Kadou

De la primaire socialiste à la finale présidentielle du 7 mai…

La Primaire de la Gauche tourne au pugilat entre les deux finalistes, et les discours de MM. Valls et Hamon semblent négliger que c’est bien leur camp politique qui gouverne le pays depuis 2012, les deux candidats ayant été ministres de M. Hollande, pour le premier jusqu’au mois dernier quand le second a quitté le navire dès l’été 2014, marquant alors son désaccord avec la ligne générale incarnée par le président et le premier ministre du moment. Or, à bien écouter les différents débats des dernières semaines, j’ai parfois l’impression que les deux concurrents agissent et parlent comme si le Pouvoir leur était totalement inconnu, ce qui est tout de même un comble…

La grande querelle des féodaux socialistes n’est qu’un épisode de ce combat des chefs pour conquérir la magistrature suprême de l’Etat, un feuilleton qui va tenir le Pays légal en haleine jusqu’en mai prochain. Une querelle qui, si l’on entend les commentaires des habitués du « parlement du peuple » (tel que l’entendait Balzac), motive plus par la possibilité de « dégager » l’ancien locataire de Matignon que par les idées mêmes de son adversaire.

Mais, dimanche soir prochain, lorsque le candidat officiel du Parti socialiste aura été désigné par les « socialistes d’un jour », la campagne prendra une nouvelle tournure car les principaux protagonistes seront alors tous connus : mais, des cinq présumés favoris, il ne devra en rester que deux pour le combat final du 7 mai, et, il faut bien l’avouer, nul ne sait, à l’heure présente, qui seront ces deux-là ! En trois mois, comme on l’a vu en ces dernières semaines, les pronostics et les évidences peuvent être bouleversés par quelques surprises dont il n’est pas certain qu’elles soient agréables pour tous…

De cette lutte électorale, le vainqueur sortira-t-il autrement qu’épuisé et sa victoire sera-t-elle autre chose que l’addition des mécontentements ou des oppositions à son adversaire ultime ? A moins qu’il suscite une espérance qui, bientôt, risque de disparaître devant des réalités qui résistent mieux aux promesses que les électeurs, ou sous les pressions d’une Union européenne qui ne parle que de « respect des règles budgétaires » quand il faudrait penser ambition géopolitique et grands projets…

C’est le grand inconvénient de « notre » République contemporaine, celui d’être prisonnière d’une incertitude électorale qui aiguise les appétits et suscite les jeux d’appareil et le choc des ambitions personnelles, alors qu’il faudrait additionner les énergies et les propositions pour les rendre efficaces dans le service de l’Etat : la Monarchie, qui n’est pas « le » régime parfait mais qui prend en compte les imperfections humaines comme politiques pour mieux les dépasser, est le meilleur moyen d’assurer la continuité au-dessus des querelles de partis ou de personnalités politiques. C’est aussi l’incarnation d’une unité qui est celle de la nation ; c’est le trait d’union des diversités françaises, dans tous leurs aspects et toutes leurs contradictions ; c’est ce qui permet et garantit l’expression des opinions politiques sans forcément menacer la magistrature arbitrale suprême de l’Etat…

Jean-Philippe Chauvin

L’enseignement et l’éthique de nos Rois :

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« Autre chose est ce qu’était le Roi de France sur son trône et ce qu’il était dans l’imagination du peuple ». E. Renan

 

Le linguiste Michel Bréal dans « Quelques mots sur l’Instruction publique en France », écrivait : « Parmi toutes les nations du monde, la France présente le spectacle d’un peuple qui a pris son propre passé en aversion. On dirait une population d’esclaves qui vient de renvoyer ses maîtres et qui ne veut plus se souvenir du temps de sa servitude. […] Je ne crois pas que les luttes de la fin du XVIIIème siècle et la mauvaise littérature du notre suffisent pour expliquer une aussi étrange répulsion. On ne peut haïr à tel point ce qu’on ignore, et la principale raison d’un état d’esprit si peu naturel, c’est que l’imagination du peuple a gardé le souvenir amplifié de crimes et des misères du temps passé, sans qu’on ait pris soin de lui en rappeler les bienfaits et les grandeurs. »

L’objectif de cette vidéo est de rappeler justement les bienfaits et les grandeurs du temps passé. Plus exactement mettre en évidence l’éducation et l’éthique de nos Rois ainsi que leurs relations quotidiennes avec le peuple français au-delà de toute caricature républicaine. On peut dénaturer l’histoire mais en dehors de toute idéologie, restent imperturbables, les faits et c’est eux que nous allons écouter…Commençons avec l’un de nos plus grands Rois : Louis IX ou Saint Louis. Voici ce qu’il écrivait à son fils, le futur Philippe III Le Hardi, dans son Testament :

« Cher fils, s’il advient que tu deviennes roi, prends soin d’avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c’est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu’il arrive, tu ne t’écartes de la justice. Et s’il advient qu’il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu’à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice. »

En Vème république c’est plutôt l’inverse qui s’observe ! Nous y voyons la continuité du roi des hébreux Salomon, fils de David, dont nos rois, comme Saint Louis, continueront l’enseignement, en Vème république c’est plutôt l’inverse qui s’observe !

(suite…)

Hommage à Louis XVI :

En ce 21 Janvier 2017, multiples sont les messes et les diverses commémorations militantes qui se tiennent dans l’ensemble du pays. Cet évènement n’est donc pas du ressort exclusif de la capitale puisque d’une année sur l’autre, de jeunes royalistes ou simples sympathisants n’hésitent plus à organiser de leur propre chef une cérémonie, un hommage, une oraison funèbre. Et bien qu’improvisées, on voit ces initiatives se développer en province à la ville comme à la campagne. Il reste que le rassemblement à la teneur des plus symboliques reste, pour des raisons évidentes, celui qui se tient annuellement à Paris, sur la place de la concorde.

C’est là que le roi fut lâchement assassiné le 21 janvier 1793, au terme d’un procès odieux dont le verdict n’avait que pour but de dégager la voie pour le nouveau régime meurtrier qui plaçait alors ses pions. Il n’est cependant pas question de se lancer dans un tel débat ici. Ce n’est ni dans la volonté ni dans les habitudes et encore moins dans l’intérêt du Groupe d’Action Royaliste de se focaliser uniquement sur des faits passés. Aussi, il était temps pour nous d’agir dans un esprit de renouveau, sans occulter ce qui fait les racines mêmes de la France et l’œuvre de nos rois. Ainsi, quel autre endroit que la basilique de Saint-Denis aurait pu avoir autant de légitimité en ce 21 Janvier fort de nos recueillements ? C’est sur ce lieu que s’est porté le choix d’une délégation du G.A.R, où environ 700 personnes se sont rassemblées dès midi dans un froid glacial, mais avec une force de conviction qui fait chaud au cœur. C’est en présence de Louis Alphonse de Bourbon et son épouse que se sont succédés des chants religieux d’une grande qualité, un plaidoyer pour le « roi martyr » suivi de la lecture de son testament. Un ultime recueil dans la crypte de la basilique a enfin clôturé la cérémonie. A la fois nécropole royale, dernière demeure des plus illustres bâtisseurs de nos provinces, gardien de leur intégrité et celle de ses peuples, à la fois chambre forte et dernier témoin d’un passé illustre, peut-on raisonnablement penser qu’un trait d’union entre ce dernier, notre présent et notre avenir est hors de portée ?

La réponse est définitivement non. Que faut-il retenir d’une telle journée ? Déjà, entendons-nous là-dessus, le choix du lieu ne s’est pas basé sur un critère humain en la personne de monseigneur le duc d’Anjou, mais bien sur la portée symbolique des lieux. Au G.A.R nous respectons toutes les préférences mais celles-ci se doivent d’être personnelles. Nous sommes donc au service de l’idée royale et non pas pour tel ou tel prétendant. Ensuite, si une lecture religieuse des évènements a bien évidemment été mise en avant ici, n’oublions pas que de solides garanties en matière de politique, d’économie, d’écologie, de vie civile et j’en passe, ne peuvent être stables et surtout durables en l’absence d’un régime royal digne de la France et de ses peuples. Et avant que la République ne fasse à notre tour de nous des martyrs de son incompétence, pour que vive la France…

VIVE LE ROI !

Julien

La France de Louis XVI un pays pilote :

Une caractéristique des révolutions françaises est de se produire à des moments où le pays se porte plutôt bien. C’est vrai pour 1789, pour1830, pour février 1848. Ce l’eût été pour 1968 si les émeutes de mai avaient débouché sur la révolution. Rien de plus éclairant à cet égard que le remarquable livre de François Bluche : «la vie quotidienne en France au temps de Louis XVI» (Hachette). Sans méconnaître son passif, il a considéré la France de Louis XVI en historien affranchi du poids des idéologies, des écoles et des slogans. Il brosse ici à grands traits le tableau d’un pays qui, relativement au reste du monde,apparaissait comme un modèle d’organisation, de bien-être et même de liberté.

 

Le roi est-il le plus compétent pour diriger le pays ? :

Quand on propose la Monarchie à ceux qui souhaitent un nouveau régime pour la France, beaucoup se rebiffent et avancent nombre d’objections auxquelles il s’agit ici de répondre, dans le cadre de la nouvelle enquête sur la Monarchie, en quelques mots et avec quelques exemples puisés dans l’histoire comme dans l’actualité…

« Le roi est-il le plus compétent pour diriger le pays ? »

Dans le cadre de l’Etat monarchique « à la française », ce qui compte n’est pas la simple compétence du roi, mais d’abord et avant tout sa position d’indépendance liée à sa naissance (physique et politique à la fois) hors des jeux de partis, position qui lui permet d’appeler auprès de lui et d’utiliser pour le gouvernement et les autres Conseils toutes les compétences utiles sans a priori politicien ou médiatique.

Ainsi, par le passé, il y a pu y avoir des rois d’intelligence médiocre, mais leur position et le devoir de transmettre le patrimoine dont ils étaient les simples dépositaires, les forçaient, en somme, à prendre les compétences là où elles se trouvaient et, il faut bien le reconnaître, avec quelque succès au regard de l’histoire longue. D’ailleurs, cela a souvent été reproché aux rois d’Ancien régime, en particulier par les « élites » (ou se prétendant telles) de l’époque, les nobles : il suffit de relire Saint-Simon, à la plume géniale mais injuste et ainsi très représentative de l’état d’esprit de nombre de privilégiés, si sévère à l’égard du roi Louis XIV parce que ce dernier, justement, ne s’en laissait pas conter par la classe nobiliaire (ou, plutôt, ses représentants auto-proclamés).

En Monarchie active (ce que certains confondent, à tort d’une certaine manière, avec « absolue »), le souverain ne doit pas hésiter, s’il le faut, à braver l’opinion et les médias qui la forment pour imposer des personnes qu’il sait compétentes et efficaces au regard des enjeux, des défis du moment et pour la suite. Ainsi, on peut dire qu’il n’y aurait pas eu de Richelieu sans Louis XIII ni de Colbert sans Louis XIV. Ces ministres n’ont pas été choisis pour leur popularité (peu élevée, dans ces cas-ci) mais pour leurs qualités politiques d’Etat et leur loyauté au service de la Couronne et du pays.

Cela ne signifie pas que le monarque, aujourd’hui et demain, n’entend pas les remarques ou les demandes des partis politiques, ainsi que les choix électoraux des citoyens (et ceux-ci peuvent être, aussi, une base importante pour le choix – ou le discrédit – des conseillers royaux au sein des institutions), mais qu’il garde le « dernier mot » pour son domaine, en bon arbitre institutionnel, au nom de l’intérêt général qu’il incarne au-dessus des jeux d’appareil et des « courtisans » modernes… C’est une garantie de sérieux et de justesse pour le gouvernement des hommes et la pérennité de l’Etat, quels qu’en soient les tendances politiques dominantes du moment…

Jean-Philippe Chauvin

 

Qu’est-ce qu’un roi ? La réponse de Ghislaine Ottenheimer, dans « Challenges » :

Dans le cadre de la nouvelle enquête sur la Monarchie, je traque toutes les interventions politiques, économiques ou sociales, qui évoquent la Monarchie, sa définition et ses aspects, et toutes celles qui, d’une manière ou d’une autre, positives ou négatives, répondent à notre interrogation politique, et elles sont, en définitive et malgré (ou à cause) de la République, plus nombreuses qu’on pourrait le penser ou l’imaginer…

Ainsi, dans le numéro de l’hebdomadaire Challenges daté du 5 janvier dernier, c’est l’éditorialiste même du magazine, Ghislaine Ottenheimer, qui répond à la question sur la définition de la Monarchie, en évoquant… François Hollande : en effet, c’est sous le titre simple et efficace, en trois lettres, de « Roi », qu’elle explique le rôle actuel du locataire quinquennal de l’Elysée, désormais en fin de bail ! Oublions M. Hollande lui-même, et citons ce qui, selon Mme Ottenheimer, définit le roi : « (il) s’est placé au-dessus de la mêlée. Il occupe (…) sa fonction de manière régalienne : armée, diplomatie, valeurs… laissant à son Premier ministre les affaires courantes. Selon les enquêtes d’opinion, les Français apprécient. Comme si, dans ces temps incertains, ils attendaient du chef de l’Etat qu’il soit impartial, défende l’intérêt général, bref qu’il se comporte en arbitre, avec une certaine hauteur de vue. » Pas grand chose à rajouter, pourrait-on dire, et Mme Ottenheimer ne s’est pas trompée en titrant son article !

La Monarchie, effectivement par essence et par statut, place le souverain au-dessus du champ (de bataille) politique, position qui permet d’exercer, non l’arbitraire, mais l’arbitrage : cela n’est pas neutre, car l’arbitrage, pour impartial qu’il soit, reste une prise de décision dont le principe, en démocratie royale (qui n’est pas forcément la Démocratie au sens idéologique du terme), n’est contesté par personne, l’indépendance de l’arbitre suprême étant garantie par sa simple naissance qui, elle, ne doit rien aux jeux de partis ou aux querelles de faction, mais juste à la rencontre au fond d’un lit d’un roi-père et d’une mère-reine.

Mais Mme Ottenheimer ne s’arrête pas là, elle donne des conseils pour la prochaine présidence issue des votes de 2017: « Le prochain président serait bien inspiré d’éviter la griserie du chef qui décide de tout, et de s’en tenir à une lecture des institutions plus partageuse avec son PM et sa majorité. » Là encore, elle rappelle, mine de rien, quelques aspects de la Monarchie « à la française » : le roi respecte les lois fondamentales politiques du pays (que l’on peut aussi appeler « constitution ») et se doit de les faire respecter par tous, comme son statut l’y oblige en tant que « premier magistrat de l’Etat » (ou « magistrat suprême ») ; il ne se « grise » pas d’un Pouvoir dont il n’est que le dépositaire et le gardien des institutions, et il n’est pas le chef d’une majorité qui, dans une logique démocratique électorale, a vocation à évoluer, voire à changer plus ou moins régulièrement, sans que le souverain doive prendre parti pour les uns ou pour les autres.

Arbitre suprême et axe majeur des institutions, le roi n’a donc pas de clientèle à satisfaire, il doit juste incarner la nation, son unité et sa pérennité : il est ainsi la « tradition intégrale », c’est-à-dire le symbole de la continuité et de l’histoire de France (avec tous ses bonheurs comme ses malheurs, tous ses aspects comme toutes ses couleurs), mais avec cette possibilité de remise en cause, de critique ou « d’amnésie » pour, parfois, refaire le « tissu français » déchiré par quelques moments ou débats vifs…

Que Mme Ottenheimer compare, de façon élogieuse pour l’actuel président, celui-ci à un roi montre, en définitive, que la Monarchie reste bien une référence importante et, même, positive dans le vocabulaire français : ce n’est pas rien, tout de même, et cela peut motiver un peu plus le combat pour un roi qui règne encore un peu dans l’inconscient des Français et, au moins, dans celui de Mme Ottenheimer…

Jean-Philippe Chauvin

La république en France une chance pour nos ennemis :

Donc, la République va s’implanter en France. Vous devez, par votre parole, par vos subventions à certains journaux démocratiques et par tous les moyens en votre pouvoir travailler secrètement à en amouracher les Français :

– Parce que tant que la République durera, la confiance ne pourra renaître. Ce régime inquiète si bien les capitaux que la moitié du dernier emprunt de deux milliards est encore à classer. S’il dure, la France ne trouvera certainement pas de banquiers pour répondre des trois derniers milliards qui lui restent à nous payer, et nous lui avons pris déjà tout ce dont elle peut disposer en numéraire.

– Parce que le parti républicain est, en France, le moins patriote. Pendant le siège de Paris les farouches républicains de Belleville, de Montmartre et de Ménilmontant ont été le type de la lâcheté tout en demandant à grands cris la guerre à outrance. Ils n’ont su que jeter leurs fusils dans les tranchées, hurler dans les clubs et souiller les Eglises de leurs ordures. C’est pour les avoir déshonorés en divulguant leur conduite dans ses ordres du jour que le général Clément Thomas a été assassiné par eux.
Ce sont des républicains du 4 septembre qui ont eu l’attention, lorsque Paris était investi par des Prussiens, d’inaugurer la statue de Voltaire, Chambellan de notre Grand Frédéric, et qui avait félicité ce prince d’avoir battu les Français à Rosbach. On n’est pas plus plat, plus lâche ou plus bête.
Quant à la Commune, son premier soin a été de faire insérer à son Journal officiel, la recommandation de ne rien faire, autour de Paris, qui pût nous déplaire. Elle a renversé la colonne Vendôme faite avec le bronze de nos canons. Vous voyez que les républicains de toutes nuances sont, plus ou moins, des nôtres. Avec l’Internationale, je les mènerai où je voudrai. Ils n’ont plus rien de leurs pères de 1792, à qui il restait quelque chose des sentiments de patriotisme puisés sous la monarchie.

Par contre, travaillez de toutes vos forces à empêcher le rétablissement de la monarchie.
Celle de Napoléon, passe encore. Elle a, elle-même, une origine et des antécédents révolutionnaires, des engagements avec les révolutionnaires de France et d’Italie ; elle est forcée de continuer à leur donner des gages, de pactiser avec eux comme par le passé. Par conséquent elle désorganisera aussi fatalement la France, qu’elle a déjà corrompue et abaissée. Nous n’avons donc pas à la redouter, le cas échéant. Mais je ne crois pas que les Français en veuillent. Deux fois les Napoléons ont laissé la France plus petite qu’ils l’avaient prise. Une nation vaniteuse ne pardonne pas cela.

Dans tous les cas, j’ai étudié personnellement Napoléon III. C’est un Raton dont Cavour et moi avons été tour à tour le Bertrand. Il a proclamé naïvement le principe des nationalités, mais ça été à notre profit.
Il n’a pas fait l’unité française en annexant la Belgique qu’il convoitait ; Cavour a fait l’unité italienne, et j’ai fait l’unité allemande. Il reviendrait sur le trône que je lui ferais encore tirer les marrons du feu. En le flattant, on fera de lui tout ce qu’on voudra. Entre nous il est facile à rouler.

Esprit versatile et sans suite, rien ne lui a réussi. Par sa guerre en Crimée et le soulèvement de la Pologne, il s’est brouillé avec la Russie. Par sa guerre d’Italie, il s’est brouillé avec l’Autriche sans se faire un allié de Victor Emmanuel. Tantôt il a joué celui-ci au profit du Pape, tantôt il a joué le Pape, au profit du roi d’Italie. Par sa guerre du Mexique, il s’est fait un ennemi de l’Amérique du Nord qui l’a impérativement prié de s’en aller, abandonnant le malheureux Maximilien.

Mal avec l’Espagne, mal avec l’Angleterre, mal avec la Belgique, méprisé au dehors pour son caractère fourbe et sa politique indécise, il s’est trouvé sans alliances et est tombé sous le poids du mépris de son propre peuple. Si le vent tournait de ce côté vous pouvez donc tendre les voiles.
Il n’en est pas de même des Bourbons.

Combattez surtout la fusion entre les deux branches de cette maison. Les Orléanistes, seuls, ne seraient qu’un moyen terme. Ils auraient encore pour adversaires les trois autres partis, et laisseraient la France divisée. Ce qu’il faut surtout empêcher, c’est leur fusion avec Henri V, c’est l’avènement de la légitimité :

1°) Parce que celle-ci représente l’unité et la grandeur de la France, par la conquête successive de ses provinces, y compris l’Alsace et la Lorraine.

2°) Parce qu’elle représente les idées d’ordre, de droit, de religion, qui sont les éléments sociaux de conservation et de grandeur.

3°) Parce que le principe de transmission héréditaire du pouvoir, exclut les ambitieux, les mécontents, les avocats qui s’entendent si bien à jeter leur pays dans les hasards des révolutions, pour pêcher en eau trouble.

4°) Parce que, le retour à ce principe, ramènerait la confiance, les affaires et la prospérité publique.

5°) Parce que le comte de Chambord, dans ses proclamations, a fait voir qu’il était à la fois homme de cœur et Roi libéral dans le bon sens du mot, conservant du passé et prenant du présentée qu’ils ont de bon.

6°) Parce que la monarchie des Bourbons a toujours été le symbole de l’honneur et de la fierté patriotique. Je me rappelle que lorsque l’ambassadeur d’Angleterre vint, en 1830, dire au prince de Polignac que son pays s’opposait au débarquement des troupes françaises à Alger, le prince lui répondit simplement : Milord, la flotte française appareille de Toulon tel jour ; s’il vous plait d’essayer de lui barrer le chemin, libre à vous.
Les républicains de 1871 n’eussent pas fait cette fière réponse. Ils sont et resteront toujours plus préoccupés des intérêts de leurs partis que des intérêts de la France. Leur patrie, c’est le monde, disent ces idiots, menés par l’Internationale.
Voilà pourquoi les bataillons des purs, de Belleville, de Montmartre et de Ménilmontant, refusaient de marcher contre nous, tandis que les légitimistes, les zouaves pontificaux, les mobiles bretons nous ont résisté héroïquement de l’aveu même de Gambetta. Voilà pourquoi, dans toute la guerre même un républicain notable n’est tombé sous nos balles, tandis que les de Mailly, les de Luynes, les Chevreuse, les Grencey, les Dampierre, les Segoyer, les Coriolis, les Brissac, les Bouille, les Charette, les de Sonis, les Vogué, les Quatre-barbes, etc., sont morts pour la France, ou ont versé leur sang pour elle. Si les Flourens et les Delescluze sont morts aussi, ça été en se battant contre les Français.

7°) Enfin, vous vous opposerez de toutes vos forces à l’établissement de la monarchie des Bourbons parce qu’elle seule peut ramener des alliances à la France ; notamment celle de la Russie ; et que l’Allemagne, prise entre la France et la Russie comme dans un étau, avec le Danemark au nord et l’Autriche au Midi, la Hollande, la Belgique et la Suisse à l’Ouest, serait gravement compromise. Alors vos craintes deviendraient fondées.

Le royalisme sans la nostalgie :

Dans le cadre de la nouvelle enquête sur la Monarchie, il me semble important de répondre aux objections faites à la Monarchie, ne serait-ce que pour dissiper les malentendus sur la Monarchie elle-même et préciser ce que nous entendons par Monarchie « à la française », ce qui nous semble en faire une nécessité dans ce monde-ci et pour la nation française, si particulière et si diverse à la fois.

Les objections, effectivement, ne manquent pas et cela sur tous les terrains : historique, politique ou social, moral parfois, etc. Mais il faut aussi une part d’humilité dans les réponses à celles-ci : être royaliste ne signifie pas avoir réponse à tout, mais chercher celles-ci quand des questions se posent ou nous sont posées ; cela signifie aussi actualiser certaines idées, les accommoder, non pour les amenuiser, mais pour les rendre plus efficaces en notre temps qui, qu’on le regrette ou non, n’est pas celui d’hier ou d’il y a deux siècles. Le royaliste que je suis refuse que la nostalgie prenne le pas sur les réalités, et c’est en politique qu’il faut aborder les défis contemporains : la Monarchie n’est pas et n’a jamais été figée dans le temps, car elle est un axe et non un carcan !

Cela n’est donc pas cette attitude « de feuille morte » qui consiste à suivre sans réagir le cours du ruisseau et du temps. Au contraire, l’attitude royaliste « active » consiste à vouloir agir dans et sur ce monde ou, du moins, dans et sur celui qui nous est proche, qui est nôtre avant que d’être celui des autres, à l’échelle de la commune, de la profession, de la région et de la nation, ce « plus vaste et complet cercle communautaire existant réellement », pourrait-on dire en paraphrasant Maurras. Alors que la nostalgie est trop souvent la marque d’un renoncement politique, le royalisme politique se veut le moyen de relier Tradition et Actualité en des institutions « traditionnelles dans leurs principes, modernes dans leurs pratiques », tout simplement.

Aussi, nous nous intéresserons à répondre aux objections d’abord politiques plus encore qu’historiques, sans négliger néanmoins le fait que l’histoire est le champ privilégié d’un « empirisme organisateur » qui se doit d’être réaliste sans pour autant céder à l’idéologie du « réalisme » vantée par certains et dénoncée par Bernanos comme la marque d’un conformisme fataliste : les réalités sont aussi le résultat de l’action des hommes et de leur politique, et elles ne sont pas condamnées à être absolument figées dans un « présentisme » insupportable et oublieux de la mémoire des peuples et des familles. « Toute vraie tradition est critique », affirmait l’écrivain de Martigues : il est important de ne pas confondre la transmission avec la seule conservation idéologique… Si je peux me définir comme traditionaliste (politiquement et civiquement parlant), je ne peux que me défier du conservatisme qui, aujourd’hui, est d’abord républicain, faute d’oser penser « autre chose que ce qui existe en ce moment-même »..

Jean-Philippe Chauvin