Kadou

A la santé de Guy Steinbach !

Ce matin, nous sommes allés rendre visite à un de nos grands anciens disparu : Guy Steinbach
L’événement fut organisé par Quentin, nous avons trinqué à sa santé dans l’esprit des Camelots du Roi, au Whisky tourbé d’Écosse : Tiocfaidh àr là, notre jour viendra !

Tombe Guy

Devant tombe Guy

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Les buts du corporatisme :

a. Le but du corporatisme au sein de l’entreprise
Rendre aux facteurs de production leurs libertés et l’autonomie nécessaire à leur développement. Intéresser tous les membres de l’entreprise à l’élaboration du projet commun.

Ordre social corporatifOrganiser en son sein un sérieux enseignement professionnel, qui rend possible l’ascension des travailleurs en son sein.

Restaurer l’équilibre des forces sociales du capital et du travail. Il s’agit d’éteindre les luttes de classe en instaurant des corps de métiers, garant de la “ propriété des métiers ” reconnue à chaque travailleur.

Vaincre les Forces de domination, de dissociation et de conflit interne, pour l’intérêt immédiat de l’ensemble de la production nationale et, celui supérieur de la Nation.

Instaurer, en dehors des haines politiques et sociales, le dialogue entre un Etat arbitre (parce qu’indépendant des partis et des groupes de pressions) et une Economie corporative.

Le but du corporatisme en économie et dans le social
Le corporatisme veut faire de chaque travailleur un propriétaire de son métier. Cette “ possession ” d’un métier correspond, en fait, à un véritable capital mais dans les différents types de sociétés économiques et sociales actuelles, ce capital n’est pas représenté par un titre de propriété concret. Restaurer un équilibre entre les ressources et les dépenses sociales. En cas de nécessité l’Etat pourra intervenir afin d’aider des branches en difficulté (pour une restructuration, un manque ponctuelle de consommation , intempéries, entreprise naissante etc..). Mettre en place une formation adaptée au milieu professionnel qui évolue en même temps que la vie des entreprises (prisent en compte des nouvelles méthodes et des nouveaux moyens technologiques). Elles mettront également en place des diplômes ou des concours qu’elles jugeront nécessaires et adaptés à leurs métiers. Procurer à ses membres la sécurité personnelle et la capacité professionnelle. En créant des allocations, non plus au niveau de l’Etat, mais au niveau des corps de métiers ou des corporations. Restaurer l’équilibre entre la valeur du capital et du travail. Pourquoi dans la représentation au conseil corporatif, ne fait-on pas une place privilégiée soit au capital, soit au travail ?

Ce privilège ne serait pas justifié. Le but de toute association de travail est la production. Or, il n’est pas douteux que les divers éléments professionnels concurrent à la production chacun pour une part essentielle.

Les patrons ne peuvent pas plus se passer des employés que les ouvriers des patrons. Leur force respective est tout entière dans leur étroite solidarité. Qu’importe donc le genre de concours que le Capital apporte à la production s’il est vraiment infécond sans le secours du travail? Qu’importe d’autre part le nombre plus considérable de producteurs que comporte l’élément travail, s’il est à son tour impuissant sans la collaboration du capital?Le conseil corporatif doit être à base syndicale, c’est à dire élu par les syndicats formés dans la profession. Dénoncer “ La fortune anonyme et vagabonde ” qui est responsable de la crise Asiatique et de la bulle financière. Celle-ci doit être dénoncée car elle déresponsabilise les boursiers qui recherchent uniquement le profit et ne se rende pas compte du rôle social de l’entreprise. Dénoncer l’étatisme, voir le fascisme, de l’état qui souhaite imposer aux entreprises des solutions technocratiques qui ne correspondent pas à tous les métiers ex : les 35 heures. Dénoncer le marxisme qui au nom de l’égalité révolutionnaire souhaite l’écrasement d’une classe au profit d’une autre. Et le remplacer par une cohésion sociale, car tous les acteurs de l’entreprise ont un même but la santé de l’entreprise. Restaurer un équilibre entre le nombre de formations et les emplois réels afin de rendre une valeur réelle aux diplômes. Seul les entreprises peuvent anticiper le marché de l’emploi.

(suite…)

Armand de Melun l’apôtre de la Charité

armanddemelunPolitiquement, il ne variera pas. Quand il mourra sous la IIIème République, il sera aussi royaliste qu’au temps où, jeunes écoliers, son frère jumeau Anatole et lui refusaient au Champ de Mars, malgré les sommations de leurs petits camarades, de crier : « Vive l’Empereur ! » La chute du trône de Charles X avait affligé son esprit autant que son cœur. Son attachement privé et public à la dynastie des Bourbons ne lui permettait pas de prêter serment à la monarchie de Juillet ; il renonça à la magistrature et à la diplomatie. Heureuse intransigeance, qui le rendait libre pour une longue carrière dans la bienfaisance !
Armand de Melun ne sera jamais un théoricien. Ses contacts quotidiens avec le malheur lui serviront de maîtres ès-sciences politiques. Il y découvrira la question sociale, mais se préoccupera moins de lui donner une réponse générale et doctrinale que de lui trouver des solutions fragmentaires concrètes.

Il conte avec humour – car il a de l’esprit, et du meilleur – qu’il fut mandé un jour, dès potron-minet, par le R.P. Gratry qui lui déclara : « Mon ami, j’ai eu envie de vous appeler cette nuit à deux heures. Je venais enfin de trouver la vraie solution du problème social. Il s’agit simplement de bâtir, autour des usines et des ateliers, des maisons d’ouvriers, avec facilité pour ceux-ci d’en devenir petit à petit propriétaires. »

Du moment où il fallait construire, il était naturel que l’on songeât à lui. Et il restera tel toute sa vie. Un an avant sa mort, un incendie dévorera en entier le village de Bouvelinghem dont il est maire depuis 1865 et où il a bâti l’église, le presbytère et l’école. Il se fera frère quêteur pour ses administrés et, tandis qu’il habite lui-même une maisonnette de bois toute délabrée, il reconstruira pour chaque famille une maison flanquée de sa grange et de son étable.
Son activité est prodigieuse. Pendant un demi-siècle, on le trouvera mêlé, comme fondateur ou comme animateur, à toutes les œuvres, à tous les mouvements, à tous les groupements, durables ou éphémères, qui ont pour objet la bienfaisance privée ou publique, ou l’amélioration de la condition des classes laborieuses.

Certes, son horizon ne sera pas bouché par les seules misères individuelles qu’il visite et soulage directement ; il découvre vite lui aussi, à côté de la pauvreté accidentelle, le paupérisme que l’industrialisation entretient comme un chancre dévorant. Et cela le conduira à réclamer d’abord la suppression du délit de coalition afin que l’association ouvrière soit possible, puis à souhaiter la création de Chambres syndicales mixtes, et enfin de Chambres ouvrières et patronales séparées.
« Il faudra tôt ou tard, écrira-t-il un jour, en revenir à ces vieilles corporations qui se chargeaient d’avoir du bon sens, de la prudence et de la moralité pour tous les membres. »

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Les Croisades, ce qu’il faut savoir…

Les croisades ? Un des plus grands péchés de l’Eglise, le mal absolu, une sorte de guerre sainte islamiste version chrétienne obscurantiste moyenâgeuse, avec plus de femmes et d’enfants brûlés vifs parce qu’il ne voulait pas endosser le catholicisme déjà intégriste ? Halte au mythe ! Arrêtons tout de suite ce délire contemporain.

Antoine Blanc de Saint-Bonnet

Antoine_Blanc_de_Saint-BonnetA prendre leur état civil, c’est de Le Play qu’il faudrait d’abord parler, puisque, né en 1806, il est de neuf ans l’aîné de Blanc e Saint-Bonnet. Mais, si nous prenons la chronologie de leur oeuvre, c’est au cadet qu’il faut donner le pas. Lorsque Le Play, publiera, en 1855, ses fameux Ouvriers Européens, il y aura déjà onze ans que l’ancien mousquetaire noir de Louis XVIII, M. de Salvandy, devenu Ministre de l’Instruction Publique de Louis-Philippe, a décoré de la Légion d’Honneur un jeune sociologue de 29 ans, pour un imposant ouvrage en trois volumes, De l’Unité Spirituelle, ou de la Société et de son But au delà du Temps. A vingt-cinq ans, ce provincial, en écrivant un opuscule intitulé : Notion de l’Homme tirée de la notion de Dieu, avait déjà annoncé quel problème ferait l’objet des réflexions, des études et des approfondissements de toute sa vie. C’est le problème de la Contre-Révolution. La Révolution est l’aboutissement logique d’une philosophie matérialiste qui veut voir en l’homme indéfiniment perfectible le Dieu de l’avenir ; pour combattre la Révolution et son oeuvre de mort, il faut opposer à cette philosophie la Théologie, qui nous enseigne que, depuis la faute d’Adam, l’Humanité est infirme et ne peut avancer qu’en s’appuyant sur son Rédempteur. « Voici le fait : il y eut une Chute, il y a le mal, il est au sein de l’homme. Il faut le préserver des suites et lui rendre le bien, ainsi que la vérité perdue. Il faut, à l’aide du secours divin, que l’homme remonte à l’état de vertu et de charité, qu’il aurait dû primitivement atteindre » (1).

Antoine de Saint-Bonnet appartient à la bourgeoisie aisée. Celui qui a écrit : « Qu’est-ce que le bourgeois ? Un homme du peuple qui a économisé » sait fort bien que sa particule n’est là que pour le localiser, et, littéralement, le particulariser. Blanc est un patronyme assez commun ; pour éviter des confusions, Joseph Blanc, père d’Antoine, avait pris l’habitude de signer Blanc-Saint-Bonnet, du lieu dont sa famille était issue et où, en qualité d’homme d’affaires des moines de Savigny, il avait acquis une propriété. Plus tard, le tiret se transforma en particule. Ce Saint-Bonnet-le-Froid, qu’il ne faut pas confondre avec son homonyme du Velay, est un hameau des monts du Lyonnais, que l’on peut gagner, soit par Grézieu-la-Varenne, soit par Vaugneray, et qui n’est guère qu’à cinq lieues de Lyon. De ses 700 mètres d’altitude, on a une très belle vue sur les monts du Beaujolais au point où ils touchent au Forez. Le château, aujourd’hui mi-ferme, mi-auberge, voisinait avec une chapelle ruinée par la Révolution et reconstruite par le philosophe. C’est lui pareillement qui avait entouré la vieille demeure d’une forêt de sapins maintenant décimée. Antoine, né à Lyon le 28 janvier 1815, passera son enfance dans cette solitude. Plus tard, les étés ramèneront le collégien, puis l’étudiant, sous les frais ombrages de Saint-Bonnet ; plus tard encore, vers 1840, il en fera sa résidence principale. S’il est vrai – et c’est vrai – que l’homme, pétri du limon de la terre, garde l’empreinte des paysages que son enfance a aimés et qui restent le cadre de son activité, rien d’étonnant à ce que l’oeuvre de Blanc de Saint-Bonnet porte la marque de la puissante et austère majesté qui émane de la montagne et de la forêt. Ses parents le destinaient au notariat, mais il avait peu de penchant pour grossoyer des actes. La mort prématurée de son père lui donnera licence de se laisser aller à son goût pour les sciences politiques. Sans doute y fut-il aidé par l’impulsion qu’avait donnée à son esprit son professeur de philosophie, l’abbé Noirot, qui deviendra Inspecteur général de l’Instruction Publique et aidera plus tard Le Play à retrouver la pratique religieuse. Il faut bien que l’influence de ce prêtre ait été forte pour que l’homme qui devait proclamer en 1851 : la démocratie triomphe, et je viens combattre la démocratie, ait accepté en 1848 de solliciter les voix des électeurs lyonnais – vainement d’ailleurs! – sur la même liste que l’abbé Noirot et que son ami Victor de Laprade, en déclarant : « La République est la forme naturelle de la Société chrétienne ! »

(suite…)

Jacques Valdour

Intellectuel bourgeois, il se fit ouvrier :

Organisation corporativeD’une famille aisée, Jacques Valdour aurait pu vivre en voyageant pour se distraire. Au cours de sa jeunesse, il visita l’Europe, puis le Maroc, l’Egypte, la Syrie, les Indes, le Siam, la Chine, etc. Dans son ouvrage « Aux pays des Deux Nils », avec 77 reproductions photographiques hors texte, publié beaucoup plus tard chez Berger-Levrault, en 1929, il raconte comment il vécut à la mode indigène durant plusieurs mois, d’abord en barque sur le Nil, puis, avec ses porteurs, à travers les forêts du Haut Nil Bleu et dans la brousse.

Mais Jacques Valdour avait un idéal plus élevé. Dès l’âge de quinze ans, son attention avait été retenue par le problème ouvrier. A cette époque, 1886, des grèves éclataient à tout moment accompagnées d’incidents gravent. Si les ouvriers se révoltent souvent, se dit Jacques Valdour, c’est qu’ils ont de fortes raisons de se plaindre. Quelles sont ces raisons? Il voulut les connaître.

Quelques années plus tard, après de longues études à l’Université de Paris, au cours desquelles il était devenu successivement docteur en droit (1897), docteur ès science politiques et économiques, licencié ès lettres-philosophie (1898), docteur en médecine (1905) et docteur ès science naturelles (1909), Jacques Valdour se mit à la véritable école de l’expérience personnelle.
« Je me fis ouvrier, dit-il, pour tâcher d’entrer dans leur âme, de devenir l’un d’eux, de sentir sur moi-même ce dont ils pouvaient souffrir, de trouver par le chemin de leurs peines la direction de leurs espérances. »

Il fut l’initiateur de ce qu’il appela « La Méthode concrète en Science sociale » qui n’exclut pas les autres méthodes, mais qui les complète, en suppléant à certaines de leurs insuffisances.
Jacques Valdour a, dans plusieurs ouvrage remarquables, étudié « Les Méthodes en Science sociale » (1927) et « Les Méthodes de liaison entre la science sociale expérimentale et les autres sciences naturelles » (1931).
Un de ses meilleurs livres : « Libéraux, Socialistes, Catholiques sociaux » (1929) est une étude historique et critique sur les méthodes appliquées dans l’école libérale (de Ricardo à Paul Leroy-Beaulieu ), dans l’école socialiste (de Babeuf à Jules Guesde) et de l’école libertaire ; enfin dans l’école catholique (démocrates, réalistes, corporatistes).

Ouvrages fort intéressants, l’un d’eux est le recueil des cours professés par Jacques Valdour aux facultés catholiques de Lille, à l’Ecole des Sciences sociales et politiques, dirigée par Eugène Duthoit, alors président des Semaines sociales de France.
Mais Jacques Valdour restera surtout par ses nombreux livres sur « La Vie ouvrière. Observation vécues ». Dans « La Nouvelle Lanterne » (juin 1934), René de Planhol remarquait :
« Ce serait une fortune pour les historiens d’être renseignés sur les conditions de la vie laborieuse dans le passé comme l’oeuvre de M. Jacques Valdour fera connaître aux érudits de l’avenir l’existence ouvrière de notre temps ».

Dès 1903, Jacques Valdour passait une grande partie de ses vacances universitaires à vivre et à travailler avec les ouvriers. Plus tard, il resta parfois plusieurs années parmi eux, vivant comme eux, uniquement de son gain, sans faire appel à ses ressources familiales, afin de mieux connaître la crainte du chômage, les angoisses des petits salariés, l’insuffisance de leurs menus, la misère de leurs logements.
Il fut teinturier à Roanne, marinier sur les canaux du Nord, moissonneur en Beauce, vendangeur en Languedoc, mineur de fond à Saint-Etienne, manoeuvre sur le carreau de la mine à Lens, chauffeur-conducteur à Roubaix, tourneur à Saint-Ouen, manoeuvre dans la métallurgie ou la mécanique à Saint-Denis, Billancourt, Levallois-Perret, Puteaux, Decazeville ; ébéniste à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; cordonnier à Romans, cheminot à Saint-Pierre-des-Corps, etc.

Il a étudié les ouvriers de métiers et de pays très divers. Partout, ses observations l’ont conduit aux mêmes conclusions : l’ouvrier français a beaucoup plus de qualités qu’il n’a de défauts. Ils est très intelligent, à l’amour de son métier et du travail bien fait, le souci de s’instruire et de s’élever ; il aime le chef qui sait commander ; il secourt ses camarades en difficultés, mais il manque de culture générale ; son ignorance des problèmes politiques, économiques et financiers (notamment des frais généraux de l’entreprise) le met trop souvent à la merci de charlatans qui profitent de ces lacunes pour le dresser contre son patron, présenté par eux comme l’oppresseur, le profiteur.
Peu d’ouvriers connaissent et approuvent les doctrines de Marx et de Lénine. Pour eux, le socialisme, le communisme, ne sont que les moyens d’obtenir des conditions humaines de travail.

On ne peut résumer dans un article ce qui est contenu dans trente volume, bourré de faits, publiés par Jacques Valdour. Jacques Valdour à dénoncé pendant trente-cinq ans, de 1903 à 1938, la misère des taudis ouvriers et la déchristianisation de la classe ouvrière.
Toute la presse catholique a fait l’éloge du livre de l’abbé Godin : « France, pays de mission ? » Mais pas un journal n’a signalé que Jacques Valdour avait, depuis longtemps, posé la question, notamment dans « Les Puissances de désordre » ou il écrivait (page 89) : « La France ne redevient-elle pas pays de mission ? »
Dès son premier livre d’observations vécues : « La Vie ouvrière » (page 3) chez Giard et Brière (Paris, 1909), après avoir noté qu’on ne voyait à Vierzon, en 1905, aucun ouvrier à la messe, Jacques Valdour proclamait : « Grave symptôme pour une croyance qu’elle semble ne plus convenir qu’à une certaine classe de la société… Une religion qui n’est pas une religion de caste ne peut accepter, sans se mentir à elle-même, une telle situation. »

Et plus loin (page 23), à propos du même état de chose à Montluçon, Jacques Valdour s’écriait : « Comment ne sent-on pas qu’il faut à tout prix sortir d’une aussi anormale situation ? »
Les livres de Valdour, d’abord assez bien accueillis dans tous les milieux catholiques (plusieurs furent édités chez Spes et l’auteur fut, nous l’avons dit, professeur pendant quelques années aux Facultés libres de Lille), se heurtèrent de plus en plus à une conspiration du silence.
C’est que Jacques Valdour montrait, chaque fois davantage, dans ses enquêtes, les méfaits du laïcisme, de l’étatisme et de le démocratie. Il proclamait la nocivité des mauvaises institutions politiques ; il préconisait l’organisation corporative de la profession et la monarchie.
Les démocrates chrétiens accusent la droite de négliger le social ; ils prétendent que « l’Action française » était l’ennemie de la classe ouvrière ! Ils ne veulent pas que leurs lecteurs connaissent l’oeuvre de Jacques Valdour et, surtout, sachent que ce savant, cet apôtre, tertiaire de saint François, était un ami de Charles Maurras, car c’est là une des meilleures réponses à leurs calomnies.

Albert Marty

Pierre Antoine Berryer

Pierre Antoine BerryerVers 1844, d’incessants combats furent menés par un avocat de talent dénonçant les injustices (Liberté de la presse, le général Cambronne…). Pierre Antoine Berryer (1790-1868) fut un grand défenseur du peuple, grand perdant de la révolution de 1789. Il devint royaliste par empirisme en voyant la condition ouvrière et les désastres révolutionnaires.
« Alors j’ai compris que : malheur aux nations dont l’existence a pour base, ou la mobilité des passions populaires ou le génie d’un grand homme qui conduit à d’éclatantes victoires, mais aussi à d’affreux revers. Alors j’ai compris la nécessité d’un principe. D’un principe qui assure la stabilité du pouvoir, non pas pour l’intérêt de la « personne-moi », mais pour l’intérêt de tout un peuple qui, sous la fixité de l’ordre et de la loi qui le constituent, sent la liberté de son action, l’indépendance de sa vie et la faculté d’exercice de toutes ses puissances ».

Il luttera contre les lois iniques interdisant à l’ouvrier de s’associer pour son prétendu intérêt commun (loi le Chapelier 1791). La défense des compagnons charpentiers de la Seine ,venus endimanchés pour l’occasion, poursuivis pour délits de coalition et atteintes à la liberté du travail (art 415/416 du Code Pénal). Ces compagnons réclamaient une augmentation de salaire, celui-ci resté le même depuis 12 ans. Tout comme avec les ouvriers imprimeurs en 1862,Berryer plaida en faveur du droit de réunion inexistant depuis la Révolution. Ecoutons le : « Mais que veulent les ouvriers ? » dira-t-on. Ils ont, comme tout le monde, la liberté que leur donne la loi de 1791: pourquoi ne s’en prévalent-ils pas ? Ah, c’est que, depuis 1791,les choses ont bien changé. La loi de 1791, abolissant les forces collectives, avait étendu à l’individualité les pouvoirs les plus grands; il ne devait plus y avoir de corporation, plus d’assemblées, plus de registres, plus de présidents; les forces collectives étaient détruites, afin que la France, disait-on, pût jouir des efforts individuels, de l’activité de chacun. C’était l’utopie du temps. Mais aujourd’hui, qui donc n’est pas corporé ? Nous ne voyons autour de nous que chambres syndicales : agents de change, notaires,avoués,huissiers,entrepreneurs de tous les corps d’état, tous ont leur chambre ; tout le monde est en corporation; à une condition cependant : c’est qu’on soit maître.

Et quand on sera ouvrier, on sera l’homme isolé, réduit à la seule force individuelle. S’il arrive à l’ouvrier de vouloir communiquer avec l’intelligence des siens, il commettra un délit ! La liberté des transactions, la loi de 1791 ! Savez-vous ce qu’il en reste ? Je vais vous le dire : il en reste l’oppression de ceux qui ont le plus besoin de protection. Je ne suis certainement pas un agitateur, je suis essentiellement conservateur, et c’est pour cela même que je repousse les traités de gré à gré entre le maître et l’ouvrier; le traité de gré à gré, c’est le marché de la faim ; c’est la faim laissée à la discrétion de la spéculation industrielle »

Comme tant d’autres royalistes sociaux du XIXème siècle, sa tâche sera de recréer les conditions humanistes de vie au travail et dans la cité, perdues par les destructions des corps intermédiaires au nom des principes totalitaires de 1789.Ces catholiques sociaux monarchistes et progressistes parce que traditionnalistes eurent à affronter le déchainement des libéraux de gauche comme de « droite». Ce fut pour l’honneur et la justice que ces royalistes se dressèrent comme jadis ils le faisaient, en protégeant et en soulageant les misères du peuple. Comme le proclamait le RP de Pascal : « nous sommes sociaux parce que royaliste et peut être plus que parce que catholique. Comme catholique, je m’occuperais peut-être plutôt de questions de charité que de justice ; tandis que, comme royaliste, je vois que, toujours, les royalistes français ont été à la tête de véritables réformes pour le bien du peuple. »
Pierre Antoine Berryer s’éteignit en 1868 après une vie bien remplit de combats pour les causes justes et restera dans la mémoire comme le défenseur des ouvriers, ceux de la Seine et des célèbres canuts de Lyon.

« O Monseigneur,

« O mon Roi, on me dit que je touche à ma dernière heure.

« Je meurs avec la douleur de n’avoir vu le triomphe de vos droits héréditaires, consacrant le développement des libertés dont la France a besoin. Je porte ces vœux au ciel  pour votre Majesté, pour sa Majesté la Reine, pour notre chère France. »

F.Winkler

Olivier de Serres

Olivier de SerresAgronome français,
« De l’honneste comportement en la solitude de la campagne »
Né  à Villeneuve-de-Berg en 1539, son père est premier consul de Villeneuve-de-Berg et recteur de l’hôpital, sa mère Louise de Leyris est la fille d’un notaire, greffier des Etats du Vivarais.
La famille est protestante et permet à Olivier ainsi qu’à ses frères et sœurs d’accéder à l’enseignement et de voyager en Europe.
Très tôt, il fait preuve d’une curiosité intellectuelle semblable à celle des humanistes de la Renaissance. Olivier de Serres est décrit tout à la fois comme un huguenot courageux, un agriculteur exemplaire, un savant précurseur, un époux attentionné, un père de famille attentif, un fin lettré et un gentilhomme avisé.
« …tandis que, dans ton siècle, beaucoup allaient vêtus d’armures, la croix sur l’épaule et l’épée au côté, toi tu marchais modestement, en petite collerette, barbiche et coiffé ras, dans un chemin de buis; la bêche et le râteau étaient tes seules armes », ainsi est-il vu par Edmond Pilon (Collection du Pigeonnier de Saint-Félicien en Vivarais). Après des études à l’Université de Valence il acquiert le domaine du Pradel dominé par la forteresse de Mirabel, situé à une lieue de Villeneuve-de-Berg. Gentilhomme huguenot, il exploite lui-même les terres, où l’ont confiné les guerres de religion qui ruinent le royaume. Le Pradel devint ainsi un laboratoire, une ferme expérimentale, le lieu où l’intuition de la modernité agricole a jailli et où l’essai a administré la preuve empirique de la validité des inventions.
Les méthodes de cultures sont très archaïques à cette époque.

Olivier de Serres fut un des premiers à pratiquer une agriculture raisonnée dans son domaine agricole du Pradel de près de 200 hectares, par utilisation de l’assolement (alternance des cultures sur le même terrain). Il découvre que la culture de la luzerne enrichit la terre et permet l’année suivante de meilleures récoltes sur le terrain où elle a poussé.
Il recommande aux paysans français d’observer un certain nombre de principes par la pratique de plusieurs cultures.
Il importe différentes plantes : la garance des Flandres (teinture rouge), le houblon d’Angleterre (pour la bière).
Il acclimate le maïs et le mûrier, ce dernier importé de Chine permettait la culture du ver à soie, et par conséquent la production du fil pour confectionner le textile.

Aussi , lorsqu’en avril 1598, Henri IV, après la publication de l’édit de Nantes, lance un appel aux bonnes volontés, pour ressusciter le royaume, Olivier de Serres se met à son service.
En effet le royaume d’Henri IV, est dévasté par les guerres de religion, il est pris dans l’engrenage dramatique de la misère paysanne, des disettes et des famines.
En novembre 1598, Olivier de Serres se rend à Paris pour régler la succession de son frère Jean. Il est appelé à la cour.
Il a transporté avec lui son énorme ouvrage de mille pages, dans lequel il a consigné toutes ses notes, écrit dans une langue agréable: « Théâtre d’Agriculture et Mesnage des Champs » Le mot « théâtre » désigne les traités qui exposent les théories comme s’il s’agissait de personnages d’une scène. Le terme « Mesnage des champs  » désigne la façon dont on doit faire usage, « manier » la terre et dévoile le cœur même de la réflexion d’ Olivier de Serres.

Le_theatre_d'agricultureVoici comment il s’exprime dans la préface de son ouvrage : « Il y en a qui se mocquent de tous les livres d’agriculture, et nous renvoyent aux paysans sans lettres, les quels ils disent estre les seuls juges compétans de ceste matière, comme fondés sur l’expérience, seule et seule règle de cultiver les champs. Certes, pour bien faire quelque chose, il la faut bien entendre premièrement. Il couste trop cher de refaire une besogne mal faicte, et surtout en l’agriculture, en la quelle on ne peut perdre les saisons sans grand dommage. Or, qui se fie à une générale expérience, au seul rapport des laboureurs, sans savoir pourquoi, il est en danger de faire des fautes mal réparables, et s’engarer souvent à travers champs sous le crédit de ses incertaines expériences. »

Le livre est divisé en huit « lieux » où sont analysées les différentes activités agronomiques et horticoles, depuis la description et l’organisation du domaine jusqu’à la dépense des biens par le propriétaire.
L’ouvrage décrit ainsi les manières rationnelles de connaître un terroir agricole, d’y cultiver les céréales, le mûrier et la vigne, d’y élever le bétail, la volaille, les abeilles et le ver à soie, d’y façonner un jardin à la fois potager, bouquetier, médicinal et fruitier, d’y aménager étangs, taillis et forêts et aussi d’utiliser les aliments, les habits, les meubles et les outils. Ceci afin de subvenir aux nécessités fondamentales d’une famille d’honnêtes « ménagers » : l’alimentation, le couvert et la santé, mais aussi le profit et le plaisir. Le projet d’Olivier de Serres est assez simple, il propose une philosophie sereine :

. bousculer un mythe paysan antique, celui de la terre fatiguée qui a besoin de se reposer pendant le temps de jachère et de friche pour les remplacer par des cultures fourragères améliorant la fertilité du sol;
. transposer aux champs les expériences novatrices faites dans le jardin, en intensifiant les cultures: la fumure animale du sol, les nouvelles espèces cultivables comme la pomme de terre connue alors sous le nom de cartoufle ou truffe blanche (cultivée en Vivarais bien avant Parmentier), l’irrigation des prairies, la sélection de variétés plus productives, plus résistantes aux maladies ou plus précoces.
. tailler correctement les arbres, organiser et orner les jardins, cultiver la vigne, faire les vendanges et le vin;
. s’occuper des troupeaux et élever les abeilles;
. construire de « beaux et bons » bâtiments agricoles;
. cultiver les orangers;
. tenter l’extraction du sucre à partir de la betterave (mais sans arriver à un processus rentable);
. enfin il prodigue des conseils aux pères et mères de famille sur la manière d’éduquer leurs enfants afin qu’ils sachent faire prospérer leur propriété.

Il recommande :
– le labour profond, l’alternance des cultures, le soufrage de la vigne,
– la création de l’assolement par l’introduction des prairies artificielles
l’essai de nouveaux semis ( melon, artichaut, maïs, houblon, riz et pomme de terre.)
. Oliver de Serres s’est intéressé à la sériciculture alors embryonnaire en France, un chapitre est consacré à « la cueillette de la soye et la nourriture des vers qui la fond » il a introduit et fait prospérer le mûrier pour l’élevage du ver à soie dans son domaine au Pradel, en Ardèche.
C’est le fruit de son expérience sur l’élevage des chenilles du bombyx (vers à soie), qui se nourrissent exclusivement de feuilles fraîches de mûrier blanc. Parvenues à maturité en trente jours, elles sécrètent alors le filament soyeux qui formera leur cocon. On étouffe les chrysalides dans leurs cocons, pour qu’elles ne brisent pas les fils de soie en sortant. Les écheveaux de soie produits par Olivier de Serres sont mis en vente dans l’échoppe familiale de Villeneuve de Berg.

La culture du mûrier était jusque là très localisée. Henri IV voudrait l’intensifier afin de diminuer les sorties d’or nécessaires à l’achat d’étoffes étrangères, « pour, comme le dit Olivier de Serres lui-même, qu’elle se vît rédimée de la valeur de plus de 4000 000 d’or que tous les ans il en fallait sortir pour la fournir des étoffes composées en cette matière ou de la matière même. » Il devient l’ami de Claude Mollet (1563 – 1650), le jardinier d’Henri IV qui réalisa les jardins de Saint-Germain-en-Laye, de Fontainebleau, des Tuileries et de Blois.

Malgré l’opposition de son ministre Sully, afin de donner l’exemple, après avoir consulté le chancelier Pompone de Bellièvre, Laffemas son surintendant du commerce, son jardinier Claude Mollet, le roi prit l’avis d’un cultivateur expérimenté Olivier de Serres: « Le roi ayant très bien recognu ces choses, par le discours qu’il me commanda de lui faire sur ce sujet, l’an 1599, print résolution de faire eslever des meuriers blancs par tous les jardins de ses maisons ». et décide de faire planter 20.000 pieds de mûriers aux Tuileries et à Fontainebleau. D’autres plantations et magnaneries se développent dans la région Lyonnaise où se fixera l’industrie de la soie et qui fera, plus tard, de Lyon la capitale de la soie.

En février 1599, Henri IV décide de faire publier le chapitre relatif à l’élevage du ver à soie : « Traité de la cueillette de la soie par la nourriture des vers qui la font ».

Devant le succès, en mars 1600 de l’année suivante, le « Théâtre d’agriculture et mesnage des champs » est édité , à la demande du roi dans son intégralité en 16.000 exemplaires et expédié dans toutes les paroisses de France.
Le livre connaîtra 8 rééditions du vivant de son auteur, 19 rééditions jusqu’en 1675, ainsi qu’une 21ème édition en 1804
A cette époque, les paysans ne cultivaient leurs terres qu’un an sur deux par manque de fumier. Le reste du temps, les terres restaient en jachère. Avec Olivier de Serres la culture de la luzerne et du sainfoin sur les jachères inaugure les prairies artificielles. Elles régénèrent la terre et engraissent le bétail qui produit du fumier.

La vogue de l’agronomie s’éteind après Henri IV pour renaître sous Napoléon 1er.

Olivier de Serres, qu’on surnomma ensuite le Père de l’Agriculture, meurt au Pradel près de Villeneuve-de-Berg le 12 juillet 1619, à l’âge de 80 ans.

Nombreux sont ceux qui se référèrent à l’agronome Ardéchois:
– Arthur Young se rendit deux siècles après sa mort sur le sol du Pradel;
– Pasteur lui reconnut un rôle de précurseur de l’agronomie et de savant éclairé;
– Fernand Lequenne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, rappela dans une biographie ses apports irremplaçables à l’élevage des abeilles comme aux techniques de greffage et de travail du sol, en dénonçant déjà les excès des engrais industriels au profit des techniques traditionnelles de fumure et de la prise en compte de la biologie du sol; au moment où commençaient à être diffusées en France les idées d’agriculture biodynamique et organique de Rudolf Steiner et Albert Howard.
– le domaine de Pradel est aujourd’hui une ferme-école. Le mas a été reconstruit au XVIIe siècle par Daniel de Serres, le fils d’Olivier.
– enfin il n’est guère aujourd’hui de séance de l’Académie d’Agriculture qui n’évoque l’illustre pionnier.

« Père de l’Agriculture »… « J’honore un homme qui fut grand pour avoir mis au premier rang La terre où sont toutes choses. »
(Charles Forot extraits de son « Ode à Olivier de Serres »)
« Necessitas, commoditas et voluptas » (Vitruve )

Sources:
– « Histoire de la pomme de terre » par Ernest Roze, Paris , J.Rothschild, Editeur 1898, 464 p. Angers, Imprimerie A. Burdin
– Lequenne Fernand, la vie d’Olivier de Serres, Paris, René Julliard, 1945
– Serres, Olivier (de), Le théâtre d’agriculture et mesnage des champs, Genève, Slatkine, 1991.
– Lequenne, Fernand, Olivier de Serres, agronome et soldat de Dieu, Paris, Berger-Levrault, 1983.
– Gourdin, Henri, Olivier de Serres, science, expérience, diligence en agriculture au temps d’Henri IV

C’était un vendredi soir…

bougie

C’était un vendredi soir d’automne comme on les aime : il faisait doux, et les terrasses étaient pleines, à Paris comme à Versailles ou ailleurs. Certains s’étaient regroupés autour des écrans de télévision qui retransmettaient la rencontre de balle-au-pied entre l’équipe de France et celle d’Allemagne tandis que 60.000 personnes remplissaient l’enceinte du Stade de France ; d’autres étaient au cinéma, d’autres encore dans une salle de concert, dont plus d’un millier de jeunes et de moins jeunes au Bataclan. C’était un vendredi 13, et c’était la « journée de la gentillesse »…

En quelques minutes, cette belle soirée a basculé, et ce jour-là restera désormais comme un « vendredi noir », comme un « 13 sanglant » : la terreur a frappé Paris, et les corps déchiquetés par les balles des djihadistes nous rappellent que, désormais, la France est une cible et qu’elle est engagée, qu’on le veuille, le regrette ou non, dans une guerre qui, à défaut d’être mondiale, est mondialisée, frappant indistinctement militaires et civils, et plus encore ces derniers car, dans nos sociétés de communication, le sang des civils effraye plus sûrement que celui des soldats. Les terroristes connaissent bien le fonctionnement de nos sociétés car, souvent, ils y sont nés et en connaissent tous les rites, toutes les fragilités, toutes les peurs…

Carlos, ce terroriste désormais emprisonné dans les geôles françaises, avait froidement déclaré : « il n’y a pas de victimes innocentes », formule qui glace le sang mais qui résume bien l’état d’esprit des actuels djihadistes. Pour eux, frapper au hasard, c’est « viser juste », au cœur de nos sentiments, de nos amitiés, de notre nation… C’est toucher la France en son âme, à travers ses jeunes visages déchirés par la mort brutale donnée par des tueurs fanatisés par le nihilisme islamiste. Les corps allongés sur le trottoir, les draps blancs qui tiennent lieu de linceul, les flaques de sang qui s’étendent jusqu’aux rigoles : c’est la France souffrante, celle qui pleure ses enfants morts sur son sol, sur ses champs de macadam qui sont les nouveaux champs d’horreur, un siècle après la Grande boucherie que l’on espérait, au soir de l’armistice de 1918, la « der des ders »

Nous entrons dans le temps du deuil et du recueillement, et nous n’y manquerons pas. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir, quand il faut et faudrait que l’Etat, dans son rôle régalien, agisse et réagisse. Réfléchir aux causes de ce désordre et de ce désastre, et ne pas hésiter à remonter aux sources et à ceux qui, par leur aveuglement ou leur (fausse ?) candeur, ont permis, sans doute bien malgré eux, que ce pire-là arrive : néanmoins, l’heure n’est pas à les accabler, mais plutôt à les conseiller.

Devant les cercueils alignés dans notre conscience nationale ; devant les larmes qui, désormais, sont celles de tous les hommes et femmes de bonne volonté et de grande humanité, et de tous ceux pour qui le mot France est cette forte réalité d’unité ou cette belle inconnue dont ils ne connaissent parfois que la silhouette ; devant les questions inquiètes que nous posent nos enfants, nous avons le devoir de ne pas flancher, de ne pas nous abandonner à de vaines colères ou à des vengeances désordonnées (et parfois injustes), de ne pas donner raison à ceux pour qui le chaos est le moyen d’établir ou de renforcer leur règne infernal, mais aussi de ne pas tout accepter d’un Pouvoir aux abois prêt à tout pour se survivre à lui-même ; nous devons relever la tête et, séchant nos larmes, retrouver ce sourire calme et digne qui est aussi celui de l’ange de la cathédrale de Reims, et qui est la meilleure réponse à la grimace des Maudits.

Devant cette guerre qui est déjà là et qui est aussi la conséquence tragique des inconséquences des dernières décennies, il nous faudra, malgré tout et sans oublier nos devoirs d’union sacrée, poser « l’immense question de l’Ordre » : en ce sens-là, notre action est aussi politique, éminemment française et capétienne…

J-P Chauvin, vice président du GAR

REFLECHISSONS et gardons raison !

People are evacuated by bus, near the Bataclan concert hall in central Paris, on November 14, 2015. More than 100 people were killed in a mass hostage-taking at a Paris concert hall on November 13 and many more were feared dead in a series of bombings and shootings, as France declared a national state of emergency. AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

REFLECHISSONS et gardons raison !
Ne bêlons pas lorsque les médias nous le demandent mais posons-nous les bonnes questions ! Lorsque le temps de la prière pour le repos des victimes sera passé…

QUI EST RESPONSABLE DE CETTE SITUATION ?

Un Etat qui depuis des années laisse s’installer la misère du monde sur notre territoire, appauvrissant un peu plus sa population qu’il devrait protéger :

  • Un Etat dépassé et vide de substances, qui ne cherche pas à donner les vrais chances à une intégration pour ceux qui le désirent réellement
  • Un Etat qui autorise des « zones de non droit » dans lesquelles s’installent des commerces parallèles et des trafics
  • Un Etat qui tolère chaque jour des agressions, des viols, des trafics, des enlèvements, des braquages, des assassinats, des tortures
  • Un Etat qui laisse des armes de guerre circuler dans des endroits bien connus et dont nos commerces en sont, chaque jour, les victimes
  • Un Etat où la justice trouve continuellement des excuses à des agresseurs alors que la population souffre de ses incohérences
  • Un Etat qui par sa politique ubuesque laisse mourir chaque jour, que ce soit des civils (hommes, femmes et enfants), des policiers où des militaires, sans à aucun instant comprendre pourquoi cela arrive…
  • Un Etat qui depuis khomeini, Sadam, déstabilise le Moyen Orient et livre les populations aux pires barbaries, comme les minorités chrétiennes et cela à cause de nos politiques ubuesques
  • Un Etat qui au nom de faux principes, accompagné d’un guignol aux mains de sang, fait le gendarme du monde sur des charniers humains

Bref cela fait trop longtemps que cette ripoublique se moque de notre peuple. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Libérons-nous de cette caricature d’Etat qui chaque jour détruit tout ce qui nous est cher…
Nous honorons chaque année, un chef d’Etat qui, un 21 janvier, est mort par la main de terroristes, dont l’Etat ripoublicain qui nous gouverne aujourd’hui en est le fruit.

Notre Jour Viendra !

Frédéric Winkler