Kadou

De l’actuelle dictature de l’opinion…

enchainéIl n’est pas un de nos actuels politiciens qui, usant de la candeur et de la verve que n’auraient guère renié les antiques sophistes, s’évertue à démontrer l’ineptie profonde des trop nombreux sondages de notre temps, dès lors que l’idée qu’ils défendent se trouve affaiblit ou pire, donnée perdante. Diatribes souvent pitoyables et peu crédibles car une fois élus, ces mêmes politiciens n’auront de cesse de regarder avec la juvénile fébrilité de l’adolescent boutonneux ces sondages, ajustant leur politique et leurs décisions sur l’opinion majoritaire, cette doxa vulgus qu’exécrait Platon pour sa volatilité et sa fragilité.

L’objectif quasi-affiché de cet « ajustement » politique est évident : ramener le maximum de voix, user encore et toujours de manipulations démagogiques pour s’assurer une majorité relative d’électeurs et donc, conserver le poste et ses privilèges. L’exemple présidentiel est à ce propos édifiant : depuis le véritable commencement des instituts de sondages au début des années 1970, chaque président de la république a décidé de fixer sa politique non plus sur le Bien Commun, non plus sur un réel programme politique, mais sur les résultats des sondages et sur l’idée qu’ils avaient de « l’opinion publique ». Si les récents quinquennats (Sarkozy, Chirac) pullulent littéralement d’exemples, force est de constater cette constance chez leurs prédécesseurs : par exemple, la Loi de 1973 sur l’avortement fit écho à un « sondage » manipulateur de l’Institut SOFRES où une majorité des françaises interrogées « aideraient une amie en cas de grossesse non désirée, dans des conditions matérielles, sociales ou psychologiques très mauvaises ». Entre l’entraide à une amie et l’avortement de l’enfant à naître, il n’y a qu’un pas que de nombreux malthusiens s’étaient empressés de franchir…

Or, ce changement complet de ligne directrice politique, cette « dictature de l’opinion », revêt aujourd’hui un caractère particulièrement dangereux pour notre pays : parce qu’elle est intrinsèquement volatile et manipulable au niveau national, l’opinion publique n’est à l’évidence pas garante de la vérité. Loin de l’utopique «volonté générale éclairée» décrite par Rousseau dans son livre Le Contrat Social, la majorité est aujourd’hui, à l’heure où le pouvoir médiatique est à son paroxysme, un ensemble malléable et informe, incapable de poser une réelle pensée objective et intelligible.
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Les lendemains de la présidentielle

visudehorsbouffonsJ’ai tenu une conférence jeudi 19 avril 2012 à Rennes sur les lendemains de l’élection présidentielle, sur cette sorte de « gueule de bois » qui attend sans doute la France, au petit matin du 7 mai et dans les semaines et mois à suivre, quel que soit le malheureux élu le 6 mai au soir…

En voici les principales lignes, en trois parties : (Il n’y a que les deux premières parties sur ce N° de l’ASC.)

1. Programmes et promesses des candidats, et montée des colères françaises.

Les programmes et les promesses des différents candidats à l’élection présidentielle, et en particulier ceux des deux principaux favoris, semblent négliger les réalités de la crise et les données actuelles de la mondialisation, ce que soulignent avec une certaine condescendance malsaine les journaux économiques des pays étrangers (en particulier anglo-saxons et germaniques), comme le New York Times, ou des éditorialistes français comme Claude Imbert dans Le Point, entre autres : certains parlent, non sans raison, d’une « campagne hors-sol»…

Ces critiques sont bien sûr largement fondées mais elles ne sont pas non plus sans arrière-pensées : le New York Times ou les principaux médias économiques, dont BFM business en France, sont souvent très représentatifs de ces milieux d’affaires mondialisés, de ces grandes institutions financières et économiques qui animent les Bourses et les échanges internationaux, représentatifs de ce que l’on pourrait appeler « la finance anonyme et vagabonde », jadis dénoncée par le duc d’Orléans dans les années 1900 avant de l’être par M. François Hollande dans son fameux discours-programme du Bourget… Je cite ses extraits qu’il conviendrait de retenir et de lui rappeler lorsqu’il sera aux commandes du pays (s’il est élu, naturellement) :
« Je vais vous dire qui est mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

https://soundcloud.com/user5994089/les-pr-sidentielles-2012-la

S’ils sont sévèrement jugés par les médias européens et internationaux, voire français, les propos et programmes des grands candidats répondent aussi, et en cela ils vont à l’encontre des réalités (même s’il n’est pas impossible de vouloir les changer, d’ailleurs : encore faut-il reconnaître d’abord ce qui est avant d’envisager de le modifier…), à un besoin de « rêver », d’imaginer « autre chose » que ce qui existe et fait souffrir… En somme, les programmes et les promesses, nombreuses même si, chez les grands candidats elles restent « prudentes » et plutôt minimales au regard de l’enjeu présidentiel, entretiennent une sorte d’illusion rassurante sur l’état de la France et son avenir.

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La fatigue démocratique et les abstentions…

présidentielles3A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle, le bilan que l’on peut tirer de la campagne électorale est mitigé : si nombre d’idées intéressantes ont été développées par les uns ou par les autres, leur intérêt et leur crédibilité dépendent évidemment de la possibilité de leur application d’une part, de la volonté de les mettre effectivement en pratique d’autre part… Et je ne suis pas sûr que les candidats, quels qu’ils soient, croient toujours en ce qu’ils avancent ! Cette démagogie est agaçante même si elle est sans doute inhérente au jeu électoral lui-même qui force à promettre plus que l’on ne peut effectivement tenir, l’important étant, en fait, de faire le meilleur score possible pour pouvoir espérer exercer le Pouvoir ou peser, d’une façon ou d’une autre, sur lui.

Cette désagréable impression d’une grande tromperie, même si on peut parfois la trouver exagérée et, dans certains cas, déplacée, peut permettre de mieux expliquer la montée de l’abstention qui corrode sérieusement la légitimité démocratique des postulants et de celui qui sortira vainqueur de la confrontation des deux tours. Bruno Frappat évoquait jadis « la fatigue démocratique » et celle-ci ne se dément pas ces dernières années, surtout depuis le déni gouvernemental, parlementaire et européen du scrutin référendaire de mai 2005 : j’entends souvent cette récrimination contre les partis et contre l’Union européenne qui n’ont pas respecté le vote (officiellement…) souverain des électeurs français (et néerlandais aussi par la même occasion), et l’ont contourné quelques années après par la ratification simplement parlementaire d’un « mini-traité » (sic !) quasi identique au traité constitutionnel rejeté en 2005.

Ce discrédit de la démocratie « légale » est une réalité qui, pourtant, ne doit pas empêcher de faire de la politique et de s’exprimer, y compris par le vote. Si je peux comprendre l’abstention, je n’en fait pas pour autant la promotion, comme je n’en fais pas non plus la dénégation systématique : je distingue d’ailleurs « l’abstention de confort » (souvent liée à une certaine paresse civique ou à un tout aussi certain fatalisme politique) de « l’abstention de combat » qui est l’aboutissement d’une réflexion politique et qui est revendiquée et argumentée, comme celle du royaliste Lorant Deutsch, par exemple.

Quant à moi, puisque la question sur mes intentions de vote m’est régulièrement posée, je rappelle que, depuis 1981 et pour la seule élection présidentielle je glisse toujours le même bulletin éminemment symbolique (et personnel, car cela n’engage que moi et non ceux qui partagent les idées royalistes que je prône aussi…) : un bulletin fait à la main, orné d’une belle fleur de lys et portant juste l’inscription « vive le roi »… Ma parole politique, ceux qui me lisent le savent bien, ne se limite pas à un carré de papier et, pour cette élection si particulière et qui touche au coeur même du système, je préfère le symbolique au choix du « moins pire »…

Ce qui ne m’empêche pas, aux autres élections (législatives, cantonales, municipales, régionales, professionnelles, etc.) de choisir entre les différents noms ou listes proposés…

Un royaliste n’est pas un exilé de l’intérieur, mais un citoyen actif, « par tous les moyens même légaux »

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Quel régime pour la France ?

dernière heureNotre grand poète Alfred de Vigny, à qui on demandait quel est le meilleur gouvernement possible, avait répondu : « C’est celui dont on entend le moins souvent parler et qui coûte le moins cher au citoyen ».
Une telle définition correspond aussi bien à une monarchie qu’à un système comme la Suisse où les institutions fonctionnent d’elles-mêmes pour rechercher le bien commun au-delà des clivages idéologiques. Et quand il y a des difficultés, la population et ses élites se concertent pour trouver une solution acceptable pour tous. Si c’est impossible de trouver un compromis, le Roi arbitre ou soumet la question au référendum.
Voilà le régime qu’il faudrait à la France.

Comme un tel régime marche bien (voir la Suisse), on n’en parle guère et chacun vaque à ses occupations.
Par contre le système que nous connaissons pourrait, à l’aune de la réflexion de Vigny, est considéré comme le pire gouvernement possible.
C’est un gouvernement extraordinairement coûteux et totalement inefficace. Le pays va de plus en plus mal et tout s’aggrave. Mais on en entend parler à longueur de journée et tout le monde est énervé au dernier degré.
Dans cet Etat, qui porte le nom de Cinquième République, une clique d’arrivistes forcenés et de dangereux démagogues sont parvenus à accaparer le pouvoir au nom de la « Démocratie », érigée au rang de divinité des temps modernes. Pour détourner l’attention du Peuple, qui est à la fois accablé, dépressif et impuissant, on organise périodiquement avec l’aide des médias, grands prêtres de cette nouvelle religion, d’immenses jeux de rôle nationaux. Ces jeux de rôles qui rappellent les jeux du cirque à Rome, portent le nom « d’élections ».

Personne ne sait trop bien pourquoi il vote, mais il espère surtout obtenir l’éviction de l’oligarque au pouvoir détesté et méprisé. Ainsi le système repose essentiellement sur la haine de celui qui dirige, haine qui est constamment attisée par les clans rivaux, adversaires en apparence, mais en réalité complices. Encore une fois, c’est un jeu de rôle, une scène de théâtre. Comme dans une corrida, l’attention de la proie (ici le Peuple) est dirigée vers quelque chose de secondaire, un chiffon rouge que l’on agite devant lui.
Du coup l’électeur ne prend pas garde au fait qu’un autre oligarque le remplacera nécessairement, parfois pire encore. Mais paradoxalement, l’échec entretien le système car tout est organisé pour que le peuple ne puisse pas véritablement secouer ses chaînes.
Pendant ces campagnes électorales, périodiques, ruineuses et inutiles, chaque clan met en accusation une autre partie du pays : les pollueurs, les riches, les fonctionnaires, les « marchés », les immigrés, etc… Chaque clan jure qu’il résoudra les problèmes à sa façon et qu’il punira les méchants, notamment les méchants contribuables de la classe moyenne. Il les punira financièrement par la taxation à outrance. Il promet aussi de donner aux victimes de la société : les étrangers, les homosexuels, les délinquants, etc…La place qui leur revient et les droits dont ils ont été injustement privés pendant des siècles, voire des millénaires…

En réalité tout le monde sait pertinemment qu’il ne résoudra rien du tout et que tout ira encore plus mal après. Mais cela soulage sans doute sur le moment l’électeur irrité…
Une fois les élections passées, comme après la prise d’une drogue, le peuple découvre avec consternation qu’il a été encore une fois berné. Mais on lui explique doctement que c’est de sa faute et que tous les autres systèmes sont pires encore. Churchill l’a dit il y a 70 ans, donc c’est forcément vrai…Et la descente aux enfers continue…Et les oligarques ricanent de plus belle, se réjouissant entre eux de l’incroyable stupidité des français !
Telle est la République dans ses pompes et dans ses oeuvres !

Tout cela est évidemment grotesque. On en rirait si nous n’étions pas pris en otage dans cette machination perverse.
Les solutions existent; elles sont simples au fond. Il faut d’un coté de vraies élites et une autorité, de l’autre une implication du peuple dans la gestion politique, en particulier au niveau local.
Mais dans l’état actuel des choses, les oligarques au pouvoir n’ont aucun intérêt à mettre en oeuvre des solutions. L’objectif de la République n’est pas de sauver le pays, mais d’assurer sa survie.
Un médecin avait écrit un ouvrage célèbre dans les années soixante qui s’intitulait « Le silence des organes ». Il montrait que dans l’état de santé, on ne prête même pas attention aux organes de son corps, tandis que dans la maladie on les entend souffrir et grincer on est à l’écoute de toutes les réactions du corps, on note tout…
De ce point de vue il est évident que la France est un pays gravement malade et drogué par des charlatans.

Olivier Tournafond

Questions à M. Tournafond

Voici une petite série de questions que nous avons envoyé au professeur Olivier Tournafond,
au sujet des élections présidentielles.

Nous remercions M. Tournafond pour avoir eu l’amabilité d’y répondre :

tournafond1GAR : Que pensez-vous globalement du principe démocratique consistant seulement à nommer un président de la république ?

O. Tournafond : Il n’y a pas que le Président de la République qui soit élu. Toutes les fonctions politiques donnent lieu à une élection. Mais la manière dont ces élections sont organisées a permis progressivement à une oligarchie d’arrivistes de confisquer le pouvoir à son profit et l’élection du président est seulement la plus médiatisée. Elle permet de transformer en dictateur temporaire un chef de parti, qui souvent ne représente guère plus que 15% de l’ensemble du corps électoral. C’est un système pervers et artificiel, une « démocratie d’apparence », ce qui explique le taux d’abstention massif actuellement constaté.

GAR : Tous les « démocrates » de la république qui sont si prompts à donner des leçons de démocratie au monde entier, quelle leçon de démocratie leur donneriez-vous ?

O. T : Je leur conseillerai de mettre en place des mécanismes de démocratie directe comme en Suisse permettant au peuple de contrôler véritablement la vie politique. Sinon la prétendue démocratie n’est qu’une oligarchie de mafieux. Une fois mis en place ces mécanismes (votations populaires, référendums vétos, mandat impératif, etc…) on pourra y voir plus clair et on essaiera de dégager des autorités arbitrales reposant sur la compétence et le respect de la tradition française. Le peuple souhaite lui-même être encadré par des autorités légitimes. Un roi sera nécessairement plus légitime et représentatif qu’un ambitieux qui ne représente qu’un français sur dix…

GAR : Comment expliquez-vous l’engouement que peut susciter les présidentielles chez les français ?

O. T : On touche là à l’inconscient collectif. C’est un spectacle assez sordide, assez malsain, comparable aux jeux du Cirque à Rome. Sauf qu’ici ce ne seront pas les gladiateurs qui seront mis à mort, mais les citoyens minoritaires qui se verront obligés de subir la dictature implacable du parti gagnant. La démocratie suisse ignore ce genre de mise en scène à grand spectacle et la Suisse est le pays le plus prospère du monde.

GAR : Le vote blanc fait-il parti selon vous du jeu démocratique ou faut-il effectivement l’ignorer ?

O. T : Le vote blanc doit évidemment être pris en compte et on doit considérer que si les votes blancs l’emportent il n’y a pas de quorum. Le vote blanc est une manière d’indiquer que l’offre politique n’est pas satisfaisante.

GAR : Quel avenir donnez-vous à la cinquième république avec son principe actuel de fonctionnement ?

O. T : Peu de temps en vérité, mais « peu de temps » peut-être encore long à l’échelle de l’histoire : 2 ans ? 5 ans ? 10 ans ?
Ce régime devrait tomber malgré tout tant il est usé et (justement) méprisé par la population. Il tient par sa seule force d’inertie et par la complicité de ceux qui en profitent. Mais sa chute est à terme inéluctable car les forces d’érosion qui le travaillent sont plus fortes. Un philosophe à dit « Tôt ou tard les forces de la Nature l’emporteront ».

J’ai vécu dans votre futur…

drapeauurssue

Il est étonnant qu’après avoir enterré un monstre, l’URSS, on en construise un autre tout semblable, l’Union Européenne.
Qu’est-ce, au juste, que l’Union Européenne ? Nous le saurons peut-être en examinant sa version soviétique. L’URSS était gouvernée par quinze personnes non-élues qui se cooptaient mutuellement et n’avaient à répondre à personne.
L’Union Européenne est gouvernée par deux douzaines de gens cooptés qui se réunissent à huis clos, ne répondent à personne et ne sont pas limogeables.

On pourrait dire que l’UE a un parlement élu. L’URSS aussi avait une espèce de parlement, le Soviet Suprême. Nous avalisons sans discussion les décisions du Politburo tout comme le Parlement Européen, où le temps de parole de chaque groupe est rationné, et souvent se limite à une minute par intervenant.
A l’UE, il y a des centaines de milliers d’eurocrates avec leurs émoluments énormes, leur personnel, leurs larbins, leurs bonus, leurs privilèges, leur immunité judiciaire à vie, simplement transférés d’un poste à un autre quoi qu’ils fassent, bien ou mal. N’est-ce pas l’URSS tout crachée ?
L’URSS fut créée par la contrainte, très souvent avec occupation armée. On est en train de créer l’UE, pas par la force armée, non, mais par la contrainte et la terreur économique.
Pour continuer d’exister, l’URSS s’est étendue toujours plus loin. Dès qu’elle a cessé de s’étendre, elle a commencé à s’écrouler. Je soupçonne qu’il en sera de même pour l’UE. On nous avait dit que le but de l’URSS était de créer une nouvelle entité historique, le Peuple Soviétique. Il fallait oublier nos nationalités, nos traditions et nos coutumes.
Même chose avec l’UE, semble-t-il. Ils ne veulent pas que vous soyez anglais ou français. Ils veulent faire de vous tous une nouvelle entité, des Européens, réprimer vos sentiments nationaux et vous forcer à vivre en communauté multinationale. 73 ans de ce système en URSS se sont soldés par plus de conflits ethniques que nulle part ailleurs au monde.

Un des buts grandioses de l’URSS était de détruire les états-nations. C’est exactement ce que nous voyons en Europe aujourd’hui. Bruxelles a l’intention de phagocyter les états-nations pour qu’ils cessent d’exister. Le système soviétique était corrompu du haut jusqu’en bas. C’est la même chose pour l’UE. Les activités antidémocratiques que nous voyions en URSS fleurissent en Union Européenne.
Ceux qui s’y opposent ou les dénoncent sont bâillonnés ou punis. Rien n’a changé. En URSS nous avions le goulag. Je crois qu’on l’a aussi dans l’UE. Un goulag intellectuel, nommé « politiquement correct ». Essayez de dire ce que vous pensez sur des questions de race ou de sexualité, et si vos opinions ne sont pas les bonnes, vous serez ostracisé. C’est le commencement du goulag. C’est le commencement de la perte de votre liberté. En URSS on pensait que seul un état fédéral éviterait la guerre. On vous raconte exactement la même chose dans l’UE.
Bref, c’est la même idéologie dans les deux systèmes. L’UE est le vieux modèle soviétique habillé à l’occidentale. Mais, comme l’URSS, l’Union Européenne porte en elle les germes de sa propre perte.
Hélas quand elle s’écroulera, car elle s’écroulera, elle laissera derrière elle une immense destruction et de gigantesques problèmes économiques et éthniques. L’ancien système soviétique était irréformable. De même l’Union Européenne. Mais il y a une alternative à être gouvernés par deux douzaines de ronds-de-cuir à Bruxelles : L’indépendance.
Vous n’êtes pas forcés d’accepter ce qu’ils vous réservent. On ne vous a jamais demandé si vous vouliez vous joindre à eux.

J’ai vécu dans votre futur, et ça n’a pas marché.

Vladimir Boukovsk

Lettre ouverte aux patriotes et nationalistes

jackpotAujourd’hui le système bipartisan UMPS est encore victorieux !
Rien de nouveau sous le soleil, « Sarkollande », désormais un peu plus Hollande que Sarkozy, continuera son travail de destruction de la France et le Français moyen, dans la logique de la société de consommation et de distraction, continuera à ne s’intéresser qu’au dernier match de foot ou autres séries de télé réalité.

Et qu’en est-t-il des forces qui se disent nationalistes ou se veulent patriotes, après ces présidentielles ? Tout ce petit monde si fier d’avoir mis un petit bulletin « Le Pen » lors du premier tour. Et après avoir constaté que les deux candidats sortant ne sont ni plus ni moins que les représentants de la dynastie UMPS anti-France, que font ces patriotes-là ? Rien ! Pour beaucoup, ils se disent « à dans cinq ans : on revotera le Front et cette fois-ci j’en suis sûr, on passera ! »… Illusions, comme d’habitude : les cimetières de l’histoire en sont remplis !

Et pendant ces cinq années avant les élections de 2017, hormis grogner devant son poste de TV en guise de commentaire face à l’actualité, que feront les forces patriotiques, qu’elles suivent une Le Pen ou telle autre personnalité comme un Dupont-Aignan ou, même, un Chevènement ? Rien !

Une fois de plus, encore, le sortilège des élections a frappé d’inertie ceux qui, par leur amour ardent de la France et au-delà même des étiquettes, seraient pourtant les seuls à même d’incarner le salut pour la France. Victimes de ce syndrome que l’on rencontre si souvent dans les casinos, où un joueur persuadé qu’il gagnera le « Jackpot », met sa pièce dans la machine à sous, tire sur le manche et….perd ! Mais ce n’est pas grave, se dit-il, la prochaine sera la bonne ! Il se motive à volonté, mais la prochaine, il perd aussi ! Il ne voit pas le temps passer et au final, après s’être littéralement ruiné, il constate qu’il a bel et bien perdu ! Mais ce n’est pas grave, se dit-il, la prochaine fois sera la bonne, attendons la fin du mois, histoire de se renflouer…

Malheureusement ce genre de scénario est très courant dans les jeux d’argent des casinos, et nous savons pertinemment où peut mener ce sinistre cercle infernal basé essentiellement sur l’espoir éventuel d’un hypothétique « jackpot » !

Ce qui est d’autant plus triste dans ce symptôme d’addiction aux jeux, c’est qu’il apparaît également parmi les électeurs dits « populistes » (étiquette appliquée parfois sans aucune nuance, et même, à tort, par les médias…) ! Ils se persuadent que le parti pour lequel ils ont voté passera, ils mettent alors leur bulletin en encourageant un maximum de personnes autour d’eux à en faire de même. Mais malheureusement, leur parti ne gagne pas ! Tant pis se disent-ils, on remettra ça dans cinq ans ! Tout en se satisfaisant malgré tout du score élevé de leur parti ! Mais le FN, car c’est bel et bien de ce parti qu’il s’agit, celui-là même qui revendique concentrer « toutes » les forces nationalistes et patriotiques ; le FN depuis 1972, n’a jamais fait mieux que franchir, presque par accident, le cap d’un 1er tour de présidentielle en 2002 ! Mais ce n’est pas grave, disent ses zélateurs ! Dans cinq ans, on remet ça ! Et puis si ça ne passe pas, et bien on recommencera dans cinq ans ! Et ainsi de suite jusqu’à la fin des temps…

Et pendant ce temps là, le pays se désagrège sous la poussée d’une mondialisation débridée ! Pendant cinq années, les forces nationalistes et patriotiques restent et resteront, comme d’habitude, inertes ! Pas de grandes activités salvatrices car tous les espoirs sont mis dans un simple bulletin de vote, distraction démocratique coutumière, et ce système joue avec les électeurs comme la machine à sous joue avec l’espoir d’un jackpot !

Nous espérons seulement qu’un jour, si possible proche, les nationalistes, ou patriotes, ou royalistes et autres amoureux de la France, quelles que soient leurs autres convictions politiques, philosophiques ou religieuses, cessent de rester les bras croisés en regardant le « circus politicus » pendant cinq ans ou en mettant (en vain) tous leurs espoirs dans un parti dont on n’aura jamais l’assurance qu’il puisse passer un jour ou l’autre. La roulette russe n’est pas la meilleure des politiques et si la solution n’est pas ou n’est plus dans les urnes, alors elle ne peut être que dans le quotidien de vos actions.

A vous, enfants de France perdus dans une mondialisation qui n’est heureuse que pour les puissants, cessez de mettre tous vos espoirs sur les seules élections, c’est un cercle vicieux qui vous rend inoffensifs, vous désarme face aux forces de l’anti-France !

Vous voulez le bien effectif de votre, de notre nation ? Alors, agissez concrètement pour elle, soyez militants 24 heures sur 24 ! N’attendez rien de ce système qui « promet pour mieux trahir »…

Seule l’action quotidienne, humble mais motivée, politique et éminemment royaliste parce que véritablement française, peut changer le cours des choses… Alors, en parodiant le slogan du nouveau président : Continuons le changement, travaillons à instaurer la Monarchie !

Groupe d’Action Royaliste

Le monde agricole mérite mieux qu’une simple visite électorale

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Chaque année, c’est un rituel qui annonce le printemps et, en période électorale, aucun des postulants à l’Elysée n’oublie d’y sacrifier : le Salon de l’agriculture ! Mais cela cache aussi un immense malentendu : les politiciens, pour la plupart, ne s’intéressent plus à l’agriculture ni aux agriculteurs parce qu’ils ont intégré que le monde actuel était désormais « urbain » et qu’ils plaquent sur la société des campagnes des modèles économiques qui oublient les particularités rurales et paysannes, ces mêmes politiciens ne raisonnant qu’en terme de compétitivité et de profits, alors que ce ne sont pas forcément les éléments les plus déterminants de l’activité agricole.

De plus, la poussée de la rurbanisation qui mange littéralement près de 80.000 hectares de terres arables chaque année se fait au détriment des agriculteurs, même si ceux-ci participent de ce mouvement par le simple fait qu’une terre devenue constructible vaut parfois jusqu’à 50 fois ce qu’elle valait comme terre agricole ! Pour des propriétaires ruraux souvent en difficulté financière ou simplement désireux de laisser un héritage à leurs enfants, la tentation est forte, et cela n’est pas incompréhensible, me semble-t-il…

Autant dire que, les critères de profitabilité ayant envahi tout (ou presque) l’espace mental de nos sociétés, les agriculteurs sont soumis à des pressions qu’il leur est difficile de supporter très longtemps : il est loin le temps où la terre comptait plus que l’argent, et cela explique aussi la difficulté de maintenir une agriculture de petites et moyennes exploitations qui, pourtant, serait un moyen de relancer, en de multiples espaces ruraux aujourd’hui en cours de déprise agricole, un véritable aménagement du territoire et une agriculture plus équilibrée et moins dépendante des Marchés internationaux…

Les politiciens et les technocrates (ce dernier terme étant pris de manière « neutre » si, eux, par formation et déformation, ne le sont pas…) connaissent ces tendances lourdes contemporaines et ils n’ont guère de temps à « perdre », semble-t-il, à défendre un monde paysan qui apparaît en déclin, malgré la place des exportations françaises sur le Marché mondial, et qui ne compte plus guère en tant que spécificité sociale, ce qu’expliquait déjà Henri Mendras dans son maître-livre « La fin des paysans », dans les années 60, en un temps où, pourtant, l’agriculture employait encore directement plusieurs millions de personnes !

Ainsi, les dirigeants politiques, candidats à la présidentielle ou non, sont-ils moins intéressés à la question agricole, ne serait-ce que parce que le réservoir de voix y est désormais moins rempli, et que notre société a rejeté largement ce qui pouvait apparaître comme les « valeurs paysannes », pourtant plus « naturelles » ou respectueuses du temps et de la terre… J’ai bien écrit « valeurs paysannes » et non seulement « agricoles » car, aujourd’hui, je ne confonds pas ces valeurs et traditions paysannes avec la sorte de fureur productiviste et le modèle de « l’agrobusiness » qui savent si bien et si dangereusement faire « mentir la terre »…

Et pourtant ! La France agricole, dans sa diversité, ses tentations et, parfois, les errements de ceux qui la représentent, reste une « France des possibles », et la crise actuelle pourrait bien, paradoxalement, entraîner un certain renouveau paysan (j’ai bien écrit « paysan ») et une revitalisation des campagnes, là où il y a de la place et des richesses à faire surgir de terre…

Les politiciens auraient tort de négliger un monde rural qui a encore, s’il saisit l’occasion au vol, de belles et prometteuses heures devant lui. Aussi, se contenter d’aller à la pêche aux voix (sans approfondir la réflexion sur l’avenir de nos campagnes…) comme le font, rituellement, nos candidats à l’Elysée est une preuve supplémentaire du « court-termisme » électoral dont la France toute entière, en définitive, est la principale victime…

Jean-Philippe Chauvin

Un système à faire désespérer les hommes

Marianne déchue3« En démocratie, la politique est l’art de faire croire au peuple qu’il gouverne ». Ce constat, clair et sans circonvolutions politiciennes, n’est évidemment pas de notre temps. Dressé par Louis Latzarus dans son livre La Politique (1928), il décrit pourtant parfaitement l’actuelle « démocratie d’apparence » française, cette lamentable hypocrisie bicentenaire qui ôte au peuple toute possibilité de participation effective à la vie politique, qu’elle soit locale ou nationale d’ailleurs, en lui faisant croire l’inverse par d’habiles et odieuses manipulations.

Georges Bernanos écrivait :
« Les démocraties ne peuvent pas plus se passer d’être hypocrites que les dictatures d’être cyniques ».
Il apparaît donc évident que les manipulations politiciennes forment le socle même de notre système, Démagogie, Populisme et Xyloglossie se partageant le podium des procédés rhétoriques les plus exécrables et les plus usités.
Si odieux qu’ils puissent paraître, ces exercices ne sont pourtant que les arbres qui cachent la forêt, l’actuelle déformation intellectuelle française se chargeant de faire taire les imprudents qui auraient l’outrecuidance d’élever une quelconque protestation face à cette lamentable hypocrisie politique. Dogmatisation de la « démocratie salvatrice des peuples », annihilation complète de tout libre-arbitre, ce « sapere aude » qu’il clame officiellement et méprise officieusement, mise à l’index de tout auteur ou livre « politiquement incorrect» (Maurras, Brasillach et Céline en ont notamment fait les frais récemment) : tout semble bon pour faire taire la voix de la résistance française, la voix de l’intelligence et du bon sens.

L’affligeante «valse d’ego» quinquennale, véritable paroxysme de cette politique, est le point central de ce système : gardant l’apparence d’une démocratie, elle préserve l’oligarchie dirigeante de toute réelle menace, notamment par les « sacro-saintes » 500 signatures, et surtout, met en place le procédé d’inversion tant décrié par Maurras : alors que les citoyens sont censés exercer leur liberté en votant pour tel ou tel candidat, une fois l’élection passée c’est comme s’ils s’étaient livrés pieds et poings liés aux élus. Ils deviennent impuissants à empêcher les décisions prises en leur nom ou les lois votées par leurs représentants.

De ces hypocrisies républicaines, de ces promesses démagogiques et ces lamentables manipulations politiques, il n’en découle évidemment qu’une profonde désespérance politique du pays réel, un réel désaveu et dégoût pour ce régime qu’il n’a pas le courage de remettre en cause, dogmatisation oblige. Qui n’a pas entendu son voisin s’énerver face aux hypocrisies et promesses démagogiques des candidats à la présidentielle ? Qui n’a pas vu ses amis résignés, se demandant entre eux pour qui ils allaient voter et en sachant pertinemment la futilité de ce geste qu’ils se sentent néanmoins obligés de faire, formatage intellectuel oblige ? Camus ne disait il pas à son époque que « La société politique contemporaine est une machine à faire désespérer les hommes » ?

C’est à ce niveau que le combat royaliste prend tout son sens, et seul le manque de courage ou de formation peut nous empêcher de profiter de l’avenue qui s’offre ainsi à nos idées : en s’appuyant sur les écrits de Maurras, Bainville, Daudet et tant d’autres, n’hésitons pas à faire entendre la voix royaliste autour de nous, à sensibiliser notre entourage à la pertinence royale au XXI°Siècle. Face à cette démocratie d’apparence, face « à cette oligarchie gouvernementale qui sait ce qu’elle veut et qui le veut bien » comme disait le Maître de Martigues, opposons avec la force et la vigueur propres aux Camelots du Roi notre espérance pour la France et notre espoir de redressement national pour notre Patrie.

Augustin DEBACKER