainte Liberté du travail, qui n’est guère celle des travailleurs1791 date d’une certaine manière la naissance du prolétariat, c’est-à-dire le prolétariat comme condition d’ouvriers, de travailleurs qui n’ont plus la maîtrise de leur métier, de leurs outils, quand c’est désormais le capital (l’argent) qui domine et qui organise à sa façon le monde du travail sans tenir compte du sort des travailleurs eux-mêmes, considérés comme une simple main-d’oeuvre taillable et corvéable à merci. Alors, dans le courant contre-révolutionnaire des décennies suivantes, il y a d’abord ce refus de 1789. Mais 1791, cela semble moins simple à contester, et la Restauration et les monarchies qui suivront ne vont pas restaurer en tant que telles les corporations, ni remettre en cause les lois d’Allarde et Le Chapelier. Et cela même si le roi Louis XVIII les contourne avec la loi de sacralisation du Dimanche en 1814 pour rétablir un repos dominical supprimé par la Révolution, par exemple, tandis que le préfet Villeneuve-Bargemont, préfet de Charles X, évoque (et milite pour) la restauration souhaitable des corporations.

(à suivre)




Notes : (1) : Abel Rivener, En relisant René de La Tour du Pin, éditions Dominique Martin Morin, 2017.

(2) : Au moment du colloque sur La Tour du Pin, Amélie de Montchalin était ancienne ministre : quelques jours après, elle rentrait dans le gouvernement Bayrou, en tant que ministre chargée des Comptes publics.

(3) : Les premières pages du livre de Steven L. Kaplan intitulé « La fin des corporations » rappellent quelques préjugés fréquents sur le terme de corporatisme, et en souligne le peu de pertinence…


764 morts au travail : un scandale social !!

En 2024, les accidents du travail ont fait au moins 764 morts en France ; soit une augmentation de 213 par rapport à 2018, et cela sans compter les agriculteurs et les fonctionnaires (qui ne sont pas comptabilisés dans ces statistiques). Cette augmentation s’explique en partie par le recrutement de jeunes sans formation préalable et d’un relâchement sur les consignes et vérifications de sécurité dans un contexte de dégradation généralisée des conditions de travail : c’est un véritable scandale social ! et que fait la république actuelle ? Elle constate, elle regrette et… rien !

Les Royalistes sociaux dénoncent cette situation choquante et demande aux pouvoirs publics de reprendre la main sur ce dossier et d’associer les entreprises et tout le monde du travail à la nécessaire prise de conscience du problème des accidents du travail, pour les réduire au maximum !


Quand la république ne protège pas notre patrimoine.

La France a une très longue histoire qui ne commence ni ne s’arrête en 1789 : le vol audacieux des bijoux royaux et impériaux dans la galerie d’Apollon nous le rappelle en même temps qu’il signale, une fois de plus, le peu de moyens mis par la République à préserver le patrimoine qui appartient à la France et à tous ses habitants, cette mémoire longue des objets qui ont traversé le temps pour parvenir jusqu’à nous. Déjà, en décembre 1976, avait eu lieu, dans cette même salle, le vol de l’épée de sacre du dernier roi oint à Reims, Charles X. Certains disent qu’aucune leçon n’a été tirée de cette triste mésaventure dans laquelle deux gardiens du musée avaient été blessés…

La classe politique et le monde culturel et historien ont manifesté leur émoi, leur indignation et souvent leur colère devant l’impéritie de l’Etat, incapable de sécuriser les musées tout comme les églises et demeures historiques de France. D’autant plus que les alertes n’ont guère manqué ces derniers temps ! Doit-on se résoudre à voir piller les trésors du passé par des bandes sans foi ni loi, si ce n’est celle de l’argent ? Doit-on accepter que l’Etat, de plus en plus empêché par sa dette publique immense, abandonne des pans entiers de ce qui fait, y compris matériellement, la mémoire et l’âme de notre pays ? Faut-il renoncer à conserver ces traces d’un passé royal ou impérial qui a forgé notre pays, au-delà même des régimes et des révolutions ? Non, mille fois non et, en ce domaine comme en d’autres, le désespoir paraît être d’une sottise absolue ou d’un renoncement malvenu.

Mais il est bon aussi de se souvenir que ces malfrats maudits peuvent être considérés comme les héritiers méconnus (et malheureusement inconnus, à l’heure où nous écrivons) de la République des vandales de 1792 et des années suivantes, pillant, détruisant, fondant les trésors royaux et ecclésiastiques du passé pour nourrir leurs guerres aux monarchies d’Europe et pour assurer leur table rase des siècles de règne d’une royauté honnie. Ce mouvement, qui a vu la disparition de tant de trésors patrimoniaux, ne s’est pas arrêté à Thermidor et la Troisième République naissante y a aussi eu sa part, comme le rappelait le chercheur et professeur au Muséum national d’histoire naturelle François Farges en 2018 (1) : « Sadi Carnot sous la IIIe République décida de vendre les diamants de la Couronne afin d’éviter que les monarchistes ne reviennent au pouvoir. » En somme, le président de la République a été le grand receleur des joyaux de la Couronne, pour des raisons politiciennes avant même que d’être économiques ! Ce scandale oublié nous en dit tout de même long sur l’état d’esprit d’une République qui semble n’aimer l’histoire que si celle-ci sert ses propres intérêts…




Notes : (1) : Le Figaro, 4-5 août 2018.

La Monarchie, arbitrale et non arbitraire.

Si la Monarchie royale se veut arbitrale, elle ne se fait pas arbitraire : sous l’Ancien Régime, elle se doit de respecter les lois fondamentales du royaume, sorte de constitution coutumière qui encadre l’exercice du pouvoir, mais aussi les multiples lois particulières qui « hérissent la France de libertés ».

L’intérêt de la Nouvelle Monarchie, une fois instaurée, serait de permettre de desserrer l’étau d’acier de la centralisation toujours effective sans être, pourtant, efficace pour garantir la pérennité et la force du pays. Il n’est pas certain que cela soit facile à faire, car l’État républicain, par sa centralisation et son assistanat organisé et coûteux, a asservi les citoyens-contribuables à « tout » (ou presque) attendre de lui, des services publics au pouvoir d’achat : un assistanat qui n’est pas l’assistance mais une forme de déresponsabilisation des citoyens et de forte dépendance à l’argent versé plutôt qu’aux moyens de le gagner.

La grande faute de la République qui s’est voulue « Providence » est d’avoir enfermé les Français dans une prison dorée, confortable sans doute mais destructrice des libertés concrètes de ce que Charles Maurras, « le plus ancien fédéraliste de France », nommait le pays réel.


Macron, ce n’est pas un roi !

La Cinquième République n’est pas la Monarchie et le président n’est pas le roi, comme l’a signalé avec justesse le philosophe Marcel Gauchet il y a quelques années : « Mais [Macron] s’est trompé sur ce que l’on attendait d’un roi. Un roi, ce n’est pas un manager, pas un patron de start-up qui secoue ses employés pour qu’ils travaillent dix-huit heures par jour pour que les Français, par effet d’entraînement, deviennent tous milliardaires ! Dans la tradition française, un roi, c’est un arbitre. Quelqu’un qui est là pour contraindre les gouvernants à écouter les gouvernés. Quand les gens accusent Macron d’être le président des riches, ils lui reprochent surtout de ne pas être l’arbitre entre les riches et les pauvres. (1) » En quelques lignes, le philosophe fait litière de la confusion savamment entretenue par certains doctrinaires d’une Gauche qui se veut républicaine façon Révolution française pour éviter de se pencher sur les limites de leur modèle idéologique, souvent plus idéalement fantasmé que réellement convaincant, au regard de l’histoire comme de la promesse du lendemain…

Dans le même temps, Marcel Gauchet peut nous permettre de préciser ce qu’il ébauche de la nature et de la forme de la Monarchie royale en France, qui ne peut être confondue avec la « monocratie » (2), qui est sans doute un terme plus exact pour définir la Cinquième République fondée par le général de Gaulle. Quand la monocratie est le pouvoir d’un seul sans contre-pouvoirs effectifs et efficaces, nous sommes bien loin d’une Monarchie royale à la française où le pouvoir central ne peut s’émanciper complètement des pouvoirs locaux (provinciaux et communaux) ou sociaux (socioprofessionnels, corporatifs et syndicaux, entre autres). En Monarchie, le pouvoir royal « ordonne » l’ensemble, il n’intervient pas forcément dans le fonctionnement et les décisions des organes et des corps intermédiaires : il est, d’abord, un arbitre, et il laisse « jouer les ordres et libertés » selon le principe de subsidiarité, rappelé régulièrement par Maurras, reprenant la vieille formule héritée des légistes médiévaux, « Sous le Roi, les Républiques » : ce qu’il faut bien entendre ici, ce n’est pas un rapport de soumission des républiques locales, professionnelles ou universitaires à l’État central, mais le fait qu’elles se trouvent à l’abri de l’État royal, leurs libertés étant garanties par cet État qui les surplombe sans les plomber. Tout l’inverse de cette République qui, en se disant aujourd’hui inclusive, se fait de plus en plus intrusive, au risque d’étouffer toute initiative libre ou non-conforme aux dogmes de l’idéologie dominante.






Notes : (1) : Marcel Gauchet (Entretien à Le Soir du 25 décembre 2018).

(2) : La monocratie, qui vient du grec monos (le seul) et kratein (l’emporter sur, dominer), c’est le pouvoir, la domination sans partage d’un seul, sans contre-pouvoirs (au contraire de la tradition monarchique française et de ses lois fondamentales) et sans légitimité autre que celle de Créon…

Face à la République désespérante.

La République est désespérante… Alors que la situation géopolitique et les diverses crises qui affectent notre société (en particulier la crise de la dette et celle de la confiance des Français à l’égard des institutions et du monde de l’économie) devraient forcer les principales forces politiques à penser un peu plus (et un peu mieux, surtout) au bien commun et au destin du pays, celles-ci ne s’intéressent qu’à leur « bout de gras » et aux places qu’elles pourraient espérer dans un prochain gouvernement ou après une prochaine dissolution, dans la longue suite des désordres parlementaires comme de la rue : triste, et révélateur de cette idéologie du « toujours plus » mâtinée de cette insatisfaction permanente qui, en définitive, constitue le fonds de commerce des partis du pays légal. Quant au gouvernement, en attendant celui constitué officiellement par M. Lecornu, il n’a guère brillé par son efficacité ces dernières années, et cela malgré quelques personnalités parfois très impliquées (les plus communicantes n’étant pas les plus travailleuses, d’ailleurs). L’instabilité gouvernementale, au gré des souhaits présidentiels ou des aléas électoraux et parlementaires, ramène la France aux temps contrariés de la Quatrième République, ceux-là mêmes que le général de Gaulle avait tenté, avec un certain succès tout de même, de faire définitivement oublier !



Le triste spectacle des ambitions des féodaux du pays légal, pour qui l’élection présidentielle est « la reine des élections », nous impose de réfléchir au-delà de ce modèle républicain, au-delà de 2027 : le temps républicain est aujourd’hui l’ennemi de la politique utile parce qu’il limite l’horizon à de simples échéances électorales et aux jeux d’appareil pour confisquer le pouvoir, au moins pour quelques années. Alors qu’il faudrait à la fois l’unité et les libertés pour relever les défis contemporains et pour assurer « l’avenir long », la République empêche l’une et limite les autres, dans un tango qui étourdit les citoyens sans les satisfaire dans leurs demandes légitimes (1), au risque de bloquer la situation ou de fâcher ceux qui, alors, se considèrent comme les « oubliés de la République ». Le soulèvement des Gilets jaunes, dernier grand mouvement populaire français, portait cette double revendication (parfois de manière maladroite, colérique ou outrancière (2), malheureusement) qui, à ce jour, n’a pas été satisfaite.



Il est facile de contester après avoir constaté, mais cette attitude n’est vraiment utile que si elle s’accompagne de propositions réfléchies et non de « y’a qu’à » ou de « faut qu’on » qui, trop souvent, font tomber dans la démagogie ou l’irréalisme même les meilleures intentions ou causes. Quelques pistes alors peuvent être avancées pour répondre aux crises actuelles : une refonte territoriale qui puisse concilier subsidiarité et unité supérieure française, par une nouvelle cartographie moins administrative et plus enracinée (voire historique) des régions-provinces ; la création, dans les cadres territoriaux locaux (quartiers, communes, pays, régions), de nouvelles agoras qui puissent concilier discussion, représentation et décision (les unes n’étant pas forcément toujours les autres, selon les cas considérés : là encore, la nuance, la mesure et les sentiments doivent être considérés pour servir au mieux l’intérêt public, le bien commun et l’efficacité locale) ; une logique associative et corporative pour mieux intégrer les travailleurs dans leurs cadres et missions de travail, et cela en leur donnant la propriété du métier tout comme en valorisant la qualité du travail et la dignité du travailleur, parfois toutes deux foulées aux pieds selon des considérations purement économiques ; une meilleure inclusion de la formation dans la profession, pour pouvoir s’approprier rapidement les nouvelles conditions techniques là où celles-ci évoluent très (voire trop) vite, tout en facilitant l’enracinement (professionnel et territorial) des classes travailleuses (du patron à l’apprenti) ; etc. Ces quelques pistes pourront donner, dans les mois qui suivent, des développements plus importants et argumentés, en n’oubliant pas la possibilité et la faisabilité des choses : rien ne serait pire que de bâtir sur du sable, et il importe de partir de ce qui est (quelles que soient les qualités et les défauts de la chose considérée) pour faire évoluer dans le bon sens ou changer profondément les réalités insatisfaisantes. Cela n’empêche pas l’imagination de venir au soutien des réalisations nécessaires, et celle-ci peut aussi se nourrir de l’étude et de la réflexion, comme de l’expérience : n’est-ce pas, après tout, le sens même de ce que les maurrassiens et post-maurrassiens nomment « empirisme organisateur », en rappelant toujours que « toute vraie tradition est critique », ce qui est le gage de son efficacité et de sa vitalité ?




(à suivre : les conditions politiques et institutionnelles d’une rénovation française)



Notes : (1) : Toutes les demandes populaires, si elles peuvent être entendues, n’ont pas le même degré de légitimité : certaines sont parfois oublieuses de l’intérêt général ou de la possibilité, et il est juste de les discuter, voire de les repousser. En revanche, certaines autres demandes méritent non seulement l’attention mais aussi la promotion, en particulier celles qui touchent à la valorisation du travail, et à la préservation et à la qualité des cadres de vie et de société des populations.



(2) : Cela n’enlève rien à la légitimité de la révolte, mais brouille le message et indispose quelques alliés potentiels, alors réticents à rejoindre le mouvement : du coup, la jonction entre deux parts du pays réel, que l’on pourrait grossièrement séparer entre une part périphérique et rurale, composée d’artisans, de travailleurs de proximité et d’agriculteurs mais aussi d’exilés urbains, et une part plus proche des grandes métropoles (voire en leur sein) mais appartenant aux classes populaires enracinées et aux classes moyennes craignant le déclassement social induit par la mondialisation métropolitaine et numérique, ces deux parts se retrouvant à partager à peu près les mêmes soucis et, parfois, les mêmes territoires, mais surtout les mêmes colères.




Au-delà du 10 septembre : le combat du pays réel.

M. François Bayrou a échoué et, à travers lui (après tant d’autres), c’est l’échec d’une République qui n’a pas su saisir les enjeux du temps et les aborder de façon volontaire et positive : le règne de la facilité, doublée d’une part de démagogie et saupoudrée de discours lénifiants, est une forme de tyrannie contemporaine qui peut s’appuyer sur l’aliénation des masses à la société de consommation et de loisirs, ce que Philippe Muray appelait « la société distractionnaire ». Or, toute société juste et équilibrée repose sur une part d’efforts et de partage de ceux-ci selon les catégories (d’âge, de métier et de revenus, ces trois-là pouvant évidemment se combiner), quand l’individualisme remet en cause cette exigence sociale au nom de l’individu et de sa liberté principielle. Comment « faire société » aujourd’hui quand chaque individu revendique d’être « premier servi », sans égards pour le contexte et le bien commun ? Brisées en mille morceaux et discréditées par le pays légal qui y voient des restes de corporatisme ou de provincialisme, les solidarités concrètes et anciennes ont laissé la place, au moins officiellement, à celles des partis et des groupes d’intérêt purement économiques et sociaux, dans un retour du féodalisme peu respectueux de l’Etat, de son autorité et de sa légitimité : depuis une bonne trentaine d’années au moins, nous sommes revenus à l’ère carolingienne (mais celle d’après Charlemagne…), en somme, et les diverses formes d’insécurité dont souffrent nos concitoyens (insécurité physique ou insécurité sociale, entre autres) peuvent expliquer cette sourde révolte contre des élites « qui ont trahi » et le besoin de retrouver de « nouveaux » maîtres qui, parfois, peut se traduire par une demande de pouvoir fort et indisputé, voire indiscuté… Un chiffre pour démontrer ce dernier élément : selon une récente enquête du Cevipof (1), 41 % des Français « se disent désormais favorables à un dirigeant qui gouvernerait sans Parlement ni élections » (2). Cela peut expliquer que, en définitive, de nouvelles élections législatives ne résoudraient pas, à elles seules, la crise de confiance des Français à l’égard de l’Etat et des institutions politiques.



La crise du régime est désormais avérée mais cela signifie-t-il pour autant que celui-ci tombe par terre comme un fruit trop mûr, voire gâté ? Rien n’est moins sûr : « la République gouverne mal, mais elle se défend bien », ironisait Anatole France, et il faut noter que les contestataires du 10 septembre, s’ils en appellent à en finir avec M. Bayrou (il semble qu’attendre le 10 n’aura pas été nécessaire…) et, pour nombre d’eux, avec la caste politicienne elle-même (et sur les grandes largeurs, d’abord le bloc central, mais aussi les périphéries de droite comme de gauche…), paraissent beaucoup moins unanimes sur « l’après-10 septembre », en particulier sur ses formes politiques.


Le mouvement de blocage du mercredi 10 septembre n’est d’ailleurs pas exempt de contradictions, malgré des motivations compréhensibles et des intentions souvent louables à défaut d’être réalisables. Dénoncer la suppression de deux jours fériés, mais aussi le poids trop lourd de la fiscalité sur le travail (et, par là-même, sur les travailleurs) ; en appeler à une plus grande justice fiscale, l’une des conditions majeures de la justice sociale ; rappeler à l’Etat ses devoirs de service public et de protection sociale, particulièrement envers les plus fragiles dans notre société ; demander une meilleure prise en compte des intérêts du monde du Travail face aux pressions du monde de la Finance… Tout cela est sain, et éminemment légitime, même si les moyens de parvenir à répondre favorablement à ces demandes peuvent être, eux, fort divers et, parfois, antagonistes. Mais, si la contestation s’en prend à ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, elle ne doit pas s’arrêter à cette immédiateté : il paraît nécessaire, logique, d’aller plus loin. S’en prendre aux conséquences sans s’interroger sur les causes de la crise sociale contemporaine reviendrait à un coup d’épée dans l’eau, certes jouissif mais bien peu utile et constructif. Omettre l’aspect institutionnel serait invalider toute la dénonciation des désordres sociaux, de ce que l’on nomme, aussi, injustices…

Dans la première mouture du mouvement « Bloquons tout » (formule qui, bien que sémantiquement efficace, me semble maladroite et inachevée…), les fortes responsabilités de l’Union européenne dans la crise actuelle n’étaient pas oubliées, et les derniers renoncements de Mme Von der Leyen face à M. Trump ainsi que les velléités de celle-ci à conclure des accords de libre-échange entre l’UE et le Mercosur (entre autres) auraient dû renforcer ce mouvement de défiance, voire de rupture avec la politique et, surtout, l’idéologie de l’Union européenne et de sa Commission. Or, la récupération éhontée du mouvement par la Gauche jacobine et robespierriste de M. Mélenchon a largement effacé cet aspect de la contestation initiale : il est permis de le regretter…


Quoiqu’il en soit, cette rentrée politique et sociale précoce aura le mérite de poser quelques bonnes questions et d’ouvrir quelques perspectives politiques qui pourraient bien ne pas plaire au vieux républicain Mélenchon ni aux caciques du pays légal. Ces chouanneries qui se font jour dans nos villes et nos campagnes bien au-delà de l’annonce chaotique du 10 septembre, et qui ne se satisfont guère des rodomontades politiciennes des oppositions électorales, méritent de ne pas être négligées, malgré tout, et cela sans céder à la démagogie, mauvaise conseillère et pire des politiques. Un royaliste conséquent pourra y trouver quelques motifs de satisfaction sans céder à l’euphorie : encore lui faudra-t-il « saisir la verte fortune » pour rendre « possible ce qui est nécessaire ». Un beau et grand défi politique à relever, en somme…


Jean-Philippe Chauvin



Notes : (1) : Le Cevipof est le Centre d’études et de recherches politiques de Sciences Po.

(2) : Pascale Tournier, Carole Sauvage, dans La Vie, 4 septembre 2025. Nous reviendrons prochainement sur cette observation et ses éventuels débouchés politiques : au-delà de la démocratie contemporaine (parfois surnommée « dénicratie »…), il importe de penser ce qui pourrait changer dans les institutions pour redonner la parole et des pouvoirs aux citoyens du pays réel, et surtout la confiance sans laquelle, en définitive, aucun régime ne peut vraiment survivre dignement, respectueusement et respectablement…



Produire et consommer en France !



Aujourd’hui, en juillet 2025, nombre d’entreprises mondialisées menacent de fermer leurs portes en France pour délocaliser leurs usines dans des pays à bas coût, au risque d’aggraver le processus néfaste de désindustrialisation : la part de l’industrie dans notre PIB est désormais inférieure à 10 %.

D’autres entreprises françaises sont étouffées par des charges et des contraintes qui amoindrissent leur productivité et leur rentabilité nécessaires, et risquent de disparaître ou d’être rachetées par des groupes internationaux ou des fonds financiers qui n’ont guère d’égards envers les salariés et les écosystèmes sociaux locaux.

Une véritable politique industrielle française s’impose et le réarmement actuel peut y aider
, s’il est bien mené. Mais cela n’est pas suffisant et il importe que l’État joue son rôle de protecteur des industries et des travailleurs français par un soutien ordonné et concret aux entreprises qui investissent et fabriquent en France, en passant commande près de celles-ci en priorité ou en finançant une part de leurs restructurations et de leur secteur « recherche et développement », ne serait-ce que pour permettre à notre pays d’être plus puissant dans nombre de domaines industriels, en particulier au moment où le secteur du numérique et de l’Intelligence artificielle est en plein essor dans le monde.

De plus, il importe, pour les citoyens et contribuables, de pouvoir acheter français et ainsi, de permettre de maintenir les emplois en France : c’est bon pour l’économie, c’est bon pour l’écologie aussi, par le fait de produire non loin de là où les produits sont consommés. C’est bon aussi pour le commerce urbain, si les municipalités jouent le jeu de ce grand effort collectif de soutenir les commerces locaux par une politique intelligente d’accès et de stationnement temporaire aux centres-villes (ce n’est malheureusement pas le cas à Rennes, à Nantes ou à Paris…) !

De plus, en achetant français, les consommateurs participent au financement de l’appareil d’État, aujourd’hui extrêmement endetté, par les rentrées fiscales liées à leurs achats et par le fait que « nos emplettes sont leurs emplois », ce qui permet de maintenir les salariés français en activité et d’éviter d’en faire des chômeurs malheureux et, malgré eux, pris en charge par la collectivité.

Un emploi maintenu en France, c’est du PIB en plus pour la France et de la dette en moins, ne l’oublions pas !

Le plan Bayrou, ou la république sans véritable projet.

Alors que la France entrait tout doucement dans cette semi-léthargie politique et sociale qu’annonce ordinairement la célébration du 14 juillet, le premier ministre François Bayrou a choisi de présenter ses pistes de travail pour le budget de la France pour 2026, espérant peut-être que le temps des vacances apaiserait les contestations politiques, sociales et syndicales qui ne pouvaient que se faire jour au moment même où il prononçait son discours. Une espérance vite déçue, et l’intitulé de son pupitre, « le moment de vérité », a paru fort dérisoire au regard des enjeux comme des résistances à ses projets budgétaires. Pourtant, l’urgence est bien là, mais cela fait un long temps déjà qu’elle est invoquée sans que ne changent vraiment les choses, si ce n’est une aggravation régulière et apparemment interminable des déficits et des carences de l’État, au détriment de la force française et de sa crédibilité à l’échelle de l’Europe et du monde, mais également au regard de ses populations de citoyens-contribuables et de son tissu économique, industriel, agricole comme tertiaire. La menace régulièrement avancée d’une intervention du FMI en France, en violation de sa souveraineté, n’est pas si anodine que cela, malgré son caractère pour l’heure purement hypothétique (1) et, d’une certaine manière, idéologique (2) : elle est, en fait, plus révélatrice que réaliste, mais elle fait partie de ses signaux qui indiquent que notre puissance est menacée, et elle nous rappelle que la dette est un boulet, non par sa seule existence, mais par son importance, sa démesure même, et ses conséquences sur les finances de l’État, comme le poids des intérêts à payer chaque année à nos créanciers, poids de plus en plus lourd le temps passant et dépassant désormais l’actuel budget de la Défense nationale, ce qui n’est pas de bon aloi ni de bon augure…

Les mesures annoncées par M. Bayrou sont d’abord conjoncturelles, et non structurelles : c’est sans doute cette absence de politique de long terme et d’enracinement institutionnel qui est problématique (et condamnable), et qui laisse craindre que, non seulement ces mesures soient inefficaces, mais qu’elles soulèvent plus de contestations (là encore, toutes ne sont pas égales ni forcément justifiables de la même manière) que d’adhésion au moment même où l’unité sociale devrait être la plus forte pour sortir de la situation d’ensablement de l’économie française. Bien sûr, il y a quelques mesures d’urgence à prendre, mais le mieux ne serait-il pas de les inscrire, comme une préface, dans un vaste plan de restructuration (certains diraient restauration…) économique et sociale ? Or, les annonces de M. Bayrou sont plutôt décevantes et ne préfigurent pas vraiment une remise en état de ce qui doit l’être pour assurer à notre pays et à nos concitoyens un avenir serein… La suppression de deux jours fériés, par exemple, est-elle vraiment déterminante pour redresser les comptes publics ? N’est-elle pas, en revanche, un élément de blocage « sentimental » pour une possible acceptation pour les salariés de la nécessité avancée de « travailler plus » ? N’aurait-il pas été plus intéressant d’évoquer la possibilité de travailler un certain nombre d’heures en plus dans le cadre du calendrier actuel sans le remettre en cause ? Sans compter que le secteur du tourisme et celui de la restauration voient d’un mauvais œil cette disparition programmée de deux jours fériés qui, généralement, profitent à leurs activités, surtout au printemps, et qui peuvent rapporter de quoi, aussi, emplir un peu plus les caisses de l’État.

D’autres propositions avancées par M. Bayrou semblent condamnées à n’être que des expédients sans lendemain, même s’ils peuvent donner temporairement un peu d’air aux Finances : le principe de « l’année blanche » peut être intéressant s’il est suivi d’une véritable politique d’investissement des sommes ainsi économisées, et non d’un simple colmatage de quelques brèches dans le navire de l’État. Quelques remarques néanmoins : d’abord, cela ne peut être véritablement et utilement pratiqué que pour une année ; d’autre part, le même principe doit être appliqué à tous et cela interdit a priori toute exonération ou toute exception, qui ruinerait le principe de cette année blanche et en amoindrirait les résultats (3) ; sans oublier qu’elle n’est vraiment possible et socialement acceptable que si l’inflation est basse, ce qui est actuellement le cas mais n’est pas forcément assuré pour les mois prochains si de nouvelles tensions sur les matières premières ou les sources d’énergie, par exemple, apparaissent.

Toutes les mesures annoncées par un premier ministre qui, pour avoir écrit un livre sur le roi Henri IV, n’en est pas Sully pour autant, s’inscrivent dans le temps d’une République qui, en fait, risque de tout remettre en cause dès la prochaine échéance électorale, qu’elle soit présidentielle (en 2027, a priori) ou législative (quand ? Rien n’est sûr, désormais…) : ce « temps court » d’une République, redevenue Quatrième par le jeu incessant des partis et les maladresses répétées de l’actuel locataire de Mme de Pompadour (4), est le principal obstacle (mais pas le seul, loin de là) à une politique économique de long terme qui puisse être économiquement efficace et convaincante tout autant que socialement juste, ce dernier élément ne devant jamais être négligé si l’on suit les préceptes du royalisme social (5).


(à suivre)


Jean-Philippe Chauvin


Notes : (1) : C’est Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, qui estime, dans un entretien au quotidien Le Parisien (samedi 19 juillet 2025), que « la France n’est pas la Grèce de 2009-2010 », et qu’il n’est pas « nécessaire de faire peur avec la menace du FMI », ce en quoi il a parfaitement raison (pour une fois, pourrait-on dire…), du moins pour le moment et le futur proche.

(2) : Ce sont les libéraux les plus acharnés à dénoncer l’endettement de l’État et la présence de l’État dans l’économie (pour de bonnes ou de mauvaises raisons, d’ailleurs, et il peut y avoir débat sur ce sujet), qui agitent frénétiquement l’épouvantail du FMI, semblant l’espérer comme le Messie, dans une posture qui, à bien y regarder, n’est guère civique ni juste. Que la menace existe (plus proche qu’hier, sans doute, mais encore – Dieu merci – lointaine et imprécise), c’est indéniable ; qu’elle soit inéluctable, en revanche, n’est pas encore écrit… En fait, c’est plus par idéologie que par réalisme que les libéraux en appellent au FMI pour mener des réformes de déconstruction de l’État social qui, pour nous, ne sont ni nécessaires ni justes au regard des équilibres et de l’unité de notre nation.

(3) : Si cette pratique égalitaire de la mesure paraît justifiée, est-elle toujours juste pour autant ? Car les catégories aisées de la population en ressentiront moins les effets, souvent indolores pour elles, que les catégories les plus fragiles, surtout en période d’incertitude économique et d’insécurité sociale. Le risque est d’aggraver, par là-même, la « crise des ciseaux » entre les plus aisés et les plus précaires (voire prolétaires). Cette perspective inquiétante ne peut être négligée, surtout si la justice sociale est la boussole de l’État (mais est-ce vraiment le cas aujourd’hui ?).

(4) : Le palais de l’Elysée, aujourd’hui occupé par M. Macron, est l’ancienne résidence de la marquise de Pompadour, un temps favorite du roi Louis XV, résidence acquise en 1753 et qu’elle conservera jusqu’à sa mort, survenue en 1764.

(5) : La justice sociale est la colonne vertébrale de la pensée royaliste sociale, depuis le préfet Villeneuve-Bargemont et le théoricien René de La Tour du Pin, l’un pouvant être considéré comme un véritable promoteur de l’État social au XIXe siècle et l’autre comme le valorisateur de la justice sociale en un temps où ce sont le progrès et la croissance industrielle qui semblent primer sur toute autre considération dans les classes économiques dirigeantes…


Préservons les emplois d’ArcelorMittal en France !

Dans quelques semaines, la multinationale de l’Acier ArcelorMittal va licencier environ 630 salariés, des administrations aux usines, de Fos à Dunkerque.

Au moment même où la situation géopolitique internationale nécessite le réarmement rapide et durable de la France ;

Au moment où l’on parle d’une non moins nécessaire réindustrialisation du pays ;

Au moment où la décarbonation de la production de l’acier est un enjeu majeur pour la protection de l’environnement…

La multinationale préfère, pour dégager plus de bénéfices pour ses actionnaires, délocaliser les emplois de France vers l’Inde…

Et que fait la République pendant ce temps-là ? Rien, ou presque…

Que faudrait-il faire ?

Soutenir la décarbonation de la production de l’acier en France par un financement approprié et suivi pour éviter que ce financement soit détourné pour les actionnaires, et rappeler à l’Union européenne ses promesses de soutien à cette filière industrielle (promesses qui tardent à être tenues…) ;


Favoriser la création et la valorisation de nouvelles filières industrielles en France en soutenant la recherche et l’innovation, et en diminuant certaines charges fiscales sur les entreprises qui embauchent et maintiennent leurs emplois dans notre pays ;


Imposer à la multinationale ArcelorMittal de maintenir les emplois en France, ou de reconvertir certains postes menacés dans des fonctions liées à la société, voire de mettre en place une convention de détachement pour les salariés concernés pour leur permettre de travailler dans des entreprises industriellement et spatialement proches sans perte de salaire.


Avec les Royalistes sociaux, refusons le fatalisme et préservons les emplois en France, encore et toujours !