Le désastre de la IIIè république – De Bismarck à la Grande Guerre :

Du 19 juillet 1870 au 29 janvier 1871, la France de Napoléon III et les États allemands coalisés sous l’égide de la Prusse sont en guerres. Mal préparés, le plus souvent inférieurs en nombre et très mal commandés, les Français furent sévèrement battus dans plusieurs des batailles jalonnant cette période de guerre. La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III, provoquèrent la chute du Second Empire. La victoire prussienne est totale, mais cette guerre ne fut que l’amorce des deux guerres mondiales qui affaibliront considérablement la France durant le XXème siècle.

Le Second Empire de Napoléon III fut remplacé par la troisième république. Bismarck se montra favorable au maintien de cette république, car il pensait que ce régime empêcherait la France de concocter des alliances avec les monarchies européennes. En réalité, il craignait les monarchistes, parce qu’ils possédaient cet esprit revanchard qui le répugnait. De plus, la monarchie pouvait créer un régime fort qui essayerait éventuellement de reconquérir les territoires perdus. Le 24 mai 1873, Bismarck accueille très mal le fait que le nouveau gouvernement français se composait majoritairement de monarchistes catholiques. Toutefois, il avait déjà mis en place un premier système d’alliance et espérait ainsi contrer toutes les initiatives diplomatiques possibles de la France. Cette crainte d’un retour à la Monarchie en France, Bismarck l’exprima clairement dans une lettre qu’il fit au Baron Harry Von Arnim alors Ministre plénipotentiaire à Paris de 1871 à 1874, le 16 novembre 1871.

Nous allons vous citer quelques extraits et nous vous invitons à lire le document traduit en français disponible sur le site des archives de la bibliothèque nationale de France (http://gallica.bnf.fr/) en tapant : «opinion de Bismark sur la république en France» sur le moteur de recherche de ce site. Voici quelques extraits de ce document :

« Donc, la République va s’implanter en France. Vous devez, par votre parole, par vos subventions à certains journaux démocratiques et par tous les moyens en votre pouvoir travailler secrètement à en amouracher les Français :

– Parce que tant que la République durera, la confiance ne pourra renaître. Ce régime inquiète si bien les capitaux que la moitié du dernier emprunt de deux milliards est encore à classer. S’il dure, la France ne trouvera certainement pas de banquiers pour répondre des trois derniers milliards qui lui restent à nous payer, et nous lui avons pris déjà tout ce dont elle peut disposer en numéraire.

– Parce que le parti républicain est, en France, le moins patriote. Pendant le siège de Paris les farouches républicains de Belleville, de Montmartre et de Ménilmontant ont été le type de la lâcheté tout en demandant à grands cris la guerre à outrance. Ils n’ont su que jeter leurs fusils dans les tranchées, hurler dans les clubs et souiller les Eglises de leurs ordures. C’est pour les avoir déshonorés en divulguant leur conduite dans ses ordres du jour que le général Clément Thomas a été assassiné par eux.

Ce sont des républicains du 4 septembre qui ont eu l’attention, lorsque Paris était investi par des Prussiens, d’inaugurer la statue de Voltaire, Chambellan de notre Grand Frédéric, et qui avait félicité ce prince d’avoir battu les Français à Rosbach. On n’est pas plus plat, plus lâche ou plus bête.

Quant à la Commune, son premier soin a été de faire insérer à son Journal officiel, la recommandation de ne rien faire, autour de Paris, qui pût nous déplaire. Elle a renversé la colonne Vendôme faite avec le bronze de nos canons. Vous voyez que les républicains de toutes nuances sont, plus ou moins, des nôtres. Avec l’Internationale, je les mènerai où je voudrai. Ils n’ont plus rien de leurs pères de 1792, à qui il restait quelque chose des sentiments de patriotisme puisés sous la monarchie.

Par contre, travaillez de toutes vos forces à empêcher le rétablissement de la monarchie.

[…]

Ce qu’il faut surtout empêcher, c’est leur fusion avec Henri V, c’est l’avènement de la légitimité :

1°) Parce que celle-ci représente l’unité et la grandeur de la France, par la conquête successive de ses provinces, y compris l’Alsace et la Lorraine.

2°) Parce qu’elle représente les idées d’ordre, de droit, de religion, qui sont les éléments sociaux de conservation et de grandeur.

3°) Parce que le principe de transmission héréditaire du pouvoir, exclut les ambitieux, les mécontents, les avocats qui s’entendent si bien à jeter leur pays dans les hasards des révolutions, pour pêcher en eau trouble.

4°) Parce que, le retour à ce principe, ramènerait la confiance, les affaires et la prospérité publique.

5°) Parce que le comte de Chambord, dans ses proclamations, a fait voir qu’il était à la fois homme de cœur et Roi libéral dans le bon sens du mot, conservant du passé et prenant du présentée qu’ils ont de bon.

6°) Parce que la monarchie des Bourbons a toujours été le symbole de l’honneur et de la fierté patriotique. Je me rappelle que lorsque l’ambassadeur d’Angleterre vint, en 1830, dire au prince de Polignac que son pays s’opposait au débarquement des troupes françaises à Alger, le prince lui répondit simplement : Milord, la flotte française appareille de Toulon tel jour ; s’il vous plait d’essayer de lui barrer le chemin, libre à vous.

Les républicains de 1871 n’eussent pas fait cette fière réponse. Ils sont et resteront toujours plus préoccupés des intérêts de leurs partis que des intérêts de la France. Leur patrie, c’est le monde, disent ces idiots, menés par l’Internationale.

[…]

7°) Enfin, vous vous opposerez de toutes vos forces à l’établissement de la monarchie des Bourbons parce qu’elle seule peut ramener des alliances à la France ; notamment celle de la Russie ; et que l’Allemagne, prise entre la France et la Russie comme dans un étau, avec le Danemark au nord et l’Autriche au Midi, la Hollande, la Belgique et la Suisse à l’Ouest, serait gravement compromise. Alors vos craintes deviendraient fondées.

[…]

Les Bourbons sont impopulaires précisément à cause de leurs qualités. Les légitimistes et les cléricaux, leurs partisans, ont beau être, en France, les plus éclairés, les plus honnêtes, les plus patriotes, ils sont opposés aux idées anti-sociales et anti-religieuses qui ont fait tant de progrès, de dupes et de criminels. Ils luttent, à peu près seuls, contre le courant qui entraine la France vers l’anarchie et le paganisme. C’est assez pour qu’ils soient en butte à la haine et à la calomnie, non-seulement de la populace, qui est une bête idiote et féroce, mais de la politique ou de religion. Elle ne lit que les déclamations d’un journaliste inventé pour la seriner.

Exploitez cet état de choses. Faites souvent parler, dans vos journaux, du danger de la réaction, des crimes de l’absolutisme, des horreurs de la féodalité, de l’infâme droit du Seigneur, de la dime, des corvées, de l’inquisition, comme si tout cela avait réellement existé ou pouvait revenir. Faites peur des empiétements et des captations du clergé. Dites qu’avec Henri V, la religion serait non-seulement protégée mais imposée, que chacun serait forcé d’aller à la messe et même à confesse.

Ces déclarations et ces balivernes ne manquent jamais leur effet auprès des masses ignorantes et imbéciles, auxquelles le suffrage universel a remis le sort de la France.

Entretenez la peur de l’épouvantail légitimiste et clérical, en faisant propager les calomnies ou les préjugés qui ont fait naître cette peur.

[…]

Et vous voulez, mon cher ami, que je redoute dans l’avenir une revanche de la France ! Tranquillisez-vous : cette nation est condamnée à mort. Elle aura ce qu’elle mérite : c’est-à-dire la République alternant avec l’Empire ou la Commune ; le despotisme…

[…]

La France offre ce phénomène d’une République qui ne peut durer huit jours sans tomber dans le sang ou dans la boue, qu’à la condition d’être gouvernée par des Monarchistes. Les Républicains proprement dits ne fournissent que des sujets comme les préfets et sous-préfets nommés par Gambetta, c’est-à-dire des ignorants et des incapables.

[…]

Donc la République française, malgré sa belle devise sur les murs, dès qu’elle ne sera plus entre les mains des royalistes, qui la font vivre provisoirement, tombera d’abord entre les mains des intrigants et des incapables, jusqu’à ce qu’elle retombe entre les mains des criminels d’où elle sort à peine. C’est inévitable. Quand une Nation n’a plus le frein de la religion et des mœurs, que le frein de la force est le seul qui la contienne, tout est possible, même l’avènement d’un demi-million d’Erostrates, du jour où la force tombe entre leurs mains comme au 18 mars.

[…]

et cela, parce que la France, reniant son passé glorieux, livrée aux avocats et au casse-cou, aura cessé d’être française pour devenir républicaine. Réjouissons-nous-en. Nous avons pris définitivement sa place dans les destinées du monde. Elle ne pourra plus s’opposer aux progrès de l’Allemagne.

[…]

L’empire d’Allemagne, avec Berlin pour capitale, que Thiers redoutait, est fondé. Le pangermanisme est proche, grâce à l’impuissance de la France républicaine.

Donc : VIVE LA REPUBLIQUE !  A BAS LES BOURBON !

Tel doit être, en France, le cri d’un bon Prussien. »

La lettre de Bismarck est sans appel ! Elle met en évidence le caractère antifrançais de la révolution de 1789 et de l’esprit républicain qui en émane. Nous n’aborderons pas ici les attaches philosophiques des dits « Lumières » avec les autres puissances européennes contre la monarchie de Louis XV et Louis XVI, comme nous ne parlerons pas non plus des révolutionnaires à la solde de l’Etranger lors de la Révolution dite française ! Mais revenons à Bismarck, il sous-entend à juste titre que le pangermanisme, à savoir le mouvement visant à regrouper sous une même autorité politique les peuples d’origine germanique, n’a été possible que grâce à l’impuissance de la France républicaine. Le système républicain, et l’esprit qui en émane, n’ont jamais été une force pour notre pays, au contraire ils ont été et seront toujours de bons serviteurs au service de nos ennemis. La république clôture notre histoire et détruit tout ce qui représente la France dans sa réalité historique culturelle et religieuse, bref dans tout ce que touche chaque Français. Bismarck ne le savait que trop bien et en avait surtout conscience, comme l’Angleterre, un retour à la Monarchie en France serait désastreux pour l’Empire Allemand, mais au combien fortifiant pour la France. Et c’est un ennemi juré de la France qui fit cette analyse, qui nous l’espérons, fera réfléchir plus d’un républicain sincère, s’il en reste !

La République sera donc proclamée le 4 septembre 1870 par Léon Gambetta, au balcon de l’hôtel de ville de Paris, pour le plus grand malheur de la France, alors que l’Empire allemand est proclamé dans la galerie des Glaces du château de Versailles, le 18 janvier 1871, à la faveur de la défaite française. Et c’est cette république voulu par Bismarck qui, 40 ans après la défaite de 1871, prendra la responsabilité de diriger la guerre la plus atroce face à l’Allemagne. Pourtant, peu avant le déclenchement de la Guerre de 14-18 la faiblesse du régime républicain se faisait déjà cruellement ressentir. Un député socialiste et franc-maçon, Marcel Sembat, rédigea un pamphlet : « Faites un roi, sinon faites la paix ». A travers ce pamphlet rédigé en 1911, Marcel Sembat expliquait combien le régime républicain était trop faible et instable, mais aussi source de divisions et donc incapable de pouvoir gérer efficacement une guerre. Il disait : « Aller à la guerre sous des Jules Faure, des Poincaré des Barthou, des Trochu, des Gambetta, des Clemenceau ? Nous serions encore condamnés à cela ? Comment osez-vous, trop connus, vous qui, en paix, n’êtes déjà que des conducteurs assez médiocres, vous proposer pour chefs de guerre ? Retirez-vous, vous puez la défaite ». Manifestement il ne fut pas entendu et c’est au nom de la Liberté et des Droits de l’Homme que le français de 1914 avait perdu sa liberté d’aller ou de ne pas aller à la guerre, liberté qui fut pourtant acquise durant des siècles sous la Monarchie. La république su alimenter durant ces 40 ans un esprit revanchard associé à un patriotisme révolutionnaire particulièrement désastreux. Raymond Poincaré, dans son message aux Assemblées du 4 août 1914, proclamera l’Union sacrée entre tous les français, le but étant de faire disparaître les nombreuses divisions existantes entre les français : politiques, syndicales, religieuses…etc, afin de renforcer le gouvernement républicain dans sa gestion du conflit. Mais cette union sacrée ne fut qu’un leurre car le gouvernement républicain profitera bel et bien du conflit pour continuer à se débarrasser de ses adversaires politiques, à savoir les Catholiques, les Royalistes et les Nationalistes. Ces derniers malheureusement agiront avec confiance et refuseront de profiter du conflit pour abattre la république. Jean de Viguerie écrivait à ce sujet dans « Les deux Patries » : « Car les curés doivent subir le sort commun : ils doivent tuer eux aussi, et être tués. Mais le but est surtout d’en faire tuer le plus possible. Avec le plus grand nombre possible de leurs fidèles. L’intention est avouée. Les politiciens ne s’en cachent pas. « La jeunesse catholique, aurait déclaré l’un d’eux, nous l’enterrerons dans les tranchées. » » Jean de Viguerie – Les deux Patries – Editions DMM – p195

Cette logique anticléricale, caractérisa particulièrement bien la IIIème république et d’autant plus qu’elle répondait à la volonté de Bismarck de combattre l’Eglise catholique dans le cadre de son Kulturkampf. La suite on la connait, ça sera plus de 1,5 millions de morts en 4 ans en comptant les civils. Il faut dire qu’entre l’Affaire Dreyfus et celle des Fiches, l’armée française avait été considérablement affaiblit. Cette fausse victoire des alliés aboutira 20 ans plus tard à un autre conflit avec l’Allemagne. Conflit qui achèvera d’affaiblir notre pays, et qui permettra malheureusement l’hégémonie américaine dans le monde. La IIIème République naît de la défaite de la guerre de 1870, et en 1940, peuplée d’hommes politiques dont la lâcheté le dispute à l’incompétence, disparaît dans le plus grand désastre militaire que la France ait jamais connu. Par son impéritie, elle exposa la France à deux guerres mondiales horriblement meurtrières, dont on ne s’est toujours pas relevé. Elle se lança également dans l’aventure inconsidérée de la Colonisation, face à laquelle la Vème république nous impose à ce jour, moult repentances au nom de l’antiracisme et du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » !

Bismarck qualifiait en son temps les républicains français, d’ignorants, d’incapables, de traitres et de criminels. En ce début du XXIème siècle qu’est ce qui a vraiment changé ? La république est un système que seuls les ennemis de la France peuvent lui souhaiter. Alors que penser de ceux qui nous gouvernent et qui n’ont que le mot « république » à la bouche ?

En cette période de centenaire de la Grande guerre, ce sont ces mêmes incapables qui nous offrirent le spectacle grotesque d’un semblant de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun. Commémoration aux allures de profanation plutôt qu’autre chose…

La république veut nous faire croire que ceux qui se sont battus dans l’enfer des tranchées l’ont fait par patriotisme républicain. Pourtant, il n’y a qu’à lire les archives de lettres écrites par les poilus eux-mêmes pour se rendre compte qu’il n’en est rien. En voici quelques extraits :

« Si nous le voulions, tout cela cesserait ! Car si nous étions des hommes il n’y aurait qu’à nous révolter ! À bas la République ! » J.-M. Aubreton, rapport du lieutenant Brice, 5 juin 1917

« Tas de vaches, tas de salauds, c’est vous qui faites durer la guerre, buveurs de sang, tas de richards, on vous aura après la guerre, si on a le bonheur d’en sortir. » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010 pages 206-207.

« Nous en avons marre de nous faire massacrer pour rien ! … À mort les députés, à mort les marchands de canons ! À mort les embusqués ! » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010 page 341

« Ouvrier, fais-toi tuer pour les gros et les embusqués » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010

« Vive le Roi » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010

« À bas la guerre, et n’oubliez pas que c’est pour démolir le petit peuple » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010

« Pauvre populo, prépare tes gosses pour la boucherie. » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010

« Il [le gouvernement] a juré de nous faire détruire jusqu’au dernier. » SHD 16N1393, CP, 298e RI, 2 juillet 1917.

 « Au chiotte les députés et au fumier les sénateurs, tas de fainéants. » Loez, André, 14-18. Les refus de la guerre, Folio histoire, 2010

Et oui ! Beaucoup à cette époque étaient royalistes ou simplement contre le gouvernement. Les français de cette époque ne se sont pas battus pour les valeurs de la République, mais au contraire ont été victimes de celle-ci !

Que reste-t-il dans cet anniversaire de cette terrible guerre qui fut dans notre histoire un véritable génocide de la jeunesse. De toute cette jeunesse exterminée sur l’autel républicain, au nom de quoi, sacrifiée idéologiquement. Ces hommes partis en guerre non pour une république fantoche, qui depuis deux cent ans traîne une ombre de mort sur notre pauvre pays exsangue, la révolution, la Commune, les massacres d’ouvriers, la misère ouvrière. Que reste-t-il de ses messages de « poilus », de cette fleur des peuples régionaux, travailleurs et paysans venus mourir aux frontières d’un pays mal défendu. De ces bretons, fils de chouans qui avaient déjà au cours de la révolution payés le prix fort, sans parler de l’affaire du Camp de Conlie, cette horreur de Gambetta. Bref à travers les lettres de ces hommes qui étaient partis défendre la terre de leurs ancêtres, leurs enfants, leur pères et mères et non d’un système inhumain, usé jusqu’à la corde et antisociale nommé république qui aujourd’hui en cet anniversaire, essai de recueillir les fruits de leurs sacrifice, pour honteusement parler d’une mort au nom de la république. En fait elle piétine les morts, ne les respecte pas comme jamais elle ne les a respectés et ne les respectera jamais. Cette hydre républicaine ne vit que dans les scandales et les pieds dans le sang, celui de nos pères, de nos fils, de nos oncles et nos cousins. Que reste-t-il de ces lettres, de ceux qui laisseront leurs femmes et leurs enfants ? Qui laisseront leur jeunesse, leurs rêves comme toutes ces espérances que l’été de l’âge promet. Ils n’auront pas connu peut être l’amour où mourront avec l’amitié comme des passions en cours, qui par leur absence, laisseront l’être aimé seul, désertifieront le territoire, remplaçant leur présence par des listes interminable sur le monument des centre villes de nos villages. Ce sont ces listes de noms douloureux, fine fleur traversant l’histoire de nos racines de ceux qui payèrent le prix du sang. Relisons ces messages qui restent pour nous des témoignages comme la réalité de ce qu’ils pensaient, exprimant leurs dégoûts comme la honte de cette maladie mortelle nommée république qui, en dehors de tout système politique, est celui qui ferme l’histoire et détruit tout ce qui nous est cher

Que reste-t-il, pour beaucoup, aujourd’hui, c’est du passé. C’est un grand père, un grand oncle, plusieurs frères qui dorment sur cette terre là-bas balayé par le vent de l’est, comme tous ces volontaires étrangers : Sénégalais, Marocains, mais aussi Russes, Serbes, Anglais, Canadiens, Américains et j’en oublie qu’ils me pardonnent. Mais j’en appel à nos mémoires et pensons un instant à tous ceux qui restèrent à la nouvelle du décès ou de la disparition de l’être cher, comme des êtres cher, qui continuèrent une existence avec l’absence, ce vide, ces souvenirs, dans le sacrifice. Tous ces enfants qui grandirent sans leur père, leurs frères ou leurs oncles où leurs amis. Toutes ces femmes qui subirent car les guerres touchent d’abord les jeunes et surtout les femmes et les enfants, comme les faibles et les vieillards. Si cette vidéo doit servir à quelque chose, c’est maintenir ce souvenir pour ne pas oublier car demain d’autres guerres viendront, d’autres conflits surgiront et du doigt nous pointons la responsabilité d’un Etat lâche et sanguinaire. Il n’y a pas d’Etat idéal mais des gouvernements moins mauvais. Il y a des gouvernements qui malgré l’autorité que nous avons en tant que citoyen accepté restent avare et économe du sang humain. Il suffit de se tourner vers l’histoire,  comparer, apprécier les stratégies, les ordres donnés, les officiers nommés, les comportements politiques. Je rappelle que la république ne désirait pas moderniser les uniformes afin d’envoyer en première ligne notre infanterie en bleu à revers rouge, parce que c’était les couleurs de la révolution face aux mitrailleuses allemandes. Nous avons fusillés des hommes sous prétexte de désertion parce que des officiers ne respectèrent pas leurs paroles en annulant ou décalant les permissions gagnés au prix du sang. Parce qu’ : « il fallait y aller », comme à l’image des 300.000 hommes de la révolution, envoyés à l’abattoir, aux frontières alors que le Roi n’y envoyait que des armées de métier ! « La honte des républiques et des empires, le crime des crimes sera toujours d’avoir tiré un paysan de la paix doré de ses champs et de sa charrue et de l’avoir enfermé entre les murs d’une caserne pour lui apprendre à tuer un homme » disait Anatole France. La révolution comme la république saignent la France.

A toutes ces femmes et mères dont la vie fut bouleversée par l’absence, comme à ces enfants qui grandirent sans l’appui des aînés, ce n’est pas la république qui vous parle mais la France, recevez nos excuses pour ces douleurs. Ce « jamais plus jamais », qu’au moins cette expérience de ce sacrifice, ce souvenir puisse servir pour comprendre qu’aujourd’hui comme demain, nous ne pouvons vivre que débarrasser de ce système antisocial et inhumain nommé république qui détruit chaque jour tout ce qui nous est le plus cher. Alors si au détour ou d’un déplacement, vous passiez sur les terres de l’est ou du nord, ayez un instant cette pensée, oh sans aller jusqu’à déposer des fleurs et pourquoi pas, qui sait mais au moins un instant, réfléchir ou penser dans ces immenses cimetières où dorment notre jeunesse fauchée dans ce conflit où souffle ce vent qui vient des lointaines contrées. Nous regrettons les absentes descendances de ce sang qui nous manquent tant aujourd’hui. Tous ces savants, poètes, peintres, écrivains, artistes, musiciens, ouvriers, paysans qui handicapèrent par leur absence les richesses en devenir de notre pays comme ce manque de famille dans nos communautés. Dormez en paix, le temps de la libération viendra car notre jour viendra !

P-P Blancher et Frédéric Winkler