Kadou

Toute Nation a le gouvernement qu’elle mérite

Hollande coin pageTirée des correspondances diplomatiques de l’écrivain Joseph de Maistre, cette pensée peut paraître quelque peu déroutante au premier abord. Nombre de royalistes la délaisse, n’osant s’en approcher de peur d’y découvrir quelque vérité dérangeante, quelque leçon qui laisserait un arrière-goût désagréable de rappel à l’ordre… Pourtant, en prenant la peine de s’y intéresser de plus près, cette maxime apparaît comme un repère dans notre lutte royaliste, et bien plus encore : elle nous guide dans notre engagement comme un phare pour les navires perdus.
Car de cette maxime découle une évidence ignorée de bien des royalistes : le rétablissement de la monarchie en France n’est pas le précurseur, mais bien l’aboutissement d’une longue lutte contre la pourriture morale de notre Nation. Joseph de Maistre avait compris que le Roi de France ne remonterait sur le trône qu’au moment où une Nation unie et forte l’y appellerait. Pas avant.

Et c’est bien là que le bât blesse ! Car la France n’est plus que l’ombre de ce qu’elle a été… Rongée par l’hédonisme et l’individualisme républicains, pourrie par l’arrivisme et l’égoïsme, pétrie de dogmes odieux et pervertie par un grand nombre d’ idéologies nauséabondes, notre Nation souffre et semble parfois proche d’une extinction prématurée… Cette vision, volontairement pessimiste, doit nous rappeler combien notre combat peut être rude et difficile : nous ne luttons pas contre des personnes, mais bien contre un système pervers, contre la décrépitude de notre Nation entamée il y a plus de 220 ans !

En premier lieu, à l’arrivisme et l’égoïsme républicains, les royalistes doivent opposer l’humilité et la charité. Cicéron écrivait dans son ouvrage De officcis que « le désir de gloire arrache la liberté d’âme vers laquelle doit tendre tous les efforts des hommes magnanimes». Et ce à quoi Saint Thomas d’Aquin ajouta « que le propre d’une âme vertueuse est de mépriser la gloire pour le maintien de la justice »… On ne peut espérer rétablir des valeurs morales et sociales si l’on ne les applique même pas à notre personne ! La haine, l’aigreur et la violence n’ont pas leur place dans notre combat…

En second lieu, à la division et l’individualisme républicains, les royalistes doivent opposer leur unité. Or, aujourd’hui, nombre de royalistes se complaisent dans des querelles stériles, dans des luttes haineuses et gratuites qui n’ont d’autres conséquences que d’affaiblir le peu de force qui reste du royalisme aujourd’hui. Saint Thomas d’Aquin disait « qu’une force est d’autant plus efficace qu’elle est unie »… Cette absence totale d’unité explique à elle seule les inéluctables désastres que subissent les trop rares initiatives royalistes.
Il faut comprendre que la chute de la France vient principalement de l’éclatement des individus, de l’isolement de ces derniers face aux difficultés quotidiennes. La structure familiale, véritable clé de voûte de la Nation, explose sous les coups de butoirs de l’individualisme républicain. Alexis de Tocqueville écrivait dans son ouvrage De la Démocratie en Amérique : « Tant qu’a duré l’esprit de famille, l’homme qui luttait contre la tyrannie n’était jamais seul, il trouvait autour de lui des clients, des amis héréditaires, des proches. […] Mais quand les patrimoines se divisent, où placer l’esprit de famille ? »

Aujourd’hui la république cultive cette culture de mort, persévère dans sa macabre quête de destruction de la famille. Implicite et indicible, cette volonté d’annihilation n’en est que plus perverse et odieuse. Royalistes, notre combat passe d’abord et avant tout dans la préservation de ce cadre familial, qui selon Tönnies, représente l’unité insécable de toute Nation, le pilier sur lequel repose toute l’unité d’un pays.
Royalistes, cette maxime de Joseph de Maistre doit nous rappeler que l’unité et la vertu doivent être les piliers de notre engagement et de notre combat. Royalistes, cherchons d’abord à ébranler ces dogmes individualistes et hédonistes, à détruire cette pourriture morale qui mène inexorablement la France vers les abîmes de l’histoire, à redonner à notre Nation son unité et des repères sociaux et moraux. L’avènement du Roi n’en sera que la suite logique et grandiose !
« Le Bien et le Salut d’une multitude réside dans le maintien de son unité » Saint Thomas

Augustin Debacker

Action Sociale Corporative N°25

SOMMAIRE :

Page 3 et 4 : Documentaire : Histoire de la Législation sociale
Page 5 à 11 : LES RAISONS DE NOTRE COMBAT – Par Frédéric Winkler
– Page 12 et 13 : Pour une politique d’autonomie – Par Frédéric Winkler
– Page 14 et 15 : Les raisons de notre combat – Par Augustin Debacker
Page 16 et 17 : La Monarchie sociale : ses raisons d’être – Par Jean-Philippe Chauvin
Page 18 : Violence de l’oligarchie – Par Jean-Philippe Chauvin
Page 19 : République, Monarchie et politique étrangère – Par Jean-Philippe Chauvin
Page 20 et 21 : La révolte fiscale qui vient… – Par Jean-Philippe Chauvin
Page 22 et 23 : Urbanisme – Par Frédéric Winkler
Page 24 et 25 : La Monarchie, combien ça coûte ?
Page 26 : Histoire de la forêt – Par Mauricette VIAL-ANDRU

Discours prophétique d’Albert de Mun

Albert de Mun 3« Voilà dans quelle pensée je monte à la tribune, et, je n’ai pas besoin de le dire, l’esprit bien libre de toutes les arrière-pensées qui, dans un débat parlementaire, peuvent toucher aux intérêts ministériels, dans lesquels nous n’avons rien à voir. Mon intention est de parler pour la Chambre et pour le pays qui nous entend, plutôt que d’interpeller un ministère. Messieurs, la question qui s’agite ici est bien plus profonde dans ses sources, bien plus vaste dans ses conséquences, que ne pourrait l’être une crise passagère, si grave, si violente qu’elle pût être : ma conviction, c’est qu’il se fait dans le monde, à l’heure où nous sommes, par l’effet d’un ensemble de causes morales et matérielles, un grand mouvement social, une évolution profonde ; et que, de la manière dont ce mouvement sera conduit, des transformations qui sortiront de ce trouble général dépendront la paix et la prospérité des nations civilisées.

La question est de savoir si tous ceux qui ont intérêt à la conservation sociale, – et je n’en excepte naturellement personne, – sauront à temps se réunir et s’entendre, non pas pour se coaliser dans une infructueuse résistance, mais pour diriger, pour conduire la réforme économique devenue nécessaire, ou si cette réforme inévitable se fera définitivement sans eux et contre eux. Voilà la question : il n’y en a pas de plus haute dans l’ordre politique, je n’en connais pas qui mérite à un plus haut point de fixer l’attention des hommes d’État ; elle a un nom : c’est la question sociale. On a dit qu’il n’y en avait pas, qu’il n’y avait que des questions sociales ; je crois qu’on s’est trompé, il y en a une qui résume toutes les autres : c’est celle dont je parle ici. Tout récemment, dans un article frappant sur l’enchérissement de la vie, un écrivain de la Revue des Deux Mondes la définissait par l’effort instinctif des multitudes pour amoindrir la misère et pour alléger le travail. J’accepte la définition, bien que je ne la trouve pas complète, parce qu’elle met en lumière l’aspect principal et le plus saisissant de la question. Amoindrir la misère et alléger le travail ! Eh ! bien, Messieurs, si, me plaçant à ce point de vue, je cherche à me rendre compte des causes générales de la crise qui nous agite, la première chose qui me frappe, c’est que ce n’est pas une crise française, mais une crise internationale. (Très bien ! très bien ! sur divers bancs.)

Les nations modernes sont en souffrance, et la maladie chronique qui les épuise, – j’ai déjà exprimé cette idée, et je ne cesserai de la répéter, parce que je la crois fondamentale, c’est l’excès de la concurrence. Depuis un siècle, des doctrines nouvelles se sont levées sur le monde, des théories économiques l’ont envahi, qui ont proposé l’accroissement indéfini de la richesse comme le but suprême de l’ambition des hommes, et qui, ne tenant compte que de la valeur échangeable des choses, ont méconnu la nature du travail, en l’avilissant au rang d’une marchandise qui se vend et s’achète au plus bas prix. L’homme, l’être vivant, avec son âme et son corps, a disparu devant le calcul du produit matériel. Les liens sociaux ont été rompus ; les devoirs réciproques ont été supprimés ; l’intérêt national lui-même a été subordonné à la chimère des intérêts cosmopolites, et c’est ainsi que la concurrence féconde, légitime, qui stimule, qui développe, qui est la nécessaire condition du succès, a été remplacée par une concurrence impitoyable, presque sauvage, qui jette fatalement tous ceux qu’elle entraîne dans cette extrémité qu’on appelle la lutte pour la vie.

Dans ce combat à outrance, l’abaissement du prix de revient est devenu la grande nécessité, la grande préoccupation des producteurs. Comme, dans toute entreprise industrielle, les frais généraux ne varient guère, il a fallu, pour arriver à cet abaissement du prix de revient, augmenter sans cesse la production, cette surproduction, favorisée de toutes manières par tous les développements de l’industrie moderne, par toutes les forces nouvelles que le génie de l’homme arrache à la nature, par la vapeur, par l’électricité, par l’outillage toujours perfectionné, cette surproduction a eu ce corollaire immédiat : l’excès du travail. Je ne voudrais rien dire Messieurs, qui dépasse la mesure, je ne voudrais pas aller au-delà de ce qui est juste et légitime ; mais je ne puis m’empêcher d’insister là-dessus, parce que c’est le point capital, celui qui touche directement à la condition de l’ouvrier : on a abusé du travail, et des forces de l’homme »

Albert de Mun, 25 janvier 1884
Député royaliste légitimiste sous la 3ième république, élu à l’Académie française au premier tour le 1er avril 1897, cousin d’Élisabeth de Gramont, duchesse de Clermont-Tonnerre, fondateur en 1901 de l’Action Libérale Populaire.

Ce texte est remarquable et prophétique. Il montre bien que la nature du mal qui nous ronge profondément est toujours la même en dépit de deux guerres mondiales, de révolutions, de millions de morts et de l’inversion de toutes les valeurs. La conclusion est claire: la civilisation purement matérialiste fait fausse route depuis la Révolution française ; elle est une voie sans issue.
Notre dernière chance est de le comprendre maintenant avant qu’il ne soit trop tard…

Olivier Tournafond

Les raisons de notre combat

projetmarianne2« Aujourd’hui, nous savons où nous allons; nous savons ce que nous voulons ! Car, Messieurs, nous sommes certains que la République, c’est la sottise et le mal; qu’elle aboutit nécessairement, mécaniquement à la guerre civile en permanence, à l’exploitation du pays par un parti, au gouvernement des pires. Mais, d’autre part, nous sommes certains que le meilleur régime, le plus naturel, le plus raisonnable, le plus conforme à l’observation des réalités, c’est celui où l’intérêt du pouvoir se confond avec l’intérêt public et où ce pouvoir est assuré et continu, et nous sommes certains que la royauté héréditaire remplit seule ces conditions. » – (1)
A l’heure où une véritable restauration nationale se fait quotidiennement attendre, où les inepties gouvernementales poussent les consciences françaises vers l’impératif sursaut nationaliste, il est important de bien comprendre et appréhender les réelles motivations royalistes.
Magnifiquement résumées par Jules Lemaître, ces certitudes qui poussent les français au choix royal se fondent sur deux constats successifs, l’intrinsèque division républicaine et le phénomène d’inversion maurrassien, auxquels la Monarchie oppose l’hérédité, l’indisponibilité du pouvoir et la conformation à la constitution naturelle de notre Patrie.

« Même corrigé par un prince, le parlementarisme apparaîtra toujours comme le régime de la compétition des partis. Il signifiera l’oppression des minorités. Les chefs du parlementarisme ne représenteront jamais que des partis, des coteries, des rivalités personnelles, des querelles de clan» – (2)
Chaque français peut avoir en tête de multiples exemples de cette compétition des partis qui, loin de poser une saine émulation en vue du Bien Commun, ne fait qu’exalter au sein des coteries l’égocentrisme et l’arrivisme les plus avilissants. Mis en exergue par les médias français, ces querelles d’ego sont aujourd’hui exacerbées par un manichéisme partisan qui, comble pour une « démocratie », inhibe même toute possibilité de véritable débat d’idées. Exit donc l’émulation politique, adieu bon sens et Droit Naturel : seules les basses manipulations et les rivalités personnelles auront droit aux faveurs politiciennes.

Cette intrinsèque division républicaine provient de la disponibilité quinquennale du pouvoir qui donne, cinq ans durant, le pouvoir pour la majorité élue de défaire toutes les réformes entamées par le gouvernement précédent et, pire encore, d’opprimer les minorités qui n’ont voix au chapitre. Les quelques mois de présidence socialiste en donne d’ailleurs de multiples exemples tant sociaux (famille, filiation) qu’économiques (heures supplémentaires, charges fiscales sur les entreprises).

Par ailleurs, Maurras soulignait en son temps le phénomène d’inversion, constitutif du suffrage universel : alors que les citoyens sont censés exercer leur liberté en votant pour tel ou tel candidat, une fois l’élection passée c’est comme s’ils s’étaient livrés pieds et poings liés aux élus. L’exploitation du pays par un parti, légitimée par une pseudo « volonté générale », n’est que la résultante de ce phénomène d’inversion. Si la république avait gardé pendant quelques temps l’illusion d’un contrôle démocratique des réformes par la voie du référendum, elle l’a aujourd’hui abandonné et ne voile plus son « gouvernement des pires ».

Face à la division républicaine, les royalistes opposent l’hérédité comme pilier politique du système, l’indisponibilité du pouvoir rendant vaines les querelles d’ego. Les partis y sont donc renvoyés à leur juste place : comme foyers d’idées et de propositions politiques, mais pas en tant que gouvernants. Comme disait Maurras : « Le roi de France ne peut être le roi d’un parti. Il est l’ennemi des factions »
Mais l’hérédité n’est qu’une facette de l’ensemble de la pensée royaliste, à laquelle il faut adjoindre l’indispensable décentralisation comme gage de préservation des libertés populaires et de respect de la constitution naturelle de notre pays. Toujours en citant Maurras :
« Pour sauver le patriotisme, il faut réformer la patrie, comme il faut réformer l’État pour sauver la notion de gouvernement. L’État français sera conçu non pas moins « un », sans doute, mais uni suivant des principes plus souples, plus conformes aux richesses de sa nature, plus convenables à nos mœurs, et qui établiront une meilleure division du travail politique. Aux communes les affaires proprement communales, les provinciales aux provinces ; et que les organes supérieurs de la nation, dégagés de tout office parasitaire, président avec plus d’esprit de suite et de vigueur à la destinée nationale.»

De ce fait, la politique gouvernementale serait également remise à sa place, rendant les affaires locales aux corps compétents, celle-ci pouvant dès lors se focaliser sur les réformes réellement du ressort national.
Voilà les raisons de notre combat royaliste : l’espoir d’unité sociale et de préservation de nos libertés, de continuité politique et d’autonomie de nos provinces. Comme disait enfin René de la Tour du Pin :
« Tout se tient : tant que l’unité politique sera l’homme asocial, l’individu dépouillé de tout ce qui le place dans la société, l’ordre politique sera uniquement démocratique, c’est-à-dire sans rapport avec l’ordre social, donc absurde en principe et tyrannique en fait. Mais lorsque la conception sociale se sera traduite dans l’ordre politique selon l’heureuse formule qui en pose le principe, une dynastie nationale incarnant à la fois la famille et la profession ne paraîtra plus une anomalie dans l’ordre social, et donnera facilement à l’ordre politique le couronnement historique d’une monarchie vraiment sociale. »

Augustin Debacker

1 – Jules Lemaître, Discours du 20 Juin 1908 à la salle Wagram
2 – Charles Maurras

La Monarchie sociale : ses raisons d’être

monarchie ouvriers

La Monarchie française est éminemment sociale, ou a le devoir impérieux de l’être, ne serait-ce que pour légitimer sa nécessité et son autorité : c’est un élément que je ne cesse de mettre en avant, suscitant parfois une certaine circonspection de la part de mes contradicteurs mais aussi parfois des sympathisants monarchistes eux-mêmes…
Sans doute faut-il expliquer ce point de vue, et l’approfondir sans cesse, au regard de l’actualité, malheureusement cruelle aujourd’hui envers ceux qui travaillent ou qui cherchent un emploi : si la Monarchie n’est pas un remède miracle, elle est le régime qui peut permettre, avant tout, de garantir la justice sociale et de ne pas abandonner ceux qui souffrent d’une crise (en fait, d’un processus de mondialisation…) dont ils ne sont guère, en tant que tels, responsables ! L’indépendance de l’institution royale, de par le fait que la naissance ne doit rien à la fortune, lui donne l’occasion (qui est, en fait, un devoir) de parler au-dessus des simples intérêts privés, y compris des plus riches, que ceux-ci soient des individus ou des sociétés privées. Un Louis XIV n’hésita pas, en son temps, à embastiller Nicolas Fouquet, l’homme le plus riche du royaume, sans doute plus comme un rappel que l’Argent ne faisait pas le bonheur et, en tout cas, ne commandait pas à l’Etat royal en France, que comme le règlement d’une simple affaire de corruption… De plus, le Roi n’est pas le représentant des classes dominantes (une sorte de suzerain capitaliste, en somme) mais un souverain qui s’impose à tous et encore plus à ceux qui possèdent, et qui a le devoir de n’oublier personne dans son souci politique. S’imposer ne veut pas dire être un dictateur qui terroriserait les riches et flatterait les autres, mais simplement rappeler à tous que l’Etat n’est pas « une place à prendre » mais un pays à servir, au-delà des différences et des libertés particulières qu’il faut organiser, ou plutôt laisser s’organiser dans le respect des équilibres sociaux et de la justice nécessaire à toute œuvre sociale. Dans un monde où l’Argent a pris une telle importance, cela ne sera sans doute pas facile mais la Monarchie a ainsi quelques atouts et il serait dommage pour le pays de ne pas les utiliser…

https://soundcloud.com/user5994089/la-monarchie-une-r-alit

L’indépendance royale, certes menacée par les jeux des groupes de pression financiers dans cette mondialisation qui cherchera à fragiliser l’Etat politique, est un levier important dans la capacité de l’Etat et de son gouvernement, quelle qu’en soit la couleur électorale, à faire accepter les réformes à ceux qui, d’ordinaire, cherchent à s’en abstraire ou à en fuir les conséquences quand elles ne leur conviennent pas. Mais la Monarchie n’oublie pas de permettre à tous, y compris les groupes de pression, de s’exprimer et de proposer, voire de contester : mais c’est la Monarchie qui arbitre et préserve l’Etat et l’intérêt commun, tout en laissant le gouvernement faire son travail et œuvrer au quotidien.

La Monarchie active « à la française », de par son rôle majeur (sans être omnipotent ni même omniprésent) d’arbitrage politique et de protecteur social, marque son territoire d’action par sa capacité de décision dans quelques grands domaines, ceux que l’on nomme régaliens (ce qui, d’ailleurs et même en République, veut dire … « royaux » !) : la grande finance, la diplomatie et les affaires militaires, et la garantie de « la protection de tous », en particulier sociale.

Si la Monarchie instaurée (le plus tôt sera le mieux !) veut s’enraciner sans se renier, il lui faudra assurer et assumer son rôle éminemment social : dans un monde incertain, face à une mondialisation menaçante, elle doit tracer un sillon social profond en rappelant aux puissants d’aujourd’hui, d’ici comme d’ailleurs, que toute politique crédible et efficace passe par la prise en compte des populations et par le souci de préserver la justice sociale, ciment des sociétés et facteur d’unité nationale. Il lui faudra aussi lancer le grand chantier d’une nouvelle organisation sociale, par le biais d’un syndicalisme vertical qui prenne en compte, dans ses structures, tous les échelons de la hiérarchie, et par la mise en place d’espaces de réflexion et de décision, voire de redistribution dans certains cas (intéressement, actionnariat salarial ou populaire, patrimoine « corporatif », etc.), espaces qui réunissent tous les acteurs de l’activité économique locale, communale, régionale ou nationale, y compris en y intégrant des acteurs extérieurs et étrangers (mais qui ne devront pas avoir vocation à diriger ce qui doit rester aux mains des producteurs locaux) comme les investisseurs ou les représentants des institutions internationales (ceux de l’Union européenne, par exemple) ayant une part dans l’activité économique concernée.

A l’heure où la République tremble devant les oukases de la Commission européenne et les injonctions d’un Marché devenu incontrôlable, il est temps d’en appeler, fortement, à l’instauration d’une Monarchie sociale pour la France, non par caprice ou utopie, mais par réalisme et nécessité !
C’est, d’ailleurs, sur le terrain social, que le royalisme a, aujourd’hui, le plus de chances de faire entendre sa «musique particulière», au travers de la contestation des mesures antisociales de cette « Europe-là » et de cette République hollandaise si oublieuse de ses promesses électorales de justice sociale… Mais, au-delà de cette régence sociale que nous assumons, il faut poser, ici et maintenant, les conditions d’une vraie politique sociale inscrite dans le marbre des institutions à venir…

Jean-Philippe Chauvin

La Monarchie, combien ça coûte ?

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Vous pensez qu’une République coûte moins cher qu’une Royauté ? Vous avez tout faux : c’est tout l’inverse !…
Sur notre Page Facebook, Ciboulette Ludivine nous a envoyé un message très court, mais assez virulent, dont l’essentiel consiste à dire qu’elle ne veut pas d’une Royauté parce que « en plus ça coûte très cher aux contribuables ! Alors monarchie en France en 2013 ? Inutile. Vous rêvez ! Et en France ? On n’a pas assez de la crise et du chômage de masse… » etc.. etc…
Que Ciboulette ne veuille pas d’une royauté, c’est son affaire. Mais qu’elle dise et croie le contraire de la vérité, à savoir que la royauté coûte très cher, alors qu’en fait c’est notre République qui est une ruine, cela mérite au moins qu’on lui dise, juste, qu’elle se trompe…
D’abord, nous la renverrons au rapport publié en avril 2012 par Herman Matthijs, professeur d’administration et de finances publiques à l’Université de Gand (c’était son sixième !) sur le coût des chefs d’Etats européens, dont un de nos lecteurs (de Belgique) nous a envoyé quelques extraits :

* Le président de la république française est le chef d’État le plus coûteux d’Europe : en effet, le budget de la présidence de la république française s’élevait, à la parution du rapport, à 111,7 millions d’euros. Le budget de la présidence de la république fédérale d’Allemagne, s’élevait, lui, à 30,7 millions d’euros.
Par ordre décroissant, voici ensuite le budget des différentes royautés européennes :

– pour la couronne néerlandaise : 39,4 millions d’euros ;
– pour la couronne britannique : 38,2 millions d’euros ;
– pour a couronne norvégienne : 25,2 millions d’euros ;
– pour la couronne belge : 14,2 millions d’euros ;
– pour la couronne suédoise : 13,9 millions d’euros ;
– pour la couronne danoise : 13,2 millions d’euros ;
– pour la couronne luxembourgeoise : 9,2 millions d’euros ;
– pour la couronne espagnole : 8,2 millions d’euros.

Habituellement, dans ces royautés, les souverains ne partent pas à la retraite, tandis que la république française doit pourvoir à la retraite de trois anciens présidents qui ont coûté chacun 1,5 millions d’euros en 2012.
En outre, il faut ajouter que, dans les pays où il y a un roi ou une reine, la succession est réglée à l’avance, tandis qu’en France elle fait l’objet d’élections dont le coût s’avère absolument exorbitant : pour les élections présidentielles de 2012, il a atteint 228 millions d’euros.

Si les budgets annuels restent à peu près stables, et malgré le décret de la fin août 2012 qui a réduit de 30% la rémunération du président de la république française, le coût du quinquennat de François Hollande s’élèvera à près de 809 millions d’euros, en tenant compte des élections présidentielles et des retraites.
Selon les mêmes conditions et pour la même période, la royauté néerlandaise devrait coûter 197 millions d’euros; la royauté britannique, 191 millions d’euros; la royauté norvégienne, 126 millions d’euros; la royauté belge, 71 millions d’euros; la royauté suédoise, 69,5 millions d’euros; la royauté danoise, 66 millions d’euros; la souveraineté luxembourgeoise, 46 millions d’euros; et la royauté espagnole, 41 millions d’euros.

Ainsi donc, alors que la présidence de la république devrait coûter aux Français quelque 809 millions d’euros sous le quinquennat de François Hollande, dans le même temps les huit principaux souverains européens réunis ne devraient coûter que 807,5 millions d’euros à l’ensemble de leurs sujets, c’est-à-dire qu’à eux huit ils atteignent à peine le coût total de l’actuel président et des trois présidents retraités, en France!
Avec un budget annuel de 40 millions d’euros par an, un Roi de France reviendrait donc 75% moins cher que l’actuel président de la république.…

raisons monarchieEnsuite, nous lui conseillerons la lecture de l’excellent petit ouvrage 10 très bonnes raisons de restaurer la monarchie, de Renaud Dozoul et Laurent-Louis d’Aumale. Le livre est très court (99 pages, écrites très gros) et se lit donc très facilement; en plus, il est « pétillant », plein d’esprit et d’humour, et, comme il bouscule pas mal d’idées reçues (donc, fausses, évidemment…), c’est un vrai régal. Et, si Ciboulette veut, on ira même jusqu’à le lui offrir !…
Que lit-on, pages 88/89, au chapitre 10 : Parce que ça marche, paragraphe Et c’est moins cher ! :

« Malgré les apparences, la monarchie anglaise coûte beaucoup moins au Trésor britannique que la Présidence française aux Contribuables Associés. Cinquante-quatre millions d’euros par an pour la couronne contre cent vingt-deux pour l’Élysée : deux fois et demi plus cher ! Ce chiffre intègre les quatre-vingt-deux millions d’Euros du coût net de l’Élysée, et les deux cents millions d’Euros dépensés tous les cinq ans pour les élections présidentielles (les élections législatives suffisant à définir une majorité de gouvernement). Nous jetterons un voile pudique sur le coût du clientélisme électoral (en réalité très difficile à évaluer), qui pousse le président en campagne à arroser un peu de tous les côtés, afin de faire fleurir des voix dans les terres les plus arides. D’ailleurs, au-delà des frais de la présidence et de ses générosités, on peut méditer sur le poids symbolique de l’État. En l’absence du roi, et le président étant voué à changer régulièrement, l’État est le seul outil d’incarnation permanente de la république. C’est par la taille de l’État que celle-ci assure sa fonction symbolique en France. Un État gros et lourd donne une impression de puissance et de pérennité. Or ce poids a un coût. Les pays où la fonction symbolique est assurée par une famille royale peuvent sans doute plus facilement limiter l’État à sa vocation de gestion de la cité, en faisant un outil plus souple et par conséquent plus efficace. »

Et, si l’on rajoute à tout ceci le simple rappel de la dispendieuse sur-administration, avec ses doublons, triplons et quadruplons ! 243 sous-préfecture, depuis plus de deux siècles, cela en fait de l’argent gaspillé, qui aurait été mieux employé dans la Recherche, par exemple; une douzaine de Préfets pour les grandes Régions, comme l’Aquitaine (Préfets, Préfet de Région, Préfet maritime, Préfet de police…); et ce nombre faramineux de députés, comparés aux Etats-Unis, cinq fois plus peuplés que nous ! Et ce Sénat, délicieux fromage pour ceux qui en profitent et pour qui – le mot est de Raffarin… – « le tour de taille n’est pas un problème ! », mais qui ne sert à rien, sauf à nous ruiner un peu plus…! Et ces centaines de milliers de fonctionnaires en plus, par rapport aux Allemands, alors que nous sommes 20 millions de moins qu’eux; et cette ENA, unique en Europe et qui ne produit que… des énarques, justement, plaie et calamité de notre siècle…

Voilà ce que l’on peut – liste non limitative… – très rapidement, répondre à Ciboulette, en lui retournant le compliment : si cela lui plaît d’avoir un Système qui nous coûte beaucoup, beaucoup trop cher…

La faute à Rousseau

Jeanne d’Arc patronne des Camelots du Roi

« Elle attendait, un crucifix fait de deux bouts de bois par un soldat anglais posé sur sa poitrine, le crucifix de l’église voisine élevé en face de son visage au-dessus des premières fumées. Et la première flamme vint, et avec elle le cri atroce qui allait faire écho, dans tous les cœurs chrétiens, au cri de la Vierge lorsqu’elle vit monter la croix du Christ sur le ciel livide. De ce qui avait été la forêt de Brocéliande  jusqu’aux cimetières de Terre Sainte, la vieille chevalerie morte se leva dans ses tombes. Dans le silence de la nuit funèbre, écartant les mains jointes de leurs gisants de pierre, les preux de la Table ronde et les compagnons de saint Louis, les premiers combattants tombés à la prise de Jérusalem et les derniers fidèles du petit roi lépreux, toute l’assemblée des rêves de la chrétienté regardait, de ses yeux d’ombre, monter les flammes qui allaient traverser les siècles , vers cette forme enfin immobile, qui devenait le corps brûlé de la chevalerie. »

André Malraux

La république contre le Catholicisme

Eglise bruléeLes lois récentes antisociales, antifamiliales et la répression policière que la République a toujours su employer à l’encontre des catholiques depuis la Révolution devraient faire réfléchir les 80% de chrétiens vivant en France. Il est temps pour les catholiques de comprendre et d’ouvrir les yeux sur le caractère intrinsèquement anticatholique de la république… Bref de voir, que depuis la destruction de la Monarchie, il ne s’est pas passé un instant sans que la République ne détruise le catholicisme en France. Il est temps de comprendre que pour un chrétien, la survie de la foi, comme de la famille et des valeurs de la civilisation, passe par le renversement de ce système antisocial, dont la religion nommée « laïcisme » est l’arme de guerre. Aujourd’hui, cela va plus loin car les récentes lois réclamées par des lobbies faisant suite aux lois qui, depuis des années détruisent la famille, déshumanisent la société pour le confort de quelques-uns et la satisfaction d’un pouvoir décadent se vautrant dans la luxure. Tout cela, sans tenir aucun compte des besoins que la nature impose aux plus petits et plus faibles des siens : les enfants. Au-delà du catholicisme et nombreux sont ceux qui l’on comprit dans les autres religions, comme chez les non-croyants, c’est la destruction des valeurs, un antihumanisme qui se met en place. Un vaste programme de dénaturalisation de la société est en marche avec sur le terrain économique les délocalisations et les lois antisociales et sur le domaine de la vie par les lois antifamiliales et la banalisation des naissances en vendant les ventres des femmes… Il n’y a pas d’entente possible entre chrétien et république en France. Seule la bêtise maintient certains dans une utopique concertation, celle des « idiots utiles » cher à Lénine.

La Révolution de 1789, faisant suite au travail de sape entrepris depuis la Renaissance par des écrivains, des penseurs et des «philosophes » (Lumières ?), afin de détruire le catholicisme, rempart contre l’éclosion du capitalisme, détruisit les protections sociales ouvrières (corporations) afin d’asseoir le pouvoir de l’argent et de l’usure. Les « sociétés de pensée » comprirent que pour permettre à l’argent de dominer, il fallait à la différence de l’Angleterre, supprimer le Roi, garant des libertés populaires et protecteur social de son peuple. (En Angleterre le roi se lia aux Lords contre le peuple !) C’est cela que le peuple ignore, la Révolution fut faite pour asseoir le pouvoir des puissances d’argent, bref d’un « ordre » antisocial, au nom d’une idéologie prônant de fausses valeurs (liberté, égalité…) afin d’entraîner le peuple vers une nouvelle forme d’esclavage que le XIXe siècle accouchera…
Pour le règne du capitalisme en France, les conditions essentielles étaient de détruire le catholicisme et cela continu aujourd’hui, comme de renverser la Monarchie n’acceptant pas la soumission de son peuple à une idéologie antihumaine mercantile. Bref pour un catholique, le seul régime humaniste reste celui de la monarchie. Comme le disait Thierry Maulnier, la Monarchie est peut-être la dernière chance de la liberté. Il était visionnaire car aujourd’hui, quelques dizaines d’années après, nous savons que le roi est surement la dernière chance de la civilisation !

Frédéric Winkler

Les raisons de notre combat

Il suffit de faire croire aux individus qu’ils sont libres et ainsi les mettre dans les chaînes. Notre civilisation se meurt du bourrage de crâne médiatique du prêt à penser. Nos vies sont déjà gravement menacées par la nourriture dépourvue du nécessaire vital pour notre santé. Que sont devenus nos cités, nos rues et la nature environnante, véritablement dépersonnalisés pour le plus grand profit du politiquement correcte. La disparition graduelle des espaces verts dans ces cages à poule fait naître une jeunesse désœuvrée, écœuré et déracinée. Les programmes scolaires sont orientés et falsifiés idéologiquement pour être assénés en vue de l’esclavage de masse sombrant dans un monde chimérique de non existence.

Tout cela répond-il aux impératifs d’une vie saine et équilibrée ?

visuesclavagemoderne3Environnement saccagé, valeurs humaines anéanties, nos vies et nos esprits sont manipulés : voilà ce qu’il convient d’attribuer à la logique de destruction de cette anti-civilisation. Le système s’attache à enlever toute signification aux actes de la vie, à anéantir toute valeur alors que les yeux vides de tout idéal on avance, musique bruyante aux oreilles dans des délires conditionnés. La répression s’abat sur les citoyens quand ils n’acceptent pas d’être soumis, les échauffourées lors des manifestations contre le mariage homosexuel en sont une preuve plus que flagrante. Alors que l’insécurité s’installe partout en toute impunité, seule la répression routière fonctionne à plein régime afin de persécuter l’honnête citoyen qui aurait l’audace, pour ne pas dire l’incivilité, de faire du 140 sur l’autoroute au lieu de 130 ! La République devra répondre devant le tribunal de l’histoire pour nos libertés perdues. La puissance bureaucratique et l’inquisition fiscale règnent, c’est une vaste machine à broyer les énergies. La France fonctionnarisé détruit systématiquement la paysannerie, l’artisanat et le petit commerce. Proudhon aurait dit : contrôlés, étiquetés, administrés, fiscalisés, amendés, noyautés, enrégimentés, écrasés, confisqués, endettés et finalement révoltés, enfermés, parfois suicidés ou fusillés…
Nous ne voulons pas être des numéros. Dans ce système où la consommation de calment augmente comme le taux de suicide, l’adversaire a pris la forme d’une mécanique implacable, servie par la toute –puissance de l’Etat. C’est ainsi que se construit une société programmée en vue de la consommation et aboutissant au spectacle permanent de la vie artificielle et idiote. Notre travail et nos impôts financent un système bancaire et économique injuste. Les financiers et des traders sans morale continuent à s’engraisser, les superprofits explosent alors que des millions de travailleurs se retrouvent sans emploi. Le travail doit-il être géré comme une marchandise, il se délocalise loin des lieux d’origines avec son lot de déracinement et de misère.
(suite…)

Action Sociale Corporative N°24

SOMMAIRE :

Page 3 et 4 : Documentaire : Histoire de la Législation sociale
Page 5 à 8 : La république contre la Civilisation – Par Frédéric Winkler et P.P Blancher
– Page 9 : La république contre la langue française – Par Augustin Debacker
– Page 10 : D’une Patrie à l’encan – Par Augustin Debacker
Page 11 à 13 : Combattre le chômage ce devoir de l’Etat – Par Jean-Philippe Chauvin
Page 14 à 20 : Contre le mariage pour tous !
Page 21 : Comment l’Irlande a liquidé son fardeau bancaire en une nuit – Par Romaric Godin
Page 22 et 23 : Turas go hÉirinn – Périple en Irlande – Par Julien BDR et Frédéric Winkler
Page 24 à 26 : L’affaire Cahuzac – Par Jean-Philippe Chauvin