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Le retour de l’anneau de Sainte Jeanne d’Arc

Ce dimanche 20 mars 2016, jour de l’équinoxe de printemps chassant l’hiver avec une journée d’avance et coïncidant avec le dimanche des Rameaux ouvrant la semaine Sainte, le Groupe d’Action Royaliste s’est rendu à la cérémonie d’hommage à l’anneau de Jeanne d’Arc au Puy du Fou. Sous un soleil éclatant, la journée s’annonçait mémorable.

Chevaliers

Arrivés en fin de matinée, la cérémonie commençant seulement à 14h, nous avons décidé de nous rendre non loin du Puy du Fou, au Mont des Alouettes situé sur la commune des Herbiers. Il s’agit d’une colline culminant à 232 mètres qui offre un magnifique panorama sur le bocage Vendéen, où abondent les points de vues, les baies pittoresques, les rochers finement ciselés par la pluie et gardés par des ajoncs aux épines défensives. Ce fut un haut lieu des Guerres de Vendée, comme nous l’indique le tympan de l’élégante chapelle néo-gothique «1793, la Vendée fidèle» ; fidèle au Roi de France contre la frénésie révolutionnaire.  Cet endroit, particulièrement venteux, était autrefois très prisé par les meuniers de la région comme l’attestent encore aujourd’hui les trois moulins à vent récemment rénovés. Ces moulins avaient également une fonction stratégique entre 1793 et 1794, lorsque les Républicains vinrent mater les insurgés royalistes, et particulièrement lors de l’arrivée des colonnes infernales de Turreau. Ils servirent de télégraphe optique pour annoncer les nouvelles. En fonction du mouvement des ailes, différents signaux étaient annoncés aux Vendéens, de collines en collines, pour signaler tout mouvement ennemi. Victorieux, les troupes barbares révolutionnaires, incendièrent les moulins et seuls les trois en place aujourd’hui ont été restaurés.
Sur l’un d’eux est apposé une citation d’un sénateur de la IIIe République, Jean Yole :  «C’est le rôle de chaque génération de recueillir ce que la tradition détient de sages leçons, d’énergies accordées, pour en ensemencer les réalités futures. La tradition, c’est le pied-mère. Le progrès, c’est le greffon.»
En descendant du côté gauche de la chapelle, nous sommes tombés sur une stèle commémorative en l’honneur du bon roi Louis XVI, érigée en 1993, soit deux siècles après sa mort.

Monument Louis XVI - Vendée

Le cruel hiver de 1428-1429 allait finir, laissant une longue traînée de deuils, de misères et de désespoirs… La France, vaincue, trahie, était devenue la proie des Anglais, et les horreurs de la famine, du brigandage et de la guerre civile achevaient l’œuvre maudite de l’invasion. Dans les campagnes ravagées, les champs étaient en friche, les chaumières en ruine, les églises incendiées. Les populations affolées, terrifiés, hantés, fuyaient vers les villes sans nourriture, n’emportant que leurs souvenirs, ou se retiraient au fond des forêts, leur plus sûre retraite !

L’herbe, les ronces poussaient dans les rues de Paris dépeuplé et dévasté ; la nuit, les loups venaient disputer leur maigre repas à ses derniers habitants…

Lors de cette époque de larmes et de sang, comme de nombreuses fois dans l’Histoire, la France était au bord de l’anéantissement. C’est toujours lorsque les événements sont les plus dramatiques que la France reçoit un coup de pouce du Bon Dieu, lui permettant de se relever, de renaître de ses cendres tel le Phénix. Le Seigneur choisi ce moment pour faire parvenir à la France Jeanne d’Arc, lui confiant la mission de sacrer à Reims le Dauphin Charles, dit «Roi de Bourges », représentant le dernier rempart des Français restés fidèles à la cause nationale. Sa seconde mission était de bouter hors de France l’envahisseur Anglois.

C’est dans l’enclos potager paternel, que ses voix s’adressèrent à elle.
Jeanne entendit : «Jeanne la Pucelle, fille de Dieu, sois bonne et sage enfant ; mets ta confiance au Seigneur… Jeanne, il faut que tu ailles en France !». Elle regarda autour d’elle et ne vit personne, mais une grande clarté brillait à droite de l’église. Elle resta toute saisie devant la révélation de sa destinée. Bientôt Jeanne entrevit dans un nimbe lumineux l’image ailée de Saint Michel avec son armure éclatante, son épée de flammes, victorieuse de l’Esprit des ténèbres et du mal. Toute une cohorte céleste environnait le vainqueur de Satan, étincelant de lumière et radieux de beauté !

Jeanne, effrayée, tomba à genoux et ferma ses yeux… Lorsqu’elle les rouvrit, l’apparition était toujours là, mais cette fois elle put en supporter le divin éclat. «Je suis l’archange Michel, dit la voix. Je te viens commander de la part du Seigneur que tu ailles au secours du dauphin Charles, afin que par toi il recouvre le royaume de France, qui est celui de Jésus.»
Jeanne lui répond en tremblant : «Messire, je ne suis qu’une pauvre fille des champs. Je ne puis ni chevaucher, ni conduire des hommes d’armes !
– Va, fille de Dieu, reprit l’archange
– Mais je ne saurais, messire. 
– Dieu t’aidera et te donnera pour conseil Sainte Marguerite et Sainte Catherine. Tu iras trouver le capitaine de Baudricourt à Vaucouleurs. Par deux fois, il te rebutera, mais la troisième il te fera mener au Roi.
– Suis-je donc la Vierge annoncée par la prophétie ? 
– C’est toi qui sauvera la France et fera sacrer le roi à Reims !
– Ayez pitié de votre servante, messire !
– Va, fille de Dieu, et chasse les Anglais du royaume !

Et la vision disparut, remontant vers le ciel…

La suite nous la connaissons, Jeanne renouvelant  le Pacte de Tolbiac, alliance qu’a fait Dieu avec Clovis en 496, créant le lien éternel entre lui et le royaume de France, conduisit Charles a Reims pour être sacré Roi, ce qui permit la longue reconquête et l’expulsion des Anglais hors du royaume.

Revivez le parcours de Jeanne dans cette vidéo élaborée par SacrTV «Jeanne de Domrémy à Rouen»

 

Avant son procès à Rouen, les Bourguignons l’avait préalablement capturée à Compiègne, le 23 mai 1430. Emprisonnée, elle fut mise «aux enchères» pour 10 000 écus. Personne en France ne souhaita apporter cette somme, et c’est finalement les Anglais qui mirent l’argent sur la table afin de la livrer à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais. Lors de son arrestation, les Bourguignons, en vue de son jugement pour sorcellerie, gardèrent comme pièce à conviction l’anneau de Jeanne, présent offert par ses parents et sur lequel était inscrit «Jhesus Maria». Jugée coupable, Jeanne fut conduite au bûcher le 30 mai 1431, et brulée vive. Seul son cœur restera intact, sous le regard abasourdi du bourreau. Quant à l’anneau, dernier objet ayant appartenu à la Pucelle, le cardinal de Winchester, Henri Beaufort, le récupéra pour le donner au Roi d’Angleterre. Ainsi depuis 1431, soit six siècles, l’anneau de Jeanne d’Arc, s’est vu confié de générations en générations au sein de la famille Cavendish-Bentinck, jusqu’à ce que son dernier propriétaire anglais finisse par le mettre aux enchères le 26 février 2016, à Londres.

C’est l’avocat et écrivain, Me Jacques Trémollet de Villers qui, venant de commettre un livre sur le procès de Jeanne à Rouen, a averti son ami Philippe de Villiers de la prochaine mise aux enchères de l’anneau – lui-même était au courant de son existence grâce à ses recherches pour écrire son livre. L’authenticité de l’anneau étant quasi-sure, Philippe de Villiers songe donc à participer à l’enchère afin de rapatrier en France cette relique johannique, éminemment symbolique. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, décida de réunir les fonds nécessaires pour acquérir l’objet, via La Fondation Puy du Fou Espérance et surtout grâce à de nombreux donateurs anonymes. A Londres, les Français remportèrent l’enchère le 26 février 2016. L’anneau de Jeanne d’Arc sera bien de retour six siècles après sa mort, dans ce qu’elle appelait « Le Saint Royaume de France » !  Acquis contre la somme de 376 000€, Philippe de Villiers, eu la bonne idée de dire que la France venait de payer les 10 000 écus réclamés par les vils bourguignons en 1431 pour la libération de Jeanne. Évidemment ce n’est « que » son anneau mais le symbole est fantastique !

Le 4 mars, Nicolas de Villiers, est allé chercher l’anneau à Londres, et décida qu’en ce 20 mars, dimanche des Rameaux, le précieux serait présenté au peuple de France.

Le dimanche des Rameaux, qui précède la semaine Sainte, commémore l’entrée solennelle de Jésus Christ à Jérusalem ainsi que Sa Passion et Sa mort sur la Croix. Si la comparaison est possible, le retour de l’anneau en ce jour des Rameaux est visible comme un signe.

Dimanche 20 mars, 14 heures, la foule se masse à l’entrée du parc. Beaucoup de familles, visiblement catholiques, ont fait le déplacement pour cet événement historique. Nous constatons la présence massive de jeunes, d’enfants et de cadets, ce qui est bon signe et réellement vivifiant ! Les bannières, drapeaux, gonfanons et oriflammes de l’Ancien Régime claquent au vent, dévoilant leurs riches couleurs. Nous distinguons évidemment les armes de Sainte Jeanne d’Arc, les armoiries de Charles VII, et beaucoup d’autres étoffes fleurdelisées ! L’ambiance est au beau fixe, quelques musiciens jouent des airs médiévaux, les prêtres discutent avec des parents et des militaires d’un bataillon de St-Cyrien… La sécurité donne l’alerte de l’imminence de la cérémonie, les gens sont invités à se rendre dans la cour du château style Renaissance italienne, ou pour ceux qui le souhaitent, de rester sur les accotements de l’allée principale pour admirer les départs des différents cortèges de célébration. C’est ce que nous avons fait.

Les premiers appelés furent les militaires en costumes d’apparat de l’école d’officiers de St-Cyr avec leur fanfare, jouant la magnifique musique «Terres Nord-Ouest»,  hymne du corps d’Artillerie des régions occidentales. Leur parade se terminant dans l’enceinte du château, ils formèrent deux haies d’honneur de chaque côté de l’entrée principale, pour accueillir le second cortège, le plus attendu.

Puis, résonne dans l’air, le sublime chant «Le Secret de la lance, le Cri de Jeanne», interprété par une douce voix. Le public, ayant à peine terminé ses applaudissements pour les St-Cyriens, ne fait plus aucun bruit. Visiblement ce chant entre dans les cœurs de certains français au vu des larmes sur les joues, de quelques dames notamment. Même nous, brutes patibulaires, sommes pris de chair de poule, c’est dire !
A la fin de cette mélopée cristalline, nous voyons arriver de l’entrée du parc, des bannières, de la cavalerie, des fantassins et chevaliers, venant vers nous. Il s’agit du cortège cérémonial qui amène l’anneau pour la présentation au peuple de France, et vers son ultime demeure en la chapelle du château du Puy. Arrivé à notre hauteur, nous sommes transportés six siècles en arrière, aux temps médiévaux : la cavalerie lourde de Seigneurs précède quelques chevaliers à pieds, des bannerets, écuyers et porte-étendards. Viennent ensuite des enfants en costume de villageois d’époque, portant des bouquets de fleurs jaunes et des rameaux. Un groupe de figurants habillés en Poilus, portant le drapeau tricolore républicain ferment la marche, suivis de près par une jeune cavalière interprétant Jeanne d’Arc en armes avec étendard. C’est enfin le tour du palanquin de la cloche abritant l’anneau, porté par des chevaliers. La cohorte de cottes de mailles et de heaumes se termine par des cavaliers lourds. Leur entrée dans la cour, où se tiennent 5000 français prêts à les acclamer, se fait magistralement. Les cadets de St Cyr ayant formé deux haies d’honneur, accueillent ces soldats d’une autre époque sabres au clair, comme un passage de témoin historique !

Saint-Cyriens et chevaliers

L’anneau de Sainte Jeanne d’Arc est enfin arrivé au terme de son périple à travers les siècles sous un tonnerre d’applaudissements !

chevaliers au palanquin

C’est enfin le moment des discours des trois tribuns de ce jour : Me Jacques Trémollet de Villers, auteur de «Jeanne d’Arc, le procès de Rouen», Franck Ferrand, animateur de l’émission  «Au cœur de l’Histoire» sur Europe 1 et enfin Philippe de Villiers, que l’on ne présente plus. Le tout orchestré par Nicolas de Villiers.

Ces orateurs nous ont offert de fabuleux discours.
Extraits.

Trémollet de Villers, nous raconta tout d’abord l’histoire de l’anneau depuis la condamnation de la Pucelle d’Orléans : «L’objet de vénération est déjà là, la source d’énergie le sera pour les temps nouveaux qui s’annoncent, un vrai printemps, pour cette terre que Jeanne appelait le Saint Royaume de France»

 

Ferrand, salua ensuite la «puissance d’illumination de Jeanne, symbole d’une force de résistance, d’une énergie, d’un amour de son pays. […] Jeanne est celle qui nous relie à une forme de transcendance, elle est en quelque sorte, un lien, vers des forces, qui sont des forces célestes»

 

Sainte Jeanne d'Arc

 

Enfin, Philippe de Villiers, dévoila une information absolument incroyable : depuis l’acquisition de l’anneau, beaucoup de personnes étaient dubitatives sur son authenticité. Peu avant le 20 mars, une équipe de spécialistes en orfèvrerie médiévale a certifié comme authentique la relique Johannique. Il n’y a plus de doutes, il s’agit de l’anneau porté par la Sainte. La perfide Albion ayant certainement eu vent de cette tonitruante annonce décida, un jour avant la présentation aux Français, de récupérer l’anneau. Elle somma le Puy du Fou de leur restituer l’objet, osant dire, avec toute la morgue britannique, qu’il faisait parti de «  leur patrimoine historique » ! Incroyable et monstrueux culot !  Voici, en substance, ce qu’a dit De Villiers, qui ne compte pas se laisser faire :

«Il y a un élément nouveau dans le périple de l’anneau de Jeanne depuis hier. Cet élément vient d’Angleterre. Le gouvernement britannique vient d’adresser à notre avocat maître Terrasse, qui est aussi l’avocat du gouvernement français à Londres, une demande inouïe: le retour de l’anneau à Londres.
Le conseil national des Arts (Art Council), après quelques études rapides aux archives royales et à notre dossier d’expertise, nous a fait savoir qu’il considérait que l’anneau pourrait entrer parmi les «objets de haute valeur symbolique du patrimoine national britannique», et qu’à ce titre il faisait l’objet d’un règlement européen.
Celui-ci stipule qu’il faut une licence d’exportation pour les biens qui doivent quitter le territoire de l’UE. Le Conseil des arts n’a pas caché qu’il se réservait la possibilité de préempter, pour le compte de l’État britannique, l’anneau. Le gouvernement britannique pouvait faire valoir son droit de préemption avant la vente, il ne l’a pas fait, et le regrette.
«Le Puy du Fou se réjouit de cette demande qui vient authentifier l’anneau dans son historicité et répond ainsi aux historiens bourguignons», déclare non sans malice Philippe de Villiers.

«La question essentielle, je vous la pose: l’anneau de Jeanne D’Arc fait-il partie du patrimoine national de l’Angleterre ?», s’exclame le fondateur du Puy du Fou.

Aussitôt la foule hue sa désapprobation.

Deuxième question : «l’anneau de Jeanne fait-il partie du patrimoine français ?»

Le public approuve avec enthousiasme.

«Nous porterons votre réponse à l’Angleterre et leur dirons ceci: si des Anglais veulent voir l’anneau qu’ils ont négligé à Londres pendant six cents ans, alors ils sont les bienvenus “Welcome to the Puy du Fou”. Aux autres, je dis “it’s too late”, l’anneau est en France, et il y restera ! », proclame-t-il sous un tonnerre d’applaudissements !

Nicolas de Villiers présente une jeune fille, qui elle aussi clame son amour pour la Pucelle. Les discours s’achèvent, c’est le temps de la levée des drapeaux !

Sous l’air de «La Marche de Robert de Bruce», hymne joué en France par la garde rapprochée écossaise de Jeanne lorsqu’elle entra victorieuse à Orléans, commença la levée des l’oriflammes.

La Marseillaise retentit ensuite. Nous pouvons le déplorer, mais n’oublions pas que même si des millions de Français ont donné leurs vies à cause de la broyeuse de peuples qu’est la République, c’est tout de même du sang français qui a coulé.Des millions de braves, de bonnes âmes françaises, se sont sacrifiés car ils combattaient avant tout pour la France. N’oublions pas d’honorer ces morts comme il se doit. La levée du drapeau Tricolore se fait péniblement, visiblement coincé, c’est avec bien du mal qu’il arrive au sommet du mat, sous les rires amusés de certains spectateurs. Nous y avons vu le signe de l’affaiblissement du régime actuel, et comme nous en parlions avec un vieux royaliste sur place, la République va s’effondrer très rapidement.

Ensuite, vint un grand moment pour nous avec le discours absolument magnifique d’André Malraux sur Sainte Jeanne d’Arc.

 

Autre grand moment, l’émotion se répand parmi les 5000 personnes présentes, lorsque les St-Cyriens chantèrent le poème de Charles Péguy «Heureux ceux qui sont morts» :

 

Comme magnifique bouquet final de la cérémonie, avant la présentation individuelle de l’anneau d’une Sainte Patronne de la France dans l’intimité de la chapelle du «Sommet des Hêtres», nous avons eu le droit à un nouveau chant des officiers de St-Cyr, écrit tout spécialement pour ce moment historique. Ce morceau absolument magnifique, «Rappelle-toi Jeanne», fut joué sur la mélodie de «La Marche de Robert de Bruce», composée au XIVe siècle

Cette journée mémorable, gravée à jamais dans notre mémoire et nos cœurs de français, s’acheva par une visite individuelle ou en petit groupe de l’anneau et certainement, l’âme de Jeanne était avec nous. Les quelques 5000 français présent en ce jour, furent des privilégiés éphémères, ayant pu voir le précieux artefact avant tout le monde. Il ne sera visible pour tout le monde qu’à partir du mois d’avril et selon certaines modalités de sécurité, car, comme l’a dit Nicolas de Villiers, l’anneau n’est pas à l’abri des vols et c’est pourquoi il demanda, en plaisantant, aux St Cyrois, de veiller pour le protéger des voleurs Anglais !

Ce fut un jour historique riche en émotions, car comme l’a si bien dit Philippe de Villiers, cet anneau n’est pas qu’un objet, c’est un signe d’espérance pour notre chère France. La Mission Divine de Sainte Jeanne d’Arc n’est pas terminée a-t-il ajouté. En tant que royalistes et membres du Groupe d’Action Royaliste, c’était un devoir d’y être, et nous ne le regrettons pas !

Je vais terminer sur ma vision personnelle de Ste Jeanne, en trois points qui me viennent à l’esprit :

  • Elle montre le lien vital qu’a la France avec Dieu, car elle s’est battue, non pas comme certains essaient de nous le faire croire, pour le peuple, mais pour Dieu. Le Seigneur lui a confié deux missions : amener le Dauphin à Reims, qu’il se fasse sacrer roi de France, et bouter l’Anglais hors du royaume. Son action de grâce, son Saint-Sacrifice, prouve que lorsque le peuple Français est en osmose avec le Christ, la France est en symbiose avec Dieu. Et si elle s’est battue pour Dieu, pour le roi, le peuple n’est pas oublié, loin de là, car peuple et roi ne font qu’un !
  • Elle donne un vigoureux coup de pied aux hystéries féministes conduisant, dans l’immense majorité des cas, à la haine de l’homme blanc. Imaginez un peu une jeune femme, vierge, fervente catholique, s’est battue, en nom Dieu pour le roi de France, pour la monarchie de Droit Divin, régime prétendu obscurantiste où les femmes furent maltraitées. Était-elle folle ? Non, n’en déplaise aux Caroline Fourest en herbe, des milliers de soldats, brutes épaisses, gaillards robustes et barbares, comme le fidèle compagnon d’armes de Jeanne, Lahire, l’ont suivi les yeux fermés. Ils étaient prêts à lui donner leurs vies. Il n’y a que dans le pays qui adore la Vierge Marie, qu’une héroïne comme Sainte Jeanne d’Arc est possible. Cherchez bien… cela n’existe dans aucun autre pays au monde.
  • Elle n’est ni xénophile ni xénophobe, mais chaque chose a sa place, et une place pour chaque chose. Si Dieu à créé différents peuples, différentes races, ethnies, cultures… ce n’est pas pour en faire une marmelade sans saveurs, un salmigondis cosmopolite sans reliefs… C’est ainsi qu’à son procès, lorsqu’un juge lui demande «Dieu aime-t-il les Anglais ?», elle répond «Oui, mais chez eux !». Les Anglais étaient pourtant chrétiens et blancs, ce n’est pas pour autant qu’elle voulait les voir en situation de promiscuité avec les Français. Le Plan de Dieu  n’est le délire utopiste d’«d’imperium» des peuples blancs, ni celui du métissage industriel.

En tant que patriote français, par conséquent royaliste, futur baptisé en 2017, je suis particulièrement outré de voir que les vaudevillistes républicains, ces gnomes libidineux, ces boursouflures hilares experts en cabotinages, essaient toujours de récupérer l’image de  Jeanne pour leur propre compte, pour irriguer les masses de leur démagogie puante, essayant de prouver un pseudo-patriotisme – inexistant pourtant. Ces morpions parasitant la France, semblent oublier que Jeanne est une Sainte, ce n’est pas une rombière à bagouses, en porte jarretelles comme l’égérie de la république, faisant le tapin pour des salonnards maçonniques.

Je souhaite ardemment que les vrais patriotes ne laissent  plus la Pucelle, se faire souiller post-mortem par ces virus !

Notre jour viendra !

Vive le Roi ! Bevet ar Roue !
Vive le Christ qui aime les Francs !

Mathieu Corvez

 

La République si peu sociale…

Certains semblent découvrir que la République, même gouvernée par la Gauche, n’est guère sociale ni soucieuse du sort des travailleurs : en fait, pour qui s’est penché sur l’histoire de notre pays, ce n’est pas vraiment une surprise. Je ne méconnais pas pour autant la bonne foi de nombre de militants socialistes ou communistes pour qui la République n’est vraiment grande que quand elle associe les ouvriers et les employés à son destin et à son honneur : mais la réalité effective ne correspond pas vraiment à ce rêve d’une « République sociale », et encore moins aujourd’hui qu’hier… Le projet de Mme El Khomri prouve à l’envi ce malentendu entre l’illusion et la réalité gouvernementale, et la vigueur des réactions syndicales est surtout la démonstration d’une rancœur et d’une impuissance face à la victoire apparente (au moins pour un temps) du libéralisme en France.

Faut-il, pour autant, s’en prendre à tous les patrons comme s’ils étaient responsables du cynisme du gouvernement, et brandir le drapeau de la lutte des classes ? Je n’en suis pas certain, loin de là. Bien sûr, il y a bien une forme de lutte des classes mais sans classes nettement définies et délimitées : il s’agit plutôt d’un rapport de forces défavorable aux différentes catégories de travailleurs de l’industrie, des services et de la terre, face aux détenteurs, non pas seulement des moyens de production, mais des capitaux nécessaires, en ce monde financiarisé, à les faire fonctionner et fructifier. S’il y a lutte, c’est bien parce que les hommes d’argent n’ont plus le sens des valeurs de partage et de solidarité qui devraient prévaloir dans une société ordonnée et corporée : le triomphe des idées frankliniennes (celles de Benjamin Franklin, véritable père fondateur et théoricien du capitalisme « chronométré ») n’est pas illogique dans une société qui ne jure plus que par l’avoir et par l’individu (non la personne, désormais niée par cette société, de la GPA à la « robolution »), et qui n’a que des banques comme cathédrales, comme le dénonçait Pierre Boutang il y a déjà quelques décennies.

Dans l’urgence, il faut sans doute recréer un rapport de forces plus équilibré et établir des règles de sécurité pour les salariés mais aussi pour les entrepreneurs indépendants, les artisans, les producteurs agricoles, face à cette nouvelle Féodalité qui se veut « mondialisation et gouvernance », et face à une administration parfois kafkaïenne qui ne sert plus que les intérêts d’une classe fonctionnariale détachée des réalités du monde du travail. Mais dans le temps plus long, il apparaît nécessaire de redonner au Travail toute sa place et de diminuer le rôle des puissances d’argent, voire de restreindre leurs champs d’application et d’intervention. Cela n’est possible que si l’État politique reprend la main et ce qu’il a, par faiblesse ou par paresse, laissé filer entre d’autres mains, moins politiques mais plus contraignantes encore.

Puisque la République n’est plus rien d’autre que l’obligée des forces économiques et qu’elle oublie de protéger les classes travailleuses, il faudra bien, rapidement, poser la question des institutions susceptibles de remettre les choses à l’endroit, dans le respect de la justice sociale et le refus de la démesure (financière ou étatique, d’ailleurs). Si la Monarchie apparaît bien oubliée aujourd’hui par l’opinion publique de notre pays, elle n’en reste pas moins l’alternative éminemment sociale par politique même à une République qui, elle, a oublié ses devoirs d’État à l’égard de ceux qu’elle prétendait représenter et défendre

Jean-Philippe Chauvin

La lutte pour l’emploi en Bretagne.

agriculteurs bretons

Les agriculteurs bretons sont, une fois de plus, sur les routes de l’Ouest pour défendre leur emploi, tout comme, dimanche 24 janvier, des milliers de personnes étaient à Brest pour la même raison, pour maintenir des emplois, ceux du Crédit Mutuel Arkéa, troisième employeur de la région avec 6.500 salariés, emplois aujourd’hui menacés par un projet de fusion avec la branche de l’Est du Crédit Mutuel que souhaite réaliser la Confédération nationale de ce groupe bancaire : c’est un vent de colère qui souffle à nouveau en Bretagne, et qui pourrait, une fois de plus, décoiffer Marianne…

Il faut être clair : depuis l’été, rien n’a vraiment changé pour le monde agricole, piégé par un système qui demande toujours des prix plus bas aux producteurs alors qu’ils ne rentrent déjà plus dans leurs frais de production. Le gouvernement n’arrive pas à faire entendre raison au monde des transformateurs, eux-mêmes frappés durement par la concurrence déloyale des abattoirs allemands (qui utilisent une main-d’œuvre étrangère à très bas coût, parfois moins de 600 euros mensuels), ni au secteur de la Grande distribution, du moins la partie la plus mondialisée de celle-ci. Le problème n’est-il que français ou européen ? Même pas, car c’est tout le système de la mondialisation qui, en définitive, est vicié, et qui détruit plus d’emplois qu’il n’en crée dans notre pays et dans nos régions. Une mondialisation globale qui n’est plus, désormais, que « la guerre de tous contre tous », au moins sur le plan commercial, économique et social. Cela signifie-t-il que l’internationalisation des échanges était forcément destinée à tourner ainsi ? Peut-être pas, et il me faudra en reparler…

Pour l’heure, la Bretagne souffre, une fois de plus, et elle doit se battre, à nouveau, pour « Vivre, décider et travailler au pays », comme le clamaient, il y a déjà plus de quarante ans, les affiches des militants bretons, y compris des royalistes de la Nouvelle Action Française, solidaires des ouvriers du « Joint français » de Saint-Brieuc en 1972 ou de ceux de l’industrie de la chaussure à Fougères en 1977. Un combat qui pourrait bien rappeler les responsabilités de la République centrale dans les multiples crises sociales qui affectent la Bretagne et, au-delà, notre pays tout entier…

Jean-Philippe Chauvin

Le GAR Bretagne s’entretient avec Jean-Philippe Chauvin

Le 23 décembre dernier, Jean-Philippe CHAUVIN, vice-président du Groupe d’Action Royaliste, professeur d’histoire et infatigable militant de la cause royale était de passage à Rennes pour les fêtes de Noël.

L’Action Royaliste Rennaise, section bretonne du GAR, en a profité pour lui poser quelques questions.

 

Au programme :

Élections régionales.
Score des droites.
Histoire du royalisme en Bretagne.
Cas de la corse.
Le royalisme aujourd’hui.

 

En 1908 ils voyaient notre avenir…

« A l’heure actuelle, la France subit une nouvelle crise. Plusieurs la disent pire que toutes celles qui ont éprouvé notre vie chrétienne. La foi semble prête à sombrer. Ayons confiance et instruisons-nous à l’école des crises dont nous avons triomphé ! Un de nos ennemis, un Allemand, a dit : « La France est la nation la plus capable de descendre au plus bas, dans le fond des abîmes, mais c’est aussi la moins capable d’y rester longtemps, la plus capable d’étonner le monde par son incroyable puissance de résurrection » .

En la baptisant, l’évêque Saint Remy, l’apôtre des Francs, lui a promis qu’elle serait chrétienne jusqu’à la fin des temps. La force de son baptême n’est pas épuisée.
dépravationIl est vrai qu’une multitude de philosophes, de savants, de législateurs, d’écrivains, de romanciers, d’historiens de journalistes, de politiciens ont conspiré contre sa foi et créé des générations impies. Il est vrai que les populations, jadis naïves et croyantes des campagnes, sont fortement entamées par l’indifférence et l’irréligion. Il est vrai que l’enfance, victime d’une éducation sans Dieu, se déprave, et sa dépravation s’accuse par un effroyable accroissement de criminalité.

Il est vrai que les familles s’amoindrissent et les foyers se dépeuplent. Il est vrai que la soif de la richesse engendre les calculs abjects et les exploitations inhumaines, dont le peuple souffre et contre lesquels il se révolte. Il est vrai que l’amour du bien-être et la fièvre de la jouissance et du plaisir énervent les âmes et gagnent de proche en proche ces tièdes et lâches catholiques, pour qui le moins possible, dans la pratique du devoir et des vertus chrétiennes, devient une règle de vie. Il est vrai que les mots sacrés de religion et de patrie ne sont plus qu’un vain mot pour beaucoup de Français.

Il est vrai qu’une presse vénale, légère, immonde, impie, répand partout la corruption. Il est vrai que Dieu n’a plus de place à la caserne, à l’hôpital, à l’école, dans nos palais de justice, dans nos rues, sur nos boulevards et nos places publiques, qu’une multitude d’hommes déserte l’Église et la Sainte Table.

Malgré tout cela, nous ne devons pas désespérer : la crise que nous traversons ne sera pas mortelle pour notre patrie. Dieu a fait les nations guérissables. Dieu a envoyé sa divine Mère pour nous guérir.
Notre-dame de France vient d’ajouter un nouveau fleuron à sa couronne royale. Elle était jusqu’ici Reine de France par droit d’héritage et droit de conquête. Elle est devenue, au XIXème siècle, Reine de France par droit d’élection, puisqu’elle a fait de la France le théâtre de ses apparitions. Elle nous a porté les remèdes surnaturels capables de nous guérir.

Très Sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Reine de France, nous déplorons devant vous les crimes de ce siècle. Nous voulons réparer, par nos hommages, les outrages que vous recevez, vous et votre divin Fils, et implorer vos miséricordieuses bontés, pour les prévaricateurs des lois divines. Notre-Dame de France, priez sans cesse pour nous et daignez continuer à notre pays les éclatants témoignages de votre puissance et de votre miséricorde ».

« Marie, Reine de France; Regnum Galliae, Regnum Mariae« , Abbé Fuzier, Éditions Saint-Gabriel, 2012, pages 232-234. Ouvrage paru initialement en 1908.

Quand la République trahit les ouvriers…

La mondialisation est brutale, sans beaucoup d’égards ni pour la planète ni pour les masses laborieuses, celles qui sont sa main-d’œuvre préférée car taillable et corvéable à merci. C’est vrai dans les pays dits du Sud, c’est aussi vrai dans nos vieux pays industrialisés qui vivent désormais une tragique désindustrialisation dans les victimes sont les territoires désertés par les entreprises désormais délocalisées et les ouvriers, à qui l’on a demandé parfois tant d’efforts de productivité pour mieux les licencier ensuite, « au nom de la compétitivité », ce dernier mot étant l’un des pires assassins du Travail français, de ses hommes comme de ses qualités et savoir-faire.

La mondialisation est « la guerre de tous contre tous », au moins sur le plan économique, mais les perdants de cette guerre sont d’abord les travailleurs quand les gagnants sont les multinationales et leurs actionnaires plus encore que les consommateurs…

Quand la République trahit les ouvriers

En France, les ouvriers qui ont tenté de résister au rouleau compresseur de la mondialisation et de sa violence sociale, ont été, le plus souvent, écrasés, jetés à la rue malgré quelques promesses de reclassement, ou priés d’accepter des conditions de travail de moins en moins favorables pour, disait-on, « maintenir l’activité » : le chantage à la délocalisation et au chômage est devenu une stratégie patronale, puis une habitude. Un véritable scandale social !

Mais le monde ouvrier n’a plus guère d’alliés en France dans cette guerre asymétrique, et la République qui, dans les programmes scolaires d’histoire se donne le beau rôle de la défense ouvrière et des avancées sociales (et pourtant !), a repris ses vieux réflexes « bourgeois », ceux de 1791, de juin 1848 et des premières décennies de la IIIème, quand les gouvernements républicains faisaient tirer sur les mineurs et emprisonner les syndicalistes : l’affaire des neuf mois de prison infligés par le tribunal correctionnel d’Amiens à d’anciens salariés de l’usine Goodyear de la ville en est une preuve supplémentaire, qui fait suite à l’incroyable répression (pas forcément légitime, même si elle peut apparaître légale) de récents mouvements de colère ouvrière et qui peut laisser croire que la violence des puissances d’argent, celle des licenciements boursiers, est toujours « gagnante » et, même, acceptable dans le cadre d’une mondialisation qui aurait toujours raison… Triste logique, que le royaliste social que je suis, ne peut accepter !

Les multinationales se croient tout permis et les Etats semblent bien incapables, faute de volonté et de moyens de persuasion assumés, de ramener les grandes féodalités financières et économiques à la mesure et à l’équité sociale. En veut-on un exemple d’aujourd’hui même ? Les licenciements qui viennent d’être annoncés pour Alstom, à peine deux mois après l’acquisition de cette entreprise française par General Electric et malgré les promesses de cette dernière, avant la transaction, de ne supprimer aucun emploi et, même, ô hypocrisie suprême, d’en créer de nouveaux, sont un véritable pied de nez à la fois au gouvernementqui a fait semblant de croire aux fables de General Electric et aux salariés qui n’auront bientôt que leurs larmes et leurs poings serrés à présenter aux caméras, après tant d’autres… Et l’on voudrait qu’il n’y ait pas de colère, pas de désespoir chez ceux qui sont condamnés à perdre leur emploi alors que les décideurs de ces licenciements, eux, vont, pour certains, empocher des millions d’euros ! Mais de qui se moque-t-on ?

Quand la République trahit les ouvriers

Pour en revenir aux peines de prison réservées aux ouvriers de Goodyear abandonnés par la République de M. Hollande, elles me semblent d’autant plus scandaleuses que ceux-là même qui auraient été les plus légitimes à demander de telles sanctions avaient retiré leurs plaintes, et que c’est donc le parquet, qui dépend de Madame Taubira, garde des sceaux, qui a poursuivi les ouvriers qui avaient « retenu » (plutôt que séquestré, terme qui ne correspond pas exactement la réalité) deux cadres de la direction de l’entreprise, celle-là même qui annonçait la fermeture de l’usine d’Amiens-nord et le licenciement du personnel, raisons du coup de sang des travailleurs… Ainsi, c’est bien la République qui cherche, par ce jugement, à dissuader toute nouvelle colère ouvrière et à soumettre, définitivement, le monde des travailleurs français à ce nouvel ordre maudit, celui d’une mondialisation qui raisonne en termes d’argent et non en termes de personnes. Pourtant, comme l’affirmait Jean Bodin, « il n’est de richesse que d’hommes », et l’oublier serait faire le malheur des générations présentes et à venir…

Jean-Philippe CHAUVIN
« Nouvelle Chouannerie ».

Remplacer le président de la République…

visuel_bd-2Ainsi, selon un sondage de ce début d’année, 74 % des Français ne veulent ni de M. Sarkozy ni de l’actuel président M. Hollande : pourtant, il y a quelques (mal)chances que l’un des deux soit élu ou réélu en 2017… Bienvenue en république d’Absurdie ! Le pays légal a tendance à se reproduire sans discontinuer, dans une tendance (presque) dynastique qui rappelle néanmoins plus l’empire romain que la monarchie capétienne : peut-on s’en satisfaire ?

Ma réponse est non, évidemment non ! Certes, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’un échec politique doit forcément entraîner une mise à la retraite d’office comme je ne suis pas partisan d’une sorte de jeunisme qui voudrait que tous ceux qui ont dépassé la soixantaine devraient se taire définitivement et laisser la place à de jeunes loups aux dents encore plus longues que leurs prédécesseurs. Mais il me semble que les hommes politiques qui aspirent à exercer la magistrature suprême de l’Etat doivent entendre les doléances des citoyens et savoir, au moins pour un temps, s’extraire de leur bulle médiatique pour revenir aux réalités du moment sans négliger les perspectives de l’avenir.

Bien sûr, MM. Sarkozy et Hollande n’écouteront qu’eux-mêmes, persuadés de leur irremplaçable particularité, et, peut-être sinon sans doute, l’un des deux se trouvera confirmé dans cette impression par le verdict du second tour de l’élection présidentielle. Cela changera-t-il pour autant ce désagréable sentiment populaire que le vainqueur n’est là que par défaut, que par le « chantage au pire », comme on a pu le voir, dès 2002 à cette même élection, ou ces semaines dernières lors des élections régionales où les électeurs socialistes se trouvèrent acculés à mener campagne pour des listes de droite qu’ils n’aimaient pas vraiment ?
Les Français sont attachés à l’élection du président de la République au suffrage universel direct, c’est indéniable, mais ils en constatent pourtant de plus en plus les effets pervers sans pouvoir, pour l’heure, imaginer autre chose que cette magistrature suprême élective. Le royaliste que je suis le constate et le regrette, mais ne se contente pas de cette constatation et de ce regret : la proposition monarchique me semble le meilleur moyen de neutraliser les petits jeux de clientèles et de féodalités partisanes en arrachant la magistrature suprême à l’élection, fût-elle populaire chez nos concitoyens. Certains y verront un sacrifice de leur possibilité de choix qui, pourtant, est de moins en moins une liberté et un choix réel, si ce n’est entre deux « moins pires » (sic !), et qui ouvre plus à la frustration et à désillusion qu’à la joie et l’espérance…
D’autre part, laisser au hasard et à l’hérédité non choisie le soin de désigner le Chef de l’Etat permet l’indépendance de celui-ci et cette possibilité d’arbitrage au-dessus des partis et au-delà des différences et des diversités politiques sans pour autant les nier ou les écraser. Une possibilité d’arbitrage mais aussi de décentralisation (voire de fédéralisation) sans mettre en danger, pour la France, l’unité entre ses multiples parties historiques (et je ne parle pas de la caricature de régions créée par la récente réforme territoriale), le monarque incarnant cette unité à la fois historique et contemporaine, et « centrant » l’Etat sans pour autant centraliser tous les pouvoirs politiques dans le sein parisien.

Et les électeurs là-dedans ? Dans une Monarchie active et arbitrale telle que je la souhaite, il n’est pas impossible de leur donner le pouvoir concret, par le suffrage universel direct, de désigner, au-delà des députés et des élus régionaux, les présidents d’assemblée et, pourquoi pas, le premier ministre lui-même sur un programme gouvernemental qu’il lui appartiendra de mettre en œuvre ou, plutôt, sur une ligne d’objectifs qu’il lui reviendra de suivre ou de faire valider par le recours (alors plus fréquent) au référendum. Le roi, quant à lui Chef de l’Etat, fixerait le cap politique à long terme (en particulier dans les domaines sociaux et environnementaux) et aurait charge de représenter l’Etat à l’intérieur comme à l’extérieur, de mener la diplomatie française dans le monde et de négocier (et garantir) la parole de la France au sein des institutions internationales : en somme, à lui l’autorité et l’arbitrage ; aux ministres, députés et élus locaux, la gestion des affaires économiques dans leur cadre d’exercice et de pouvoir ; aux citoyens, les libertés d’expression et de désignation de leurs pouvoirs politiques de proximité et centraux, ainsi que la « démocratie directe » au sein de leurs cadres politiques et sociaux locaux et nationaux, voire européens… C’était, à peu de choses près, l’esprit du programme monarchique du marquis de La Tour du Pin, dès la fin du XIXème siècle : « l’autorité au sommet, les libertés à la base », pourrait-on dire. Un programme toujours d’actualité et de nécessité, ne serait-ce que pour rendre à nos concitoyens le goût de la politique et de l’action, contre le fatalisme et l’indifférence…

Jean-Philippe Chauvin

A nos dirigeants…

Grille cinquième république

Au risque de choquer, il faut bien le dire : depuis ce vendredi noir de novembre, un cap est franchi…

Il y a dix ans de cela, la France montrait une image déplorable aux yeux du monde avec les émeutes des banlieues qui avaient succédé à la mort de deux jeunes électrocutés dans une sous-station électrique. Le désordre s’était alors emparé des rues des quartiers périphériques, sous les yeux de Français atterrés, et les gouvernements successif, non contents d’avoir laissé pourrir la situation des banlieues depuis les premières émeutes du début des années 80, n’ont rien fait de réellement sérieux et d’efficace pour limiter les dégâts et, surtout, réparer un lien social dégradé par des décennies d’incurie et de faiblesse de la république.

Dix ans plus tard en cette année 2015, on n’a plus affaire cette fois-ci à des émeutes, mais bel et bien à du terrorisme ! Un cap est franchi, et il n’est que le résultat du laxisme et de l’incompétence des gouvernants de droite comme de gauche, si distinction il y a, ce qui est de moins en moins certain au regard de leur positionnement idéologique européiste…

Certes, ces terroristes ne sont pas pilotés directement du sein des banlieues, mais par d’étranges entités comme DAESH ou l’EI dont les origines sont aussi douteuses qu’énigmatiques ! Et maintenant qu’ils ont vu qu’ils peuvent frapper en toute impunité (ou, au moins, par une surprise qui, pourtant, semblait impossible au regard des moyens techniques actuels de surveillance et de contrôle), on peut supposer que ce n’est qu’un début, que le pire reste peut-être à venir, même s’il ne faut évidemment pas le souhaiter, car tout ce qui frappe la France, où que ce soit, nous frappe aussi dans notre être et notre cœur de Français.

(suite…)

C’était un vendredi soir…

bougie

C’était un vendredi soir d’automne comme on les aime : il faisait doux, et les terrasses étaient pleines, à Paris comme à Versailles ou ailleurs. Certains s’étaient regroupés autour des écrans de télévision qui retransmettaient la rencontre de balle-au-pied entre l’équipe de France et celle d’Allemagne tandis que 60.000 personnes remplissaient l’enceinte du Stade de France ; d’autres étaient au cinéma, d’autres encore dans une salle de concert, dont plus d’un millier de jeunes et de moins jeunes au Bataclan. C’était un vendredi 13, et c’était la « journée de la gentillesse »…

En quelques minutes, cette belle soirée a basculé, et ce jour-là restera désormais comme un « vendredi noir », comme un « 13 sanglant » : la terreur a frappé Paris, et les corps déchiquetés par les balles des djihadistes nous rappellent que, désormais, la France est une cible et qu’elle est engagée, qu’on le veuille, le regrette ou non, dans une guerre qui, à défaut d’être mondiale, est mondialisée, frappant indistinctement militaires et civils, et plus encore ces derniers car, dans nos sociétés de communication, le sang des civils effraye plus sûrement que celui des soldats. Les terroristes connaissent bien le fonctionnement de nos sociétés car, souvent, ils y sont nés et en connaissent tous les rites, toutes les fragilités, toutes les peurs…

Carlos, ce terroriste désormais emprisonné dans les geôles françaises, avait froidement déclaré : « il n’y a pas de victimes innocentes », formule qui glace le sang mais qui résume bien l’état d’esprit des actuels djihadistes. Pour eux, frapper au hasard, c’est « viser juste », au cœur de nos sentiments, de nos amitiés, de notre nation… C’est toucher la France en son âme, à travers ses jeunes visages déchirés par la mort brutale donnée par des tueurs fanatisés par le nihilisme islamiste. Les corps allongés sur le trottoir, les draps blancs qui tiennent lieu de linceul, les flaques de sang qui s’étendent jusqu’aux rigoles : c’est la France souffrante, celle qui pleure ses enfants morts sur son sol, sur ses champs de macadam qui sont les nouveaux champs d’horreur, un siècle après la Grande boucherie que l’on espérait, au soir de l’armistice de 1918, la « der des ders »

Nous entrons dans le temps du deuil et du recueillement, et nous n’y manquerons pas. Mais cela ne doit pas nous empêcher de réfléchir, quand il faut et faudrait que l’Etat, dans son rôle régalien, agisse et réagisse. Réfléchir aux causes de ce désordre et de ce désastre, et ne pas hésiter à remonter aux sources et à ceux qui, par leur aveuglement ou leur (fausse ?) candeur, ont permis, sans doute bien malgré eux, que ce pire-là arrive : néanmoins, l’heure n’est pas à les accabler, mais plutôt à les conseiller.

Devant les cercueils alignés dans notre conscience nationale ; devant les larmes qui, désormais, sont celles de tous les hommes et femmes de bonne volonté et de grande humanité, et de tous ceux pour qui le mot France est cette forte réalité d’unité ou cette belle inconnue dont ils ne connaissent parfois que la silhouette ; devant les questions inquiètes que nous posent nos enfants, nous avons le devoir de ne pas flancher, de ne pas nous abandonner à de vaines colères ou à des vengeances désordonnées (et parfois injustes), de ne pas donner raison à ceux pour qui le chaos est le moyen d’établir ou de renforcer leur règne infernal, mais aussi de ne pas tout accepter d’un Pouvoir aux abois prêt à tout pour se survivre à lui-même ; nous devons relever la tête et, séchant nos larmes, retrouver ce sourire calme et digne qui est aussi celui de l’ange de la cathédrale de Reims, et qui est la meilleure réponse à la grimace des Maudits.

Devant cette guerre qui est déjà là et qui est aussi la conséquence tragique des inconséquences des dernières décennies, il nous faudra, malgré tout et sans oublier nos devoirs d’union sacrée, poser « l’immense question de l’Ordre » : en ce sens-là, notre action est aussi politique, éminemment française et capétienne…

J-P Chauvin, vice président du GAR

REFLECHISSONS et gardons raison !

People are evacuated by bus, near the Bataclan concert hall in central Paris, on November 14, 2015. More than 100 people were killed in a mass hostage-taking at a Paris concert hall on November 13 and many more were feared dead in a series of bombings and shootings, as France declared a national state of emergency. AFP PHOTO / MARTIN BUREAU

REFLECHISSONS et gardons raison !
Ne bêlons pas lorsque les médias nous le demandent mais posons-nous les bonnes questions ! Lorsque le temps de la prière pour le repos des victimes sera passé…

QUI EST RESPONSABLE DE CETTE SITUATION ?

Un Etat qui depuis des années laisse s’installer la misère du monde sur notre territoire, appauvrissant un peu plus sa population qu’il devrait protéger :

  • Un Etat dépassé et vide de substances, qui ne cherche pas à donner les vrais chances à une intégration pour ceux qui le désirent réellement
  • Un Etat qui autorise des « zones de non droit » dans lesquelles s’installent des commerces parallèles et des trafics
  • Un Etat qui tolère chaque jour des agressions, des viols, des trafics, des enlèvements, des braquages, des assassinats, des tortures
  • Un Etat qui laisse des armes de guerre circuler dans des endroits bien connus et dont nos commerces en sont, chaque jour, les victimes
  • Un Etat où la justice trouve continuellement des excuses à des agresseurs alors que la population souffre de ses incohérences
  • Un Etat qui par sa politique ubuesque laisse mourir chaque jour, que ce soit des civils (hommes, femmes et enfants), des policiers où des militaires, sans à aucun instant comprendre pourquoi cela arrive…
  • Un Etat qui depuis khomeini, Sadam, déstabilise le Moyen Orient et livre les populations aux pires barbaries, comme les minorités chrétiennes et cela à cause de nos politiques ubuesques
  • Un Etat qui au nom de faux principes, accompagné d’un guignol aux mains de sang, fait le gendarme du monde sur des charniers humains

Bref cela fait trop longtemps que cette ripoublique se moque de notre peuple. Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles. Libérons-nous de cette caricature d’Etat qui chaque jour détruit tout ce qui nous est cher…
Nous honorons chaque année, un chef d’Etat qui, un 21 janvier, est mort par la main de terroristes, dont l’Etat ripoublicain qui nous gouverne aujourd’hui en est le fruit.

Notre Jour Viendra !

Frédéric Winkler