Cette vidéo vous propose quelques éléments de réponse pour montrer a quel point le Roi Louis XVI était loin de l’imagerie révolutionnaire, malheureusement encore trop souvent d’actualité. Ce grand roi avait un réel souci du sort du peuple français, et les réformes qu’il fit durant son règne en sont la preuve la plus évidente !
Loin d’être un exposé définissant de façon détaillé ce qu’est l’Art ou l’urbanisme dans son ensemble, – d’autres plus professionnelles dans ces domaines seraient plus à même de définir clairement ces deux thèmes – il s’agit plutôt d’un regard empirique sur l’évolution de l’Art et de l’urbanisme, et comment en tant que royaliste nous concevons ces deux piliers de la Civilisation.
L’Art : Quel objectif et quel rôle à l’art dans une civilisation ? Pour pouvoir définir clairement cet objectif, faisons une petite comparaison avec le principe qui régie tous les organismes gérant la sécurité en général. Sécurité ferroviaire, sécurité aéronautique, aéronavale, automobile, sécurité incendie…Etc. Quel est ce principe ? C’est ce que l’on appel plus couramment le fameux « risque zéro ». Tous ceux qui travaillent dans le domaine de la sécurité, se donnent pour objectif d’atteindre ce fameux « risque zéro ». Pourtant ils savent pertinemment que ce « risque zéro » n’existe pas, ou qu’il est impossible de le réaliser, sachant la faillibilité de l’homme et son imperfection, il est donc difficile de concevoir un niveau de sécurité aussi « parfait » !
Mais c’est justement parce qu’ils visent cet objectif quasi surhumain, qu’ils deviennent réellement performants et compétents dans le domaine sécuritaire. Ce qui n’empêche nullement malheureusement, les accidents en tout genre quel que soit leurs gravités.
Nous pouvons en conséquence, constater que ce qui est valable à l’échelle du domaine de la sécurité peut parfaitement l’être dans le domaine de l’art.
C’est ce que Gurdjieff enseigna à son disciple Ouspensky, en 1914, en lui expliquant qu’il existe une différence fondamentale entre « l’art réel» et «l’art subjectif ». L’art réel n’étant pas simplement l’expression de la sensibilité de l’artiste ; il est aussi objectif que les mathématiques et il produira toujours la même impression sur quiconque le contemple :
« Le Grand Sphinx d’Égypte est ce genre d’œuvre d’art, de même que quelques ouvrages d’architecture célèbres dans l’histoire, certaines statues de dieux et bien d’autres choses. Il y a des représentations de divinités et de divers êtres mythologiques que l’on peut lire comme des livres, non avec la pensée mais avec les émotions, pour autant qu’elles soient suffisamment développées. Au cours de nos voyages en Asie centrale, nous avons découvert dans le désert, au pied de l’Hindu Koush, une étrange sculpture que nous avons d’abord prise pour un dieu ou un démon. Au début nous avions seulement l’impression d’être en présence d’une curiosité. Mais au bout d’un moment, nous avons commencé à sentir que cette sculpture contenait beaucoup de choses, un vaste système cosmologique complet et complexe. Et lentement, pas à pas, nous nous sommes mis à déchiffrer ce système. Il était dans le corps du personnage, dans ses jambes, dans ses bras, dans ses yeux, ses oreilles, partout. Dans toute la statue, rien n’était laissé au hasard, rien n’était sans signification. Progressivement nous avons compris l’intention de ceux qui avaient façonné cette statue. Nous percevions leurs pensées, leurs sentiments. Certains d’entre nous pensaient voir leurs visages, entendre leurs voix. En tout cas, nous saisissions le sens de ce qu’il avait voulu nous transmettre à travers les années, et non seulement le sens, mais aussi toutes les sensations et les émotions qui l’accompagnaient. Cela, vraiment, c’était de l’art. » (1)
Voyez le texte intéressant que me fait parvenir un de mes correspondants sur la démocratie. Il est extrait du journal intime d’Henri-Frédéric Amiel, philosophe et écrivain genevois qui l’a écrit vers 1888 :
« La démocratie existe ; c’est peine perdue de noter ses travers et ses ridicules. Tout régime a les siens, et ce régime est encore un moindre mal. La supposition dans ce régime, c’est que tout le monde aime la vérité, cherche les lumières et se rend aux bonnes raisons. Il faut agir dans cette hypothèse. Tout doit être plaidé auprès de public, de la foule, de la multitude. La victoire n’est pas à celui qui a le plus de sagesse, mais qui sait le mieux persuader. Manier adroitement les apparences, c’était l’art des Sophistes ; c’est toujours le talent de ceux qui réussissent en démocratie. « Le sophiste est supérieur aux autres, non pas qu’il possède plus de vérité (toute opinion est aussi vraie qu’une autre), mais parce qu’il sait l’art de gagner les hommes à son avis, à ce qu’il lui est utile de leur persuader. Les Athéniens l’ont dit franchement ; l’orateur populaire est le maître des illusions agréables ; il est le magicien qui joue avec les passions et jongle avec les principes ; sa force se mesure avec succès. »
« J’ai relu avec intérêt ce texte d’Amiel sur la démocratie. Vers 1888, quand il a été écrit, on partait de l’hypothèse de départ, nullement absurde à l’époque (on était en plein euphorie du progrès) que chacun recherchait au fond le bien et la vérité. D’où l’idée d’Amiel que si l’on y parvient au moyen de la persuasion et de la séduction, le but sera finalement atteint. C’était une gageure. Nietzsche en avait d’ailleurs montré par avance la vanité et la folie. Joseph de Maistre aussi avant lui et Maurras après lui, même si tout les oppose…
Plus d’un siècle plus tard, on peut vérifier que ce pari dangereux a été perdu. Ce n’était qu’une illusion et elle a eu des conséquences tragiques (les guerres et les révolutions du XXeme siècle). Bien mieux, elle risque d’en avoir de plus tragique encore à très brève échéance. Il faut maintenant se rendre à la raison et reconnaître qu’il y a eu au départ une fausse route, une erreur d’analyse gravissime de notre civilisation. Les hommes ne cherchent en général ni le bien, ni la vérité. Et la séduction se place naturellement du coté de l’erreur. Cette recherche du bien et de la vérité ne peut être que le fruit d’une organisation sociale rodée et équilibrée, consolidée par le passé et la tradition comme en Suisse. C’est une exception dans l’histoire, elle n’est aucunement naturelle. Dès lors, la démocratie risque fort de déboucher chez nous sur la tyrannie, l’oppression, les effusions de sang, les spoliations et la destruction finale de la civilisation. Je ne sais pas si il est encore temps d’enrayer la marche fatale vers l’abîme, mais tout ce que l’on peut se dire c’est que si l’on s’y mettait tout de suite, on pourrait peut-être encore corriger l’erreur de cap. Mais il faudrait s’y mettre tout de suite… »
La distinction de l’Eglise et de l’Etat est juste car les deux institutions n’ont pas les mêmes missions. Il en est de même du pouvoir politique et de l’armée : la distinction est préférable à l’indistinction car les missions sont différentes.
Par contre, la séparation de l’Eglise et de l’Etat est une erreur majeure fondée sur l’hypocrisie. Y a-t-il une séparation juridique consacrée par une loi entre l’Etat et la Franc-maçonnerie ? Non, et pourtant beaucoup de ministres et de députés sont francs-maçons. Pire que tout, cette appartenance est secrète, ce qui n’est guère compatible avec la transparence exigée par la démocratie. La Franc-maçonnerie fonctionne comme un Eglise avec ses croyances et ses rites. On pourrait donc exiger une séparation de la Franc-maçonnerie et de l’Etat mais nous ne l’exigerons pas. Tout au plus, le secret maçonnique pourrait être levé, comme c’est le cas au Royaume-Uni pour des postes sensibles, comme ceux de ministres ou de magistrats. Les citoyens ont le droit de savoir qui exactement les dirigent ou les jugent.
La séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est pas un dogme de la République : la preuve est qu’elle n’existe pas en Alsace et en Moselle. Elle date de 1905 : est-ce à dire que la République avant 1905 n’en était pas une ?
En réalité, la séparation de l’Eglise et de l’Etat a été conçue dans une perspective de dépérissement de la religion tenue pour inéluctable par l’idéologie officielle d’alors. La même année (1905), Lénine publiait un article sur le sujet et estimait que cette séparation tuerait à petit feu la religion en l’asphyxiant. La séparation est une persécution asphyxiante qui a pour but le dépérissement de la religion dans le corps social. Le mur de la séparation est mortifère. Il en est de même pour une langue. Un préfet me dit un jour que la République tolérait l’Alsacien, que l’on pouvait parler en privé. Mais elle l’interdisait dans la vie publique. Résultat : l’Alsacien est en train de disparaître.
La séparation, c’est l’emprisonnement : un prisonnier est séparé de la société en raison de son crime. Quel crime a commis l’Eglise ? Elle est considérée comme propageant une superstition qui empêche les hommes de faire usage de leur raison. Elle est considérée comme une menace pour la société, comme asociale. Son action charitable (écoles, hôpitaux, asiles, etc…) est considérée comme archaïque et doit être reprise par l’Etat.
Ainsi, l’un des barrages contre les excès de l’Etat s’effondre. On l’a bien vu avec les Etats totalitaires.
L’Eglise est un héritage historique et à ce titre, l’un des éléments essentiels de notre civilisation. De Gaulle citait le christianisme comme un élément essentiel de l’identité française au même titre que la langue française. On voit bien aujourd’hui que la laïcité a échoué à promouvoir la morale dans les jeunes générations. Les chiffres de la montée des crimes et des délits (de 1,5 millions en 1968 à 4,5 aujourd’hui) correspondent aux chiffres du déclin de la pratique religieuse. Le phénomène ne touche d’ailleurs pas que la France mais l’ensemble du monde occidental.
A l’heure où l’identité nationale est menacée par une immigration qui ne s’intègre guère à la Nation, il faut se demander s’il est intelligent de mutiler notre identité en la privant de sa dimension religieuse. Le christianisme n’est pas une religion de l’individu isolé et recherche la communion des âmes. Vouloir le séparer de la vie publique est le mutiler gravement dans son essence même. La France n’a rien à gagner à séparer la religion historique et majoritaire des Français de la vie publique de la Nation.
Certains diront : c’est arbitraire de vouloir enseigner la religion chrétienne à des enfants alors qu’ils ne peuvent juger de celle-ci comme des adultes. Le même argument pourrait être tenu contre la langue française : pourquoi imposer le Français aux enfants : s’ils pouvaient, ils préfèreraient peut-être parler l’Anglais. La langue relève du choix individuel comme le religieux. On voit l’absurdité pratique d’un tel raisonnement.
Un penseur laïc et agnostique Friedrich von Hayek, prix Nobel d’économie a écrit dans son livre « la prétention fatale ; les erreurs du socialisme » que le rôle civilisateur des religions a été déterminant dans la survie même des groupes qui les pratiquaient. En effet, écrit-il, la société de liberté repose sur la moralité. Or « les règles de la moralité ont été préservée contre le forte opposition des instincts, et plus récemment contre les assauts de la raison. Ici nous retrouvons le rôle de la religion ». (P 136 de l’édition anglaise : the Fatal Conceit, university of Chicago Press, 1988). L’utilitarisme rationnel ne fonde pas le comportement moral, bien au contraire. Dostoïevski fait dire à Rakitine, l’utilitariste des « Frères Karamazov », « les imbéciles sont là pour le profit des gens intelligents » : comment fonder une société viable sur un tel utilitarisme, qui est rationnel du point du vue du seul individu ? Hayek note que les religions qui ont survécu dans l’histoire défendaient la famille et la propriété privée. Les règles morales montrent leur caractère bienfaisant à long terme et la logique rationnelle à court terme s’y oppose logiquement. L’alliance de la raison et des instincts est mortelle pour toute civilisation, et notamment pour la notre. Les pays qui se sont séparés de la religion sont en train de disparaître démographiquement. L’œuvre de la sélection historique qui fait disparaître les sociétés sans religion ne cesse d’agir. Des tentatives de morales laïques de substitution ont été tentées notamment par Robespierre puis Lénine et Staline : le résultat a été catastrophique. La disparition de la religion dans l’espace public a permis à l’Etat de se croire « tout permis » comme Dostoïevski l’avait annoncé : ce fut le totalitarisme et la terreur.
La séparation de l’Eglise et de l’Etat va contre le principe de vie qui est un principe d’amour et de rassemblement. On a le choix : conserver une idéologie et des lois d’un autre âge qui conduiront au suicide de la société et de l’identité française ou abandonner la séparation de l’Eglise et de l’Etat au profit de la symphonie entre l’Etat et l’Eglise comme c’est le cas dans la tradition orthodoxe. Dans ce dernier cas, on sauvegardera les principes moraux sans lesquels une société est condamnée à moyen terme. Car comme l’ont montré des savants comme Burke, Hayek ou Gehlen, il y a plus de sagesse dans les traditions qui traversent les épreuves des siècles que dans la simple raison individuelle, laquelle est toujours tentée de justifier les instincts qui sont ceux du sauvage. L’économie de marché est plus efficace que la planification rationnelle. C’est pareil en matière de morale : la tradition est plus efficace que le raisonnement utilitariste d’un simple individu. La science elle-même nous conduit à choisir la réconciliation entre l’Etat et l’Eglise et permettre à cette dernière d’agir librement dans l’espace public.
Le trop célèbre et triste camp de Conlie (Sarthe) fut le théâtre d’une anecdote linguistique tragi-comique : le général de Marivault passant la revue entendit nombre de Bretons supplier : » d’ar gêr ! d’ar gêr ! »
Le général croyant à un accès de « patriotisme français » des Bretons, s’écria, ému : « Ces braves Bretons ! Même dans la pire misère, ils n’ont qu’un désir, se battre ! »Le général, ne savait pas le breton, il ne se doutait pas plus d’ailleurs que d’ar gêr signifie à la maison et non pas à la guerre. Les braves Bretons n’avaient aucune envie de se faire trouer ce qui leur restait de cuir pour un quelquonque Gambetta dont le nom orne maintenant sans vergogne les rues et places de Bretagne… Le rétablissement de la république, le 4 septembre 1870, fut essentiellement l’oeuvre de Bretons. Malheureusement, la délégation envoyée à Tours pour représenter le gouvernement hors de la capitale investie par l’ennemi, fut, à partir du 3 octobre, présidée par un jeune arriviste, brillant orateur mais politicien retors, Gambetta.
Keratry proposa à Gambetta de lever dans les cinq départements bretons une armée autonome de volontaires qui prendraient position aux environs du Mans, barrerait la route de la péninsule à l’invasion germanique, puis marcherait à la délivrance de Paris. Gambetta s’empressa de donner son accord.
Avec un génie de l’organisation extraordinaire, Keratry parvint en quelques semaines à transformer un mamelon situé à Conlie, en arrière du Mans, en un camp retranché imprenable de 500 hectares et à y faire parvenir 80 000 volontaires enthousiastes recrutés dans toute la Bretagne. Ils arboraient sur leurs képis l’hermine bretonne et leur drapeau, offert par le Comité républicain de Nantes, était la bannière ducale.
En décidant la création de cette armée autonome, Gambetta était sûrement de bonne foi : le jour où, bien entraînés, ces 80 000 hommes plein d’ardeur auraient été jetés dans la bataille, ils auraient pu renverser le rapport de force sur le front de la Loire… Mais devant le succès même de Keratry, l’efficacité de son action, l’enthousiasme soulevé par ses appels aux Bretons, il prit peur. Dans son esprit étroit de jacobin, un Breton était par définition un chouan et 80 000 chouans sous la conduite d’un général chouan (fut-il député de gauche) étaient un péril pour la République. Alors il conçut un projet abominable : profiter de ce que ces 80 000 hommes qui représentaient les forces vives de la Bretagne étaient concentré dans un camp pour s’en débarrasser. Il suffisait de les laisser dépérir sans soins en arrière des lignes, d’en faire la proie des épidémies, de les exposer sans armes à la mitraille prussienne.
Il mit son projet à l’exécution avec une habilité diabolique. Contrairement à ce que l’on croit, ce ne fut ni les nazis ni les anglais durant la guerre des Boers (1902-1905) qui inventèrent les camps de concentration mais Gambetta qui enferma 80 000 innocents à Conlie. I
l parvint, sans jamais cesser de dispenser promesses et bonnes paroles, à laisser l’armée de Bretagne sans armes. L’arsenal de Brest lui ayant rendu compte qu’il disposait de 3200 chassepots mais n’avait plus de fusil à percussion, il lui donna avec un humour particulièrement noir l’autorisation de livrer des armes à Keratry, mais uniquement des fusils à percussion!
Pendant ce temps, les volontaires ne pouvaient s’entraîner au tir et étaient voués à une inaction démoralisante.
Pendant l’hiver 1870, les hommes passaient leurs journées désoeuvrées sous la pluie ou dans la neige, les pieds dans la boue. Pour que sous leur tentes, ils dorment dans la fange, Gambetta s’opposa à toute livraison de paille. Il ne permit pas non plus qu’on leur fournit des vêtements chauds. Des épidémies de variole et de dysenterie éclatèrent et font des ravages dans les rangs.
Gambetta fit écrire à Keratry « je vous conjure d’oublier que vous êtes Breton » et lui donna l’ordre de se porter avec 12 000 hommes à la rencontre des Prussiens à Saint-Calais. Il télégraphiait simultanément au directeur de l’arsenal de Rennes pour lui interdire de remettre une seule cartouche à l’armée de Bretagne. C’était envoyer les 12 000 Bretons à la mort… mais l’opération échouât car l’ennemi n’était plus là: il était parti en direction d’Orléans et de la Loire.
Rompant alors l’accord du 22 septembre, Gambetta décida de mettre fin à l’indépendance de l’armée de Bretagne et de placer Keratry sous les ordres du général Jaurès. Keratry démissionna aussitôt; Gambetta le fit remplacer par le capitaine de vaisseau Marivault.
Dans le camp de Conlie, l’état sanitaire était devenu désastreux. Les Bretons mourraient en masse et l’État-Major expliquait: « C’est pour s’en débarrasser qu’ils ont été mis à Conlie et ils resteront à Conlie, dussent-ils tous périr. ». Gambetta trouva encore de bonnes raisons administratives pour suspendre les fournitures de vivres, tout en prescrivant : « il ne faut quitter le camp sous aucun prétexte. ». Mais Marivault pris sur lui de rapatrier une partie des effectifs en Bretagne.
Les survivants furent mis à la disposition de Chanzy qui les plaça au point le plus exposé de sa ligne de défense, la plupart sans armes. Quand les Prussiens chargèrent, ceux qui avaient des fusils tirèrent… les coups ne partirent pas, tant les armes et la poudre étaient mauvaises. Les Bretons ne purent que suivre l’armée française en déroute.
La décapitation de sa jeunesse, le sacrifice criminel de tant de ses fils provoqua en Bretagne stupeur et colère. En tant que député d’Ille-et-Vilaine, l’historien La Borderie rédigea un rapport accablant pour Gambetta, sur Le Camp de Conlie et l’Armée de Bretagne. Ce rapport fut publié sous forme d’un condensé de 124 pages dans les publications parlementaires du Paris-Journal en 1874 sous le titre Rapport fait au nom de la Commission d’enquête sur les Actes du Gouvernement de la Défense nationale.
Mais tout s’oublie puisqu’il s’est trouvé depuis des municipalités bretonnes assez ignorantes en histoire pour donner à leurs rues ou places le nom de Gambetta.
« Lorsque l’on fit sauter à coups de marteau le cercueil de Henri IV, le corps du roi apparut enveloppé d’un suaire blanc encore intact. On dégagea la tête ; le visage de Henri était admirablement conservé, la barbe presque blanche, les traits à peine altérés. On le dressa contre un pilier, et chacun eut la liberté de le contempler. Les scènes les plus diverses se produisirent. Un soldat se précipita sur le cadavre et, tirant son sabre, coupa une longue mèche de la barbe royale, qu’il plaça sur ses lèvres en guise de moustache. Une mégère à la figure hautaine, voulant braver le vainqueur d’Ivry, avança le poing vers le visage du Roi, et le souffleta si fort que le corps tomba à terre. »
Dom Druon
Depuis ces derniers jours, les médias nous parlent de l' »heureuse » découverte de la tête du Roi Henri IV. Est-ce véritablement sa tête, ou est-ce la tête d’un inconnu ? L’historien Philippe Delorme émet des doutes. (A lire ICI) Néanmoins, personne n’ose parler de ce qui s’est réellement passé ce jour là, et comment la barbarie révolutionnaire a atteint son comble ! Les vivants ne leurs suffisaient pas, il leurs fallait désormais s’attaquer aux morts :
Profanations, un témoin raconte :
Il est intéressant de se reporter à la relation d’un témoin oculaire, Henri Martin Manteau qui assista à l’exhumation des Bourbons le lundi 14 octobre 1793.
L’accès du charnier lui avait été facilité par Dom Druon, ancien prieur de l’abbaye de Saint-Jean de Laon, réfugié alors à Saint-Denis où il remplissait les fondions de chartrier du monastère.
Il avait jadis été l’élève de Dom Druon au collège de Laon ; il en était resté l’ami. C’est grâce à la complaisance du vénérable religieux qu’il put pénétrer dans le caveau des Bourbons.
C’est ainsi qu’il lui fut permis d’assister à l’exhumation des corps de Marie de Médicis, d’Anne d’Autriche et de sa nièce Marie-Thérèse, de Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV.
« Je soussigné Henri-Martin Manteau aîné, domicilié à Laon, département de l’Aisne, bibliothécaire de la mairie de ladite ville, déclare dans ma conscience la véracité des faits qui suivent :
Voici le détail des circonstances et particularités relatives à cette exhumation dont j’ai été le témoin oculaire. J’exposerai comment je suis parvenu à faire l’extraction des restes que j’ai conservés.
J’exerçais en 1793 les fonctions de contrôleur du dépôt des transports militaires, établi dans l’ancienne abbaye de Saint-Denis. Je résidais dans la même enceinte. Un ancien religieux de la congrégation de Saint-Maur y avait trouvé asile. Je reconnus en lui mon ancien maître. Nous étions liés par la conformité des opinions et des sentiments.
Je témoignai à Dom Druon le désir de visiter le caveau des sépultures royales ; il me conduisit dans l’Eglise par une petite porte de communication située dans l’intérieur de l’abbaye. Nous vîmes tous les magnifiques tombeaux, ces monuments des arts, dispersés et mutilés.
Nous descendîmes dans le caveau des Bourbons, dont les voûtes sépulcrales, éclairées de torches, retentissaient des cris d’une troupe de démolisseurs.
On venait d’ouvrir le cercueil de Marie de Médicis qui mourut à Cologne et dont le corps fut transféré à Saint-Denis. Il était en mauvais état, mais la tête était entière et garnie de beaucoup de cheveux. Aussitôt j’entendis les imprécations des ouvriers et autres assistants qui accusaient cette princesse du meurtre de son époux ; je ne discuterai pas ce point d’histoire. Cette rage, ces imprécations étaient, en tout cas, un hommage rendu à la mémoire de Henri IV toujours chérie, malgré la haine prononcée que l’on avait alors contre le nom de ce roi.
Les ouvriers, pris de rage, arrachèrent et distribuèrent au hasard les cheveux de cette Reine ; je tendis, au milieu du groupe, une main incertaine, qui parvint à en saisir une petite touffe que j’eus soin de conserver. Dans le même temps, on ouvrit le cercueil d’une princesse qui ne fut pas nommée ; le corps était mal conservé, une étoffe très épaisse et de couleur rousse annonçait une abbesse ensevelie avec l’habit de son ordre. (Ce corps était celui d’Anne d’Autriche, morte en 1666 et ensevelie en costume du tiers ordre de Saint François).
J’aperçus nombre de cercueils placés chacun sur deux barres de fer parallèles, ils avaient des formes différentes, quelques-uns figuraient la tête dans la partie supérieure, ensuite le cou par le rapprochement des côtés et les épaules par une plus grande dimension ; le reste du corps se terminait en gaine comme dans les momies d’Egypte.
Toujours sous la conduite de Dom Druon, je portai mes pas vers le cercueil ouvert de Turenne, placé sous une arcade, la tête vers la gauche, les pieds à droite – les curieux s’y étaient réunis. Le linceul replié sur les deux côtés et formé d’une étoffe de satin, laissait voir le corps dans un état parfait de conservation, la bouche ouverte, présentant presque toutes les dents; on observa que quelques-unes avaient été détachées. C’est ce qui peut avoir lieu à l’ouverture très prononcée de la bouche. Je crus remarquer, au bas des côtes, à gauche, un dérangement des chairs qui semblait désigner l’endroit frappé par le coup de canon qui ravit ce héros à la France. Ceci a pu être le sujet d’un examen particulier pour la personne qui, par un pieux artifice, fit de ce corps une momie oubliée jusqu’au jour où on rendit à Turenne un tombeau digne de lui. »
« Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s’était refusée aux recherches de Saint-Just ; il la fit conduire à l’échafaud. Après l’exécution il voulut qu’on lui présentât le cadavre et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer (la peau) par un chamoiseur et la porta en culotte. »
Ci-dessous une petite étude sur les tanneries de peau humaine sous la Révolution française, dont se réclame la totalité de la classe politique et qu’elle fête tous les 14 juillet…
Préambule
« La Révolution est un bloc » affirmait Georges Clemenceau. Il ne faisait que constater une réalité car il est évident à tout esprit réfléchi et indépendant que la Terreur est sortie tout droit de 1789, de même que la Révolution est le fruit pernicieux du XVIIIe siècle libertin aux mœurs relâchées et au dérèglement de la morale, ce siècle abusivement appelé le “siècle des lumières”.
Au demeurant la période sanglante de la Révolution ne commença point en septembre 1792, mais dès les 26 et 27 janvier 1789 à Rennes, marqués par les premières émeutes sur lesquelles chacun a en mémoire la réflexion de Chateaubriand. Cette sanglante “émotion” populaire fut suivie les 27 et 28 avril par la mise à sac de la manufacture Reveillon, au faubourg Saint-Antoine à Paris, par des émeutiers soudoyés par le duc d’Orléans. Il y eut 25 morts et 22 blessés.
Il est donc mal venu de prétendre, que la Révolution des “Droits de l’Homme”, celle de 1789, était la seule dont on devait se réclamer et condamner la Révolution sanglante qui la suivit. Subtile argutie ! Tout se tient, tout s’enchaîne : 1792 fut la conséquence logique, inéluctable de 1789. On ne peut séparer de la Révolution aucune partie de son ensemble : elle constitue bel et bien un bloc, comme l’a dit Clemenceau.
Qui prône la Révolution doit endosser la responsabilité de tous ses massacres, de toutes ses turpitudes, telles les tanneries de peau humaine sur lesquelles existent trop de témoignages pour qu’on les révoque en doute.
Le conventionnel Harmand témoigne
Citons d’abord le témoignage du conventionnel Harmand (de la Meuse) qu’il a consigné dans un livre paru en 1820 chez Maradan, à Paris, et intitulé Anecdotes relatives à quelques personnes et à plusieurs événements remarquables de la Révolution. Voici ce qu’il apporte :
Une demoiselle jeune, grande et bien faite, s’était refusée aux recherches de Saint-Just ; il la fit conduire à l’échafaud. Après l’exécution il voulut qu’on lui présentât le cadavre et que la peau fût levée. Quand ces odieux outrages furent commis, il la fit préparer (la peau) par un chamoiseur et la porta en culotte. Je tiens ce fait révoltant de celui-même qui a été chargé de tous les préparatifs et qui a satisfait le monstre ; il me l’a raconté avec des détails accessoires que je ne peux pas répéter en présence de deux autres personnes qui vivent encore. Il y a plus : c’est que, d’après ce fait, d’autres monstres, à l’exemple de Saint-Just, s’occupèrent des moyens d’utiliser la peau des morts et de la mettre dans le commerce. Ce dernier fait est encore constant. Il ne l’est pas moins que, il y a environ trois ans, on mit aussi dans le commerce de l’huile tirée des cadavres humains ; on la vendait pour la lampe des émailleurs.
Arrêtons-nous un instant sur cette dernière accusation pour dire qu’il ne s’agit pas d’un racontar : il est établi par des faits notoires, en particulier à Clisson où, le 6 avril 1794, des soldats de la compagnie de Marat dressèrent un bûcher sous lequel ils placèrent des barils et, dans une seule nuit, ils firent fondre les cadavres de cent cinquante femmes pour se procurer de la graisse. Ces barils furent transportés à Nantes pour être vendus aux hôpitaux et dans le registre de Carrrier on lit que « cette opération économique produisait une graisse mille fois plus agréable que le saindoux. »
Je ne fêterai pas votre révolution. On ne célèbre pas le vol, le viol, le crime. Mais je prendrai le deuil de vos pauvres victimes. Elles seules ont droit à ma vénération.
Je ne fêterai pas l’espérance trahie Du peuple demandant l’arbitrage royal Jusqu’alors rendu juste, équitable et loyal Mais au nom d’une foi par votre orgueil haïe.
Je ne célèbrerai pas votre intolérance. Ni vos sacrilèges, ni vos profanations. Ni les grands mots ronflants de vos proclamations Prônant la liberté dont vous priviez la France.
Je ne fêterai pas l’infâme Cordelier Faisant assassiner, par sa triste colonne, En l’Eglise du Luc, près de six cents personnes Dont cent cinquante enfants réunis pour prier.
On ne pardonne pas les Oradours sur Glane Et vous seriez fondés d’en tarer les nazis Si vous n’aviez, chez nous, fait pire aussi Vous êtes précurseurs, Messieurs, et non profanes.
Quand vous jetiez aux fours, par vous chauffés à blanc, Les mères, les enfants, les vieillards, les mystiques, Vous disiez faire le pain de la République… Mais Amey, mieux qu’Hitler, les y jetait vivants !
Car c’est bien cet Amey, de sinistre mémoire, L’un de vos généraux prétendu glorieux, Qui fut l’instigateur de ce supplice odieux… Vous avez, aussi vous, eu vos fours crématoires.
Et Turreau trouvait tant de plaisir à ces jeux Qu’il faisait ajouter, quand manquaient les dévotes, Et malgré tous leurs cris, les femmes patriotes… Votre fraternité les unissait au feu.
Je ne fêterai pas vos tanneries humaines Dont votre chirurgien, Pecquel, fut l’écorcheur, Ni son ami Langlois, de Meudon, le tanneur… Ni votre grand Saint-Just disant qu’en ce domaine
Peau d’homme vaut bien mieux que celle du chamois Que celle de la femme plus souple et plus fine… Vous étiez sans culottes, alors ça se devine Vous vous en fîtes faire en peau de villageois.
Quand vous abominez les gardiens sataniques De l’affreux Buchenvald écorchant de leur peau Nos morts, les laissant nus en leurs chairs en lambeaux Avez-vous des remords ou restez-vous cyniques ?
Je ne fêterai pas les enterrés vivants Dans les puits de Clisson et ceux de mon bocage Ni du fameux Carrier les célèbres mariages Voulus républicains mais surtout révoltants.
Attachant l’un à l’autre, une fille et son père, Une mère et son fils, un prêtre et une sœur, Et nus, bien entendu, pour que leurs massacreurs Aient, humiliant leur mort, à rire et se distraire.
Quand, en les entassant dans barques à sabords On les faisait sombrer dans les eaux de la Loire. Et le fleuve royal garde encore leur mémoire, Il apparaît plus triste à l’approche du port.
Je ne fêterai pas, non plus, la guillotine, Ce symbole attitré de la révolution. Ce moyen fraternel d’abreuver nos sillons, Comme vous le chantez d’un sang que moi j’estime.
Je ne chanterai pas votre révolution. Elle a fait trop coulé de sang, de pleurs, de larmes. De notre vieux royaume elle a rompu le charme Et fait perdre, au pays, sa noble vocation.
Vous avez tout brûlé, chez nous, châteaux, chaumières, Etables et clochers. Vous traîniez les enfers Pour faire du bocage un immense désert Sans une âme qui vive et sans pierre sur pierre…
Vous n’aviez pas pensé que tout le sang versé Au terroir de l’amour serait semence vive. Il germe en attendant nos prochaines métives ; Il fleurira, demain, épi de liberté.
La liberté de croire en un Dieu qui pardonne. En un ordre qui met, au sommet, le devoir Le courage et la foi. Qui veut que le pouvoir Ne dépende jamais du nombre et de la somme…
Aujourd’hui nous pouvons vous juger à vos faits. Votre révolution a incendié notre terre. Elle a porté, partout, la misère et la guerre, Quand le monde a jamais plus désiré la paix…
Je ne peux pas fêter votre révolution. On ne célèbre pas le vol, le viol, le crime. Je porterai le deuil de toutes ses victimes. Elles seules ont droit à ma vénération.