Kadou

La civilisation d’Ancien Régime

chaumiere

L’harmonie de la société traditionnelle face aux horreurs du capitalisme libéral :

« Dieu établit les rois comme ses ministres et règne par eux sur les peuples.
C’est pour cela que nous avons vu que le trône royal n’est pas le trône d’un homme,
mais le trône de Dieu même.
Le modèle pour le gouvernement monarchique est l’autorité paternelle,
se trouve donc dans la nature même.
Les rois de France se font sacrer à Reims,
ce qui donne ä leur pouvoir un caractère religieux. »

Bossuet, La politique tirée de l’Ecriture Sainte, 1679, Extrait du livre III.

Sous l’Ancien Régime les ‘‘deux tiers des enfants ne mouraient pas en bas âge, beaucoup, grâce à l’Eglise, savaient lire et écrire, et tous ne vivaient pas dans la crasse et l’absence de soins”

Il faut se garder de caricaturer l’Ancien Régime, comme on le fait trop souvent, qui fut le cadre de vie de nos ancêtres pendant des siècles, et donc représente un élément respectable de notre patrimoine, avant que la terrible Révolution Française ne vienne détruire un ordre fondé sur la religion, la fidélité à l’égard des devoirs et les liens entre les générations, temps où les hommes n’étaient pas encore asservis aux durs impératifs de l’argent roi et de la société libérale, et où les quarante heures et les congés payés, obtenus lors des grèves 1936, auraient été regardés comme une épouvantable régression sociale auprès d’un peuple qui vivait au rythme lent des saisons et des nombreuses célébrations religieuses. C’est pourquoi il faut nécessairement sur ces sujets, se libérer rapidement des clichés distillés par les manuels d’histoire de la IIIe République !

La société de l’Ancien Régime, où, contrairement à ce qu’on a pu lire récemment, les ‘‘deux tiers des enfants ne mouraient pas en bas âge, où beaucoup, grâce à l’Eglise, savaient lire et écrire, et où tous ne vivaient pas dans la crasse et l’absence de soins”, semble à peu près aussi exotique à nos contemporains que celle de l’Antiquité classique ou de l’Amérique précolombienne. Il convient donc d’en finir avec une vision figée par les trois siècles qui nous en séparent, et la lecture idéologique du passé de la France qui a stérilisé les recherches des historiens. Heureusement, il n’en va plus ainsi de nos jours, où de nombreux travaux d’érudition ont fait bouger les choses, et ont montré que les conditions existentielles étaient bien plus douces que ce que la propagande républicaine n’a eu de cesse d’imposer aux esprits, nous faisant découvrir une société qui avait évidemment ses imperfections et ses limites comme tout système humain, mais néanmoins participait d’un ordre général de vie plutôt harmonieux et équilibré [1].
En effet, cet ordre, car s’en était un, était placé sous l’influence bénéfique de l’Église catholique tant décriée de nos jours, mais qui exerçait son ministère et rayonnait par son influence morale sur l’ensemble des populations, Église qui, comme l’écrit Alexis de Tocqueville :
« n’avait rien de plus attaquable chez nous qu’ailleurs ; les vices et les abus qu’on y avait mêlés étaient au contraire moindres que dans la plupart des pays catholiques ; elle était infiniment plus tolérante qu’elle ne l’avait été jusque-là et qu’elle ne l’était encore chez d’autres peuples ».

(suite…)

Deux hommes ? Non, deux institutions

Henri IV transparentNous venons de rouvrir un beau livre paru il y a huit ans, mais qui n’a rien perdu de son actualité. Il a pour titre : « Deux époques; deux hommes », et comme sous-titre : « Les sauveurs de l’économie nationale » (Radot, éditeur).
L’auteur est Mme Jeanne Rouvier ; ancien membre du Conseil supérieur du travail.

La première époque comprend la fin du XVIe siècle et le commencement du XVIIème : la France renaît après les désastres causés par trente années de guerres civiles.
La deuxième époque est l’après guerre de 1914. Si la première époque est caractérisée par le prompt relèvement du pays, c’est, assure Mme Rouvier, parce que nos pères du XVIème siècle finissant eurent la chance de rencontrer un homme de génie : Barthélémy Laffemas. Au contraire, nos difficultés présentes tiendraient au fait que nous n’aurions à notre disposition que l’homme sans génie qui a nom Léon Jouhaux.
L’explication que nous donne Mme Rouvier est bien sommaire et tout à fait inattendue. Hâtons-nous pourtant de dire que les faits exposés dans son livre en suggèrent une autre beaucoup plus raisonnable, à savoir que l’heur ou le malheur des Français tient beaucoup moins aux hommes, qu’aux vertus ou aux vices de leurs institutions.
Ce qui frappe, dans la première période, c’est la gravité de la chute, la soudaineté et l’éclat du rebondissement.
Nous sommes en 1596. La France compte trente années de guerres religieuses qui ont réduit sa population à douze millions d’habitants, dont deux millions n’ont d’autre ressource que de mendier : un mendiant sur six habitants. Dans les campagnes, la détresse est extrême (les deux tiers du pays sont en friche) et dans les villes la misère est plus atroce encore. Il y a cependant des gens qui étalent un luxe insolent, parce qu’ils se sont enrichis à la faveur des troubles : hommes de guerre, de finance ou de négoce. Mais ce n’est pas la nation qui tire profit de leurs dépenses. L’étranger leur fournit objets de luxe et de première nécessité, car nous n’avons plus ni agriculture, ni industrie, ni commerce.
Joigner que le Trésor est vide, que la dette est énorme et qu’une portion considérable des revenus de l’Etat est en des mains étrangères.
Or, cette France de 1596, qui apparaît comme un champ de désolation, s’est redressée avec une promptitude prodigieuse.
Elle est, en effet, devenue en peu d’années le pays de l’Europe le plus riche, le plus prospère, le plus redouté, le plus envié. Que s’est-il donc passé ? Le livre de Jeanne Bouvier le fera paraître.

Le 4 novembre 1596, Henri IV convoque, à Rouen, les notables, qui représentent les forces morales et les grands intérêts du pays. Dans la harangue qu’il prononce en ouvrant l’assemblée, il dit en résumant une triste page de notre histoire :

« J’ai trouvé la France non seulement quasi ruinée, mais presque toute perdue pour les Français. Par mes peines et mes labeurs, je l’ai sauvée de la perte. Sauvons-la, à cette heure, de la ruine. »

Le roi avait reçu plusieurs projets de quelques bons citoyens touchant les moyens de relever l’industrie nationale qu’il soumit à l’assemblée. Le plus remarquable de ces mémoires était un projet de réorganisation économique rédigé par son tailleur et valet de chambre, Barthélémy Laffemas, sous le titre de : « Règlement général pour dresser les manufactures en ce royaume. »

L’idée dominante de Laffemas était que le pays doit tâcher de se suffire dans la production des objets manufacturés qui lui sont nécessaires et ne pas les demander à l’étranger. Les moyens qu’il mettait en avant pour y parvenir sont au nombre de quatre :

1° prohibition d’entrée dans le royaume des draps et d’étoffes de soie manufacturés par les étrangers, ceci afin d’éviter l’émigration du numéraire national ;
2° importation des industries de luxe que nous n’avions pas et développement de celles que nous possédions déjà;
3° établissement dans chaque ville d’une Chambre de commerce pour chaque communauté d’arts et métiers ; et, dans la ville principale du diocèse, création d’un grand bureau des manufactures. Chambres et bureaux avaient pour objet d’obtenir des marchands et artisans des produits irréprochables sous le rapport de la qualité et de la beauté;
4° développement des manufactures sur toute la surface du territoire. A ce dernier moyen se rattachait l’établissement, dans chaque ville, de grands ateliers destinés à l’occupation des sans-travail.

(suite…)

Des mots, des maux, démocratie

visudémocratie2La Démocratie dans l’Etat, est le privilège des hommes qui veulent dilapider leur patrimoine et leurs libertés. Selon même Rousseau, c’est un système pour des demi-dieux… Suivant l’observation de la vie, parfaitement antinaturelle. En fait, pour un Etat, c’est l’argument des manipulateurs de foule, pour leur seul profit ?
N’est-elle pas finalement, l’excuse à la plus grande fumisterie de l’histoire permettant à des « Ripoux » de s’approprier le pouvoir afin de « s’engraisser » sur le dos du Peuple gavé de matérialisme. Bernanos disait que « La Démocratie est la forme politique du Capitalisme ». Ce peuple que l’on façonne, que l’on écrase, que l’on haït et dont on « suce » la sève jusqu’à la limite de la révolte mais qui est devenu tellement individualiste et anesthésié, qu’il en a perdu quelquefois le bon sens qui faisait de lui jadis le phare du monde…Démocratie égal Ploutocratie disait Charles Maurras, grand Helléniste en arrivant à la conclusion, après une longue observation historique et politique, que tout compte fait, la Démocratie c’était le mal et la mort…

La démocratie dans l’Etat, devient en fait le tombeau des peuples. Comme le disait Paul Valery : « L’art de la démocratie c’est d’empêcher les hommes de s’occuper de ce qui les regarde et de les faire décider de ce à quoi ils n’entendent rien » Au contraire nous réclamons plus de démocratie dans la commune et la gestion de nos métiers, comme cela existait dans l’Ancienne France. Le peuple d’alors votait beaucoup et décidait directement, forme de démocratie directe, de l’organisation de tous ce qui touchait la proximité de sa vie sociale. Tout cela, avec évidemment les imperfections et la rusticité d’alors, mais l’esprit y était, ce n’est pas les femmes qui votaient avant de perdre ce droit avec nos libertés réelles en 1789, qui me contrediront !!
Nous préférons une saine organisation aristotélicienne humaniste voir Démophile, véritable amour du Peuple, ce qui pour les chrétiens rappels l’esprit des Saints Evangiles. Selon nous, il faut aller vers l’équilibre entre les droits et les devoirs et éviter ainsi le déclin de notre civilisation vers les temps obscurs de la barbarie….

L’histoire est un puits d’expérience où toute mauvaise loi donne telle conséquence. Où tel acte gouvernemental donne tel effet. Où tel système donne tel résultat…La démocratie dans la Grèce antique fut grande parce qu’elle puisait l’héritage monarchique savamment accumulé au fil du temps puis sombra dans le chaos…
Le monde Romain mourra dans un étatisme étouffant… La Révolution détruisit l’Europe monarchique en donnant l’unité à l’Allemagne. Cette paix européenne tissée depuis longtemps par nos rois avec les mariages et le Traité de Westphalie… Avec la république, nous eûmes les conséquences et les invasions de notre sol suivirent…En 1914, la république s’acharna a envoyer, une année de guerre en plus, dans les charniers sanglant, notre jeunesse de France, parce qu’elle désirait détruire la monarchie Autrichienne. Ce n’est plus un secret aujourd’hui et nous savons que depuis 1917, l’Autriche voulait négocier !!
Depuis 1789, nous sommes les « supplétifs » des anglo-saxons, quand aurons-nous une politique française…La république déclencha les guerres d’enfer dont le Golfe aurait pu être un nouveau début. Nous avons d’ailleurs servi une nouvelle fois « Sa très gracieuse Majesté britannique » en garantissant avec nos soldats ses stocks de pétrole. Aujourd’hui, supplétifs du nouvel ordre mondial, en désirant imposer nos modèles de gouvernements, nous jouons aux gendarmes du monde et nos soldats se font tuer en Afghanistan, en Syrie et en Libye, parce que l’on s’estime le droit de s’immiscer dans la politique des autres pays !! Notre diplomatie comme toute notre politique d’ailleurs est au service de « Lobbys » internationaux.
La Démocratie n’existe pas pour les pauvres et les faibles que l’on redécouvre pendant la période de Noël. La société du spectacle se maquille, une fois l’an, de la grâce du « bon Samaritain ».

Revenons à la nature qui nous offre tout sauf une société égalitaire, les espèces vivent dans un équilibre complexe et réglé comme une horloge. Point de gâchis car tout y est mangé et biodégradable. Les animaux ont un chef naturel comme les éléphants ou le cerf de nos forêts, d’égalité point…Une autre règle régie la vie animale, c’est l’incontournable loi de l’espace de vie où plus exactement le territoire d’évolution et de survie de chaque espèce. On s’aperçoit selon certaines études que l’homme est aussi soumis à cette règle fondamentale. Ainsi chaque peuple est fait pour évoluer, vivre et prospérer dans un espace donné. Les études de l’ethnologue Konrad Lorenz ont apportés des lumières sur le comportement animal et humain : « Tout ce que l’homme vénère et révère par tradition, ne représente pas une valeur éthique absolue, mais n’est sacré que par rapport au cadre de référence de telle ou telle culture […] Si les normes sociales et les coutumes ne développaient pas leur vie et leur pouvoir autonomes particuliers, si elles n’étaient pas haussées à la valeur de fins sacrées en soi, il n’y aurait pas de vie commune basée sur la confiance, pas de foi, pas de loi ». Dehors toutes les théories cosmopolites destinées à détruire l’identité d’un peuple, n’oublions pas que Dieu n’a pas voulu de Babel dans la Genèse.

« Le contraire donne irrémédiablement des conflits et les cultures viennent s’affronter pour amener comme résultat la soumission du perdant. La lutte collective d’une communauté contre une autre existe lorsqu’elles comportent trop d’individus pour que ceux-ci puissent se connaître tous individuellement. »
K. Lorenz.

Eloignons nous des dangereuses utopies intellectuelles.

Frédéric Winkler

Action Sociale Corporative N°18

SOMMAIRE :

– Nos maîtres :
Armand de VILLENEUVE-BARGEMONT (suite)
P 3, 4 et 5

– REGIONALISME INTEGRAL :
– Autonomisme intégral
Frédéric WINKLER
P 6, 7 et 8
– L’incapacité républicaine à
décentraliser
Frédéric WINKLER
P 9, 10 et 11
– Libérons nos régions de la
république antisociale
Frédéric WINKLER
P 12, 13 et 14
– Les parlements et la
décentralisation
Augustin DEBACKER
P 15
– LA GRECE EN CRISE
– Le martyre de la Grèce
continue
Jean-Philippe CHAUVIN
P 16
– La Grèce reprend sa liberté :
le coup d’Etat de M. Papandréou
Jean-Philippe CHAUVIN
P 17
– LE NUCLEAIRE ET SANS AVENIR
– Le nucléaire est mort, vive
Jérémy Rifkin
P 17 et 18
– Fukushima, le désastre
continu…
Frédéric WINKLER
P 18 et 19

– De la décentralisation au fédéralisme global
Janpier DUTRIEUX
P 20, 21 et 22

– Le criminel c’est l’électeur
P 23

La Grèce en crise…

Grèce

Le martyre de la Grèce continue…

La Grèce n’en finit pas de s’enfoncer dans la crise, malgré tous les efforts des dirigeants de la zone euro et les plans successifs d’austérité qui saignent littéralement la population sans guérir le malade… L’éditorial du « Figaro » de samedi matin (3 septembre 2011) n’est guère optimiste, c’est le moins que l’on puisse dire, sur l’avenir de ce pays et, plus largement et plus implicitement, sur celui-là même de la zone euro, voire de l’Union européenne :
« Peut-on sauver la Grèce ? Les dernières nouvelles en provenance d’Athènes, pour le moins décourageantes, ont de quoi semer un sérieux doute dans les esprits les plus europhiles. Alors que tous les dirigeants de la zone euro s’efforcent de « vendre » à leur opinion publique et à leur représentation nationale le plan d’urgence voté dans la douleur en juillet dernier, le pays, totalement désorganisé, se délite à grande vitesse. »

Oui, vous avez bien lu : « totalement désorganisé »… En somme, l’Etat grec n’est plus maître de rien : les grèves des jours derniers, la contestation grandissante d’une population financièrement exsangue, la désespérance sociale des jeunes du pays et l’émigration qui en est la conséquence directe, tout cela montre l’échec des plans destinés, non à sauver les salariés grecs mais d’abord et surtout (seulement ?) la monnaie unique, construite trop rapidement et sans grande précaution, suivant l’idée que sa seule existence résoudrait bien des problèmes quand, en fait, elle en a créé d’immenses, aujourd’hui « hors de contrôle » comme l’est la situation en Grèce.
L’éditorialiste du jour continue son triste constat :
« Non seulement le gouvernement grec est incapable de tenir les engagements pris à l’égard de ses créanciers – qu’il s’agisse de lever correctement l’impôt ou d’engager des privatisations -, mais en plus l’économie s’effondre et les déficits ne se résorbent pas. » L’austérité s’avère ainsi contreproductive, faute d’un Etat assez solide pour rassurer ses citoyens contribuables et les défendre socialement contre les effets les plus malheureux de la crise : la Grèce paye aussi là les conséquences d’un système politique plus fondé sur le clientélisme et l’oligarchie de quelques grandes familles qui se partagent le Pouvoir, au gré des alternances politiciennes et électorales, que sur le débat d’idées et le service de l’Etat. République corrompue par nature, l’Etat grec n’a pas cette légitimité qui serait bien nécessaire pour être suivie dans l’effort par ses citoyens et reconnue sérieuse et souveraine par ses partenaires européens, aujourd’hui si peu enclins à être solidaires avec ce que les Allemands nomment ironiquement, voire méchamment, « les cueilleurs d’olives »… On touche d’ailleurs là aussi à l’une des erreurs de conception de la monnaie unique et de la zone euro qui est d’avoir mêlé des économies bien différentes, voire divergentes, au risque d’accroître des déséquilibres antérieurs et de masquer, provisoirement, les dérives de certains Etats ayant pris l’habitude de vivre à crédit en pensant que la bonne gestion des autres suffirait, dans la zone monétaire de l’euro, à garantir la bonne santé de l’ensemble et de toutes les parties prenantes à la monnaie unique… Dérives que n’a pas empêché la Commission européenne pourtant prévenue dès le départ des tricheries et des faiblesses du système étatique hellène !

La semaine prochaine risque à nouveau d’être déterminante pour la Grèce et toute la zone euro alors même que le Sommet européen extraordinaire de la fin juillet était évoqué par les experts et journalistes comme la « fin de cette crise » : moins de six semaines et, pour la France, malgré 15 milliards d’euros promis aux Grecs, auront suffi pour ruiner les espoirs des Européens ! Voilà de quoi faire réfléchir, une fois de plus, aux errements de ceux qui ont tant cru en leur idéologie d’un « euro miracle » et qui prônent désormais une véritable fuite en avant en évoquant une « gouvernance européenne » dont on sait trop bien qu’elle serait la dépossession des Etats et des citoyens de leurs souveraineté…

Comme le souligne l’éditorial du « Figaro », « au train où vont les choses, tous les ingrédients sont réunis pour provoquer une nouvelle tempête sur les marchés financiers, selon un scénario désormais bien connu. Le poison de la défiance ne tardera pas à se diffuser à d’autres pays de l’euro (…) ». D’ailleurs, Chypre est aussi en difficulté, son économie étant très liée à celle de la Grèce ! Il n’est pas impossible que ce petit pays entré dans la zone euro en 2008 demande bientôt à son tour l’aide de l’Union européenne, en attendant l’extension de cette crise à l’Espagne ou à l’Italie… Scénario catastrophe qu’il ne faut évidemment pas souhaiter mais qui n’est pas totalement improbable !

Certains économistes prônent désormais une sortie provisoire de la zone euro de quelques pays, dont la Grèce, tandis que d’autres parlent d’en finir avec « l’euro monnaie unique » pour passer à ce que le Royaume-Uni réclame depuis les années 90, c’est-à-dire « l’euro monnaie commune », chaque pays gardant un certain contrôle sur sa politique monétaire. Quoi qu’il en soit, les Etats ne pourront faire éternellement l’économie d’un véritable débat sur l’euro et, au-delà, sur l’Union européenne : une « Europe légale » qui serait trop déconnectée de « l’Europe réelle » (et c’est déjà le cas aujourd’hui !) pourrait bien mener à des catastrophes politiques et sociales dont l’Union européenne elle-même risquerait d’être la première victime…

La Grèce reprend sa liberté : le « coup d’Etat » de M. Papandréou :

La décision du premier ministre grec d’organiser prochainement un référendum sur les décisions prises la semaine dernière à Bruxelles pour « sauver l’euro » est un coup de tonnerre dans un ciel européen qui ne cesse de s’obscurcir ces derniers mois. Certains y voient « un pari risqué » quand d’autres s’inquiètent de la forte probabilité d’un vote négatif des électeurs grecs qui entraînerait l’effondrement des « espérances » du Sommet du 26 octobre, espérances qui semblent bien fragiles et auxquelles, déjà, les marchés financiers, après une seule journée d’euphorie (d’ivresse ?), semblent ne plus croire !

En fait, cette annonce-surprise m’apparaît comme un véritable coup d’Etat contre l’Union européenne et ses institutions et, au-delà, le FMI, car l’Etat grec se pose, par cette question posée au peuple électoral, au « Démos » selon la formulation antique, comme le garant de la « volonté souveraine nationale » contre les décisions prises « d’en haut et de loin » par les responsables (financiers comme politiques) de la zone euro. Un coup d’Etat parce que le gouvernement grec préfère prendre le risque d’être désavoué par le résultat du vote que d’apparaître comme le simple exécutant des oukases bruxellois ou, plutôt, allemands.
C’est aussi une manière pour le premier ministre M. Papandréou de retrouver une certaine légitimité en Grèce, non par le résultat du référendum mais par le fait de l’avoir organisé, comme un acte d’indépendance nationale. Ainsi, le « coup d’Etat » de M. Papandréou semble-t-il s’accorder avec ce véritable soulèvement national des Grecs que vit le pays depuis plusieurs semaines : il n’est pas certain que l’Union européenne se sorte facilement ni de bonne manière de cette situation inédite, elle qui a, en fait, voulu établir la première « occupation administrative » d’un pays de la zone euro par une « troïka » (BCE, UE, FMI) composée de hauts fonctionnaires européens et internationaux !

En tout cas, la mère-patrie de la Démocratie en Europe rappelle ainsi, et de façon un peu brutale, que les citoyens et les peuples existent encore malgré les instances européennes qui ont souvent tendance à l’oublier, ou à le nier…

Jean-Philippe CHAUVIN

Les parlements et la décentralisation

Assemblée pouce en bas

Aujourd’hui, l’historiquement correct n’a de cesse de présenter la monarchie française comme un régime extrêmement centralisateur, où tous les pouvoirs se concentraient en les seules mains royales. Bien sûr, cette même reformation historique dresse également un pitoyable tableau des parlements régionaux, sortes d’infâmes ersatz sans pouvoir du Parlement parisien et contrôlés par quelques parvenus en robes. Or, si l’on prend la peine de se pencher quelques instants sur la réalité historique de ce pouvoir royal et des parlements, il est fort aisé de faire tomber ces odieux mensonges républicains et de découvrir le véritable sens du terme «décentralisé ».
Le système parlementaire est né d’une évidence : le pouvoir royal, si étendu qu’il soit, ne pouvait rendre justice sur tout le territoire français. Il fallait donc décentraliser ce pouvoir judiciaire et donner aux principaux fiefs de France les moyens de rendre la Justice dans l’immense majorité des cas : c’est la justice déléguée. Les parlements sont donc nés de ce besoin de décentralisation judiciaire, et seront formés, dès l’ordonnance du 11 mars 1345, de trois principales chambres bien distinctes : la grand-chambre, la chambre des enquêtes (chargée des enquêtes judiciaires) et la chambre des requêtes (jugement spéciaux des personnalités protégées par des lettres de committimus). Ces trois chambres sont aujourd’hui considérées par nombre d’historiens comme les ancêtres des cours de justices actuelles, notamment la grand-chambre qui servait à juger en appel les décisions rendues par les juridictions inférieures (rôle de la cours d’appel d’aujourd’hui).
Complété par la Tournelle (jugements criminels), le pouvoir des parlements ne se cantonnait d’ailleurs pas uniquement à la Justice : ils possédaient également deux importants pouvoirs législatifs, la synthèse juridique et le contrôle législatif.
Le premier, en tant que juridiction du dernier degré, était de pouvoir synthétiser la jurisprudence et la procédure : en clair, donner des synthèses complètes sous forme d’articles, nommés « arrêts de règlement », de la justice régionale. Cette synthèse disposait de l’«autorité de la chose jugée » et servait donc de référence pour les juridictions inférieures.
Le second, et certainement le plus important, consistait à contrôler la légalité, c’est-à-dire la compatibilité des ordonnances, édits et déclarations du Roi avec les lois, coutumes et autres règlements régionaux existants. S’ils étaient corrects, ils étaient retranscrits dans le registre officiel et donc appliqués dans la circonscription du Parlement. Par contre, s’ils étaient jugés contraires aux lois ou coutumes de la Province, le Parlement pouvait user de son droit de remontrance et signifier au Roi son désaccord vis-à-vis de ces textes, et ne pas les enregistrer.
Charles Maurras rapportait, dans son Idée de Décentralisation :
« Mais, objectaient quelques journaux, il faut que la loi soit uniforme et commune pour tous les points du territoire. — Eh bien, ce n’est pas vrai, leur répondait dans La Cocarde M. Frédéric Amouretti : la loi doit se plier aux variétés physiques et morales du pays, ou plutôt découler de ces variétés ».

Il faut d’ailleurs remarquer que cet ancien droit de remontrance des Provinces gouvernés au Roi gouvernant a lamentablement été copié par la république jacobine en son Conseil Constitutionnel. Copié sans talent, car aujourd’hui la république n’a que faire des lois et coutumes provinciales ! La Constitution française s’étant débarrassé de toute coutume (contrairement à l’Angleterre par exemple), l’avis de constitutionnalité ne se joue que sur des termes d’une Constitution nationale, qui s’est allègrement assise sur les spécificités régionales, en consacrant « l’unicité de la république » !
Ce droit de remontrance, s’il était puissant, ne signifiait pas pour autant l’anarchie et l’indépendance régionale : le Roi pouvait soit revoir son texte en prenant en compte les remarques des Parlements régionaux (cas le plus fréquent), soit envoyer une « lettre de jussion » pour demander avec fermeté l’enregistrement du texte. Si le Parlement refusait une nouvelle fois, le Roi pouvait modifier le texte ou, en dernier recours, procéder à un « lit de justice », c’est-à-dire à un enregistrement forcé du texte. Peu de fois, le Roi a eu recours à ce procédé et les quelques « lits de justice » ont souvent été cités comme les plus grandes avancées françaises : l’édit de Nantes, adulé par la république et félicité par la quasi-totalité des historiens, a notamment dû être enregistré dans tous les parlements par des lits de justice d’Henri IV (1598).
Les parlements représentaient donc les piliers de la décentralisation : premier corps intermédiaire, ils existaient pour harmoniser le gouvernement de la France afin de protéger ce «pays réel» que la république méprise tant. Conscients des réalités et spécificités régionales, les parlements représentaient ce régionalisme intégral cher à Maurras, cette autonomie régionale propice aux développements locaux :
« Il faut rétablir les provinces, leur rendre la gestion des intérêts provinciaux, et rétablir les assemblées provinciales avec une compétence assez étendue pour qu’elles aient des sessions fréquentes, longues, fécondes, de nature à attirer l’attention, le respect, la vue. » écrivait Amouretti.

Autonome mais pas indépendant, le pouvoir parlementaire équilibrait le pouvoir royal et inversement.
Par le contrôle de certaines décisions parlementaires par le Conseil des Parties, ancêtre de l’actuelle cour de cassation (qui suivra les procédures royales de 1738 jusqu’en 1947), le pouvoir royal limitait les dérives parlementaires et les sentences aberrantes :
« Je donnai à tous mes sujets sans distinction la liberté de s’adresser à moi, à toute heure, de vive voix et par placets (afin) de rendre la justice à ceux qui me la demandaient immédiatement » disait Louis XIV.
Par le contrôle des textes de loi, par la synthèse juridique et le droit de remontrance, les parlements contrebalançaient le pouvoir royal et coordonnaient le gouvernement de la France entre les provinces gouvernées et le Roi gouvernant en ses conseils.
« L’autorité en haut, les libertés en bas » disait Maurras !

Louis XVI avait compris tous les bienfaits de cette décentralisation du pouvoir : en 1788, il créa 47 grands baillages, ancêtres des tribunaux de grande instance, afin de soulager la charge de travail des parlements et d’améliorer les temps d’attente avant les procès (à l’opposé d’ailleurs de l’actuel comportement centralisateur républicain qui vient de fermer près de 400 juridictions locales). Et l’Historiquement correct continue pourtant de le présenter en Roi tyran et centralisateur…

Augustin DEBACKER

 

« C’est au moment ou nous avons fait de la France la République Une et Indivisible que les libertés vraiment républicaines ont été perdues : elles ont été faites prisonnières dans les préfectures… »

Charles Maurras

Régionalisme intégral – 2

L’incapacité républicaine à décentraliser :

L’ECOLE DU FELIBRIGE

imistrl001p1Fernand Braudel dans “L’Identité de la France” arpentait chemins et routes de province afin de déterminer les multiples particularismes et paysages locaux, espaces de vie et nature, temps passé et traditions, bref ce qui pouvait différencier les terroirs d’une région à l’autre. Ecoutons Frédéric Mistral :
« Les députés, sur les questions qui touchent la sève et la joie du peuple, en dehors de la politique, il ne faut pas compter sur eux. Qu’un imbécile, un bêta fasse une pétition pour déplacer le Mont Ventoux ou débaptiser les rues, il trouvera toujours un rapporteur échevelé qui fera valoir sa motion. Mais qu’il s’agisse par hasard de raviver dans le peuple, ce qui lui maintient l’âme et la personnalité, ah ! Vous ne verrez là que des canards muets! » (L’Aioli, 7 avril 1894).
Maurras, quand à lui, cherchera le gouvernement pouvant réaliser cette libération, il “étudie le fédéralisme tel qu’il peut l’observer en Suisse, Autriche, Etats-Unis. Il l’étudie avec un esprit scientifique de même qu’il se penche en clinicien sur l’Ancien Régime pour y noter les diverses modalités de la décentralisation.”
Mistral rejette la république centralisatrice mais non la France :
« Par conséquent, messieurs, si nous voulons relever notre pauvre patrie, relevons ce qui fait germer les patriotes : la religion, les traditions, les souvenirs nationaux, la vieille langue du pays et, cité par cité, province par province, rivalisons d’étude, de travail et d’honneur, pour exalter diversement le nom de France. »
Jeux Floraux de Montpellier, 1875.

Le combat régionaliste mènera Charles Maurras vers le combat politique et la solution monarchiste.
LIBERONS LA FRANCE

icônes 046« … Nous réclamons la liberté des communes… qu’elles deviennent maîtresses de leurs employés et de leurs fonctions essentielles… qu’elles puissent renvoyer chez eux ces roitelets qu’on appelle sous-préfets…
« … nous voulons libérer de leur cage départementale les âmes des provinces…
« … un groupe de Bretons vient de réclamer les anciens Etats. Nous sommes avec ces Bretons. Oui ! Nous voulons une assemblée souveraine à Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille et Aix.
« … si des gens contredisent en arguant qu’un peuple ne revient pas sur le chemin déjà fait, nous répondrons que c’est très bien : nous ne cherchons pas à copier d’autres temps, mais à les compléter et à les perfectionner.
« … La complète mise en valeur des merveilleuses richesses de notre terroir… Seul le provincialisme peut mener à sa fin les grandes tâches rêvées depuis cent ans et jamais achevées : le canal des deux Mers par la Gascogne et le Languedoc, le canal du Rhône à Marseille par la Provence et le Dauphiné ! Qui sait ! Peut-être les discussions économiques qui maintenant déchirent ce pays de France, seraient ainsi réglées pour le bien de chacun et de tous. Allons plus loin ! Les deux ou trois questions sociales qui nous troublent tant, il ne serait pas difficile ainsi de les arranger. »
Déclaration des Félibres

(suite…)

Régionalisme intégral – 1

plaquebretagne

Autonomisme intégral :

LA MONARCHIE, SYMBOLE DE PROGRES

“Le Roi se veut le protecteur des communes, les Provinces conservent leurs institutions, leur Parlement. Les Etats du Languedoc refuseront à trois reprises l’impôt à Louis XIV lui-même. Le conflit n’apparaît que lorsque la Province refuse de comprendre les intérêts de tous et peut nuire ainsi au Bien Commun.
C’est ainsi que Louis XIII, en 1621, est obligé par l’opposition des Etats du Languedoc à renoncer à l’établissement de droits sur les marchandises entrant d’Espagne en France par le Roussillon, problème dont nous saisissons aujourd’hui toute sa gravité !
Pendant la Fronde, les agitateurs en action étaient parfois des gouverneurs de province, ce qui amena Louis XIV à priver certains, de leurs Etats. Mais jamais la Monarchie ne nourrit une hostilité de principe contre les libertés locales. A la veille de la Révolution, les libertés municipales sont vivantes. Louis XVI crée des Assemblées provinciales en Berri et Haute-Guyenne. On a trop oublié que “l’ancienne France était hérissée de libertés”, selon l’expression de l’historien Franz-Funk Brentano. Aucun observateur sincère ne peut nier cette multiplicité de républiques urbaines, provinciales, professionnelles. Nos pères avaient même le droit de choisir leur instituteur dans leurs assemblées du dimanche. Mentalité qu’a si bien chantée Mistral :

“alors nous avions des consuls
et de grands citoyens
qui, lorsqu’ils avaient le droit dedans
savaient laisser le roi dehors. “
Mireille

https://soundcloud.com/user5994089/le-combat-r-gionaliste

En même temps, de grands capitaines Grasse, Suffren, obtinrent des vaisseaux pour prendre la revanche sur la Guerre de Sept ans par la générosité des provinces qui apportèrent au roi leur argent puisé dans les caisses de la Noblesse, du Clergé et du Tiers-État. Combien de Français savent-ils que Saint Vincent de Paul et ses militants, hommes et femmes, animèrent, financèrent une expédition militaire en Algérie pour délivrer les captifs ? On constate dans la correspondance du Saint de la Charité ce mélange d’initiative privée, de libre entreprise, même militaire, et d’obéissance à l’autorité puisqu’il demande seulement au roi son appui moral et des lettres patentes pour les officiers supérieurs”.
“C’est ainsi que toutes les affaires locales de la Provence étaient réglées par l’Assemblée provinciale. Lorsque les délégués du roi avaient à présenter les demandes du souverain, ils y étaient introduits ; mais ils sortaient immédiatement après avoir rempli leur mission ; ils n’assistaient pas aux délibérations…”
“En 1786, M. de Joubert essaye de s’approprier, au titre de ses droits seigneuriaux, les prérogatives municipales de la ville de Sommières. Le deuxième consul répond devant les représentants sommiérois : « Si ce droit est un de ceux qui nous appartient, si nous avons pour nous le droit commun de la province, les privilèges accordés par nos rois, confirmés sous tous les règnes, nous devons maintenir cette autorité, ces prérogatives que nous avons reçus de ceux qui nous ont précédés. » (Yves Salem, Le défi Régionaliste)

(suite…)

Le criminel c’est l’électeur

un-electeur

Voici un petit texte qui fut diffusé par le milieu anarchiste au début du siècle dernier, et dont le contenu est d’une incroyable actualité ! En tant que royaliste, nous ne pouvons qu’adhérer à ce texte en ce début du XXIème siècle :

Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes !

Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ?

Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi et tu n’es rien.

Je me trompe. Tu es l’électeur, le votard, celui qui accepte ce qui est ; celui qui, par le bulletin de vote, sanctionne toutes ses misères ; celui qui, en votant, consacre toutes ses servitudes.

Tu es le volontaire valet, le domestique aimable, le laquais, le larbin, le chien léchant le fouet, rampant devant la poigne du maître. Tu es le sergot, le geôlier et le mouchard. Tu es le bon soldat, le portier modèle, le locataire bénévole. Tu es l’employé fidèle, le serviteur dévoué, le paysan sobre, l’ouvrier résigné de ton propre esclavage.

Tu es toi-même ton bourreau. De quoi te plains-tu ?

Tu es un danger pour nous, hommes libres, pour nous, anarchistes. Tu es un danger à l’égal des tyrans, des maîtres que tu te donnes, que tu nommes, que tu soutiens, que tu nourris, que tu protèges de tes baïonnettes, que tu défends de ta force de brute, que tu exaltes de ton ignorance, que tu légalises par tes bulletins de vote, – et que tu nous imposes par ton imbécillité. (…)

Allons, vote bien ! Aies confiance en tes mandataires, crois en tes élus.

Mais cesse de te plaindre. Les jougs que tu subis, c’est toi-même qui te les imposes. Les crimes dont tu souffres, c’est toi qui les commets. C’est toi le maître, c’est toi le criminel, et, ironie, c’est toi l’esclave, c’est toi la victime.

Nous autres, las de l’oppression des maîtres que tu nous donnes, las de supporter leur arrogance, las de supporter ta passivité, nous venons t’appeler à la réflexion, à l’action.

Allons, un bon mouvement : quitte l’habit étroit de la législation, lave ton corps rudement, afin que crèvent les parasites et la vermine qui te dévorent. Alors seulement tu pourras vivre pleinement.

Placard anti-électoral, 1er mars 1906
Publié par l’anarchie n°47, signé Albert Libertad

Fukushima : Le désastre continu…

« La seule chose nécessaire au triomphe du mal, c’est que les hommes de bien ne fassent rien »
E. Burke

« J’aurais préféré qu’il n’y ait pas de centrale dans ma région…Gardez le courage face au nucléaire, ne tombez pas comme moi. ».

dosimètre

Ces quelques mots sont les derniers d’un paysan japonais avant de se suicider le 11 juin 2011, après avoir jeté son lait contaminé et tué ses 30 vaches… Nous avions diffusé une vidéo sur la catastrophe japonaise et le témoignage de français résidant sur place et tentant d’alarmer notre pays sur les conséquences terribles de l’événement… La France ne semble pas s’alarmer outre mesure, les médias se concentrent sur le pauvre DSK, persécuté par la vilaine justice américaine…Nous vivons en pleine féerie inconsciente, le gouvernement du Japon a distribué aux enfants de Fukushima, 35 000 dosimètres , appareil calculant la radiation accumulé par le porteur. Imaginez un instant que demain on vous donne la même chose pour vos enfants, qui seront comme ceux là, probablement condamnés… « La presse Japonaise rapporte aujourd’hui que les enfants de Koriyama City, dans la Préfecture de Fukushima, commencent à souffrir de diarrhées, de saignements de nez, de manque d’énergie… »(16 juin 2011)
Le nucléaire, un tabou… Imaginez même si ce n’est pas encore chez nous, mais rassurez vous, on va y arriver, que vos enfants seront condamnés, parce que des lobbies auront décidés à votre place d’une ressource d’énergie qui détruira toute perspective d’avenir… Ayez une pensée pour ces milliers de parents, qui vont assister à la mort lente de leurs enfants, parce qu’on leur a fait croire à la nécessité du développement nucléaire !! Ces dosimètres ne peuvent qu’affoler les familles devant l’extrême dénouement face à ce fléau de l’atome et puis que fera t-on de ces milliers d’enfants et familles, lorsque la dose supporté sera insupportable ??? Comme le disait J. Anouilh :
« Les économistes, on les appellera à l’heure des comptes, pas pour parler de l’homme ».
De multiples questions se posent qu’a-t-on fait de toute l’eau servant à refroidir les réacteurs ? Alors que l’on sait que 720 000 milliards de becquerels sont partis dans l’océan contaminer la faune et la flore et que cela continu…

Faut il rajouter les milliers de tonnes d’eau et 2000 mètres cubes de boue radioactives dont on ne sait que faire…Que fera-t-on des 33 tonnes de Mox contenant du plutonium, qui refroidit dans les piscines, situées en hauteur et dont la solidité est mis en doute, sachant qu’un microgramme suffit pour tuer un homme…Les cuves isolant le combustible nucléaire furent percés, les 17 premières heures du tremblement de terre. Longtemps cette vérité fut cachée ? Pourquoi ? Avait-on peur de parler des conséquences, lorsque ce combustible en fusion atteindra les nappes phréatiques ? Qu’arrivera – t-il alors ? Qui peut répondre ? Ecoutons l’experte Australienne en nucléaire, Helen Caldicott :
« Jamais auparavant, six réacteurs nucléaires d’une centrale n’ont été gravement endommagés au même moment. Ces réacteurs sont condamnés…Il ne faut pas oublier la dangerosité de ces barres : elles sont tellement radioactives que si vous les approchez, vous décédez en quelques minutes. Vos cheveux tombent, des hémorragies internes se déclarent et vous mourrez comme un malade du sida…Mais Tchernobyl n’est rien par rapport à ce qui s’est passé à Fukushima. L’un des éléments les plus meurtriers est le plutonium…Un millionième de gramme vous donne le cancer, si vous l’inhalez. Si vous répartissez un demi-kilo de plutonium à travers le monde, c’est toute la population mondiale qui souffrira d’un cancer. Fukushima contenait 250 kilos de plutonium…C’est suffisant pour dire adieu à l’hémisphère nord. »
Bref il est difficile d’imaginer que cela et sera pire que Tchernobyl !!! Politique de Gribouille Une inconscience totale mais des profits certains continue de nous vendre du développement technologique « soi-disant » fiable, mais de qui se moque t-on ? Ichiro Ozawa déclarait le 29 mai 2011 :
« Il est ridicule de mettre en place une équipe qui soit exclusivement composée de personnes qui dépendent professionnellement du nucléaire. Avez-vous vu tous ces experts à la télévision qui affirment que la « crise n’est pas si terrible » et que « cela ne représente aucun danger pour la santé ». Ils font tous partie de la mafia nucléaire. Ce qu’ils affirment est du non sens car leur vie dépend de l’industrie nucléaire. Mais les medias Japonais et les gens ne comprennent pas ce qui se passe. Les media Japonais sont impuissants. » Ce qui n’est pas clair n’est pas français, s’exclamait Rivarol, alors comment imaginer l’incidence, voir la catastrophe sur l’écosystème et la chaîne alimentaire qui sera fortement perturbée…

L’eau, le plancton, les plantes et crustacés, les oiseaux qui transporteront l’atome et le rejetteront sous forme de déjection sur nos côtes, les poissons contaminés et les algues que nous mangerons, bref une succession de drames. «Deux baleines ont été découvertes à 650 km de Fukushima, vers la fin avril, avec des niveau de radiation de 31 et 24 becquerels de césium par kilo de viande (16 juin 2011) » «…Iode 131 découvert dans du poisson à Hong-Kong, à 3036 km de Fukushima »
La dictature du prêt à penser Pourquoi les médias ne parlent pas du taux de radioactivité qui semble augmenter sur notre territoire ? Ne serait ce pas une conséquence de la catastrophe du Japon ? Croirait-on que le “nuage” passé, tout serait, comme par enchantement, rentré dans l’ordre… Bref à t-on peur de dire que la radioactivité continuerait de sortir des réacteurs japonais et se répandrait nonchalamment dans le monde entier, cela expliquerait que certaines sources indiquent que le taux de radioactivité augmenterait en Ile de France…

Nous venons d’entendre qu’un four à explosé dans une centrale française, faisant un mort mais il n’y a pas de radiations disent les médias… Quand on pense qu’au Japon, les vieux retraités, par réflexe citoyen, se portent volontaires pour intervenir au lieu des jeunes, se sentant un peu “coupable” d’avoir laissé s’installer la terreur nucléaire sur leur territoire. Quelle dignité et quelle résolution chez ce peuple en souffrance…Allons-nous laisser le lobby du nucléaire continuer, pour le fric, à répandre sous prétexte d’énergie, la mort…A quoi servira une autonomie énergétique dans un cimetière. Les journaux japonais avancèrent le chiffre de 10 euros par famille en plus sans le nucléaire, mais qu’attends-on, demandons l’avis des familles dont les enfants portent le dosimètre !!! Il y a de multiples raisons pour se battre, mais il en est une plus que d’autres, c’est celle qui menace nos enfants et les vies futures. Il arrivera un moment ou il faudra bien nommer ces tripoteurs d’atomes par leurs noms, celui de “criminels” et que justice soit faîte… Nous sommes monarchistes d’abord et surtout parce que le roi représente un gouvernement équilibré et minimum nous octroyant par nécessité de continuité des libertés étendues dans la gestion de nos communes, familles et professions. Bref moins de contraintes et plus de libertés.

Tiocfaidh àr là – Notre jour viendra

Frédéric Winkler

J. Behaghel écrivait en 1987, sur Tchernobyl, dans le “Paysan Biologiste” : ”…il y eu 140 000 habitants évacués, 700 000 km2 empoisonnés…On estime à 100 000 environ le nombre de cancers supplémentaires…jusqu’en 2030 !” L’Iode 131 se fixe dans la Thyroïde (période 8 jours). Le Strontium 90 se fixe dans les os (période 28 ans). Il attaque la mœlle où se forme le sang. Le Tritium se fixe dans les glandes génitales (période 12 ans). Le Césium 137 se fixe dans les muscles (période 30 ans). Le Plutonium 239 se fixe dans les os (période 2300 ans). Mutations génétiques dans la descendance…