Kadou

Les gilets jaunes : révolte ou révolution ? :

Au soir de la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, Louis XVI interroge le duc de La Rochefoucauld : Est-ce une révolte ? Avec beaucoup de perspicacité celui-ci répond : Non, sire, c’est une révolution ! Nul doute que dans les cercles du pouvoir tout le monde aujourd’hui se pose une question analogue. Le mouvement des « gilets jaunes » est-il un simple accès de mauvaise humeur que quelques charges de CRS, un report des hausses de taxes et la promesse de vagues comités de réflexion suffiront à régler ou s’agit-il d’un mouvement de fond qui risque de tout emporter ?

La Révolution française

La convocation des États-Généraux en janvier 1789, préalable aux événements révolutionnaires de l’été a, déjà, une origine fiscale. Il s’agit d’obtenir de cette assemblée la levée de nouveaux impôts afin de combler le déficit budgétaire considérable lié au soutien militaire aux insurgents américains. Pour compléter le tableau l’hiver 1788 a été très rigoureux et les récoltes désastreuses. La famine guette ! Enfin l’autorité royale est sensiblement affaiblie par le discrédit jeté sur le roi, et surtout sur la reine à l’occasion de l’affaire dite du collier, mettant en cause Marie-Antoinette. Rivarol pourra en toute vérité écrire, quelques années plus tard : Quand les peuples cessent d’estimer, ils cessent d’obéir. Enfin, de nombreuses forces aspirent à un changement de régime. Le cousin du roi, Philippe d’Orléans dont la fortune est immense, voudrait être calife à la place du calife. Il est grand maître du Grand Orient de France et bénéficie ainsi de l’appui des réseaux maçonniques. La bourgeoisie aspire à tenir dans la direction du royaume un rôle proportionné à sa montée en puissance économique.

Actualité de la Révolution française

En 2018 beaucoup de « gilets jaunes » sont les lointains descendants de ceux qui exprimèrent leurs griefs et remontrances dans les célèbres cahiers de doléances. Comme eux ils se plaignent du poids des impôts et taxes. En 2017 la pression fiscale en France représente 48,4% du PIB soit le taux le plus élevé d’Europe. Comme eux ils sont en situation matérielle précaire. En 2017 le salaire mensuel net médian est de 1710 € net ; difficile, dans ces conditions, de s’offrir un repas à deux, à 200 € sans le vin, en compagnie de Gérald Darmanin… Quant au taux de chômage il reste stable entre 9 et 10% de la population active. Comme eux ils ont le sentiment que des « privilégiés » ne prennent pas leur part du fardeau commun. Les plans ville et les plans banlieue se succèdent au bénéfice des métropoles urbanisées, au détriment de la France périphérique et de la France rurale. Comme eux ils n’ont plus aucune estime pour les plus hauts représentants de l’État. Macron réalisera, peut-être, un jour le tort considérable que lui ont fait ses photos, à l’Élysée, en compagnie de saltimbanques colorés et dénudés en résilles et soutiens-gorges proclamant fièrement être : fils d’immigrés, noir et pédé. Ne parlons pas du scooter de François Hollande, ni des galipettes de Dominique Strauss-Kahn.

Les trois France

Dans la réalité il existe désormais trois France qui ne se comprennent plus, voire se méprisent et se haïssent. La France qui a élu Emmanuel Macron est celle des gagnants de la mondialisation : cadres, professions libérales, hauts fonctionnaires, élus, journalistes, les fameux CSP+, etc. Elle détient le pouvoir et se sent plus proche de son associé de New-York ou Hong-Kong que du garagiste à proximité de sa maison de campagne dans le Lubéron. Rappelons qu’au premier tour de l’élection présidentielle Macron a obtenu 18% des voix avec une participation de 78% de votants ce qui fait 14% du corps électoral. Ce n’est pas un plébiscite ! Vient ensuite la France dite des quartiers que l’on qualifie de populaires pour ne pas dire allogènes. Ce sont les quartiers dits sensibles, les zones de non droit. C’est la France décrite par Laurent Obertone dans son essai : La France interdite. Eric Macé estime que près de « 20% de la population vivant en France peut être perçue comme non blanche » (Slate 14 janvier 2016). Cette population vit, pour une bonne part, de manière autarcique dans des ghettos ethniques, d’aides sociales diverses. Elle est l’objet des soins constants des pouvoirs publics et des médias qui croient qu’ils achèteront éternellement la paix sociale par la démagogie, la flatterie et toujours plus d’argent déversé sur ces quartiers. Ainsi qui croira que François Hollande se serait précipité pour aller réconforter Théo à l’hôpital, en février 2017, alors qu’il prétendait avoir été violé par un policier s’il avait été routier berrichon ? Qui connaîtrait Mamadou Gassama, Malien naturalisé après avoir sauvé un enfant de 4 ans suspendu dans le vide s’il s’était appelé Anton Drosevic et avait été …serbe ?

Humiliés et offensés

Vient enfin la France des sans-dents (F Hollande), des analphabètes (E Macron), des minables (H Clinton). La France des « Gaulois réfractaires » qui se lève tôt, travaille dur et paie ses impôts. Elle est majoritaire dans le pays mais éprouve cependant un puissant sentiment d’injustice. Elle sait que pour avoir été flashée à 83 km/h au lieu de 80, il lui faudra payer l’amende alors que dans le même temps elle n’entendra plus jamais parler des préjudices qu’elle a subis : vols de portables, effractions de voitures, injures, etc. Ceci explique, au témoignage de plusieurs officiers de gendarmerie départementale, qu’en intervention les gendarmes commencent, désormais, par se faire insulter et agonir d’injures. Elle sait que si elle vote mal, comme lors du référendum de 2005 sur la constitution européenne, le système trouvera le moyen de faire avaliser autrement ce qu’elle avait refusé. Le même phénomène vient de se reproduire, il y a quelques semaines, en Nouvelle-Calédonie. Elle a observé que les millions de manifestants pacifiques de 2013-2014 contre la légalisation du mariage homosexuel n’ont pas fait reculer le pouvoir d’un pouce. Elle est un peu fatiguée du militantisme et de l’arrogance du lobby LGBT. Que des messieurs préfèrent des messieurs et des dames des dames après tout c’est leur problème, pense madame Michu, mais qu’ils prennent tout le monde à témoin de leurs tourments, émois et désirs cela commence à lasser. Elle sait que son nom pourrait demain se retrouver sur le mur des cons du Syndicat de la magistrature et que la loi dite républicaine ne s’applique ni dans les zones de non droit ni chaque fois que se produit un litige avec une communauté gitane. Elle n’a plus aucune confiance dans ses élus, à l’exception sans doute des maires, qui sont perçus, d’abord, comme des permanents politiques et syndicaux rémunérés par la puissance publique. Elle sait que, demain, il n’y aura plus assez de médecins, surtout en zone rurale, parce que depuis Jacques Chirac tous les gouvernements ont fixé un numerus clausus de passages en seconde année de médecine trop faible par rapport aux besoins afin de limiter les dépenses de santé. Moins de médecins, moins de prescriptions, moins de déficit de la Sécurité Sociale. Il suffisait d’y penser ! Qui est responsable ? Sans doute une équipe d’énarques qui trouveront toujours un médecin.

Sortir de la crise

Logiquement un État qui prétend s’occuper de tout est accusé de tout ce qui ne va pas. A ce jour l’Etat français n’assure plus ni la paix sociale ni la justice. On ne peut pas « en même temps » chanter, nuit et jour, les louanges de la Révolution française et affirmer comme Macron de retour d’Argentine : « Aucune cause ne justifie que les forces de l’ordre soient attaquées, que des commerces soient pillés, que des bâtiments publics ou privés soient incendiés ». C’est, une fois de plus ignorer le profond désespoir de beaucoup de nos compatriotes (un agriculteur se suicide tous les deux jours) qui voient dans une violence aveugle le seul moyen de se faire entendre. Les manifestants qui ont mis à sac la préfecture du Puy-en-Velay ont peu de chances d’être des casseurs professionnels. Dans jacquerie numérique, il y a toujours jacquerie. Le régime peut choisir la répression brutale comme ce fut le cas pour la révolte du papier timbré en 1675 en Bretagne. Il peut aussi piéger pour les décrédibiliser les meneurs de la contestation comme ce fut le cas en 1907 avec Marcelin Albert porte-parole des émeutes viticoles dans l’Aude. Un régiment d’infanterie s’était rallié aux « séditieux » ! La difficulté, à ce jour, est que les « gilets jaunes » n’ont pas de représentant reconnu. La démocratie directe, c’est compliqué. De plus personne ne connaît réellement l’état d’esprit des forces de sécurité. Elles appartiennent incontestablement, sociologiquement, à la France qui manifeste, et en partagent les mêmes revendications. Demain elles subiront les mêmes hausses de taxes puis le prélèvement à la source dont personne ne connaît l’impact effectivement opérationnel ni psychologique. Elles sont, après les agriculteurs, la catégorie socio-professionnelle à plus fort taux de suicides. Le principal atout, par défaut, d’Emmanuel Macron est sans doute qu’à ce jour personne ne semble incarner de manière crédible cette révolte sociale et identitaire qu’il faudrait un miracle pour transformer en révolution, voire mieux en contre révolution.

Jean-Pierre Maugendre

Renaissance catholique

Un samedi à Paris : le témoignage d’un spectateur engagé :

Partie 1 : L’arrivée aux Champs Elysées :

Cela aurait pu être un samedi comme un autre, à la veille de l’Avent et en ce temps d’attente de Noël durant lequel les Français se pressent dans les grands magasins ou admirent leurs vitrines richement et joliment décorées, pensant déjà aux cadeaux à faire ou à demander. Et puis cela n’a pas été…

Depuis le midi, en même temps que je corrigeais (encore !) des devoirs d’histoire dans la salle des professeurs du lycée, j’entendais depuis l’ordinateur branché sur une grande chaîne d’information les éclats de ce qui, déjà, se passait à Paris, tout autour de la Place de l’Étoile. Bien sûr, j’aurai pu renoncer à me rendre sur les Champs Élysées, puisqu’il y avait confrontation plus que manifestation, mais je dois avouer que j’en ai eu assez d’entendre tout et parfois n’importe quoi sur ce mouvement inédit de protestation populaire, dans les grands médias comme sur les réseaux sociaux. Déjà, depuis plus de trois semaines, j’écoute attentivement ce qui se dit et se clame parfois dans les cafés de la région, de Dreux à Paris, en passant par Versailles et Noisy-le-Roi, ces cafés qui sont autant, comme l’écrivait Honoré de Balzac « d’assemblées du peuple » ; je découpe consciencieusement tous les articles traitant du sujet des « gilets jaunes » et je suis nombre de débats, parfois virulents au point d’en devenir inaudibles, à la radio ou à la télévision, sur ce même thème. J’essaye de m’informer et de comprendre, de réfléchir et de saisir l’essence du moment et du phénomène ; je discute, par forums interposés et directement par moult conversations et rencontres, avec ces fameux « gilets jaunes » et, plus largement, avec ce peuple des invisibles et des mécontents qui sort aujourd’hui de l’obscurité ou de la relégation médiatiques… J’aurai pu me contenter, à l’abri des gaz lacrymogènes et derrière mon écran, de pontifier sur les événements et sur les causes, et les formes, réelles de cette contestation nouvelle : c’est si facile de savoir pour les autres quand on est dans ma position idéale de fonctionnaire intellectuel qui aura toujours son poste quoiqu’il arrive !

Alors, je suis allé à Paris. Sur la route, la radio crachait ses poumons à travers les témoignages enfiévrés des journalistes et des manifestants, mais le terme « chaos » n’était pas encore affirmé. « Incidents », « violences », « dégradations », etc. : ces mots formaient une sorte de ritournelle endiablée, et les propos graves d’un Premier ministre indigné retentissaient drôlement, provoquant le haussement d’épaules plus que l’émotion. L’Arc de Triomphe était occupé par les émeutiers, puis il ne l’était plus et le secteur était sécurisé malgré des affrontements sporadiques aux alentours de l’Étoile : voilà les dernières informations entendues avant de m’engouffrer dans la bouche de métro de Boulogne-Billancourt. J’avais aussi entendu que le port d’un gilet jaune entraînait l’impossibilité d’accéder aux Champs Élysées et je n’avais pas l’intention de le porter, en fait. Habillé chaudement et le cou enserré dans ma grosse écharpe grise, j’avais juste dans mes poches ma vieille carte d’identité, mon stylo quatre couleurs préféré, un peu de monnaie, mon téléphone portatif et mon petit appareil photo, et rien de plus ! Sur ma veste bleue, la fleur de lys ressortait comme une revendication permanente, visible mais discrète.

Sur les quais du métro, les hauts-parleurs annonçaient une courte liste de stations fermées « par ordre de la préfecture de police », celles qui se trouvaient au cœur des manifestations et des émeutes désormais en cours. Quelques gilets jaunes, comme désœuvrés, semblaient errer sur le quai de la station Alma-Marceau, et suscitaient la panique d’un agent de la RATP qui s’accrochait à son talkie-walkie en annonçant à d’invisibles interlocuteurs la présence de ces dangereux émeutiers en puissance, trois hommes d’âge mûr et visiblement fatigués.

En sortant de la bouche de métro, la première impression était étrange : au loin, des détonations se faisaient entendre, et l’hélicoptère habituel des jours troublés tournoyait au dessus de la Seine. Déjà, les rues, pourtant éloignées des affrontements, étaient jonchées de débris, d’éléments de chantier et de poubelles renversées, tandis que des gilets jaunes, de tous âges et des deux sexes, conversaient le long des trottoirs, assis le plus souvent, une canette à la main et la cigarette au bec. Visiblement, ils étaient issus de ce que l’on nommait jadis les « classes populaires » et venaient de province ou des alentours de la Région parisienne : cela s’entendait à leur langage et se voyait à leurs attitudes maladroites, presque gênées et à la fois fières d’être là, à Paris, au cœur de la nation.

Après un bon quart d’heure de marche dans les rues, j’arrivais enfin à un barrage filtrant mis en place pour empêcher les casseurs de renouveler les dégradations de la semaine précédente : j’ouvrais ma veste et présentais ma carte d’identité tandis qu’un gendarme lourdement harnaché et très poli procédait aux palpations dites de sécurité. Je passais sans encombre avec des familles de gilets jaunes qui plaisantaient avec les forces de l’ordre, sans aucune ambiguïté ni moquerie de part et d’autre : une ambiance bon enfant, en somme, que je retrouvais en accédant ainsi aux fameux Champs Élysées, au moins dans le premiers mètres. Le long de l’avenue aux magasins fermés et sécurisés par de grands panneaux de contreplaqué (sauf les grandes marques de la restauration rapide, souvent remplies de manifestants « affamés »), des centaines de gilets jaunes déambulaient, lançant épisodiquement quelques slogans de façon plutôt décontractée et sans véritable acrimonie, même si le nom de Macron était souvent accolé au mot de démission : en fait, plus qu’une manifestation, cela ressemblait à une promenade festive.

C’est en remontant vers l’Étoile que la rumeur des tempêtes émeutières se faisait plus proche, plus bruyante, plus présente : au niveau du Drugstore, des dizaines de camions de police et de gendarmerie étaient garés en file indienne, et une sorte de bulldozer bleu manœuvrait vers l’une des rues sortant de « la plus belle avenue du monde », selon l’expression touristique consacrée ; dans le ciel, le bourdonnement incessant de l’hélicoptère rappelait la proximité de la confrontation tandis que des groupes de gilets jaunes discutaient, goguenards, avec des gendarmes concentrés mais sans agressivité. Intérieurement, je pensais alors que la préfecture de police aurait pu laisser se dérouler librement une telle manifestation pacifique et contrôlée sur les Champs sans vraiment risquer d’incidents… Il y avait là des familles et toutes les tailles de gilets jaunes, beaucoup de retraités et des groupes politiques parfois improbables et, pour certains, nostalgiques des révolutions, comme ceux qui se promenaient avec Le Bolchevik sous le bras, ou cet homme (devenu un ami il y a peu de temps) aux cheveux gris-blancs avec son blouson de cuir roux qui, en Mai 68, avait soulevé le lycée Hoche contre le Pouvoir en place ! Avec ce dernier, nous nous rendîmes dans une rue adjacente que nous pensions fermée, et là, le décor changeait du tout au tout : il m’avait prévenu que, justement là, il y avait eu du grabuge, et c’est un véritable champ de bataille que je découvrais, à quelques dizaines de mètres seulement des Champs. Des centaines de pavés jonchaient le sol, les cars de police étaient recouverts de peintures diverses et formaient des toiles surréalistes, et les casques bleus luisants se coloraient d’autres éclats… Là, ça criait, ça s’invectivait, ça se bousculait, et les visières étaient baissées, les boucliers déployés, la tension palpable ! Le vif du sujet, en somme…

(suite…)

Reconquête et prise du pouvoir : Les occasions manquées…

A Maître Antoine Murat, Guy Steinbach, Jean Marie Keller, le Chevalier d’Orgeix, Pierre Becat, François Marie Algoud qui ont contribués aux réflexions qui vont suivre, aux Camelots morts et à tous ceux qui ont œuvrés et qui œuvrent pour le retour du Roi…

Ce dossier n’est pas écrit et diffusé en attente de polémiques ou de remontrances, ne cherchant aucunement à blesser ni rabaisser des personnes qui, pour la plupart, ne sont plus de ce monde. Il est fait pour l’histoire, avec les quelques connaissances que nous avons, sachant que celles-ci comportent aussi des lacunes. Nous gardons un profond respect pour les grands qui nous ont précédés. Ce texte permet par l’évocation de certains faits, sous un œil critique, d’analyser quelques évènements de notre histoire politique, afin d’éviter d’autres écueils dans les temps que nous vivons et dont nos enfants auront l’héritage et la charge. C’est, comme tous nos travaux, un outil et un seuil de travail pour la réflexion, que seul l’empirisme permet d’apprécier et de valider lorsqu’il s’applique à nous-même. C’est ainsi que nous pouvons, concrètement, agir et espérer pour que, enfin, nous puissions dire sans mentir : notre jour viendra !

Reconquête et prise du pouvoir – les occasions manquées :

Sachant que des sondages effectués par des organismes connus, à plusieurs reprises, auprès de la population ont montré qu’une part non négligeable de la population garde l’espérance pour un retour des lys…
Près d’un Français sur trois prêt à voter pour un candidat royaliste
VIVE LE ROI – Selon un sondage, une partie non négligeable de l’opinion serait favorable à ce que la fonction de chef de l’Etat soit assumée par un roi, comme c’est le cas dans de nombreux pays européens (30 août 00:11TF1 group). Abolie en France il y a 168 ans, la monarchie conserve encore et toujours des adeptes. Un sondage réalisé par BVA et publié ce lundi, indique en effet que de nombreux Français pensent que la présence d’un roi au sommet de l’Etat serait bénéfique pour le pays. Près d’un Français sur quatre, estime par exemple que cela aurait des conséquences positives sur l’unité nationale (39%) et la stabilité du gouvernement (37%). Ils étaient à peine 23% en 2007, année où un sondage similaire avait été réalisé. Pour 31% des Français, remplacer le président de la République par un monarque donnerait une meilleure image de la France dans le monde (24% en 2007) … « Le contexte actuel pousse les Français à s’ouvrir à cette possibilité » …A noter tout de même que près de trois électeurs sur dix (29%) se disent prêts à voter pour un candidat royaliste au premier tour de la présidentielle. « La série d’attentats qui a touché la France en 2015 et 2016 a mis au cœur du débat la question de l’unité nationale, dans un contexte de défiance à l’égard de l’exécutif, voire de la classe politique dans son ensemble. C’est probablement cette lassitude corrélée à de fortes attentes qui peut expliquer le regain d’intérêt pour un mode alternatif de régime », explique BVA… Enquête réalisée avec Alliance Royale auprès d’un échantillon de 1099 Français, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus et recrutés par téléphone puis interrogés par Internet du 22 au 23 août 2016

Qui, en tant que Royaliste, ne s’est jamais posé la question de savoir pourquoi en ce début du XXIè siècle le royalisme n’est pas une force politique puissante aux portes du pouvoir, ou tout simplement, pourquoi sommes-nous encore en république ?
Pour répondre à cette question, nous allons faire une analyse empirique globale sur l’évolution du royalisme en France depuis la Troisième République. Nous ne traiterons pas des Guerres de Vendée, dont nous retiendrons Georges Cadoudal et Louis de Frotté comme ayant été les seuls complotistes sérieux contre le régime républicain et l’empire, le marquis de la Rouerie reste aussi parmi ceux des plus importants. Les autres chefs de l’Armée Catholique et Royale n’avaient pas vraiment de réelle stratégie et étaient surtout trop divisés.

En 1870, Gambetta et son parti républicain profitèrent de la défaite de Napoléon III à Sedan face aux Prussiens pour prendre le pouvoir. Gambetta proclama la IIIè république le 4 septembre 1870 à l’Hôtel de ville de Paris. Sachant que la majorité à l’assemblé nationale était Royaliste, il n’y avait qu’à voir les résultats des élections législatives de 1871 : il aurait été facile de destituer cette république opportuniste en considérant à juste titre le coup de force de Gambetta comme illégitime et frauduleux. Néanmoins les Royalistes n’en firent rien ! Car ceux qui furent élus sous l’étiquette « Royalistes » étaient en réalité une bande de fieffés féodaux qui voulaient bien d’un Roi, mais si possible un Roi au service de leurs intérêts personnels, au détriment de ceux du peuple. Le Comte de Chambord, qui devait être ce Roi, refusa ce compromis et au travers de ses divers manifestes, il fit comprendre que la politique qu’il mènerait, lorsqu’il serait au pouvoir, serait celle de ses ancêtres Capétiens. Une Monarchie sociale au service de son peuple contre les féodaux ! En conséquence et sous couvert d’une fausse affaire de drapeau, orchestrée par les féodaux en question, la Monarchie ne fut pas rétablie et la république s’enracina inexorablement. Lire à ce sujet « Henri V et les féodaux » de Pierre Bécat décrivant dans les détails comment une poignée de ducs a évincé le Comte de Chambord pour des raisons fallacieuses… Ce fait est confirmé également par l’historien Henri Guillemin dans son cours d’histoire audiovisuel sur : « L’autre avant-guerre 1871-1914 »…

(suite…)

Les gilets jaunes, une contestation issue du « pays réel » :

L’État semble ne pas en avoir fini avec les gilets jaunes et le gouvernement paraît inflexible, à défaut de savoir comment gérer ce mouvement de colère désordonné et insaisissable, sans doute plus politique dans sa signification que dans sa formulation. Bien sûr, cette colère retombera ou s’épuisera, et ce que l’on pourrait qualifier de « pays légal », qu’il soit syndical ou politicien, respirera, tandis que la mondialisation poursuivra sa marche en avant, néanmoins ralentie et plutôt déconsidérée ses dernières années dans nos contrées : mais rien ne sera réglé, et le ressentiment des classes populaires et moyennes les moins aisées ira croissant, s’exprimant dans les urnes (sans menacer vraiment l’ordre des choses établi depuis longtemps par la République) et sur les réseaux sociaux, déversoirs de la colère et, en définitive, nouveaux amortisseurs de cette dernière après en avoir été le catalyseur et l’éphémère organisateur.

Pour l’heure, le gouvernement joue la carte du pourrissement du « conflit », en espérant que « ceux qui se lèvent tôt » se fâchent contre les « fâchés des taxes » : les boulangers privés de farine à cause des blocages alors que les commandes non traitées s’accumulent et profitent aux grandes surfaces, mieux achalandées et préparées à ce genre de situation (au moins pour les premiers jours), ou les commerciaux obligés de patienter des heures dans les ralentissements et perdant parfois de précieux clients, entre autres, n’apprécient guère les formes du mouvement même si, eux aussi, se plaignent de la pression fiscale trop forte. « Diviser pour mieux régner » reste la stratégie privilégiée par une République à court d’idées et d’arguments, mais indique aussi sa fragilité, confirmée par quelques sondages qui, au-delà du président Emmanuel Macron, signalent une sorte de « démotivation démocratique » plutôt inquiétante car possiblement nihiliste.

(suite…)

Gloire et honneur à nos combattants de 14-18 :

Chanson de Craonne :

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendr’ les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le coeur bien gros comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambour même sans trompette
On s’en va là haut en baissant la tête

REFRAIN
Adieu la vie adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchées huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

REFRAIN

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la mêm’ chose
Au lieu de s’cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens car nous n’avons rien
Nous autr’s les pauvr’s purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là

DERNIER REFRAIN

Ceux qu’ont l’pognon ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour messieurs les gros
D’monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

LE MYTHE DU SAUVEUR AMÉRICAIN :

À chaque anniversaire de la victoire de 1918, documentaires, articles et autres livres mettent en avant le rôle capital joué par l’armée américaine dans la défaite de l’Allemagne. Les films d’époque sont rediffusés : arrivée massive des troupes américaines dans les ports français, entraînements à l’arrière du front, défilés impeccables. Ces images qui avaient été tournées pour démontrer que le nouvel allié américain était très puissant ont parfaitement rempli leur rôle : remonter le moral des civils et des soldats qui combattaient depuis 1914. Mais cette propagande a eu une conséquence inattendue : convaincre les générations suivantes que la victoire de 1918 était d’abord une victoire américaine !
Or, les faits démontrent le contraire : l’armée américaine est principalement transportée par la marine britannique, elle est équipée par les industriels européens et entraînée par l’armée française ! Et elle n’est évidemment pas la plus représentée sur le front : en mars 1918, alors que 110 divisions françaises, 56 britanniques, 12 belges, 2 portugaises luttent sur le front occidental contre 192 divisions allemandes, seules 2 divisions américaines sont présentes !
Pour la première fois, cet essai passionnant ose remettre en cause le mythe du « sauveur américain » qui nous fait croire, depuis près d’un siècle, que la victoire de 1918 est américaine alors qu’il s’agit avant tout d’un remarquable succès français, britannique et italien.

Dominique Lormier, historien et écrivain, est considéré comme l’un des meilleurs spécialistes d’histoire militaire. Chevalier de la Légion d’honneur, il est l’auteur de plus de 120 ouvrages.

 

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Le Nouvel Ordre Mondial n’existe pas ? :

 

Faisons un petit exercice en analysant une version officielle d’un sujet précis suscitant quelques interrogations. Prenons le cas d’un thème récurrent souvent associé au conspirationnisme : le Nouvel Ordre Mondial. Le site « conspiracywatch » qui se dit être un observatoire du conspirationnisme, a fait une vidéo traitant du sujet. Cette vidéo, soutenue par la DILCRAH, présente le sujet de la façon suivante : « Ce mythe est né dans les années cinquante, aux Etats-Unis, au sein de l’extrême droite anticommuniste. Dans les années qui suivent, il fusionne avec d’autres croyances conspirationnistes et commence à essaimer bien au-delà de l’extrême droite traditionnelle, séduisant aussi bien dans la gauche radicale que dans les sphères religieuses intégristes. Thème de prédilection de la mythologie conspirationniste contemporaine, le « Nouvel Ordre Mondial » renvoie à un très grand nombre de significations différentes. Pour nourrir leurs obsessions, de nombreux conspirationnistes n’hésitent pas à sortir de leur contexte ces trois mots lorsqu’ils sont prononcés par des personnalités politiques de premier plan. » Donc officiellement le NOM n’existe pas, ce n’est qu’un mythe issu de l’extrême droite ou des milieux religieux intégristes. La vidéo se termine même en disant que le NOM n’est qu’un banal phénomène de croyance… Très bien, voilà en gros pour la version officielle telle que nous devons la croire. Alors sans remettre en cause cette version, nous allons simplement poser une série de questions qu’elle suscite. Il ne s’agit que de simples questions conséquemment à notre esprit critique, rien de plus. Alors allons-y :

Pourquoi cette version officielle ne mentionne-t-elle pas le fait que l’expression « Nouvel Ordre Mondial » a été utilisée pour la première fois par l’écrivain britannique H. G. Wells dans son roman « The New World Order » en 1940 ? Pourquoi ne parle-t-elle pas non plus de Jean-Baptiste Cloots, dit Anacharsis Cloots (1755-1794) révolutionnaire allemand, qui fut le premier à défendre l’idée de citoyenneté mondiale et d’une constitution qui vaudrait pour tous les hommes ? Sans oublier ses trois œuvres exprimant ouvertement l’élaboration d’un gouvernement mondial appelé « République universelle » qui sont : La république universelle ou adresse aux tyrannicides, 1792. Bases constitutionnelles de la république du genre humain, 1793 et Appel au genre humain, 1793.

Pourquoi cette vidéo de la version officielle de ce qu’est le NOM n’a-t-elle pas mentionné Pierre Hillard et tous ses travaux sur le sujet ? Ce dernier étant un spécialiste reconnu sur ce sujet, le minimum aurait été de parler de lui ! Mais là rien !

Et pourquoi cette vidéo ne mentionne-t-elle pas aussi le discours de Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2009, présentant ses vœux aux corps diplomatiques étrangers ? Il disait : « Je puis vous dire une troisième chose : on ira ensemble vers ce nouvel ordre mondial et personne, je dis bien personne, ne pourra s’y opposer. » Mettant en évidence l’aspect totalement antidémocratique de la mise en place de ce NOM, corroborant d’ailleurs ce qu’en disent ceux qui sont qualifiés de complotistes…

Sans oublier l’économiste passe-partout Jacques Attali qui n’a que « Nouvel Ordre Mondial » à la bouche et qui n’hésite pas aussi à préciser que la Capitale de ce NOM serait Jérusalem…

Bref, voilà  en gros quelques petites questions qu’on est en droit de se poser face à la propagande officielle sur ce sujet. Néanmoins cela peut suffire aux inquisiteurs de la bien-pensance pour nous taxer de complotistes à défaut de répondre clairement à ces questions. Un peu comme Manuel Valls avec les Bilderberg ! Ce qui serait de leur part une forme d’aveu de leur manipulation, car comme nous l’avons déjà dit : on ne pratique jamais le terrorisme intellectuel lorsque l’on a la vérité !

P-P Blancher

L’hypocrisie de la laïcité républicaine :

Les républiques en France ont toujours été anticléricales par essence. Depuis la Convention jusqu’à la Cinquième, chacune à leur manière, elles ont lutté de façon acharnée contre la religion catholique.

Celle qui a ouvertement fait de l’anticléricalisme son cheval de bataille fut la Troisième république. Faisons d’ailleurs un petit bilan rapide et non exhaustif des lois antireligieuses qui furent votées durant cette période :

  • 1879 : Exclusion du clergé des commissions administratives des hôpitaux et des bureaux de bienfaisance;
  • 1880 : Suppression des aumôniers militaires. Interdiction aux magistrats d’assister en corps aux processions de la Fête-Dieu. Suppression de l’enseignement religieux dans les examens
  • 1881 : Suppression de l’enseignement religieux dans les écoles maternelles. Sécularisation des cimetières ;
  • 1882 : Crucifix enlevé des écoles. Suppression des aumôniers de lycées. Enseignement religieux interdit dans les écoles primaires.
  • 1883 : Interdiction aux troupes de paraître en corps aux cérémonies religieuses ;
  • 1884 : Suppression des prières à la rentrée du Parlement. Suppression des aumôniers dans les hôpitaux et de l’exemption des clercs du service militaire ;
  • 1886 : Exclusion des congréganistes de l’enseignement public. Organisation de l’école laïque
  • De 1901 à 1904 – Dissolution et spoliation des Ordres religieux. Suppression du crucifix dans les tribunaux. Suppression aux Congréganistes de tout droit d’enseigner.
  • Emile Combe alors ministre de l’Instruction publique et des Cultes, met en pratique ses convictions laïques et fait fermer en quelques jours plus de 2.500 écoles religieuses. Le 7 juillet 1904, il fait voter une nouvelle loi qui interdit d’enseignement les prêtres des congrégations.
  • Le 9 décembre 1905, le député socialiste Aristide Briand fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l’État. La loi s’applique aux quatre confessions alors représentées en France : le catholicisme, les protestants luthériens, les protestants calvinistes et les israélites. Elle clôture 25 ans de tensions entre la République et l’Église catholique, l’une et l’autre se disputant le magistère moral sur la société. La loi de séparation de l’église et de l’état (1905) avait prévu de remettre les bâtiments des églises à des « associations cultuelles », que les fidèles devaient constituer. Avant ce transfert de responsabilité, la loi organisa un inventaire des biens de chaque église.
  • 1907 – Suppression des aumôniers de la marine ainsi que de la formule : « Dieu protège la France », inscrite jusque-là sur les monnaies…
  • Etc…

(suite…)

Le libéralisme vu par La Tour du Pin :

Le libéralisme mondialisé paraît aujourd’hui si dominateur que rien ne semble devoir l’ébranler, et la cinglante réplique de Margaret Thatcher aux partisans du keynésianisme, « There is no alternative », a désormais valeur d’idéologie officielle à la tête de l’Union européenne, si bien incarnée par la rigidité technocratique d’un Pierre Moscovici qui s’en prend aujourd’hui aux États espagnol et italien parce que ceux-ci, après des années d’austérité, souhaitent redistribuer plus justement (même si l’on peut discuter des aspects de cette redistribution) les fruits des efforts précédents : après tout, il n’est pas injuste de vouloir redonner un peu d’air à des populations « de base » sur lesquelles ont longtemps reposé les politiques de restriction budgétaires tandis que les grandes sociétés multinationales locales, elles, se sont avérées parfois fort généreuses avec leurs actionnaires… Mais la Commission européenne ne l’entend pas de cette oreille, arguant que les dettes publiques de ces deux États sont trop élevées pour se permettre de faire des « cadeaux » aux contribuables espagnols et italiens, et elle a même rejeté le budget de l’Italie ce mardi. La France pourrait bien, d’ailleurs, faire les frais de cette intransigeance européenne, au risque d’accentuer encore un mécontentement social et populaire qui ne se limite pas aux seuls retraités. La « promesse de l’Europe » semble bien s’être noyée dans les considérations comptables, celles-la mêmes que méprisait de Gaulle, non pour les nier mais pour les remettre à leur place qui ne doit pas être la première.

 

Le libéralisme actuel de la Commission européenne a, il y a quelques années et encore aujourd’hui, empêché les États de défendre efficacement leurs industries nationales, au nom des droits des consommateurs qui, en définitive, s’apparente plus à ce « devoir de consommation » qui s’impose en société de consommation au détriment, souvent, des producteurs comme de l’environnement. La mondialisation est souvent vantée comme le moyen d’avoir les prix les plus bas, au risque d’en oublier la justice sociale et l’intérêt national bien compris, ce que le royaliste social et corporatiste La Tour du Pin a, dès la fin XIXe siècle, dénoncé avec vigueur à travers articles et publications nombreux. Son monarchisme était « illibéral », non par idéologie mais par souci social, et il serait peut-être encore plus sévère avec un libéralisme contemporain qui, comme hier, veut absolument s’émanciper de toute contrainte et refuse toute notion de limites, au seul profit de l’égoïsme individuel et oublieux de toute réalité environnementale.

 

Bien avant que la mondialisation libérale soit devenue la « norme », La Tour du Pin avait discerné les risques de celle-ci pour les activités productives de notre pays et pour les conditions de travail comme de vie des exploités de ce système qui, en définitive, s’avère l’un des plus grands dangers pour l’équilibre des sociétés et la justice sociale, malheureusement si négligées désormais par les oligarques qui gouvernent l’Union européenne.

 

En quelques lignes, parues dans les années 1880, tout, ou presque, est dit et annoncé :  « Le système de la liberté sans limites du capital a-t-il développé la production, comme on le prétend, aussi bien qu’il l’a avilie? Nullement. Il l’a laissée dépérir sur le sol national, en émigrant lui-même, là où il trouvait la main d’œuvre (…) à meilleur marché (…). Les conséquences du système lié à la multiplicité des voies de communication (…) seront de ne plus pourvoir le marché que par les produits des populations les plus misérables; le coolie chinois deviendra le meilleur ouvrier des deux mondes, parce qu’il n’aura d’autre besoin que ceux de la bête. Puis, comme l’ouvrier, l’ingénieur, l’agent commercial, le banquier lui-même seront pris au meilleur marché. (…) Voilà comment une décadence irrémédiable attend, dans l’ordre économique,la civilisation de l’Occident au bout de cette voie de la liberté du travail où elle s’est engagée avec la doctrine de ses philosophes pour flambeau, la science de ses économistes pour guide, et la puissance de ses capitalistes. »

 

Extrait du livre « Vers un ordre social chrétien », rédigé par René de La Tour du Pin, qui fût toute sa vie un ardent défenseur de la Cause monarchique sociale, et qui voyait loin, ce texte paraît aujourd’hui prémonitoire… Pour autant, il n’est pas un appel au fatalisme mais, au contraire, un appel à réagir en condamnant ce capitalisme libéral, règne d’une « fortune anonyme et vagabonde » : réagir, non par l’imposition d’un étatisme tout aussi, bien que de manière différente, dévastateur pour les libertés des producteurs ; réagir par la renaissance du politique qui doit imposer, de par sa présence tutélaire et de par son essence publique, le nécessaire esprit de « devoir social » aux forces économiques et financières de ce pays, et à celles qui prétendent y faire affaire…

 

Jean-Philippe Chauvin