Kadou

L’argent Dette documentaire :

La dette des gouvernements, des entreprises et des ménages a atteint des proportion astronomiques. D’où vient tout cet argent ? Comment peut-il y avoir tant d’argent à prêter ? La réponse est simple : Il n’y en a pas !
Si tout ceci vous laisse perplexe, rassurez-vous. Très peu de gens comprennent ce système, même si nous sommes tous touchés.
Ce long métrage d’animation, dynamique, pédagogique et divertissant va vous expliquer, de manière compréhensible par tous, les effets magiques et pervers du système actuel d’argent-dette.
Un film indispensable pour comprendre les sources de la crise mondiale !

L’Anti-Libéralisme et l’École Anti-Libérale :

L’école anti-libérale exposée par Louis-Hubert Remy.

En 2005, LHR nous fait une rétrospective du Libéralisme et de l’École Anti-Libérale.

A lire avec attention avant visionner cette vidéo

Cette vidéo, j’ai hésité à la diffuser sur internet, car pour le grand public elle ne me semblait pas assez probante. Sur l’insistance de quelques amis, je me résous à la proposer tout de même. Elle résume de plus de vingt heures de conférence sur ce sujet primordial qu’est l’antilibéralisme. En novembre 2003, pendant une semaine je fis le point de trente ans de travaux et d’études consacrés à ce sujet. Après avoir « traqué », redécouvert, lu et médité les auteurs antilibéraux, j’en vins à bien cerner cette affaire et pouvoir en transmettre l’essentiel… Sommaire :

– 1). Qu’est-ce qu’un anti-libéral ?
– 2). Qu’est-ce qu’un auteur anti-libéral ?
– 3). Pourquoi les étudier ?
– 4). Histoire de l’école anti-libérale
– 5). La liste des anti-libéraux
– 6). Les livres de base des anti-libéraux
– 7). La différence entre un VRAI anti-libéral et un FAUX anti-libéral
– 8). Comment reconnaître un libéral d’un catholique
– 9). Échecs, Succès, Leçons de cette école antilibérale
– 10). La liste des grands libéraux
– 11). Le bêtisier anti-libéral
– 12). Les différentes phases pour passer du VRAI au FAUX, du BIEN à L’ERREUR
– 13). Les personnes qui font partie des Œuvres
– 14). Les thèmes étudiés par les anti-libéraux
– 15). L’homme anti-libéral

LHR, août 2005,

Les écologistes intégraux contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes :

Revoici, une fois encore, le dossier de Notre-Dame-des-Landes… Le rapport remis au Premier ministre ce mercredi ne tranche pas exactement pour l’une ou l’autre des solutions (soit la construction du nouvel aéroport nantais, soit l’aménagement de l’actuel), et ce n’était pas son rôle car c’est celui du Président de la République de prendre la décision finale. Souhaitons que celle-ci, forcément clivante et désagréable pour l’une ou l’autre des parties engagées dans le débat, prenne en compte les enjeux environnementaux et la nécessité d’en finir avec une politique et une économie du tout-béton qui n’est plus, à l’heure actuelle, ni viable ni même acceptable au regard de nos paysages et de leur aménagement.

 

Dans cette affaire, je me suis toujours trouvé, en tant que militant royaliste et traditionaliste critique, dans le camp des opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, camp effectivement très hétérogène dont certains ne veulent voir et reconnaître que les fameux « zadistes », devenus l’obsession d’une Droite et d’une Gauche, toutes deux libérales, qui, en bien d’autres lieux et envers d’autres groupes autrement plus dangereux (y compris idéologiquement), sont beaucoup plus « prudents », pour ne pas dire lâches… Hypocrisie d’un système politicien qui se cherche des ennemis pour éviter de se confronter à ses propres contradictions et à la paresse de son idéologie dominante, fondée sur la mondialisation, la métropolisation et la société de consommation. Ne sont-ce pas, d’ailleurs, ces mêmes « Messieurs » de Nantes et de Loire-Atlantique qui sont à l’origine d’un plan de circulation autour de la ville qui laisse pourtant largement à désirer, comme peuvent le constater les automobilistes du matin, du soir et des périodes vacancières, et qui militent pour un aéroport dont les accès « rapides » ne sont même pas pensés et encore moins financés ? Il y aurait beaucoup à dire sur ce qui apparaît, non comme une maladresse, mais bien comme une inconséquence de la part de notables qui raisonnent en hommes d’un monde fondé sur les énergies fossiles quand il faut réfléchir à celui qui saura s’en passer… La courte vue de ces politiciens républicains et socialistes peut-elle vraiment surprendre quand on connaît les arcanes de la « société de connivence » que dénonçait jadis un certain Philippe de Villiers, et que l’on sait l’absence de prise en compte du « temps long » (ce temps qui n’obéit pas aux seules oukases de l’Économie et aux nécessités du calendrier électoral) par les « élites » autoproclamées du Pays légal ?

 

Que la Droite (une certaine Droite en fait…) soit la plus acharnée, contre sa tradition profonde et sa propre histoire, à défendre le projet d’un aéroport qui sera une verrue polluante de béton et de verre au milieu de ce qui reste d’une campagne de plus en plus étrangère à sa propre vocation, nourricière et accueillante aux hommes qui savent la respecter et lui obéir pour mieux lui commander, selon la formule de Bacon, voici bien une des absurdités de ce monde contemporain enivré de sa propre suffisance et des abus qui le font « vivre » ! Que le catholique Retailleau oublie les leçons de l’encyclique Laudato Si’ et préfère la Sainte Économie au message de la Sainte Église sur la question environnementale en dit long sur les errements de la Droite qui se veut « moderne » à défaut d’être enracinée et « durable »…

 

Dans l’édition du Figaro de ce matin, Philippe de Villiers, fondateur et promoteur du parc à thème du Puy-du-Fou, et retraité (actif) de la politique, dénonce le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec des arguments qui peuvent même faire réfléchir ceux qui pensent en termes purement économiques : « C’est un projet des années 1960 qui est complètement obsolète. A l’époque on pensait que les lignes transcontinentales viendraient se poser sur des plateformes régionales. Or on constate qu’aujourd’hui les low-costs, qui sont ultrasensibles au surcoût aéroportuaire, ne voudront jamais s’installer à Notre-Dame-des-Landes. Les lignes transcontinentales qui font rêver les propagandistes du nouvel aéroport ne viendront jamais là-bas, pas plus qu’elles n’iront à Lyon ou à Nice. C’est un projet utopique et une escroquerie. » De plus, l’économie de la Vendée serait fortement dégradée par l’installation du nouvel aéroport, ce que soulignaient nombre de chefs d’entreprise vendéens au mois de juin dernier, craignant un enclavement aérien définitif de la Vendée, préjudiciable aussi au parc du Puy-du-Fou, comme le rappelle Villiers : « Évidemment le transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes entraverait gravement le développement du Puy-du-Fou. Dois-je rappeler qu’il s’agit d’une des premières concentrations touristiques françaises et la première des Pays de la Loire ? ». L’AFP, reprenant il y a quelques jours des propos du même Philippe de Villiers, synthétisait ses arguments en quelques lignes : « Le temps de trajet, actuellement d’environ une heure entre l’aéroport de Nantes et le parc d’attractions du Puy-du-Fou qu’il a créé, serait, argumente-t-il, triplé en raison d’un « périphérique souvent trop encombré » (je confirme !) et du « pont de Cheviré, fermé en cas de mauvaise météo ». » Quand on sait que le parc du Puy-du-Fou a enregistré en 2016 plus de 2,2 millions de visiteurs et qu’il est au deuxième rang des plus fréquentés de France derrière Disneyland-Paris, et qu’il est une des plus belles réussites françaises sans coûter un seul sou au contribuable (ce qui n’est pas totalement anodin), il ne semble pas inutile de réfléchir aux conséquences concrètes et plutôt néfastes de la construction d’une nouvelle plateforme aéroportuaire à Notre-Dame-des-Landes. D’autant plus que, comme le souligne le Vendéen, en prenant en compte les difficultés récurrentes de circulation autour de Nantes, « les Vendéens « renonceront à aller à Notre-Dame-des-Landes et prendront le train pour aller à Roissy » et « Notre-Dame-des-Landes ne trouvera jamais son point d’équilibre économique », ajoute-t-il. ». Sans oublier que les coûts de construction risqueraient bien d’exploser lorsqu’il faudra créer de nouveaux accès routiers et ferroviaires à cet aéroport pour chercher à le rentabiliser, ce qui promet aussi bien des conflits à venir, de Vannes à Rennes, de Redon à Angers, entre autres… Qu’en pensent et qu’en penseraient alors les contribuables de l’Ouest de la France, appelés à financer de tels équipements condamnés à n’être jamais rentables, du moins pour eux ?

 

Sans être villiériste ni me reconnaître complètement dans l’étiquette de « droite », je ne peux que souscrire à ses propos qui dépassent la seule question de l’opposition à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes : « Non seulement j’ai la fibre écologiste, mais je ne comprends pas pourquoi la droite ne s’empare pas du sujet de l’écologie. L’écologie est profondément une attitude de droite. Car qu’est-ce que la mission de la droite, si ce n’est l’enracinement, la préservation de nos paysages intimes ? (…) Je suis pour la liberté d’entreprendre, le Puy-du-Fou en est la preuve, mais aussi pour la préservation des écosystèmes. »

 

« L’enracinement, la préservation de nos paysages intimes, la préservation des écosystèmes » : voici un programme que défendent, depuis toujours et longtemps dans le silence assourdissant de la République machiniste et « progressiste », les écologistes intégraux que sont les royalistes héritiers de Chateaubriand, Bourget ou Bernanos, entre autres, et qui se reconnaissent aussi dans les textes de Bertrand de Jouvenel et de JRR Tolkien

 

Notre opposition à la construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes n’est pas qu’une position politique, elle est d’abord et surtout un combat de civilisation, et de civilisation française, « à la française » : il n’est pas inutile de le rappeler, et de le faire savoir.

Jean-Philippe Chauvin

Eloge de la virilité :

On vous fait croire que la vision féministe correspond aux désirs profonds de la majorité des femmes. C’est faux. Voici un point de vue véritablement féminin sur la virilité et un éloge de toutes les qualités masculines pour encourager les hommes à agir en accord avec leur nature et reprendre leur place dans la société. Il est temps que les femmes s’expriment dans l’espace public pour faire contrepoids aux idées féministes, qui sèment la division entre nos deux sexes, complémentaires par essence.

Energie libre, ce qu’il faut savoir…

Définissons d’abord ce que nous appelons « Energie libre ». L’énergie libre est pour nous une énergie convertible en forme utilisable depuis une source inépuisable. C’est une énergie parfaitement décentralisée, permettant à chaque foyer d’avoir sa propre source, sans que l’énergie ne soit acheminée par câbles, depuis une source centralisée la produisant. Le but étant l’autonomie citoyenne et le retour des libertés réelles…

Nous précisons également que l’énergie libre n’a absolument rien à voir avec le mouvement perpétuel. Ce dernier est souvent associé à mauvais escient à l’énergie libre, dans le seul but de discréditer toute possibilité d’engendrer cette forme d’énergie. Nous l’affirmons clairement : le mouvement perpétuel est tout simplement impossible techniquement, nous ne traiterons donc pas de ce sujet inutile.

Regardons maintenant concrètement ce qui a été fait pour la création de cette énergie libre.

Revenons aux activités de l’ingénieur Nikola Tesla. En 1899, Tesla emménagea dans son laboratoire à Colorado Springs, dans l’état du Colorado aux Etats-Unis, et entama ses expériences sur les ondes terrestres et atmosphériques afin de trouver de nouvelles formes d’énergie gratuites comme illimitées entre autres. Il eut alors l’idée d’utiliser un phénomène connu sous le nom de « résonance de Schumann ».

Il existe autour de la Terre une cavité qui résonne a une fréquence d’environ huit cycles par seconde. Cette cavité est comprise dans l’espace entre le sol que nous foulons et l’ionosphère. Cette bande, qui fait environ 60 kilomètres est une caisse de résonance tridimensionnelle dans laquelle on peut transmettre de l’énergie électromagnétique de 8 Hz, sans presque aucune atténuation. La résonance de Schumann tire ses mégawatts d’énergie des éclairs qui se produisent plusieurs fois par seconde partout dans le monde.

Sachant qu’une cavité résonante peut être excitée et que l’énergie peut être transmise dans cette cavité, il devrait être possible d’engendrer une résonance puis de transférer l’énergie via la cavité à n’importe quel point de la Terre. Ce qui résulterait à toute fin pratique en une transmission sans fil d’énergie électrique.

C’est donc dans son laboratoire de Colorado Springs que Tesla mit au point la technologie qui lui permit de produire des courants à très haute tension. Le laboratoire abritait une gigantesque bobine Tesla et un mât télescopique permettant d’élever une boule de cuivre à une hauteur de 43 m. Lorsqu’il met l’interrupteur en marche, les éclairs qui apparaissent dans son laboratoire sont retransmis à l’antenne et à la boule de cuivre qui la surmonte. D’immenses éclairs bleus s’échappent alors vers le ciel et atteignent plus de 30m. Le tonnerre provoqué par ces éclairs s’entend à 25 km à la ronde. Pour Tesla, c’est un couronnement : de la foudre fabriquée par l’homme !

Tesla en conclue que le courant d’énergie de la Terre peut être utilisable pour transmission de l’électricité n’importe où sur la planète.

(suite…)

Compte-rendu Banquet Camelot du 26 novembre 2017 :

Ce dimanche-là, s’il faisait beau dehors, il faisait chaud dedans, et la passion royaliste qui animait les orateurs comme les auditeurs n’y était sans doute pas pour rien. La cinquantaine de participants au banquet Camelot du 26 novembre écoutait les intervenants, applaudissaient aux discours et reprenaient les vieux chants royalistes de toujours et d’aujourd’hui, sous les voûtes d’un restaurant qui, situé au cœur de la capitale du royaume, en entendait les colères et les fortes espérances.

Frédéric Winckler, en ouvrant le banquet, rappela les principes du royalisme autonome prôné par notre G.A.R., royalisme qui n’attend pas qu’on lui en donne l’ordre ou l’autorisation pour agir, concrètement et partout où cela est possible et nécessaire,dans le sens de l’intérêt français, qu’il soit social, environnemental ou politique.

Quand un de nos invités dénonça le règne du béton et de la laideur qui transforme la ville-lumière en triste paysage, Jean-Philippe Chauvin, en s’appuyant sur l’actualité,livra un réquisitoire sans concession contre une République qui oublie les devoirs sociaux de tout État politique digne de ce nom, et remonta aux origines d’un système de société de consommation, jadis justement dénoncé par le royaliste Pierre Debray à la suite du Maurras de «L’Avenir de l’Intelligence», système qui privilégie le profit au nom de la terrible et maudite formule de Benjamin Franklin, «Le temps c’est de l’argent».

Mais, conclure par la nécessité du combat royaliste, qui est aussi un combat civilisationnel, est faire preuve et acte d’espérance autant que d’empirisme:«Car pour que vive la France, vive le Roi!». Olivier Tournafond, autre orateur habituel de nos Banquets Camelots, expliqua que le régime que nous souhaitons est un mixte de démocratie(à la base),d’aristocratie(au sens grec du terme, de pouvoir des meilleurs, des élites de compétence et de fonction) et de monarchie qui, à la tête de l’État, assure la pérennité et le bon fonctionnement des pouvoirs et libertés à tous les étages de la nation.

Frédéric Winckler reprit la parole à plusieurs reprises pour nous rappeler quelques pages de notre histoire américaine et indienne, et les leçons politiques que nous pouvons en tirer. Au-delà des paroles, les brochures et les livres disposés sur la grande table d’entrée incitaient à se cultiver pour mieux convaincre nos compatriotes, aujourd’hui de plus en plus sceptiques devant une République qui communique à défaut de transmettre. Le combat pour la Monarchie sociale n’est pas d’une grande facilité mais chacun peut aider à sa réussite, ne serait-ce qu’en diffusant ce que, depuis des années, notre Groupe d’Action Royaliste produit, sur la toile comme par le papier…

Ainsi, viendra notre jour, celui de la France et du Roi !

Olivier Sombrorgueil

https://soundcloud.com/user5994089/le-gar-et-lalternative-royaliste

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Corporations : le mensonge – La Révolution et le monde du travail :

Conférence de Marion Sigaut sur le thème : « Corporations : le mensonge – La Révolution et le monde du travail. » pour Egalité&réonciliation

La Révolution française et le travail de Mgr Freppel :

Les corporations, expression du droit naturel Retour à la table des matières

L’idée fondamentale de la Révolution française en matière économique est contenue dans cette maxime économique de Turgot, tant applaudie à la fin du siècle dernier : « La source du mal est dans la faculté même accordée aux artisans d’un même métier de s’assembler et de se réunir en corps » [1].

On croit rêver en lisant aujourd’hui de pareilles inepties tombées de la plume d’un homme d’esprit. Ce que Turgot, fidèle interprète des opinions de son temps, appelait la source du mal n’est autre chose qu’un principe rigoureux de droit naturel. Car il est dans la nature des choses que les artisans d’un même métier et les ouvriers d’une même profession aient la faculté de s’assembler pour débattre et sauvegarder leurs intérêts ; ou bien il faut renoncer à toutes les notions de la solidarité et de la sociabilité humaines.

C’est ce qu’on avait parfaitement compris jusqu’à la veille de 1789. Après avoir proclamé les principes qui devaient amener graduellement l’esclavage au colonat et au servage, puis enfin à l’affranchissement complet du travailleur, l’Église avait fini par faire triompher dans la classe ouvrière, comme ailleurs, la loi si éminemment féconde de l’association.

(suite…)

Les citoyens majeurs et les institutions politiques :

Partie 2 : La possibilité de la démocratie directe en Monarchie fédérative.

Mon jeune interlocuteur signale l’incompatibilité qui existe, selon lui, entre des institutions monarchiques (et dans le cas de la France, royales, héréditaires par ordre de primogéniture) et la démocratie : « (…) Le « délice » de pouvoir, en tant que citoyen, prendre les rênes d’une nation pour faire advenir un peuple d’êtres libres. Et pour moi, la démocratie a cette vertu qu’ignore la monarchie. Ou plutôt, j’aimerai préciser ma pensée, plus que de « prendre les rênes d’une nation » qui revient à fétichiser un peu trop le rôle du président de la République, je crois au libre arbitre d’une nation toute entière à « disposer d’elle-même », à accomplir, sans craindre la formule trop pompeuse, son destin. » Sans doute, pour répondre, faut-il définir exactement ce que les termes et notions, concepts, signifient et révèlent, car le débat politique est souvent, aussi, une mise au point sur le vocabulaire, ne serait-ce que pour éviter les incompréhensions et les confusions.

Ainsi, quel sens donner, ici, au mot « démocratie » ? S’agit-il d’un système politique qui repose sur la seule loi de la majorité ? Ou d’un régime qui fait de la liberté sa condition première ou qui se confond avec l’exercice de celle-ci sous toutes (ou presque) ses formes ? En somme, « majorité » ou « liberté », ou les deux à la fois, ce qui, en soi, peut paraître contradictoire.

S’il s’agit de la démocratie telle que l’entendaient les Athéniens de Clisthène et Périclès, forme institutionnelle dans laquelle le démos (le peuple des citoyens) « fait » la loi sur la Pnyx et réserve les principales fonctions judiciaires et politiques au tirage au sort quand seuls les dix stratèges sont élus par la foule de l’Ecclesia, elle peut bien, en certains aspects, se marier avec une Monarchie fédérative repensée pour la France du XXIe siècle : l’autorité royale sert alors de trait d’union au-delà des différentes Ecclesias que l’on peut imaginer dans les régions reconstituées (c’est-à-dire historiques et dégagées de la carte jacobine actuelle), à travers les institutions communales et professionnelles, Ecclesias disposant d’une part du pouvoir législatif local dans le cadre de la subsidiarité évoquée, comme un alibi plus que comme une réalité effective, dans le traité européen de Maëstricht du début des années 1990. En somme, la démocratie directe peut trouver dans la Monarchie un débouché politique véritable, et les citoyens y trouver quelques éléments de satisfaction pour ceux qui souhaitent une participation active et argumentée.

Après tout, pourquoi ne pas décentraliser concrètement une partie des pouvoirs fiscaux de l’État central pour permettre une meilleure utilisation des deniers publics, au plus proche de ceux qui payent impôts et taxes ? Ce rapprochement, ce « circuit court » fiscal, par la responsabilisation des citoyens-contribuables qu’il entraîne, peut motiver nombre de payeurs-bénéficiaires à intervenir directement dans la gestion des affaires locales. Un slogan des royalistes de Besançon dans les années quatre-vingts résumait cela en une formule simple : « Mêlons-nous de nos affaires », au sens, non du repli, mais bien de la plus grande participation de tous aux soucis, aux débats et aux décisions de la Cité. En cela, les monarchistes conséquents s’avèrent plus audacieux que les partis politiques qui préfèrent une démocratie représentative peu favorable à l’idée même de référendum…

Ce rapprochement entre le citoyen et la décision politique (ou fiscale) ne signifie pas que celui-ci puisse prendre toutes les décisions politiques mais bien plutôt celles qui concernent en priorité son quartier, sa ville ou sa région, avec le risque, qui est la contrepartie de la liberté, de se tromper ou de s’illusionner. L’intérêt d’un État royal qui ne soit pas omnipotent et centralisateur (ou centraliste) est d’occuper une situation arbitrale au-dessus (ou au-delà) des différents corps sociaux et intermédiaires qu’il s’agit bien, en Monarchie et par celle-ci (pour donner l’impulsion première et fondatrice, « libératrice » en somme), de rétablir dans leur intégralité et leurs pouvoirs propres et bien réels.

Maurras rappelait, à la suite de bien d’autres royalistes moins polémiques que lui, que le suffrage universel n’était pas pour l’effrayer, bien au contraire, mais qu’il s’agissait de le remettre et de l’étendre dans toutes les institutions locales, sociales et professionnelles, où il pourrait jouer un rôle utile et fonctionnel, et, dans le même temps, de libérer l’État et sa magistrature suprême de sa férule qui peut bien être insupportable quand elle devient l’objet de l’Opinion, trop souvent vecteur de la partitocratie et jouet des convoitises politiciennes… Il y a, au temps d’internet et des réseaux sociaux, l’immense possibilité de s’informer et de discuter en connaissance de cause, et cela n’est pas, en soi, une mauvaise chose s’il s’agit de bien peser le pour et le contre de décisions qu’il faut, au plus proche des réalités des lieux et des moments, prendre en citoyen maître de son destin et cela même si ce dernier peut être contrarié par la décision commune…

(à suivre)

Jean-Philippe Chauvin