Kadou

L’Europe contre les Nations

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°14)

UE-dictature

La Commission européenne se moque de nous !

Une nouvelle, révélatrice de l’état d’esprit des maîtres de Bruxelles qui veulent nous gouverner, est passé quasiment inaperçue, réfugiée en page 7 du quotidien « Le Monde » daté du vendredi 26 novembre 2010 alors qu’elle mériterait la « une » de tous les journaux d’Europe : « Union européenne : la Cour de justice appuie la hausse de 3,7% du salaire des fonctionnaires »…

A se contenter du titre de l’article, la nouvelle semble plutôt réjouissante : mais, l’article qui suit dégrise vite l’enthousiaste lecteur du titre : « La Cour de justice européenne a donné, tort, mercredi 24 novembre, aux gouvernements de l’Union européenne (UE) qui voulaient limiter la hausse du salaire des fonctionnaires européens en 2010, en raison de la crise économique. Elle a annulé une disposition du Conseil fixant à 1,85% la hausse du salaire des quelques 46 000 fonctionnaires des institutions européennes. » Ainsi, une Cour de justice supranationale, sans aucune légitimité politique ni visibilité médiatique, peut-elle décider de contredire une décision éminemment politique des Etats et du Conseil européen, institutions pourtant « démocratiques », dont les représentants gouvernementaux sont issus des élections et doivent rendre des comptes à leurs opinions respectives : en somme, le politique est ainsi soumis au « bon plaisir » du « Droit européen», au mépris même de toute autonomie de l’un par rapport à l’autre et de la « séparation des pouvoirs » dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles sans beaucoup de discernement… Une décision de « la justice européenne », de quelques juges européens dont peu de gens connaissent le mode de désignation et les titres à intervenir en ce domaine salarial, a plus de poids que les Etats représentant un demi-milliard de citoyens et soucieux, en ces temps de crise, de ne pas donner l’impression de gaspiller les deniers publics… Fait révélateur de ce que les traités européens, dont le dernier en date se voulant « constitutionnel européen », laissent les Etats et les peuples à la merci du « gouvernement des juges »!

Mais la suite de l’article est encore plus édifiante et choquante : « La Commission européenne, à l’origine de la saisine, proposait 3,7%, en se fondant sur un mode de calcul fixé par les traités européens. » Ainsi, c’est la Commission européenne, celle-là même qui intime l’ordre aux Etats de diminuer leurs déficits en réduisant, entre autres, le traitement de leurs fonctionnaires nationaux (5% de baisse salariale pour les fonctionnaires espagnols et portugais, 14% pour les fonctionnaires irlandais, 25% pour ceux de Roumanie… tandis que les traitements des fonctionnaires français et italiens sont gelés pour plusieurs années…), qui a saisi la justice européenne pour soutenir ses propres fonctionnaires contre l’avis des Etats européens en pleine tourmente économique et sociale !

Mais il y a encore pire, d’une certaine manière, et cette dernière information montre l’hypocrisie de l’oligarchie européiste, son cynisme et sa morgue : « Une clause spécifique donne la possibilité de tenir compte d’une « crise économique grave » pour modifier le mode de calcul. Clause que la Commission n’a pas actionné. » Oui, vous avez bien lu ! Pour la Commission européenne, la crise économique n’est apparemment pas assez grave pour actionner cette clause qui permettrait de limiter, à l’image des Etats, l’augmentation salariale pour les fonctionnaires des institutions européennes déjà grassement payés… Décidément, il y a des coups de pied au derrière qui se perdent, mais peut-être plus pour très longtemps ! MM. Barroso, Barnier et autres eurocrates, gare à vos postérieurs !

Jean-Philippe CHAUVIN

Contre le règne de l’Argent

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°13)

Libéralisme économique2

Dans notre société, l’argent a pris une place qui est devenue, aux yeux de beaucoup de nos concitoyens, la première, dans l’ordre des fins plutôt que des moyens : cela n’est pas une bonne chose et cela réduit la liberté des hommes et des sociétés à la simple possession (et à sa visibilité, le plus souvent) et indexe les relations humaines à celle-ci ! Dans ce cas, l’argent devient vite un maître impitoyable ! Cela ne signifie pas que je méconnaisse le rôle et l’importance de l’argent mais simplement que je veux le remettre à sa place qui est de servir les hommes et non de les asservir.

Dans le quotidien « La Croix » du lundi 14 juin, Mgr Pierre Debergé, recteur de l’Institut catholique de Toulouse rappelle en quelques phrases des vérités simples, dans lesquelles tout royaliste social, attaché à la dignité des hommes, peut se retrouver aisément : « Selon la Bible, l’argent n’est ni bon ni mauvais : c’est un outil qui contribue au bonheur. » Le verbe « contribuer » signale bien que l’argent n’est pas, en tant que tel, la source du bonheur mais juste un élément qui peut aider à être heureux : mais être riche, par exemple, ne rend pas forcément heureux, loin de là, bien plus plutôt craintif de perdre sa fortune… « Contribuer » ne veut pas dire « obliger » ou « permettre », au sens strict du terme ! « Le danger survient quand la richesse devient une fin, qu’elle conduit au mépris des autres et alimente les injustices. Derrière la quête d’argent, il peut y avoir une mauvaise réponse au besoin d’être reconnu et d’assurer son avenir. L’Eglise ne diabolise pas mais dit : attention, si tu ne veux pas être piégé, donne, partage. L’argent doit être le fruit d’un labeur, non de gains en Bourse ou de paris sur Internet. Faire fructifier son argent n’est pas négatif, s’il n’est pas cultivé pour lui-même.
La preuve, on parle de « placements solidaires ». Aujourd’hui, le rapport à l’argent est biaisé, il y a des rémunérations et des profits qui sont scandaleux. » Il est vrai que ce qui choque de nombreux Français en ces temps de crise où l’on demande des efforts aux salariés (et ceux de France ne sont pas les plus mal lotis, au regard de ce qui se passe en Grèce, en Roumanie ou en Espagne…), ce sont les revenus mirobolants d’un Proglio, homme-lige de la République sarkoziste, ou les « indemnités » choquantes d’un Tapie (payées par les contribuables…), ou encore les salaires effarants des joueurs de balle-au-pied mais aussi les « petits privilèges » (pas si petits, parfois) des parlementaires européens comme nationaux… Ce qui choque, c’est la démesure et le sentiment que l’argent touché par ces personnes évoquées plus haut n’est pas forcément mérité ! C’est le « trop » quand beaucoup n’ont « pas assez » !

En France, la République n’a guère brillé par son souci de justice sociale ou fiscale, y compris dès les « Grands ancêtres » comme Danton… Aujourd’hui, en France, elle apparaît de plus en plus comme une oligarchie ploutocratique : or, libérer l’Etat de l’emprise de l’argent, c’est lui donner la liberté de ne rien devoir à l’argent… La naissance, elle, et contrairement à l’élection présidentielle, ne s’achète pas : s’en rappeler et le redire constamment, c’est préparer le recours à l’Etat affranchi de l’argent, c’est-à-dire l’Etat royal ! Pour que l’argent ne soit plus le Suzerain de notre société…

Jean-Philippe CHAUVIN

L’écologisme intégral

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°10)

Foret13

« L’une consiste à soustraire la tradition déclinante à toutes les menaces de l’avenir (et à toutes les promesses de la vie) à l’aide des procédés stérilisants des fabricants de conserves, l’autre à lui rendre une jeunesse toujours nouvelle au contact de l’éternel. Vus du dehors, Charles de Foucault et la dévote la plus racornie sont attachés au même objet. Mais l’un se tient, l’âme ouverte, près du jaillissement de la source intarissable et l’autre veille avarement sur une gourde d’eau moisie ».
Gustave Thibon

C’est pourquoi la simple observation de la vie nous éloigne de toutes les nuées idéologiques concoctées par des cerveaux imaginatifs et non réalistes. Dans la nature, point de place pour les « Droits de l’homme », religion de ceux qui n’en ont pas (Soljenitsyne). Une saine inégalité règne pour le bonheur de l’environnement, tout y est réglé avec une parfaite indifférence. Le mythe du bon sauvage, cher à Rousseau a créé des individus insociables, individualistes et souvent aigris. L’écologie est l’observation de la nature et elle comporte des lois de vie en société. On comprend ainsi que le déclin de notre civilisation revienne aux temps obscurs de la barbarie où seul le plus fort règne dans l’oubli des valeurs chrétiennes, pourtant admirables par l’équilibre entre droits et devoirs. « Les plus redoutables des barbares, il est vrai, ne sont sans doute pas les guerriers au visage peint, à la chevelure luisante de beurre, que les soldats romains, du haut du limes, voyaient surgir, avec horreur, des ténèbres de la Thuringe. La frontière de la sauvagerie et de la civilisation n’est pas inscrite seulement sur le sol. Elle partage le cœur de chaque civilisé. Freud n’a eu qu’à les appeler par leur nom pour que jaillissent des abimes les monstres et les chimères, qu’en des temps plus sages, confesseurs et pédagogues refoulaient au-delà des barrières qui protégeaient les mortels de leur démon nocturne. Chaque âme a besoin d’être, comme la cité, couverte de remparts.» (Henri Massis). L’histoire est un puits d’expérience où toute mauvaise loi donne telle conséquence.

Où tel acte gouvernemental donne tel effet. Où tel système donne tel résultat.

L’OBSERVATION DE LA NATURE

« Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a-t-on fait, du peuple le plus laborieux de la terre et peut être du seul peuple laborieux de la terre, du seul peuple peut être qui aimait le travail pour le travail et pour l’honneur et pour travailler, ce peuple de saboteurs, comment a-t-on pu en faire ce peuple qui sur un chantier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’histoire une des plus grandes victoires et sans doute la seule, de la démagogie bourgeoise intellectuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette victoire. »
C.Peguy, L’honneur du travail

La nature nous offre une organisation complexe, réglée comme une horloge où les espèces vivent en parfait équilibre. Point de gâchis car tout y est mangé et digéré. Les fourmis comme les abeilles vivent en autocratie, seule chance de salut pour elles et ferme garantie pour leur existence. Dans cette vie harmonieusement construite, point de contrôle des naissances, on n’y enlève pas la vie pour des raisons de confort mais seulement pour des questions de survie…

D’autres animaux ont un chef naturel comme les éléphants ou le cerf de nos forêts. Ils vivent la liberté dans certaines contraintes mais point d’égalité. Une autre règle régie la vie animale, c’est l’incontournable loi de l’espace de vie où plus exactement le territoire d’évolution et de survie de chaque espèce, selon Konrad Lorenz. On s’aperçoit selon certaines études que l’homme est aussi soumis à cette règle fondamentale. Ainsi chaque peuple est fait pour évoluer, vivre et prospérer dans un espace donné. Dehors toutes les théories cosmopolites destinées à détruire l’identité des peuples, n’oublions pas que Dieu n’a pas voulu de Babel dans la Genèse. Le contraire donne irrémédiablement des conflits, comme au Liban, les cultures viennent s’affronter pour amener comme résultat la soumission inexorable du perdant. Le brassage des peuples proprement dit et de religions, fait parti des dangereuses utopies intellectuelles au profit du mondialisme dans le but de manipuler les peuples sans identité.
Il n’est pas question de rejeter l’étranger qui toujours, à travers les siècles, est venu s’installer pour vivre et prospérer en s’intégrant paisiblement chez nous. Ce qui est dangereux, c’est le surnombre qui risque d’entraîner des déséquilibres et une déstabilisation de notre vie communautaire. Le pillage des élites du Tiers-Monde condamne les populations restées sur place à une mort lente de deux manières :

– par la fuite handicapante des énergies, préfigurant l’émigration écologique qui nous guette.
– par l’abandon des terres qui nous condamnent à long terme à la désertification meurtrière.

Relisons le livre collectif de Régine Pernoud, Raymond Delatouche et Jean Gimpel « Le Moyen-âge, pour quoi faire » donnant des recettes de sauvetage élémentaire pour le Tiers-Monde.

Ce dérèglement nuira à tous, aux bons citoyens accueillants comme aux paisibles étrangers. Une saine écologie ne se limite donc pas à la nature proprement dite mais à tout ce qui compose notre vie familiale et communautaire. Elle est la stricte observation des lois de la vie. Un peuple doit pouvoir grandir et prospérer dans la paix et dans son espace de vie ancestral ou territoire avec le moins de déséquilibre possible pour préserver et évoluer dans son cadre traditionnel de coutumes et cultures qui ont et doivent faire sa richesse dans l’avenir. La défense de l’environnement passera par la reconnaissance d’un « ordre supérieur, impliquant une certaine conception de l’homme » (R. Constans). Nous ne pourrons parler d’écologie que lorsque nous aurons tournés le dos à la société marchande, mercantile et individualiste basée sur le profit.

L’ISSUE PAR LA RENAISSANCE

« La Renaissance , à souhaiter sous peine de décès, implique de renouer ce qui fut dénoué, de ramener ce qui fut éloigné, de rappeler ce qui fut oublié, bref, de faire une révolution vers notre passé et de réenraciner l’Intelligence. Le réenracinement est le moyen de la Renaissance. Si l’on veut « dénomadiser » culturellement, il faut sédentariser économiquement. »
J.C. Masson

Aménager le maximum de nature et d’espace verts dans nos cités pour retrouver l’harmonie et l’équilibre dans nos vies. Débarrasser nos villes des horribles « cages à poules», dégradantes et invivables. Ces logements sont à l’image de l’homme voulu par nos technocrates, anonymes et déracinés…L’homme respectera son environnement citadin que lorsque celui-ci sera harmonisé avec la nature dans le sens du beau, du bon et du bien et non pas comme trop souvent dépourvu de vie, d’espaces verts, véritables ghettos agressifs aux couleurs criardes et parfaitement étranger à la nature d’ailleurs inexistante.
« C’est la vie même qui est en question et l’homme artificiel que nous prépare une civilisation de plus en plus minéralisée court le risque de traîner en lui un fantôme d’âme, insensible aux voix profondes de la nature comme aux appels de l’éternité et aussi incapable de vivre d’une vraie vie que de mourir d’une vraie mort.»
G.Thibon

L’amour de la Terre amène à l’amour de la France en passant par un régionalisme puissant garantissant la défense d’une Ecologie certaine. La terre est un immense jardin travaillé par les paysans, artisans de nos paysages. Ces paysages irrigués par le sang de dizaines de générations d’hommes qui ont sués en pétrissant l’humus de leurs mains retrouver le vrai sens de la vie, en fait « l’amitié sociale » selon Aristote.

LA REVOLUTION DANS L’ECOLOGIE HUMAINE

« Notre écologisme est construit autour de la tragédie de l’homme déraciné et l’inhumanité des villes, le sac de la nature ne sont que les effets visibles de ce déracinement…L’écologisme intégral est la défense de l’homme total tel que le définit la tradition latino-chrétienne »
J.C. Masson

Ce que des années, des générations même ont forgés d’expériences multiples dans des familles paysannes, par obligations traditionnelles et parce que le naturel ne ment ni ne s’improvise et c’est là le dilemme du retour à la terre. L’élément fondamental d’un vrai naturisme selon Aristote, celui que préconisaient le Docteur Paul Carton et son ami le sportif Georges Hebert, est la méthode d’observation des lois de la vie. Pour l’équilibre Corps et Esprit, il faut une révolution intérieure, une réforme intellectuelle et morale pour se débarrasser de tous les clichés dont nous abreuvent les médias et autres appareils gouvernementaux. Notre corps est une enveloppe que Dieu nous a confié et que nous devons entretenir et non pas délaisser ou détruire, comme l’esprit qu’il faut aussi purifier selon les conseils Hippocrato-cartonien. Rien ne résiste, autour de soi, aux vertus de l’exemple, « Mens sana in corpore sano »

L’ECOLOGIE CITADINE

« France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? »
Jean Paul II

La démocratie doit être intégrale dans la commune et non dans l’Etat où elle mène vers le tombeau. Nous lui préférons une saine démophilie, véritable amour du peuple débarrassé des nuées idéologiques

Créer des cités ou tout simplement restaurer celles-ci en prenant garde d’éviter l’élévation de tours rendant les contacts anonymes. Cinq étages suffisent en aménageant les rez-de-chaussée en boutiques ou ateliers artisanaux, voir dans les cours intérieures rendant attirants les métiers manuels aux jeunes générations avides de créations. La jeunesse ne trouverait plus comme seul débouché le chômage mais se dirigerait vers le noble horizon des métiers créatifs qui firent la grandeur de la France de jadis. Cela nécessiterait évidemment au préalable une politique de la famille, du petit commerce, de l’artisanat et de la paysannerie. Une révolution dans la politique architecturale n’entassant plus les bons électeurs dans des cités insalubres pour le profit de politicards véreux. Que de choses pourrions nous faire dans notre beau pays si nous le voulions vraiment et seulement lorsque les français décideront de vivre debout.

Le combat est d’abord dans soi-même, ai-je dit. Avant de changer les autres, il faut au préalable s’être changé. La première écologie est donc, d’ordre familial, cellule de base à l’équilibre humain, n’en déplaise aux soixantuitards attardés et rousseauistes. Il est difficile de faire face à la vérité comme de se consacrer aux autres. La construction d’une famille et les saints combats permettant sa sauvegarde comme:

– Accueil à la vie, avec aides aux mères en difficultés
– Education à une époque de démission générale
– Salaire maternel et retraite, développement du travail alternatif, mi-temps, 75/50/25% à aménager dans les entreprises
– Bon scolaire, donner aux parents un chèque pour l’établissement de leur choix, stimulant la libération du système scolaire et rendant l’autonomie aux écoles et universités et aux parents (stimulation de la qualité éducative)
– Vote familial, une voix par enfant mineur aux parents…
– Une révolution fiscale.

Ces mesures d’écologie familiales indispensables à sa survie, demandent de la volonté. En avez-vous encore ?

L’ECOLOGIE REGIONALE ET NATIONALE

Allons plus loin, l’extension des défenses familiales : les corps intermédiaires pour l’épanouissement dans la cité, c’est-à-dire les organisations professionnelles protégeant le monde du travail, les associations, les communautés locales, la vraie démocratie intégrale. De fil en aiguille, nous arrivons vers l’écologisme national permettant l’organisation de tout ce qui contribuera à sauvegarder les familles dans leur environnement naturel. Il faudra pour cela enlever à l’Etat tout ce qu’il a usurpé comme prérogatives aux collectivités (économie, culture, écoles, social…).

En fait le principe chrétien de subsidiarité qui existait avant la Révolution de 1789.Tout ce qui peut être géré par d’autres que l’Etat doit être enlevé à l’Etat. Vaste programme me direz-vous, mais combien plus sain, plus vrai, où l’exemple d’une famille responsable, humble, aidant son prochain et élevant ses enfants, vaut tous les discours que l’on peut faire. C’est par le combat de ces cellules familiales, le respect et l’éducation, que l’environnement est défendu et que l’écologie avance. Faire des citoyens des propriétaires de leur métier, comme de leurs biens immobiliers avec la liberté testamentaire. Réduire le gâchis dans tous les domaines et rendre biodégradable le maximum de nos consommations. Sortir du ridicule consumériste qui vous vend du matériel (désherbant avec pollution des rivières comme récemment) ou des voitures polluantes et vous impose des taxes nouvelles comme responsable de la pollution !!!

On est bien dans la Ripouxblique.
Arrêtons de donner mauvaise conscience aux citoyens, présuré financièrement.

Remplaçons l’Etat par une famille qui possède la durée pour construire et protéger, c’est cela la maîtrise du temps, essentiel pour une politique économique sérieuse et écologique. Sortir d’un pouvoir saccadé, voleur et menteur, remit sans cesse en cause par des incapables qui construisent et détruisent, sans jamais se préoccuper de la vie réelle des citoyens. Décidons directement de tout dans notre environnement proche et étendons les référendums sur toutes nos préoccupations quotidiennes.

Certaines villes en Suisse votent encore à main levée, reprenons nos droits. Le roi nous a libéré de la Féodalité, il a encouragé le mouvement des communes et l’organisation du monde du travail. Il a favorisé l’émancipation ouvrière en garantissant ses droits et privilèges. Rappelons-le pour qu’il nous libère de la Ripoux-blique qui nous vole nos libertés…
C’est cela le nouvel esprit rebelle, la tradition est critique et empirique. Elle est en évolution et source d’avenir. Libérons-nous !!

Frédéric WINKLER

Action Sociale Corporative n°7

Numéro 7 de l’Action Sociale Corporative

Sommaire.

Nos maîtres : Firmin BACCONIER.
La classe ouvrière a-t-elle disparue ?
Sinistre libéralisation.
Le « blues » de l’agriculture.
Le capitalisme contre le peuple
La loi du travail.
Sauvons le dimanche !
Paysannerie et civilisation.
RFR émission n°1

Paysannerie et civilisation

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°7)

Romulus

Dans un de ses premiers livres – Retour au réel, je crois – Gustave Thibon raconte qu’un jour il avait prêté les travaux et les jours du poète grec Hésiode à un vieux paysan de ses voisins et, qu’en lui rendant l’ouvrage ce dernier avait dit : « C’est curieux mais ces paysans qui vivaient il y a plusieurs millénaires pensaient et agissaient exactement comme nous il y a quelques années. C’est seulement depuis peu de temps que tout a changé. »

Je cite de mémoire car c’est un vieux souvenir de lecture et je n’ai plus le texte de Thibon sous les yeux mais je n’en trahis certainement pas l’esprit et je trouve cette réflexion admirable parce que profondément juste.

Pendant plusieurs dizaines de siècles, du roi-laboureur d’Eleusis à qui Cérès enseigna l’art de se servir de la charrue et la culture du blé jusqu’aux paysans du XXème siècle qui surent, à travers les générations et sur le même terroir, maintenir la fertilité de la terre et l’harmonie du paysage en passant par les moines défricheurs du Moyen-Âge, les manants du XIIIe siècle (le siècle d’or français) et les premiers agronomes de terrain des XVIIIe et XIXe siècles, c’est-à-dire tous ceux qui ont vraiment édifié la civilisation occidentale, tous ont respecté la nature et n’ont jamais transgressé ses lois.

Rome est née des paysans du Latium et c’est d’un sillon de charrue que Romulus traça les limites de l’Ager Romanus. Celui-ci fut à la base de la croissance de la Ville et, tant qu’il y eut des paysans pour cultiver l’Ager, il y eut des citoyens sages et honnêtes pour gérer dignement l’Urbs et assurer sa grandeur.

L’agriculture a une large part dans la littérature latine, Virgile bien sûr, mais aussi Pline l’Ancien qui consacra une grande partie de son Histoire naturelle à l’agriculture et surtout à la viticulture et Columelle dont le Traité de jardinage lorsqu’on le dépouille de l’emphase mythologique que le poète a cru devoir développer avec un peu trop de préciosité, se lit encore aujourd’hui avec intérêt, voire profit, tant les techniques qu’il expose ainsi que la culture des différents légumes (bien plus nombreux et variés qu’aujourd’hui) nous semblent familières. Columelle nous avertit aussi que les écrits des agronomes sont moins propres à former un agriculteur qu’à instruire celui qui l’est déjà, que l’expérience compte plus que le savoir livresque et que, pour sa part, il a été instruit surtout par la pratique (1).

José-Maria de Hérédia a, lui aussi, joliment célébré l’Ager Romanus en quelques sonnets réunis sous le titre Hortorum Deus où le poète souligne justement la relation naturelle et obligée de cause à effet entre la qualité du travail agricole, l’honnêteté et l’aisance de la famille paysanne :

Les fils sont beaux, la femme est vertueuse et l’homme
Chaque soir de marché fait tinter dans sa main
Les deniers d’argent clair qu’il rapporte de Rome.

Puis vint la décadence. Rome s’écroule sous les coups des Barbares certes mais ceux-ci ne sauraient faire oublier l’effondrement de l’intérieur dont la première cause est l’abandon de l’agriculture. L’Ager Romanus cultivé avec amour par la famille évoquée dans les vers de hérédia fait place à des grands domaine livrés à des intendants cupides et cultivés par des esclaves irresponsables préfigurant, au-delà des siècles, le kolkhose soviétique. Tandis que les campagnes se dépeuplent, les villes – et surtout la Ville – croissent démesurément. Y afflue une population instable, désoeuvrée, manipulée, assistée par un Etat bureaucratique […]. Les mœurs se corrompent, la natalité s’effondre et alors, mais alors seulement, les Barbares portent le coup de grâce.

Mais voici la renaissance et quels en sont les artisans ? Les moines qui reprennent à la friche les terres abandonnées et, en même temps, évangélisent les Barbares, moines défricheurs des âmes et du sol, tant il est vrai qu’agriculture et civilisation vont de pair et cette dernière atteint maintenant son sommet avec la chrétienté. Avec l’agriculture renaissent aussi les structures politiques qui assurent l’ordre : l’empire carolingien est l’Etat rural par excellence où la vie spirituelle, politique et économique s’organise autour des villae, centres d’activité agricole, donc de civilisation.

Quatre cents ans plus tard la France connaît son siècle d’or avec saint Louis, siècle de paix où l’agriculture prend son essor. C’est l’affranchissement des serfs, les progrès techniques, l’organisation des communes et des paroisses, les grandes foires de dimension internationale. Les conditions de vie s’améliorent:

« Les chaumières, encore mal bâties, contiennent des bahuts, des lits, du linge dans des coffres solides et, sur la table, le porc et la volaille alimentent les familles où règnent la bonne humeur et la gaieté » (2).

Paysan

Voilà vraiment que la France paysanne explose, la paysannerie est la source vive où se renouvellent sans cesse les élites, mouvement ininterrompu pendant des siècles qui caractérise la société d’Ancien Régime. C’est pourquoi, avec la disparition de la paysannerie, la société cesse de se renouveler et s’étiole.

Mais de nouveau malheurs accablent la France : la guerre de Cents Ans et les campagnes livrées aux Grandes Compagnies. Après un siècle de paix relative, de Charles VII à François Ier, vint la plus grande catastrophe européenne avant la révolution française : la réforme. Luther, fléau de l’Europe, après avoir fait massacrer des milliers de paysans en Allemagne, allume en France la guerre civile dont les paysans furent les principales victimes. Mais, de nouveau, c’est le redressement : Henri IV, Sully, Olivier de Serres.

Le seigneur de Pradel est un huguenot modéré qui essaie de toute son autorité d’arrêter la guerre civile dans son Vivarais natal qui s’est donné à la réforme et ne désarme pas malgré l’Edit de Nantes. Et c’est un peu l’échec de ses tentatives de conciliation face à des adversaires fanatiques qui le fait se replier sur son domaine de Pradel où il s’adonne à l’agriculture.

Ce vaste domaine, fondé en 1284 par Philippe III le Hardi, devint alors un véritable laboratoire d’agronomie, non pas à la manière irresponsable dont l’INRA fait ses expériences avec l’argent des contribuables, mais à la manière du bon père de famille qui fait fructifier son domaine et considère que la campagne est le seul endroit où l’on peut pratiquer l’art de vivre « honnestement ». Les observations et les travaux d’Olivier de Serres ont donné naissance au Théâtre d’agriculture et mesnage des champs, chef- d’œuvre immortel de la littérature agricole qu’on ne se lasse pas de relire.

Sur le plan politique il faut noter la rencontre des préoccupations agricoles du seigneur du Pradel avec celles d’Henri IV engagé dans la voie de la reconstruction de la France. Cela « illustre un de ces rares moments dans l’Histoire où l’intérêt porté à une activité fondamentale converge très exactement avec la politique d’un gouvernement. La parution au mois de juillet 1600 du Théâtre d’agriculture représente, tant pour nous qu’aux yeux des contemporains, cette chance exceptionnelle que rencontra Henri IV de voir ses efforts pour rétablir l’agriculture secondés par l’ouvrage d’un homme qui, paradoxalement, avait pratiqué et étudié l’agriculture, consigné le fruit et les expériences de son savoir et milité en faveur du protestantisme précisément pendant le temps des guerres de religion dont le Roi, après un demi-siècle de troubles, s’engageait à réparer les immenses désordres (3) ».

Il est très rare en effet qu’un gouvernement français s’intéresse à l’agriculture sans arrière-pensée, uniquement parce qu’il considère celle-ci, non seulement comme la source du ravitaillement, mais aussi comme la pierre angulaire d’une société harmonieusement organisée. […].

Le XVIIe siècle n’est pas très favorable à l’agriculture. Colbert la voit avec des yeux d’industriel c’est-à-dire qu’il n’y comprend rien : « Toutes ses préférences vont à l’industrie aliment principal du commerce. Mais pour que l’industrie française puisse lutter contre l’étranger il faut que les salaires soient bas c’est-à-dire que le pain ne coûte pas trop cher et que les paysans ne s’enrichissent pas trop vite » (4). Avec trois cents ans d’avance on dirait le plan Rueff-Armand !

L’agriculture retient à nouveau l’attention des élites dans la seconde moitié du XVIIIe siècle avec l’école physiocratique pour qui toute richesse vient de la terre. En Anjou on garde le souvenir du marquis de Turbilly qui rénova l’agriculture du Baugeois. Après la révolution et l’empire, premier génocide paysan avec la Vendée et les guerres impériales, la Restauration, la Monarchie de juillet et le second empire sont marqués par l’intérêt que portent les propriétaires terriens à leur domaine. C’est l’époque de l’anglomanie et l’on introduit des races anglaises bovines et ovines réputées devoir améliorer le cheptel national. Ce n’est pas toujours évident mais le XIXe siècle est le grand siècle de l’élevage avec la sélection des races et la création des herd-books. Une fructueuse collaboration s’établit entre propriétaires et métayers et, à la veille de la Grande Guerre, second génocide paysan, la France est une grande nation agricole et, grâce à l’agriculture, une nation riche.

Et maintenant ? […], la politique agricole de la Ve république est devenue nettement anti-paysanne tandis que l’industrialisation de l’agriculture transformait la société traditionnelle et aussi l’environnement par la destruction des bocages, la pollution des eaux, la disparition irréversible d’espèces animales et végétales. Voilà aussi des effets de l’abandon de l‘agriculture naturelle dont on ne mesure pas encore les conséquences mais qui peuvent se révéler terrifiants.

Ce n’est pas sans raison que la Communauté Economique européenne par s’occuper de l’agriculture : pour la transformer en industrie, en faire un objet de commerce international et supprimer les paysans. Evoquant les trente ans de la CEE, Yves Daoudal écrivait : « Cette fameuse politique agricole commune est en effet quasiment synonyme de CEE donc d’Europe : 88% des dépenses communautaires concernent l’agriculture. Et malgré ces énormes dépenses le revenu agricole continue de baisser, l’exode rural se poursuit sous l’œil satisfait des technocrates européens qui ont juré la fin des paysans pendant que des stocks gigantesques de beurre et de viande s’accumulent à l’heure où des gens meurent de faim dans le Tiers-monde et où, dans nos pays même, se développent de nouvelles soupes populaires (5) ».

Plus de paysans, une société éclatée, une population laminée par le socialisme, les Barbares sont dans la place et une Eglise « nouvelle » semble douter de sa mission civilisatrice.

(1) COLUMELLE, De l’Agriculture, dans l’édition bilingue publiée sous le patronage de l’association Guillaume Budé.
(2) LEVIS MIREPOIX, Le roi n’est mort qu’une fois, Paris, 1936.
(3) CORINNE BEUTLER, Préface au Théâtre d’agriculture et mesnage des champs, Editions Dardelet, Grenoble, 1973.
(4) PIERRE GAXOTTE, La France de Louis XIV, Paris, 1946.
(5) Présent, 26 mars 1987.

L’agriculture assassinée

de Jean-Clair Davesnes – édition de Chiré

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La loi du travail

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°7)

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« La loi du travail est le fondement de toute l’économie sociale, parce qu’elle est la loi même de la vie humaine. Cette vie, en effet, ne s’entretient physiquement et intellectuellement qu’au prix d’une série continuelle d’efforts, et chacun de ces efforts est pénible. Malheur à la famille, malheur à la classe, malheur à la société qui parvient à se soustraire momentanément à la loi du travail. Mais malheur aussi à l’enseignement qui méconnait l’esprit et le but de cette loi fondamentale de l’économie sociale, et qui définit celle-ci la science des richesses, « la chrématistique ». Non. Le travail n’a pas pour but la production des richesses, mais la sustentation de l’homme, et la condition essentielle d’un bon régime du travail est de fournir en suffisance d’abord au travailleur, puis à toute la société, les biens utiles à la vie.

De tous les régimes du travail en cours dans l’humanité, y compris le régime servile, nul ne donne moins de garantie à l’accomplissement des fins providentielles que celui dit « de la liberté du travail », qui est propre à la société moderne. La concurrence illimitée, qui en est le ressort, subordonne en effet les relations économiques à la loi dite de l’offre et de la demande, loi qui fonctionne précisément à l’inverse de la loi naturelle et divine du travail, puisque par son jeu, la rémunération du travail salarié est d’autant plus faible que le besoin de la classe ouvrière est plus intense. Elle est donc absolument barbare. C’est pourtant là ce que n’ont pas encore montré les chaires dites de la Science. Le régime de la liberté du travail n’est d’ailleurs pas plus profitable au patron qu’à l’ouvrier, parce qu’il entraîne, pour l’un comme pour l’autre, la même insécurité par suite de la même tyrannie. Il n’est pas davantage profitable à la société, où il engendre les haines de classe et prépare les bouleversements en mettant les intérêts en antagonisme au lieu de les harmoniser. »

René de la Tour du Pin

Le capitalisme contre le peuple

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Dans une presse saturée de « people », quelques titres rompent heureusement avec les modes du temps : ainsi, la parution d’un dossier fort intéressant sur le capitalisme dans la livraison de septembre 2007 du « CHOC du Mois. » L’introduction de Bruno Larebiere évoque la dérive du capitalisme vers le totalitarisme. Rappelons nous Patrick Le Lay déclarant « Le métier de TF1, c’est de vendre à Coca-Cola du temps de cerveau disponible »… De plus en plus, le système capitaliste actuel transforme « les chefs d’entreprises en serviteurs zélés, voire en esclaves dorés des actionnaires » (J.Peyrelevade). De nombreux libéraux constatent désormais les dégâts d’un système auquel ils n’apportent aucun remède n’osant s’attaquer aux racines du mal. «La seule opposition tolérée est celle qui accepte de se manifester au sein même du système, en a intégré les règles et fait mine d’intervenir à la marge en continuant à croire aux vertus autorégulatrices d’un marché planétaire dont elle profite par ailleurs »

Pour connaître les solutions et avoir le courage de les envisager, il faut aussi observer la vie de nos aïeux et comprendre, sans oublier la leçon maurrassienne de l’empirisme organisateur : « la vraie tradition est critique ».

Au regard des expériences passées et des conditions actuelles de l’économie et des modes de vie qui régissent les relations sociales, il faut faire un choix de société : soit le Libéralisme anglo-saxon, soit la société communautaire protectrice garantissant la qualité des produits et la défense de ses producteurs/consommateurs. Choisir entre la société mercantile des cadences infernales importées du Royaume Uni Hanovrien et la France humaniste des Corps de métiers. Jusqu’à la Révolution de1789, grâce à la volonté de ses rois, le travail de qualité fut préservé dans le respect de l’être humain. Etudiez l’histoire de la France Capétienne et découvrez comment maintes fois furent maintenues les règles de vie chrétiennes, les fêtes chômées, les privilèges spéciaux, les horaires de travail dans le respect des femmes et des enfants. Louis XV en son temps entendit les plaintes du peuple anglais soumis à l’esclavage industriel des puissances d’argent dans la complicité bienveillante de la couronne Hanovrienne usurpatrice.

Cet esclavage vint en France grâce à la Révolution, dans les valises des « philosophes éclairés » et inonda notre pauvre pays exsangue des excès révolutionnaires. Le Libéralisme économique et la République, en définitive, ne font qu’un. Il serait chimérique de penser pouvoir garder l’un en excluant l’autre. « La Démocratie est la forme politique du capitalisme » affirmait avec raison Georges Bernanos. C’est d’ailleurs ce que beaucoup d’esprits n’ont pas compris, ou pas voulu comprendre…

Le socialisme, né des excès du capitalisme et en réaction à ceux-ci, ne remet pas fondamentalement en question le système, c’est pour cela que sa critique reste stérile : les royalistes, eux, n’ont pas ce genre de timidité, comme le rappelle cet article du « Feu follet », revue des étudiants monarchistes des années 80:
« Nous ne sommes pas les défenseurs du capitalisme. Le capitalisme est pour nous une création libérale qui non seulement désorganise l’économie et suscite des injustices mais qui, de plus, se trouve être le plus sûr soutien matériel de la Démocratie. Le capitalisme comme celle-ci instituent le triomphe de l’Or en détruisant la loi du sang ».

Dans ce dossier qu’il nous faudrait citer plus complètement, on trouve aussi une interview de Maurice Allais, prix Nobel d’économie 1988, qui souligne les dangers d’un mondialisme ne profitant « réellement qu’aux multinationales » ; Jean-Claude Martinez présente une théorie hardie des «droits de douane déductibles », beaucoup plus intéressants que la TVA sociale avancée par le gouvernement ; il rappelle qu’il existe une grande carte à jouer pour la francophonie si dans ces domaines nous participions aux demandes du Tiers monde. De grands débouchés s’ouvriraient pour nos ingénieurs, nos paysans, nos laboratoires et notre culture.

Quelques pages présentent les anarcho-capitalistes ouvrant la « boite à pandore » de toutes les déviations humaines pour le plus grand bien des individualistes riches. On pourrait rapprocher cette théorie d’une maladie congénitale d’une certaine bourgeoisie détachée de tout esprit chrétien d’entraide et considérant la vie comme une jouissance absolue en préconisant, par exemple, « aux pauvres pour se refaire une santé (…) de vendre leurs organes sur le marché ! Et, si cela ne suffit pas, de mettre en vente leurs enfants pour survivre » (Rothbard).

Bruno Wieseneck, dans un dialogue « père-fils » pas si imaginaire que cela, souligne les incohérences de cette génération post-68, celle qui veut « jouir sans contrainte » et, en somme, a renforcé puis « légitimé » ce que Mai 68 prétendait hypocritement combattre :

«Il est interdit d’interdire de s’avilir : Mai 68 n’est pas une réaction anti-bourgeoise, tu le sais bien, elle représente au contraire le triomphe de la non-volonté, la fin de l’homme, la parousie du consommateur, la célébration hystérique de l’idéal petit-mec. L’ultralibéralisme est sorti tout armé de vos partouzes sinistres du Quartier latin. Ca ne gêne pas le bobo socialiste revendiqué que tu es de voir tous les anciens soixante-huitards gérer leur portefeuille boursier, mettre leurs enfants dans ce qui reste des écoles privées, appeler à l’ouverture des frontières pour faire rentrer encore plus d’immigrés tout en fuyant ces nouveaux esclaves du capitalisme dans des quartiers bien blancs et bien protégés ?

Un long article d’Hervé Bizien rappelle opportunément comment les « Catholiques sociaux », pour la plupart monarchistes, luttèrent pour la justice sociale dans la France post-révolutionnaire .La révolution de 1789, avant même de guillotiner et massacrer le peuple, le spolia de ses organisations professionnelles et de son patrimoine corporatif (servant aux œuvres sociales) par les sinistres et très libérales lois d’Allarde et Le Chapelier de 1791, véritables actes fondateurs de l’exploitation du prolétariat…

La république interdit aux ouvriers de s’associer, diminua les salaires et obligea femmes et enfants aux travaux pénibles (14 heures par jour…) pour subvenir au salaire du mari. Celle-ci supprima aussi les fêtes religieuses et institua le Décadi, semaine de 10 jours de travail sans repos, sans doute pour mieux appliquer la formule de Benjamin Franklin, « le temps c’est de l’argent »…(selon Alain Decaux nous avions pratiquement autant de jours de repos avant 89 qu’aujourd’hui).

Contre cela les royalistes (dont la doctrine peut se résumer par cette formule : « social parce que royaliste ») s’opposèrent et se battirent contre les lois ignobles pour restaurer un semblant de législation sociale et humaine dans ce système qui ne l’était plus… « Quoi ! En moins de deux mois, un seul entrepreneur aurait pu réaliser trente mille francs de bénéfice net, et il s’étonne que les ouvriers auxquels il aurait dû ces immenses profits réclament dix centimes de plus par heure ! » (Berryer)

Rappelons pour finir que La Tour du Pin reste d’une actualité brûlante : « l’objet de l’économie politique est d’organiser le monde de l’utile conformément à la justice et en vue du bien commun». Déjà il s’indignait des délocalisations : « …là où il (le capitaliste) trouvait la main-d’œuvre ou la matière première à meilleur marché.»

Albert de Mun en 1841 proposait déjà une législation internationale, « …l’adoption d’une législation internationale qui permette à chaque Etat de protéger l’ouvrier,sa femme et son enfant,contre les excès du travail,sans danger pour l’industrie nationale ». On y voit une préoccupation humaniste bien plus réelle que celle des tenants des droits de l’homme.

François-Laurent Balssa nous explique plus loin dans ce numéro si riche et si utile pour le combat social monarchiste comment le néo-libéralisme est en fait un retour aux sources des théories du XVIIIème siècle : « Tel est le legs d’Hayek et de sa famille. Une société sans Etat, des nations sans frontières et un corps social sans abri. » Et Jacques Cognerais d’expliquer la progression du régime de l’économie et des finances avec Jean-Jacques Servan Schreiber, Pompidou et Giscard : « Avec Foutriquet au pouvoir, l’argent ne trouvera aucun obstacle : dans la période d’attente et de détour, tant que la France n’est pas encore le rien promis pour l’an deux mille, l’internationale de cet argent, les sociétés multinationales entre autres, n’auront à redouter aucune intrusion un peu sérieuse d’un Etat qui abdique ses droits régaliens, la défense du pauvre comme l’indépendance nationale, ce qui n’empêche en rien l’exercice solitaire de sa tyrannie.» (Pierre Boutang ).

En somme, et c’est la grande leçon que l’on peut tirer de cette lecture du « Choc du mois » de septembre dernier, rien de social ne pourra se faire sans une politique d’Etat digne de ce nom, sans un Etat conscient de ses devoirs et prêt à les assumer, pour le bien des Français : si le mot n’apparaît pas explicitement dans cette revue, nous pouvons, quant à nous, le souffler aux rédacteurs de ce dossier : la Monarchie…

Frédéric WINKLER

Le souci des faibles

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« Si un pauvre à querelle contre riche, soutiens le pauvre plus que le riche… »

Saint Louis à son fils

« Nous considérons Saint Louis et Saint Vincent de Paul, comme les ancêtres des sociaux-chrétiens » disait Jean Saint Ellier dans la revue «Notre Avenir Français ». Le pouvoir a d’abord pour rôle de protéger les plus faibles, les petits contre ceux qui ont la puissance : « qu’un pauvre, doit bénéficier, devant ses juges, de plus d’indulgence, « à priori », qu’un riche…nous sommes loin de l’égalité en droits ». Saint Louis pratiqua toute sa vie cet adage, même contre les seigneurs, dans l’enseignement du Christ en un temps ou la féodalité était toute puissante. Saint Vincent dévoua sa vie à soulager la misère. Les Frères de Saint Vincent de Paul en animant les cercles d’ouvriers, reprendront la détermination du grand ancêtre, Monsieur Vincent, après la Révolution, devant le développement du machinisme et du prolétariat, issus de1789…
Les conséquences sociales seront terribles, Villeneuve Bargemont se fera l’écho des atrocités commises dans les usines. Les travaux de rénovation sociale entrepris par la Restauration s’évanouiront avec le roi en exil…
Les royalistes continueront malgré tout leur lutte contre l’injustice sociale, contre l’esclavage des ouvriers né de la Révolution bourgeoise. A la différence des socialistes qui ne voudront jamais remonter aux sources du mal, les royalistes comprirent vite que le bouleversement de l’ordre ancien avait permis, par la destruction des anciennes corporations, la mise au ban de la société du monde ouvrier. En perdant son titre de propriété et ses droits professionnels acquis depuis des siècles, par la coutume et reconnus par le roi, l’ouvrier devenait esclave de la société issue de 1789.

 

Des grands noms comme Berryer, Albert de Mun, La Tour du Pin et jusqu’à Le Courgrandmaison, tous royalistes, feront ce que l’on nommera le catholicisme social, « Sachant ce qui s’est passé par la suite, on s’aperçoit qu’ils avaient vu juste. Car ce qui s’est passé, c’est le Front Populaire de 1936 qui a repris, à son compte, les revendications des monarchistes sociaux et a octroyé aux partis de lutte des classes, l’image de marque d’être les seuls défenseurs des travailleurs : Alors que les ouvriers étant les principales victimes de 1789, c’est avec eux qu’il fallait engager la contre-révolution, tel fut le sens de la lettre du Comte de Chambord aux ouvriers. »
Jean Saint Ellier

Les monarchistes sociaux se heurtèrent à la grande bourgeoisie victorieuse de 89 et tenant le pouvoir culturel :

« avec tout ce que cela comporte de force de discrédit porté sur une école de pensée »
J.S. Ellier

D’autres obstacles autant politiques que religieux aussi. Des restes de jansénisme, que Saint Vincent combattit en son temps, avaient transformés et orientés la mentalité catholique vers une forme de protestantisme. Une forme puérile et individualiste de moralisme puritain dédaignant la charité ou l’utilisant à des fins intéressés.
Le « cinéma » de la messe du dimanche, où l’on regarde qui vient, où l’on chuchote et critique et où finalement on s’habille en uniforme comme les pires sectes anglo-saxonnes. Redécouvrez les chrétiens du Moyen-âge en France pour comprendre le gouffre avec ce que nous sommes devenus et relisez Régine Pernoud… Pour les politiques, disons qu’une partie des hommes hostiles aux changements sont devenus conservateurs, par paresse d’esprit, prêt à avaler tout ce qui de près ou de loin fait figure d’ordre. Ils ont aussi acceptés les lois antisociales de la République et digérés la Révolution. Ils ont fait, par peur de toute insurrection ouvrière, le lit de la République antisociale, par paresse et soumission, sous prétexte de paix. Ces hommes là sont encore là, avec dans la tête le cliché de l’ouvrier ennemi de l’ordre en oubliant l’insurrection Vendéenne éminemment populaire ?

Frédéric Winkler

Comment peut-on être corporatiste aujourd’hui ?

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°16)

Logo Vincit Concordia Fratrum 1Par un artisan-carreleur dirigeant l’active association corporatiste Sauvegarde et promotion des Métiers, issue de la Cité Catholique; quelques rappels utiles pour montrer que le corporatisme est toujours aujourd’hui une réalité vivante de l’ordre social.

Il est très difficile aujourd’hui de proposer le principe corporatif comme conception économique, tant les esprits sont imprégnés des idéologies dominantes : le libéralisme et le socialisme. Depuis que l’ordre naturel, fondé sur des communautés naturelles organiques, a été bouleversé par la loi Le Chapelier, qui ne reconnaît plus que les individus et l’État, nous baignons dans un système qui oscille entre la poursuite d’intérêts individuels, exaltés par l’idée de concurrence, où toutes les barrières qui régulaient l’économie sont abolies, et une défense d’intérêts de classe, où le principe d’opposition s’est substitué au principe d’union et d’organisation (1). Tout le problème est là. Cette philosophie de l’économie, a débouché sur l’ouverture des marchés à tous vents, au développement de la grande distribution tuant le commerce de proximité, à la mondialisation, aux multinationales et à la disparition des économies locales, qui reflétaient un art de vivre et qui ont fait toute l’originalité de notre civilisation. Que peu-t-on faire aujourd’hui pour reconstituer des structures d’organisation et de participation dans le domaine professionnel ?

Résister au discours libéral

Comment ? En diffusant la doctrine sociale de l’Église la plus traditionnelle, si mal connue. Au nom de l’efficacité économique, de la recherche du rendement, du profit, de la consommation effrénée de biens de consommation, on a oublié les impératifs du Bien Commun.
Deux axiomes pernicieux ont engagé l’économie dans cette fausse voie.
Le premier a été émis par un économiste libéral Adam Smith, à la fin du XVIIIè siècle : « La recherche par chaque individu de son intérêt personnel est le meilleur moteur de l’intérêt général. » Ce sont les mêmes termes que l’on retrouve dans la loi Le Chapelier, qui a généré le libéralisme et le socialisme, et annihilé les corps intermédiaires.
Le second, tout aussi pernicieux, de Jean-Baptiste Say, au début du XIX » siècle : « Si un pays peut vous fournir une marchandise meilleur marché, il vaut mieux que nous la lui achetions ». Ces deux axiomes ont été complétés par la théorie des spécialisations nationales et reprises par des économistes comme Frédéric Bastiat et Frédéric Havek.
On a ainsi inversé l’ordre des valeurs. Tout a été centré sur le prix au détriment de la qualité. L’intérêt particulier a généré un individualisme forcené et rompu un certain lien social qui unissait des hommes au sein de corps intermédiaires à échelle humaine, organisés selon le principe de subsidiarité. L’intérêt, qui sous-entend un concept d’argent, a été privilégié par rapport à la notion de bien commun, qui disparaît de fait.

Revenir à des pratiques plus réalistes

Les effets néfastes de cette économie libérale sont tels – pollution, destruction de l’environnement, exploitation sans mesure de richesses minérales, qui ne sont pas inépuisables, urbanisation à outrance – que, par nécessité évidente, on revient à des pratiques plus réalistes : bicyclette en ville, agriculture biologique, recherche d’énergies renouvelables.
C’est, d’une façon pratique, à travers la mise en oeuvre par chacun de différentes formules qui rapprochent les intérêts des producteurs et des consommateurs que l’on peut reconstituer un certain lien social : commerce de proximité, échange direct, qui limite les transports coûteux et polluants et conserve la valeur nutritive des fruits et légumes, réduite par la cueillette prématurée, achat régulier par les citadins d’un panier de fruits et légumes à un agriculteur.
Autre cas intéressant de solidarité corporative, en Vendée : dans les années 2003/2004, les actionnaires d’un groupe d’entreprises de fabrication de meubles voulurent renvoyer le directeur général d’une de leurs entreprises. Les ouvriers de cette entreprise se mirent en grève pour garder leur directeur qu’ils estimaient. Finalement, les salariés et le directeur décidèrent de se séparer du groupe et continuèrent l’entreprise. Des entreprises locales mirent la main à la poche, pour permettre à cette entreprise de retrouver les investissements financiers nécessaires pour reconstituer un capital et fonctionner de façon autonome, indépendamment du groupe. On sortait littéralement du concept de lutte des classes par une démarche corporative, tant à l’intérieur de l’entreprise qu’entre les entreprises locales.
De nombreux pays moins désorganisés que nous, comme l’Allemagne, ont gardé cette référence aux corps intermédiaires et ont davantage l’esprit corporatif. En matière de formation notamment, les jeunes Allemands récoltent les bienfaits d’une organisation très professionnelle de l’apprentissage, bien qu’ils soient eux aussi atteints par l’utopie du libéralisme économique.
Bien d’autres formes d’associations se rapprochent de l’esprit corporatiste. On pense aux A.O.C. (Appellations d’Origine Contrôlée) ou aux marques, qui tendent à préserver une qualité spécifique à certaines productions par un cahier des charges assez strict pour avoir droit à l’appellation.
Dans l’artisanat, le Code de l’Artisanat, réformé en 1962, a permis à n’importe qui d’exercer un métier, dès lors qu’il s’inscrivait au Répertoire des Métiers; le titre d’« artisan » était réservé à des professionnels justifiant d’une compétence reconnue. On s’est assez rapidement aperçu que certaines professions exigeaient, pour la sécurité des consommateurs et usagers, des garanties plus sérieuses. En 1991, pour exercer des métiers touchant les soins physiques, comme maréchal-ferrant, coiffeur, pédicure ou des métiers à risques comme électricien ou plombier, on exigea des compétences. Sans doute il n’y a pas de « corporation » structurée, mais on est quand même dans une démarche corporative et d’organisation de la profession dans l’intérêt du consommateur et indirectement du producteur lui-même. Il faut regretter que ces dispositions résultent d’une loi d’État, et non d’une décision concertée des professionnels, les plus aptes et les plus compétents à auto-contrôler et auto-organiser leur profession.
On mesure à ces exemples l’émoi et même la colère causés par le rapport Attali, d’inspiration libérale, qui a voulu remettre en cause des professions relativement organisées et protégées, comme les taxis et les professions libérales. Son seul souci est l’abaissement par le jeu de la concurrence, du prix des prestations, que la liberté totale d’exercice aurait entraînée, au détriment de la qualité du service pour les usagers et de légitimes garanties de revenus pour les professionnels.

Favoriser partout où cela est possible la constitution d’embryons de corporations professionnelles

Les organisations professionnelles reconstituées sont des embryons de corps professionnels, qu’une volonté politique pourrait faire évoluer en organismes corporatifs, en leur reconnaissant des pouvoirs législatifs dans les domaines de leur compétence.
Ce fut le cas entre les années 1940 et 1944 avec les chartes corporatives qui amorçaient une réforme en ce sens : leurs Conseils étaient composés à parité égale de 50%, de salariés et 50% de patrons.
Citons ces organismes de type corporatif maintenus depuis les organisations professionnelles patronales par branches, les Chambres de Commerce, d’Agriculture et de Métiers, les Ordres des professions libérales – architectes, médecins, pharmaciens -, les prud’hommes, le Conseil Économique et Social, le compagnonnage – avec les réserves qui s’imposent en ce qui concerne certaines branches fortement imprégnées de franc-maçonnerie. Tous ces organismes, qui entretiennent encore un très fort esprit de corps, ont élaboré un minimum de déontologie, auquel leurs membres doivent se soumettre. On est là aux antipodes des prétentions libérales au droit par n’importe qui d’exercer un métier sans règles. Toutes ces organisations ont contribué à la mise en place d’un arsenal d’organismes paritaires, qu’elles gèrent : des caisses d’assurance-maladie, chômage, des conventions collectives, des écoles d’apprentissage.
Il y a donc des points de résistance. Les taxis parisiens et les professions réglementées ont réagi aux propositions Attali. Les agents immobiliers, dont le métier est ouvert à n’importe qui, ont pris conscience des dérives et de la mauvaise image de leur profession. Ils souhaitent eux aussi s’organiser en « Ordre» et définir une déontologie, qui distingue les bons professionnels, qui devront s’y soumettre, afin de garantir leurs risques par une caisse de garantie et protéger en même temps le consommateur.
Ces organisations, se cantonnant à la défense de leurs membres, interviennent peu dans les décisions économiques, du fait de l’absence de structures organiques adéquates au niveau supérieur aux entreprises elles-mêmes, c’est-à-dire au niveau intermédiaire entre les entreprises et l’État.

Conclusion

Compte tenu de la puissance des forces financières qui dominent la scène politique mondiale, la reconstruction ne se pourra se faire que par la constitution de petits îlots de survie, qui resteront attachés au principe corporatif, en attendant que des événements plus dramatiques permettent à un pouvoir politique catholique de mener une politique favorisant les reconstitutions de véritables corporations professionnelles, permettant aux membres d’un même métier de gérer eux-mêmes ce qui relève de leur domaine de compétence.

1. Tout n’est pas négatif, dans l’évolution de la législation sociale. Depuis les lois d’Allarde et Le Chapelier, qui avaient supprimé tout droit d’association, il a bien fallu revenir à des pratiques plus réalistes. Des organisations patronales se sont reconstituées. Et du côté des salariés, des syndicats ont conquis des droits élémentaires à caractère social. Ils n’en demeurent pas moins séparés et entachés d’un esprit de lutte de classes. Comme le dit à juste titre Marcel CLEMENT dans L’économie sociale selon Pie XII : « Le syndicalisme est indispensable dans le capitalisme libéral en vue de limiter les dégâts; il rétablit dans les contrats de travail, la qualité de sujet des travailleurs salariés. Mais il est la réaction nécessaire d’une société gravement désordonnée. Il est donc toujours plus ou moins menacé de ne donner à l’homme salarié qu’une qualité de sujet de droit minimum; d’intervenir de façon négative pour empêcher les injustices. Il n’intervient pas encore normalement et organiquement, de façon positive, pour constituer l’économie. »

Benjamin GUILLEMAIN
www.alliance-sociale.org

L’escroquerie du FMI

(Article paru dans l’Action Sociale Corporative n°16)

FMIL’Affaire DSK, la crise politique du monde arabe et l’effondrement général des économies nationales depuis 2007 ont mis sous le feu des projecteurs une institution économique méconnue du grand public : le Fonds Monétaire International. Crée en 1944, le FMI avait pour objectif principal d’assurer la stabilité économique internationale et la lutte contre le paupérisme, ce rôle se trouvant véritablement renforcé depuis l’abandon du système de change fixe de 1976.
Pour autant, le FMI est loin de faire l’unanimité des pays, et nombre de politiciens, notamment Marine Le Pen, réclame la dissolution pure et simple de cette institution qui constitue à leurs yeux une « structure d’écrasement des peuples, démantelant les Etats et multipliant les catastrophes économiques ». Inquiétude logique et légitime, il s’agit donc de voir la place et le rôle accordés aux nations dans une économie aujourd’hui mondialisée, d’étudier la quatrième fonction régalienne de tout Etat souverain, à savoir celle de la souveraineté économique.

L’opposition entre étatisme et libéralisme n’est pas seulement économique, mais également politique : l’étatisme (l’Etat est le centre de toute activité sociale ou économique) prôné par le Front National s’oppose avec virulence au libéralisme (l’Etat doit être écarté au maximum des affaires sociales et économiques) de la plupart des autres partis politiques (UMP, PS notamment). Ces deux théories, extrêmes et dangereuses, mènent à la même destruction économique de l’Etat, comme nous avons pu le voir avec la crise économique de 2007.
La doctrine sociale et économique du Royalisme, loin des excès centralisateurs de l’étatisme, loin de l’abandon de la souveraineté par le libéralisme, pourrait être une véritable force pour la France. Le corporatisme, prôné par Albert de Mun, René de la Tour du Pin notamment, se fonde sur un principe simple de subsidiarité, de liberté des corps intermédiaires. L’Etat n’a donc pas à intervenir sur les institutions économiques, mais garde sa fonction régalienne en jouant sur l’aspect monétaire, indispensable pour stabiliser l’économie nationale. Loin des monnaies privées défendues par Hayek ou Say, le contrôle de l’émission de la monnaie par l’Etat lui permet donc de placer la France au niveau international et surtout de pouvoir garantir la stabilité économique du pays.

Et le FMI dans tout cela ? Il apparaît que le FMI n’a pas vocation à disparaître mais à évoluer : son principe de recherche de stabilité internationale et de lutte contre le paupérisme est viable. Malheureusement, placée dans un Etat libéral qui laisse la seule « main invisible » opérer en économie, l’injection de milliards de dollars ressemblent à s’y méprendre non pas à une bouée de sauvetage, mais tout simplement à des coups d’épées dans l’eau…

« Il y a trois écoles irréductibles en économie sociale : celle ou l’on considère l’homme comme une chose, celle où l’on le considère comme une bête et celle où l’on le considère comme un frère. »

Augustin DEBACKER
http://franceroyale.e-monsite.com/