La Grande Bretagne est fracturée. Dans les grandes villes comme Londres et Manchester, les anglais sont abasourdis. Dans les zones péri-urbaines et rurales les citoyens britanniques ont largement votés pour la sortie de leur pays de l’UE. Ce clivage alarmant reflète une réalité. C’est la fracture du peuple contre la grande élite bourgeoise. Cette élite méconnaît et méprise le peuple. Les grandes villes ne sont pas représentatives du pays, voilà l’échec de l’Europe, la coupure avec la réalité des nations, du quotidien des citoyens. L’Union Européenne est trop opaque, sa politique n’est pas claire, elle se définit sur de grands principes universels restés beaucoup trop vagues. Mais quel est la particularité de l’Union Européenne dans ce cas ? Pourquoi se joindre à elle ?
La classe dirigeante a une fois de plus échouée. Malgré les efforts de David Cameron pour convaincre les britanniques de ne pas sortir de l’Europe, c’est pourtant le « leave » qui l’emporte à 51,9 %. Ironie de l’histoire, David Cameron qui avait basé sa politique sur ce référendum et qui en avait fait son argument n°1, a annoncé sa démission, suite au « leave » majoritaire. La rencontre des “élites” avec le peuple est souvent brutale, au moins a t-il le mérite d’en tirer les conclusions qui s’imposent dans son cas et qui devraient d’ailleurs s’imposer à la classe politique française, celle-ci aura t-elle le courage d’engager un référendum?
L’UE, cette diaspora oligarchique, ce laboratoire dont les scientifiques en costume-cravate décryptent les politiques nationales, suggèrent ou imposent telle mesure qui a fait ses preuves dans tel pays, ou même qui n’a connu aucune application mais qui devrait tenir ses promesses et c’est sur, profitera à l’UE… Mais enfin à qui profite le crime des nations?
Sans aucun doute aux lobbies qui sont tous représentés et font voter des lois en leur faveur. On peut notamment penser aux industries agro-pétro-chimiques pour qui l’UE n’est rien d’autre qu’un grand laboratoire et terrain de jeux à ciel ouvert.
Sans doute aussi à un projet plus global de suppression des barrières non tarifaires entre les pays afin d’aligner les normes sanitaires mais également les domaines législatifs, sociaux, etc. Bien entendu, l’objectif final est l’alignement transatlantique.
Rappelons que le Royaume Uni n’était pas dans l’espace Schengen (libre-circulation des biens et des personnes). Le pays continuera à profiter du marché Européen et à taux préférentiel, tandis que les autres pays européens n’abandonneront pas pour autant leur marché britannique. Pour ce qui est des débats de l’UE, l’Angleterre faisait souvent barrage aux autres. En revanche, Macron a clairement signifié que le traité du Touquet était de l’histoire ancienne. Les frontières de Calais vont s’ouvrir, laissant passer tous ces migrants vers l’Angleterre …
Le résultat de ce référendum britannique entraînera la volonté d’autres référendum dans d’autres pays d’Europe. Les peuples doivent reprendre le contrôle de leurs nations, mais nous ne sommes pas dupe que les élites feront tout pour éviter la consultation populaire… Souvenons nous du référendum pour la constitution européenne, le 29 mai 2005, avec 69 % de participation, le traité fut rejeté par 55 % des électeurs. La suite nous la connaissons, quand les peuples votent mal, ils peuvent remercier leurs élites de décider pour eux!
L’Ecosse organisera bientôt un référendum quant à son indépendance afin de devenir le 28ème membre remplaçant la Grande Bretagne. En effet les Écossais ont largement voté le “in” à 62%, cependant ce référendum n’a pas mobilisé autant qu’en Angleterre !
Pendant ce temps dans d’autres pays au sein de l’UE, la victoire de ce référendum donne encore plus envie et de motivations à ceux qui le reclament depuis des années ! On pense notamment à l’Autriche où le parti d’extrême droite le réclame, tout comme au Pays-Bas. En République tchèque le premier ministre a déclaré qu’en cas de Brexit le débat sur leur retrait sera ouvert. En France aussi le FN et Jean-Luc Mélenchon en parle, mais surtout, Ipsos a réalisé un sondage à travers l’Europe, leur étude montre que 55% des Français et 58% des Italiens souhaitent un tel référendum !
Ce sont les “citoyens Européens” qui eux-mêmes ne souhaitent plus de cette Europe supranationale. Ce constat est alarmant, l’EU est un échec, il est l’heure de reprendre les choses en main et de rétablir une réelle souveraineté Nationale ! Les français ainsi que les autres européens font preuve d’un euroscepticisme décomplexé. La République continue pourtant de faire la sourde oreille ! Un Roy souverain pour un pays indépendant sur la scène mondiale. Retrouvons notre Grandeur.
Aujourd’hui, 21 juin, nous fêtons le 587ème anniversaire de la « Triple Donation » faite par Ste Jeanne d’Arc et le Dauphin Charles.
Cet événement majeur de notre l’histoire fut le premier renouvellement du Pacte de Reims.
Espérons et prions que la France renoue par un (p)acte similaire le fil coupé de sa vocation.
Jehanne dit à Charles : «Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai?» Le Roi hésite, puis consent. «Sire, donnez-moi votre royaume».
Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille : «Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume». Après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait : «Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien».
Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi. « Notaire, écrivez dit la pucelle inspirée : le 21 juin de l’an de Jésus christ 1429, à 4 heures du soir, Charles VII donne son royaume à Jeanne. Ecrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à Jésus-Christ. -Nos Seigneurs dit-elle d’une voix forte, à présent, c’est Jésus-Christ qui parle : « moi, Seigneur éternel je la donne au Roi Charles ».
Réquisitionner toute une jeunesse pour les faire courir à travers les tombes de la nécropole de Douaumont, les voir ensuite simuler une sorte de combat, le tout sur fond de bruit infernal d’une troupe tapant comme des sourds sur des bidons vides. Ensuite c’est l’apparition d’une sorte d’homme-épouvantail monté sur échasses et dont on ne comprend pas bien le rôle précis, simulant une exécution des jeunes présents, qui s’effondrent. Vient ensuite une chorégraphie digne de la Star Academy, et le tout pour finir dans une vaste auto-congratulation.
Voilà en gros à quoi ressemble une commémoration du sacrifice de nos ancêtres à la bataille de Verdun à la sauce socialiste.
Mais qu’attendre de plus de la part d’un gouvernement qui a rejeté le christianisme ? Savent-ils au moins ce qu’est le recueillement devant une tombe ? Mais il est vrai que pour eux, profaner un cimetière chrétien (plus de 200 profanations par an) n’est pas un crime. Alors faire courir des jeunes pour piétiner les tombes de ceux qui furent volontairement envoyé au carnage par la 3ème république, ou est le problème ?
Bref, une commémoration pitoyable, dans une ambiance pitoyable, face à des dirigeants tout aussi pitoyables !
Si vous voulez en savoir plus sur la façon dont la république s’est comportée avec nos poilus de la Guerre de 14/18 :
14-18 Folie meurtrière :
14-18 C’était la grande guerre Ils ont vécu l’enfer C’était la grande guerre La folie meurtrière
Par un beau jour d’été Sous un ciel bleu d’azur Le clairon a sonné Pour la grande aventure Ils partirent faire la guerre Au nom de la patrie Ils étaient jeunes et fiers Et la fleur au fusil
Mais du chemin des dames Au fort de Douaumont Ils ont perdu leur âme Sous le feu des canons Avec la peur au ventre Ils chantaient la Madelon En plein mois de décembre Quand ils montaient au front
Ils tombaient un à un Fauchés par la mitraille De la Marne à Verdun Au coeur de la bataille Partout des trous de bombes Partout des trous d’obus Comme la fin d’un monde Qui leur tombait dessus
Ils ont pleuré de joie Le jour de l’armistice Quand enfin arriva La fin de leur supplice Après un grand silence Les cloches de la paix Dans le ciel de France Se mirent à sonner
14-18 C’était la grande guerre C’était la der des ders Mais cette grande guerre Ne fut pas la dernière
La bataille de Verdun apparaît désormais aussi lointaine que le Moyen âge aux yeux de nos contemporains, en particulier des plus jeunes : le siècle qui nous en sépare n’a pas été avare du sang des hommes et l’histoire a ici un goût de cendres et de sang, et Verdun rime trop avec Pétain pour que la mémoire n’en paraisse, du coup et injustement, ambiguë. Et pourtant ! Oublier Verdun, n’est-ce pas renier une part de notre histoire, aussi douloureuse soit-elle, et nous abandonner aux vents distraits de l’amnésie qui, en définitive, n’est jamais rien d’autre qu’une peur devant ce qui pourrait encore arriver de terrible ? L’amnésie est reposante, au moins un temps : elle est périlleuse, si elle se veut refoulement et non refondation.
Jadis, nous fêtions une victoire et les Allemands commémoraient une bataille : aujourd’hui, la France et l’Allemagne en ont fait une occasion « européenne », comme pour mieux se prémunir d’une contemporanéité qui bouscule les mythes d’hier et les élites bien-pensantes, d’où cette condamnation désespérée et unanime chez les officiels des « populismes » qui pousseraient au repli sur soi et, évidemment, à la guerre…
Pourtant, à bien écouter le gouvernement républicain et son président, j’avais cru entendre et comprendre que, déjà, nous étions en guerre sans même que les nationalistes des différents pays d’Europe puissent en être tenus, quels que soient leurs défauts, pour responsables : les islamistes jettent leur haine en rafales sur les terrasses et dans les autres lieux publics, sans aucune hésitation ni remords, et la République se met en état d’urgence faute d’être, simplement, un État digne de ce nom et des attentes que les peuples, légitimement, doivent pouvoir placer en lui pour leur assurer protection et secours.
Plutôt que la triste mascarade de ce couple Hollande-Merkel, improbable et définitivement déséquilibré au bénéfice de notre voisine germanique, je préfère repenser à l’accolade De Gaulle-Adenauer et à ce traité de l’Élysée du début 1963, fameux traité franco-allemand sciemment saboté par le sinistre Jean Monnet, cet atlantiste qui se faisait passer pour « européen » quand il n’était que « l’homme des Américains » selon l’amère formule gaullienne. En fait, c’est à cette date que tout (ou presque) s’est joué : à l’idée d’une entente concrète et fondatrice entre deux nations souveraines, s’est substituée ensuite l’idéologie d’une Europe fédérale et supranationale, négatrice à la fois de l’histoire et de l’avenir possible d’une indépendance des pays d’Europe à l’égard des grandes puissances, qu’elles soient politiques ou économiques, empires ou multinationales…
On peut regretter cette occasion manquée de 1963, mais on peut aussi penser, désormais, à de nouvelles alliances et, simplement, à la possibilité d’un avenir français libre de ses choix et de son destin, en amitié possible et vraie avec ses voisins et en accord avec son histoire propre : pour cela, encore faudrait-il un État et, plus encore, une magistrature suprême de celui-ci qui incarne la France et non une partie électorale de celui-ci, cette dernière fût-elle majoritaire au terme d’un second tour d’élection présidentielle.
Là encore, la Monarchie n’est pas une « revanche » mais une chance et elle ouvre le champ des possibles, à l’intérieur comme pour l’extérieur, car, si elle a de la mémoire, elle n’en fait pas une politique, mais elle est « la France », celle qui n’a pas besoin de parader pour être et durer, par delà les générations et au-delà des ressentiments anciens, et qui peut, sereinement, tendre la main au-delà des tranchées et des barricades de l’histoire à ceux qui veulent bien la prendre…
La contestation multiforme de la loi Travail n’a pas cessé malgré les concessions faites par MM. Valls et Hollande, et les tensions montent, autant autour des raffineries et des stations d’essence que dans les rues, au risque d’affrontements et de violences qui, à l’approche de la coupe européenne de balle-au-pied, font planer le spectre de désordres plus graves encore. Le plus surprenant, pour l’observateur étranger, est que, dans le même temps, l’état d’urgence en vigueur depuis novembre 2015 vient d’être prolongé pour deux mois, alors même que les forces de l’ordre semblent « dépassées » par les émeutes qui dévastent à chaque grande manifestation, les centres-villes de l’Ouest et de Paris. Pourtant, ces mêmes forces de l’ordre sont reconnues, en Europe et à juste titre, comme les meilleures du continent : en somme, ne faut-il pas rechercher ailleurs le problème ? Drôle d’ambiance, en tout cas !
Fin de règne ou de régime ? Crise de l’autorité ou malaise, voire faiblesse de l’État ?
Plusieurs réponses possibles, en fait : tout d’abord, nous sommes entrés dans la dernière année du quinquennat de M. Hollande, déjà reparti en campagne électorale présidentielle et à la recherche, sinon de tous ses électeurs perdus, du moins des électeurs de gauche et européistes qui voudront bien lui faire crédit de quelques réformes plus sociétales que sociales, comme la légalisation du mariage homosexuel, et d’un alignement constant sur la ligne « la plus européenne », ayant renoncé à faire preuve d’originalité française sur de nombreux sujets touchant la politique générale de l’Union européenne (les Grecs en savent quelque chose…). Son partenariat inégal avec la chancelière allemande, qui fait de cette dernière la seule autorité reconnue en Europe (reconnue ne signifie pas bienvenue…), a nettement dégradé l’indépendance de la France et sa possibilité d’être écoutée, voire celle de manœuvrer par elle-même. Or, cela plaît aux élites européistes qui, de tout temps, vantent l’idée d’un fédéralisme continental en ayant aussi intégré l’idée que, pour toute fédération il faut un fédérateur, c’est-à-dire une autorité unique naturellement reconnue et seule « légitime » à entraîner (donc à commander) les autres : souvenons-nous des « briandistes » des années 1940 qui se résolurent, sans être nazis, à rallier l’idée hitlérienne de « l’Europe nouvelle », non par extrémisme (ils ne l’étaient pas, mais bien plutôt modérés, « raisonnables et réalistes » dira l’un d’entre eux dans L’Illustration de l’époque, journal on ne peut plus « convenable » avant-guerre et se proclamant tel en temps de guerre tout en collaborant avec l’Allemand), mais juste par européisme revendiqué et pragmatique…
Ainsi, pour en revenir à la situation présente, c’est plus encore la compétition présidentielle sur fond d’impopularité du président en quête de réélection qu’une simple fin de règne annonciatrice d’un possible (ou illusoire) renouveau politique.
Mais la tension actuelle autour du projet de loi El Khomry révèle surtout la faiblesse d’un régime, de cette Cinquième qui reste une république, lorsque s’approchent les échéances électorales et que s’aiguisent les longs couteaux des ambitieux qui se veulent tous César quand ils ne sont que Brutus ou Créon…
Certains en profitent pour vanter les mérites d’une hypothétique Sixième République qui ne serait rien d’autre, à bien les lire, que le retour aux jeux démocratiques illimités et parlementaires de la Troisième et de la Quatrième, et cela au détriment de l’autorité de la magistrature suprême de l’État, voire de l’État lui-même.
Or, si crise de régime il y a, elle tient dans l’autorité défaillante d’une République qui ne sait plus donner de la légitimité à son « Pays légal » : le processus électoral de la démocratie représentative ne fonde plus qu’une légalité de moins en moins légitime aux yeux des électeurs qui attendent des réponses et des solutions là où les élus, parlementaires ou président, ne leur donnent que des promesses et ne leur imposent que des oukases. Si le recours au 49-3 passe désormais si mal dans l’Opinion publique, c’est qu’il est devenu un mode de gouvernement quand il ne devrait être qu’une exception utilisée avec prudence et fermeté, et non avec brutalité comme c’est le cas aujourd’hui par MM. Valls et Hollande.
Cette République qui se veut autoritaire quand elle n’est qu’arbitraire (et non arbitrale) doit faire face à de multiples mécontentements et mouvements de révoltes, dont certains sont fort motivés quand d’autres ne sont que les soubresauts des anciennes forces jadis promptes à défendre une République qui, finalement, n’en a plus besoin. Mais elle ne peut durer, sa faiblesse menaçant de désarmer complètement notre pays face aux défis du monde contemporain. Il nous faut bien, alors, reposer la question première qui est celle du Politique et de son incarnation institutionnelle, de celle qui est nécessaire au maintien et au déploiement de toutes les possibilités de la France dans le monde, pour aujourd’hui comme pour demain.
Le mot « crise » vient du grec « Krisis » qui signifie la séparation entre un avant et un après : si, désormais, c’est la République qui tient lieu « d’ancien régime », il est temps de rappeler que la Monarchie peut tenir lieu et place de « nouveau régime », non pour sa simple nouveauté mais pour sa capacité à durer, à se renouveler, à s’éterniser dans le sens le plus noble du terme, celui de l’enracinement qui permet à un pays, arbre de familles et de provinces, d’histoires et de visages, d’âmes et d’esprits, de s’élever vers le ciel, florissant et vigoureux…
En Nom Dieu, notre jour viendra ! Groupe d’Action Royaliste.
Ces dernières semaines, les murs de Paris ont été couverts d’affiches « Je suis royaliste, pourquoi pas vous ? » et, pour cette fois, ce n’étaient pas seulement celles signées du Groupe d’Action Royaliste mais plutôt celles de l’Action Française annonçant un colloque portant sur ce thème qui nous est cher.
Ainsi, le samedi 7 mai, plusieurs centaines de militants monarchistes, sympathisants ou tout simplement curieux, ont rempli la grande salle de réunion décorée aux couleurs de l’A.F. pour suivre trois grandes tables rondes et un entretien particulier avec une élue de la République, Marion Maréchal-Le Pen, entretien qui a fait couler beaucoup d’encre et attiré nombre de journalistes, d’ordinaire peu enclins à suivre des conférences royalistes… Si Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon avaient accepté l’invitation de l’A.F. qui leur avait été faite et qu’ils ont poliment déclinée, sans doute le succès médiatique eut été du même ordre, mais le sens de celui-ci en aurait été différent !
La liste des intervenants était prestigieuse et bien fournie (Robert Ménard, Reynald Sécher, Frédéric Rouvillois, Yves-Marie Adeline, etc.), et comptait presque autant de républicains que de monarchistes, selon le vœu des organisateurs qui souhaitaient ainsi reprendre langue avec des forces qui, pour en être républicaines, n’en sont pas moins ouvertes au dialogue avec ceux qui pensent que sans le roi, tout effort national est vain ou condamné à se renier en fin de compte.
Ainsi, le débat entre Marion Maréchal-Le Pen et son interlocuteur royaliste fut-il courtois et animé, la jeune députée reconnaissant néanmoins les bienfaits passés de la Monarchie et soulignant l’importance de l’indépendance nationale aujourd’hui mise à mal par le fonctionnement même des institutions européennes et, plus inquiétant encore, françaises.
D’autres participants et animateurs des tables rondes étaient, eux aussi, républicains, dont Clotilde Brossollet (mais qui sait si elle n’a pas changé d’avis à l’issue de ce colloque comme elle en soulignait la possibilité ?) qui anima la dernière table ronde de l’après-midi, exclusivement composée d’intervenants royalistes, dont le vice-président de notre Groupe d’Action Royaliste, Jean-Philippe Chauvin, mais aussi Gérard Leclerc, Yves-Marie Adeline, Antoine de Crémiers et François Marcilhac, tous soucieux, avec des angles d’attaque parfois fort différents, de présenter, non la Monarchie elle-même, mais sa nécessité, ses possibilités et les moyens de sa mise en place, de sa « ré-instauration ».
Les débats et les multiples interventions de ce colloque mériteront de prochains articles sur notre site, tout comme les réactions qu’ils ont suscité dans les médias et sur les réseaux sociaux. Nous y évoquerons aussi, par la même occasion, nos propres positions et propositions, parfois nos différences avec celles de l’A.F., mais toujours avec l’intention de faire avancer la cause royale au cœur de la nation et au temps présent, pour préparer cette Monarchie que nous souhaitons voir, non plus comme simple théorie mais comme réalité politique et institutionnelle en France.
Le colloque fut suivi d’un banquet monarchiste et, le lendemain matin, du traditionnel cortège parisien d’hommage à la Sainte de la Patrie, Jeanne d’Arc, qui vit les drapeaux fleudelysés s’avancer vers la statue de la place des Pyramides, comme chaque année depuis que les Camelots du Roi, il y a un siècle, ont imposé cette tradition à la République…
Ce vendredi 6 mai et samedi 7 mai, le GAR Bretagne s’est rendu dans la région Centre Val-de-Loire, à Orléans afin de rendre un hommage à Sainte Jeanne d’Arc.
Le 8 mai 1429, Jeanne d’Arc libéra Orléans de l’occupation anglaise avec l’aide de sa garde Écossaise, fruit de la plus ancienne alliance entre deux pays au monde : l’Auld Alliance, lien fraternel franco-écossais depuis 1295, sujet majeur de l’Histoire de France et de l’Ecosse malheureusement méconnu des Français et oublié des livres d’histoires, bien qu’elle fut enseignée jusqu’au XIX eme siècle. Mais a cause de « L’Entente Cordiale » avec l’Angleterre, des raisons politiques reléguèrent aux oubliettes ces six siècles d’alliance. La garde écossaise des Rois de France et les soldats écossais venus combattre sur le sol français furent relégués au rang de mercenaires, et l’Écosse fut considérée comme une province anglaise, adversaires lors des rencontres du tournoi des six Nations. Bien plus présent à l’esprit des Écossais, le sujet avait aussi tendance a s’effacer. Cependant des siècles de coopération ne peuvent totalement disparaître, et l’on constate souvent, que même inconsciemment que les Écossais aiment la France, et que les Français aiment l’Écosse alors qu’ils ont souvent de l’aversion pour les Anglais. Des associations sont présentes en France comme « 1295 Auld Alliance, le lien franco-écossais » ou « les chardons d’Orléans »… entre autres.
Nous sommes arrivés le vendredi dans la soirée, le temps de manger des grillades sur la place principale, face à la statue de Jeanne. Pour l’anecdote cette statue fut détruite pendant la seconde guerre mondiale, mais grâce aux dons bienfaiteurs d’habitants de la Nouvelle Orléans, capitale de notre ancienne Louisiane aujourd’hui simple État des États-Unis, elle a été reconstruite en 1950 – geste symbolique et génial.
Nous avons ensuite déambulé dans les rues du centre ville de la très belle ville d’Orléans, devant la cathédrale des répétitions pour les festivités de la fin de semaine, chorales, cornemuses, illuminations sur la façade de la cathédrale Sainte Croix en vue du spectacle « Jeanne, visages universels », une œuvre son et lumière dévoilant la vision étrangère de notre Sainte.
Le samedi 7 mai, nous nous sommes rendus devant la magnifique statue , place du Martroi, improvisant une petite session photos avec nos drapeaux fleurdelisés pour l’immortalisation.
Non loin de la cathédrale se tenait un marché médiéval, nous avons pris notre repas sur place remplissant nos panses de ripaille d’autrefois : saucisses lentilles, saucisses d’autruche, lard, porée médiévale (généreuse tranche de pain complet garnie de viande de porc bien dorée sur lequel un coulis onctueux de fromage a été délicatement posé), le tout arrosé de bières artisanales de la blonde à la rousse.
Repus, les ventres bien remplis, vint le temps de la ballade dans ce dédale de tavernes, échoppes, tanneurs, forgerons, animé de chants et danses d’époque, jeux et contes, farces, farfadets, joyeux lurons écossais abreuvés de bon whisky bien de chez eux. Sur place nous rencontrons nos frères d’alliance d’ancienne Calédonie, ils acceptèrent chaleureusement de se prendre en photographie avec nous, visiblement satisfaits de voir nos fiers drapeaux flotter au vent. Un stand de l’association « 1295 Auld Alliance » était au centre d’un camp reconstitué d’une compagnie écossaise du XVème siècle avec la présence de Highlanders de Ardblair, contrée d’Ecosse non loin du Ben Nevis, région que j’eus la chance de visiter en 2011, magnifique et mystique Écosse ! Ces fameux Highlanders roulant les « rrrr » en photos avec nous !
A 14h c’était l’hommage des villes jumelles a Jeanne d’Arc, avec le renouvellement des serments de jumelage en présence de la délégation de Dundee et de St-Flour dans le cadre des 70ème et 30ème anniversaires de jumelage avec la Mairie d’Orléans, tout ça devant l’Hotel Groslot, lieu de départ de la marche vers la cathédrale, pour célébrer le 720ème anniversaire de la Auld Alliance. Un magnifique cortège haut en couleur, sous des airs magnifiques de cornemuses du « Mackenzie Caledonian Pipe Band » se dirigea vers le lieu saint, avec les Highlanders et leurs drapeaux Croix de Saint André (Saltire croix blanche du martyr Chrétien Saint André sur fond bleu ) et celui jaune avec lion rouge, le Lion Rampant. Après un bref arrêt devant la cathédrale Sainte Croix, le cortège entre dans l’édifice pour se recueillir devant les plaques écossaises à l’intérieur de la cathédrale sous l’air sublime de « Amazing Grace », hymne chrétien du monde Anglo-Saxon et particulièrement d’Ecosse.
Après s’en suit une traversée de la ville d’Orléans avec des escales devant chaque lieu historique de la libération de la ville par Jeanne d’Arc, rue de la Poterne avec une plaque commémorative en l’honneur de l’Auld Alliance pour se terminer Place du Martroi, face à l’imposante statue équestre de la Pucelle d’Orléans, le tout au son des cornemuses. Une délégation d’Espagnols de la région d’Aragon étaient également présents et jouèrent une musique hispanique.
A 18h il fallut repartir pour notre Bretagne, les Fêtes Johanniques d’Orléans sont à conseiller à tout les amoureux de la France éternelle. Nous renouvellerons l’expérience car sans nous vanter, grâce a nos très beaux drapeaux, nous avons apporté une véritable valeur ajoutée a l’événement : nous étions les seuls à brandir les couleurs de l’Ancien Régime et ensuite les gens étaient agréablement surpris d’assister a notre défilé de bannières fleurdelisées, avec des gens venant nous demander ce qu’étaient nos drapeaux, des sympathisants royalistes qui s’ignorent, des enfants ayant appréciés ces couleurs chatoyantes, les gens prenaient beaucoup de photos (dont des touristes Japonais visiblement heureux de voir des fleurs de lys), des photographes officiels nous ont même mitraillé devant la cathédrale. Nous n’avons pas suscité de haine ou de réprobation. Nous avions pris le parti cette année de nous afficher clairement au milieu de la France populaire et les avis furent globalement positifs, et même un bonapartiste de passage nous encouragera à continuer !
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de son nouveau livre,Mathieu Bock-Côté a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. L’intellectuel québécois y proclame son amour de la France et fait part de son angoisse de voir le multiculturalisme détruire les identités nationales.
Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique vient de paraître aux éditions du Cerf.
Propos recueillis par Alexandre Devecchio@Alex_devecch
En tant que Québécois, quel regard portez-vous sur la société française?
Je m’en voudrais d’abord de ne pas dire que j’aime profondément la France et que j’hérite d’une tradition très francophile, autrefois bien présente chez nous, qui considère encore un peu votre pays comme une mère-patrie. La France, en un mot, ne nous est pas étrangère. Vous me pardonnerez ces premiers mots, mais ils témoignent de mon affection profonde pour un pays avec lequel les Québécois entretiennent une relation absolument particulière. En un mot, j’ai le sort de la France à cœur!
La pénétration de l’idéologie multiculturelle, que vous dénoncez dans votre livre, est-elle en France aussi forte que dans les pays d’Amérique?
Le multiculturalisme prend un visage tout à fait singulier au Canada. Au Canada, le multiculturalisme est inscrit dans la constitution de 1982, imposé de force au Québec, qui ne l’a jamais signé. Il a servi historiquement à noyer le peuple québécois dans une diversité qui le privait de son statut de nation fondatrice. Pierre Trudeau, le père de Justin Trudeau, était radicalement hostile au peuple québécois, à son propre peuple, qu’il croyait traversé par une tentation ethnique rétrograde. C’était faux, mais c’était sa conviction profonde, et il voulait désarmer politiquement le Québec et le priver de sa prétention à constituer une nation.
Dans l’histoire du Canada, nous étions un peuple fondateur sur deux. Avec le multiculturalisme d’État, on nous a transformés en nuance identitaire parmi d’autres dans l’ensemble canadien. Il faut rappeler ces origines oubliées du multiculturalisme canadien à ceux qui n’en finissent plus d’idéaliser un pays qui a œuvré à oblitérer sa part française.
Je vous donne au passage ma définition du multiculturalisme, valable au-delà du contexte canadien: c’est une idéologie fondée sur l’inversion du devoir d’intégration. Traditionnellement, c’était la vocation de l’immigré de prendre le pli de la société d’accueil et d’apprendre à dire nous avec elle. Désormais, c’est la société d’accueil qui doit se transformer pour accommoder la diversité. La culture nationale perd son statut: elle n’est plus qu’un communautarisme parmi d’autres. Elle devra toutefois avoir la grandeur morale de se dissoudre pour expier ses péchés passés contre la diversité.
Retour au Canada. Au fil du temps, le multiculturalisme canadien s’est autonomisé de sa vocation antiquébécoise et en est venu à représenter paradoxalement le cœur de l’identité canadienne. Il a remplacé ce qu’on pourrait appeler l’identité historique canadienne par une identité idéologique fondée sur la prétention. Ce qui tient lieu d’identité commune au Canada aujourd’hui, et cela plus encore depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, que la France regarde étrangement d’un air enamouré, c’est le sentiment d’être une superpuissance morale, exemplaire pour l’humanité entière, une utopie réussie représentant non seulement un pays admirable, mais la prochaine étape dans le progrès de l’humanité.
L’indépendantiste québécois que je suis a un regard pour le moins sceptique devant cet ultranationalisme canadien qui conjugue la fierté cocardière et l’esprit post-moderne.
Plus largement, au Canada, le multiculturalisme sert de machine à normaliser et à banaliser les différences les plus extrêmes, les moins compatibles avec ce qu’on appellera l’esprit de la civilisation occidentale ou les mœurs occidentales. C’est le pays du communautarisme décomplexé, c’est aussi celui où on peut prêter son serment de citoyenneté en niqab avec la bénédiction des tribunaux et du premier ministre, qui y voit une marque admirable de tolérance.
C’est le pays qui banalise sous le terme d’accommodements raisonnables un relativisme généralisé, qui peut aller très loin. C’est le pays où certains iront même jusqu’à dire que le niqab est peut-être même le symbole par excellence de la diversité canadienne, puisque son acceptation par les élites témoigne de la remarquable ouverture d’esprit de ceux qui le dirigent et des institutions qui le charpentent. Pour le dire autrement, le Canada pratique un multiculturalisme à la fois radicalisé et pacifié.
En France, le multiculturalisme semble moins agressif …
Il domine aussi l’esprit public mais n’est pas nécessairement revendiqué par les élites, qui entretiennent, à travers la référence aux valeurs républicaines, l’idéal d’une nation transcendant sa diversité. On sait bien que la réalité est autre et que la référence républicaine s’est progressivement désincarnée et vidée de sa substance nationale depuis une trentaine d’années.
Philippe Pascot nous entraine à la découverte de ce que nos élus cachent sous le tapis de leur exemplarité affichée et de leur moralité élastique quand elle touche à leurs privilèges.
Il démontre à travers des faits concrets que le système lui-même, dans son immobilisme calculé, ne peut donner naissance qu’à des dérives illicites ou légales mais toujours totalement immorales ! Si tous les élus ne sont pas pourris, beaucoup sont complices…
Cet ouvrage recense tous les abus légaux dans lesquels se vautre sans vergogne la classe politique française : salaires exorbitants, exonération d’impôts, retraites douillettes, passe-droits et autres petits arrangements entre amis, le tout dans le cadre d’une loi faite sur mesure et qu’ils connaissent sur le bout des doigts.
Des faits et des actes révoltants, mis à jour sans concession mais sans esprit partisan, dans le seul but du droit à l’information pour tous.
Biographie de l’auteur
Maire adjoint d’Évry auprès de Manuel Valls puis conseiller municipal, ancien conseiller régional, Chevalier des Arts et des Lettres, Philippe Pascot a 25 ans de vie politique derrière lui et a fréquenté la plupart des élus politiques de premier plan. Il milite pour une transparence totale de l’exercice politique et est engagé dans de nombreux combats de société (gaz de schiste, dons d’organes, création d’un orchestre philarmonique dans la banlieue de Kinshasa…)
Ce mardi 26 avril 2016 cela fera exactement trente ans que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl se produisit, le 26 avril 1986. En août 2014 je m’y suis rendu et je souhaitais depuis longtemps écrire mon ressenti de cette visite hors norme ; ce triste anniversaire m’en donne l’occasion. Autre élément qui m’a poussé a témoigner, le visionnage d’une vidéo du bien connu et excellent Aldo Sterone.
Dans cette vidéo intitulée « Interdisez le nucléaire à la Belgique »Aldo expose son point de vue sur la situation de la Belgique, le royaume étant en proie aux attentats islamistes en ce moment, mais cela va plus loin. « De tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves », écrira Jules César dans ses « Commentaires sur la Guerre des Gaules »… S’il voyait les Belges actuels…
Par ses choix migratoires, la Belgique devient peu à peu un khalifa musulman et ce n’est pas être un dingue extrémiste de l’affirmer ; à tout les sceptiques je leur conseille de visiter Bruxelles où vit une majorité d’immigrés maghrébins musulmans. Les sectes apocalyptiques islamistes trouvent un terreau fertile parmi ces populations pour y semer leur radicalisme, les attentats ne sont que le bras armé de la conquête démographique. A la vue de ce changement de peuple, le fameux et morbide « Grand Remplacement », arrivera un moment ou il faudra nous poser la question sur le potentiel danger de laisser le khalifa de Belgique exploiter l’énergie nucléaire, car en effet, les pays arabo-musulmans surtout les sunnites, ne sont pas des nations stables, et vu ce qui se profile ici au contact de ces populations, cela confirmera cette instabilité.
Les entités de l’islam politique, comme en ce moment Daesh, peuvent se servir des masses musulmanes d’Europe comme de leviers afin de déstabiliser les régimes qui lui sont hostiles, nous l’avons vu avec les nombreux attentats. Et cela ne fera qu’empirer. Pour l’instant les islamistes ne font que s’attaquer à des civils, mais ils peuvent s’en prendre aux installations nucléaires. Avec l’atome il ne faut pas plaisanter, les « droits de l’homme » ne s’appliquent plus. Il faudrait d’ors et déjà que l’Association internationale des autorités de sûreté nucléaire, l’INRA, prenne des mesures concernant la Belgique, mais pas seulement : l’Angleterre, la France, l’Allemagne, la Suède représentent aussi des dangers.
Concernant la France, bien que que nous possédions la meilleure technologie nucléaire du monde et le réseau le plus sécurisé, nous sommes aussi la nation dotée du plus de réacteurs dans le monde par rapport à notre superficie. Mais par nos choix d’immigration déments, à cause de nos politiques anti-France, nous sommes extrêmement exposés aux attentats industriels. D’ailleurs l’année dernière de nombreux survols de centrales nucléaires ont été détectés, il s’agissait de drones et, étrangement nous n’avons pas eu d’échos depuis. Lorsque l’on connait les dégâts d’une explosion atomique il y’a de quoi s’alarmer. Si la catastrophe de Tchernobyl était due à au matériel défectueux et obsolète, une erreur humaine et une bureaucratie soviétique opaque, celle de Fukushima les conséquences d’une catastrophe naturelle, en France, en Europe de l’ouest cela pourrait être la séquelle d’attentats couplé à l’incurie criminelle de nos politiciens véreux. Il faudrait dès a présent, commencer à chercher d’autres sources d’énergie, et c’est tout l’intérêt de ne pas négliger la conquête spatiale, plutôt que de mettre des moyens énormes dans des projets utopistes, des idéologies meurtrières, il faut les mettre dans l’exploration de l’univers. Plutôt que la diversité, le multiculturalisme, le vivre ensemble, le métissage, choisissons l’astrophysique, la mécanique quantique, la nucléosynthèse interstellaire, l’ascenseur spatial !
Plutôt « Interstellar » que « Qu’est ce qu’on a fait au bon Dieu ! ». Plutôt le boson de Higgs que le boxon du Crif !
Il est grand temps de sortir de l’Age Atomique et d’entrer pleinement dans l’Age Cosmique !
Les conséquences d’une catastrophe nucléaire sont dramatiques pour les êtres humains, des lieux comme les zones d’exclusion de Tchernobyl et Fukushima hostiles à la vie pour l’éternité, les effets des radiations qui causent des milliers de cancers, de déformations génétiques, comme en Biélorussie sur les enfants, mêmes ceux qui naissent actuellement. C’est une calamité.
Pour la biosphère et la biodiversité, c’est un désastre écologique c’est certain, néanmoins ce n’est pas tout à fait la vérité, Tchernobyl par exemple devenu une… réserve naturelle !
Des animaux qui ne vivaient plus ici depuis que l’homme y était, reviennent s’épanouir dans la « zone interdite », les grands mammifères y prospèrent, des meutes de loups gris croissent rapidement, les hordes de sangliers se multiplient très rapidement, on y trouve un grand nombre de wapitis, des chevreuils, des élans, des cerfs, chevaux de Przewalski… En 2015, une étude internationale a été réalisé à Tchernobyl afin d’y étudier les populations de mammifères, les résultats démontrent pour la première fois que, sans tenir compte des effets potentiels des radiations sur les animaux à titre individuel, la zone d’exclusion de Tchernobyl permet à une communauté abondante de mammifères de survivre, après près de trois décennies d’exposition chronique aux radiations. D’après les décomptes effectués par ces scientifiques, le nombre de gros mammifères, dont les élans, chevreuils, cerfs, sangliers et loups, serait aujourd’hui similaire à celui de quatre réserves naturelles non contaminées de la région (en Biélorussie). Les données étudiées ne comprennent cependant pas d’éléments concernant la santé ou le taux de reproduction des animaux, mais les chercheurs ont exclu que les populations actuelles de mammifères soient influencées par d’éventuels afflux en provenance d’autres zones. Cela ne veut pas dire que les radiations sont bonnes pour la vie sauvage, juste que les effets des habitations humaines, y compris la chasse, l’agriculture et l’exploitation forestière, sont bien pires. De plus la faune et la flore ont la capacité de s’adapter a un environnement irradié, contrairement à l’homme. Ce qui nous laisse a penser que l’homme n’est pas un simple animal, pas seulement un bipède, pas de la simple matière en mouvement auto-évolutive comme le laissait a croire Karl Marx.
Tchernobyl c’est aussi le cauchemar de Darwin, la théorie de l’évolution est mise a mal dans cette sphère irradiée : en effet pourquoi les animaux n’ont-ils pas évolués à proprement parler, leur métabolisme s’est adapté aux nouvelles conditions de vie, alors que celui de l’homme non ? Pourquoi l’homme n’a-t-il pas réussi à s’adapter à l’environnement chargé de nucléons en furie ? Parce que l’homme est plus qu’un simple animal, l’homme a une âme.
Dans l’Apocalypse de Saint Jean : « Et le troisième ange sonna de la trompette, et il tomba du ciel une grande étoile qui brûlait comme une torche. Et elle tomba sur le tiers des fleuves et sur les sources des eaux. Et le nom de l’étoile se dit : Absinthe. Et le tiers des eaux tourna en absinthe, et beaucoup d’hommes moururent de ces eaux, parce qu’elles étaient devenues amères ». Beaucoup de chrétiens, des protestants particulièrement ont pensé que l’étoile Absinthe c’était Tchernobyl, car Tchernobyl signifie en russe… absinthe. Ajoutons la radiation qui pollue les eaux, mais cela reste de la spéculation, cela serait trop simple.
Le 11 mars 2011 au Japon, suite au séisme et tsunami meurtrier ravageant les cotes nord-est, eu lieu l’accident nucléaire de Fukushima classé au rang 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires, soit au même degré de catastrophe que le cataclysme de Tchernobyl. Les dommages sur la centrale et ses réacteurs furent dramatiques, d’énormes quantités de fumées radioactives s’échappèrent, contaminant de grandes zones au Japon et dans des pays environnants, le panache de césium 137 s’etant déplacé dans tout l’hémisphère Nord. Des fuites importantes d’eau contaminée se sont répandus dans l’Océan Pacifique. Comme a Tchernobyl, une immense zone de sécurité fut crée, de vingt kilomètres de circonférence autour de la centrale, les autorités nippones évacuèrent cette zone ou plus aucun civil ne doit habiter, des villages entiers sont devenus du jour au lendemain des villages fantômes, comme la ville de Namie, municipalité de 23 000 habitants, aujourd’hui déserte, et cela pour très longtemps… Et comme pour Tchernobyl, le fléau de l’atome n’en a pas terminé avec Fukushima…désastre écologique et humain pour l’éternité.
Après cette calamité Japonaise, je me suis renseigné plus sérieusement sur l’accident de Tchernobyl, j’ai lu sur ce sujet et regardé quelques reportages – comme celui-ci, véritablement excellent.
En août 2014, avec un ami et mon frère nous décidions de nous rendre une semaine en Ukraine, pays alors ravagé par la guerre civile entre pro-russes et pro-UE, la « Guerre du Donbass », conflit meurtrier dont je ne vais pas m’attarder sur les causes – je laisse cela aux spécialistes. Les combats avaient lieu dans l’est et sud-est de l’Ukraine, nous étions nous dans la capitale, Kiev. Avant notre départ pour l’ancienne République Socialiste Soviétique, nous avons décidé, puisque Kiev n’est qu’a deux heures de route de Tchernobyl, de nous renseigner sur la possibilité de » visiter » le lieu de la catastrophe. La réponse était positive… Nous n’y allions pas par voyeurisme, ni pour la laideur dramatique de ce sanctuaire isotopique, mais pour constater de la désolation qui suit après un accident nucléaire, et en quelque sorte, rendre hommage aux héros qui sauvèrent l’Europe, en maîtrisant les stigmates immédiats de ce grand bouleversement. Je décidai donc de prendre contact avec une agence spécialisée dans les visites de la Zone Interdite. http://www.ukrainianweb.com/chernobyl-tour/
A partir de ce moment, l’on se rend compte qu’il ne s’agit pas d’une destination anodine, ce n’est pas un séjour dans un club Belhambra ou Club Med, il s’agit du lieu le plus pollué de le planète, du lieu le plus radioactif au monde. Tout le monde ne peut y aller, c’est très clair. Nous étions trois à vouloir aller à Tchernobyl, et rien ne nous garantissait d’avoir ou non l’autorisation de pénétrer dans la Zone. Il fallu s’occuper des formalités, en premier envoyer une photocopie de notre passeport à l’agence nationale qui collecta des informations à notre sujet je présume, pour savoir si nous étions « fiables ». L’organisation des visites de la Zone d’exclusion est directement du ressort du gouvernement ukrainien, l’unique opérateur exclusif, le seul moyen légal et sûr d’entrer dans la Zone. Tout autre moyen d’y entrer est formellement interdit et passible de peines d’emprisonnement. Et cela me parait logique, encore une fois ce lieu ce n’est pas n’importe quoi. Le ministre ukrainien en charge de ce dossier délivre lui même les autorisations via son cabinet et c’est également son ministère qui distribue les accréditations aux guides spécialisés, fonctionnaires de l’état mais également garants d’autorité en cas de manquements aux règles de conduite sur place, et elles sont strictes même si elles relèvent du simple bon sens.
Quelques temps après l’envoi de nos passeports, je reçoit un email d’un certain « Youri ». Il s’agissait de la personne en charge de notre dossier et me certifia que nous avons reçu les autorisations pour entrer à Tchernobyl. Grand moment. Suite a cette annonce, s’en suit une longue discussion par mail et deux coups de téléphone où je me renseigne sur le déroulement de la visite. Enfin je procède au paiement qui n’est pas excessif du tout, 150 € la journée par personne avec moyens de transport, nourriture du midi compris. Parmi les trois, je suis le seul a décider de prendre l’option « une journée de plus », et donc une nuit à Tchernobyl… pour 50 € de plus. Tout était en ordre pour l’exploration de l’ enfer atomique ».
Arrivés a Kiev, après la visite de la superbe capitale cosaque, la contemplation des femmes aux profils angéliques toutes plus belles et coquettes les unes des autres, de longues marches dans cette ville sure car non défigurée par l’immigration et le multiculturalisme, de visites de monuments orthodoxes richement décorés de dorures et icônes,de l’admiration de Laure des Catacombes, haut lieu Saint de l’orthodoxie où reposent en paix des moines vénérables, du recueillement devant le mémorial à l’Holodomor, de l’observation panoramique de Kiev au niveau de la statue de la « Mère Patrie », monumentale avec son bouclier orné du marteau et de la faucille Soviétiques.
En milieu de semaine aux alentour de 7h du matin, non loin de la place Maïdan , espace architectural stalinien où eurent lieu les événements de l' »EuroMaïdan » et le prêche cosmopolite du talmudiste vénéneux sans phylactère, Bernard-Henri Levy, ré-agençant et redistribuant le réel selon son rêve messianique, nous avions rendez vous avec notre chauffeur qui devait nous amener à Tchernobyl. Nous étions quatre « touristes » à faire le déplacement, nous quittions Kiev traversant le centre ville suivi de banlieues de condominiums soviétiques. Au bout de deux heures de route à travers la magnifique campagne ensoleillée d’Ukraine, de ses champs de blés dorés, des fermes perdues au milieu de nulle part, de petits hameaux aux isbas rustiques, nous arrivions enfin à une route barrée, un croisement avec une route sur la droite amenant vers d’autres lieux de la région, et celle que nous étions sur le point d’emprunter, Dytyatky, vers la zone post-apocalyptique interdite. Il était dix heures du matin, le soleil était déjà haut au Zénith, il faisait chaud. un militaire s’approche du véhicule et nous demande nos passeports, car c’est directement l’armée ukrainienne qui gère la zone, elle qui contrôle les entrées et sorties. Le temps de la vérification de nos identités et si nous avions toutes les conditions requises afin de pénétrer dans le funeste territoire, nous descendîmes du véhicule pour nous dégourdir les jambes. la première chose que nous constations c’est la sévérité du lieu, les militaires n’étant guère la pour plaisanter.
A la droite de l’entrée une pergola protégeant une statue de la Vierge Marie érigée en souvenir des victimes de la catastrophe, face a la barrière d’entrée deux panneaux d’alerte, avec les fameux trèfles rouges indiquant aux visiteurs en cyrillique et en anglais de ne pas pénétrer dans la zone radioactive depuis la route d’ou nous venions. Il n’y abait rien, pas d’âmes qui vive, des champs à perte de vue tout autour de la Zone Interdite, des kilomètres de barrières barbelés sur lesquels sont ajoutés des écriteaux « Attention ! Zone irradiée » .
Au bout d’une vingtaine de minutes, nous obtenions l’accord pour s’engouffrer dans la contrée hostile radioactive, les militaires levèrent la barrière, et nous entrions…
La sensation lors de notre insertion dans cette région inhospitalière n’est pas descriptible, il y a une véritable atmosphère de lourdeur, et qui s’accentue plus l’on avance vers le réacteur numéro 4.
Petit historique de cette catastrophe avant d’aller plus loin :
Le 26 avril 1986, il y a trente ans, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire « Lénine » de Tchernobyl, explosa suite à une augmentation incontrôlée de sa puissance, entraînant la fusion du cœur. Des quantités effroyables d’éléments radioactifs se dispersèrent dans l’atmosphère, contaminant des milliers d’hectares. Ce fut un désastre pour l’environnement, et des milliers de gens moururent de cancers et de maladies dues aux irradiations. Ce fut la plus grande catastrophe nucléaire de l’histoire, avant celle de Fukushima. Le jet surpuissant de matières radioactives qui s’étaient échappées du cratère du réacteur, formèrent un panache atomique qui contamina une bonne partie de l’Europe, y compris la France contrairement à ce que les autorités de l’époque racontaient aux français… Des tonnes d’uranium et de graphite irradiés ont été projeté dans l’environnement immédiat de la centrale, notamment dans une forêt proche complètement brûlée par les radiations, la forêt rousse.
Personne n’était préparé à cette catastrophe, les 29 pompiers envoyés pour éteindre l’incendie y allèrent sans protection particulière. La première nuit deux moururent, suivis de tous les autres les jours suivants : ce seront les premières victimes de Tchernobyl. 7 mois après la catastrophe, 500 000 hommes vont se battre contre la furie de l’atome libéré par l’homme, 500 000 héros qui sauvèrent l’Europe et les Européens de l’extinction pure et simple, et évitèrent que le vieux continent deviennent inhabitable pour l’éternité. Les armées de Napoléon, lors de sa campagne en Russie, n’étaient pas si nombreuses…
Parmi cette armée déployée contre « l’ennemi invisible », il y avait les liquidateurs, des gens qui ont donné leurs vie pour nettoyer, liquider tout les éléments radioactifs de la zone. Une seconde explosion, bien plus terrible que la première, a été évité grâce au sacrifice d’un bataillon de pompiers chargé de vider l’eau stagnante sous le magma en fusion, lequel s’il était entré en contact avec l’eau, aurait créé une explosion comparable à dix bombes atomiques lancées sur Hiroshima… Les soldats de l’Armée Rouge, balancèrent 2500 tonnes de plomb, par hélicoptère de combat, dans le cratère du réacteur, afin de le sceller plus efficacement. L’eau stagnante fut vidangée, mais le magma en fusion continua de s’enfoncer inexorablement : il fallait trouver une solution car sous le sol de la centrale se trouve une gigantesque nappe phréatique, et si le magma la rencontrait c’était l’explosion thermonucléaire et la contamination de tout les cours d’eau d’Europe, d’Asie et des océans… Terrible.
Dix mille mineurs furent envoyés sur place afin de creuser un tunnel sous la centrale, destiné à construire ensuite une cavité équipée d’un système de refroidissement à l’azote liquide pour le réacteur mais qui ne sera jamais installé… A la place fut construite une chambre souterraine remplie de béton pour consolider la structure. A trois kilomètre de la centrale nucléaire, se trouvait la ville modèle soviétique de Prypiat, comptant 50 000 âmes. La plupart des gens habitant cette ville travaillaient dans la centrale nucléaire ou dans le complexe militaire à 10 km de là. Trois écoles, un supermarché, une piscine, des crèches, des hôpitaux, bibliothèques, restaurants… existaient dans la ville. C’était une ville vivante, récente, construite en 1970 comme étant une ville modèle pour le régime d’URSS.
En une journée, peu de temps après la catastrophe, elle fut évacuée grâce aux mille bus mis en place pour les autorités,
Les gens quittèrent le fruit de toute leur vie sans aucun espoir de revenir. Prypiat devint soudainement une ville fantôme, à jamais figée dans l’histoire. Seuls restèrent sur place des scientifiques et militaires, ces derniers détruisirent les habitations afin de réduire à néant l’envie des habitants de revenir sur place. Les civils évacués, une zone de trente kilomètres fut crée autour de la centrale « Lénine », zone complètement irradiée, que l’armée de l’atome – 500 000 hommes – devra nettoyer. La machine baptisée « liquidation de l’accident de Tchernobyl » fut mise en place. Pendant que les mineurs creusaient le tunnel sous le réacteur, que l’armée rouge grâce aux Hind de combat revenus de l’Afghanistan, larguaient des tonnes de plomb dans le réacteur et dans toute la zone un liquide collant appelé « Burba » afin de fixer les éléments radioactifs au sol, des milliers de brigades de liquidateurs étaient occupés a nettoyer la zone, maison par maison, à éliminer la poussière radioactive qui recouvraient tout. Des brigades de chasseurs furent envoyés exterminer tous les chiens et les chats irradiés, la majorité des maisons furent détruites et ensevelies, la terre souillée d’uranium fut recouverte de terre saine.
Des robots furent déployés sur la centrale afin de collecter les barres de graphite et d’uranium, mais au bout d’un moment les atomes les rendirent inexploitables, il fallut recourir aux » bio-robots », des humains recouverts de plomb envoyés ramasser la matière hautement radioactive… à la pelle. Ces héros sont les fameux « Nettoyeurs ».
Pour sceller le réacteur définitivement un immense sarcophage fut construit autour – censé durer un demi-siècle. (photo de gauche)Pourtant au bout de 25 ans des fuites ont été détectés, ce qui nécessitera l’installation d’un nouveau sarcophage devant durer un demi-millénaire….(photo de droite) Quoi qu’il en soit, peu de gens savent qu’ils doivent leur vie à ces milliers de héros, qui se sont sacrifié pour sauver le continent européen de l’apocalypse et de l’extinction de masse, car Tchernobyl est le plus grand désastre technologique-écologique de toute l’histoire de l’humanité. C’est un désastre humain également avec des milliers de morts de cancer, de contaminés, des enfants difformes notamment en Biélorussie, des vies détruites, une zone inhabitable pour l’éternité. Il faut leur rendre hommage et c’est ce que nous avons fait en nous rendant sur place.
Nous voici roulant sur la route principale, celle qui traverse l’immense et sordide sphère radioactive de 30 kilomètres, appelée « Zone Interdite » ou « Zone d’exclusion de Tchernobyl » ou juste « La Zone » (Чорнобильська зона, Chornobyl’s’ka zona en Ukrainien), ou officiellement « Zone d’aliénation de la centrale nucléaire de Tchernobyl » ( Зона відчуження Чорнобильської АЕС, zona vidchuzhennya Chornobyl’s’koy en Ukrainien). Il s’agit d’un pélagique territoire de 2600 km2 à cheval sur la Biélorussie et l’Ukraine mis en place par l’Armée Soviétique juste après la catastrophe et l’évacuation des civils, contaminé de manière inégale et hasardeuse par la radioactivité et dont les éléments les plus dangereux, ceux renvoyant les rayons ionisants les plus féroces, n’atteindront leur demi-vie que dans neuf siècles…. Il faudra 48 millénaires pour espérer que cette zone redevienne propice à la vie, autant dire une éternité…
Deux arrondissements ont été découpé dans cet espace sectorisé, le premier cercle, celui des dix kilomètres autour de la centrale Lénine, le plus infecté par l’ennemi invisible, et le deuxième cercle, celui des 20 kilomètres juste après le premier, titanesque décor de film post-apocalyptique. Nous progressions dans ce deuxième cercle. Tout autour de nous, nous distinguons ce monde irradié aux travers des forêts de bouleaux, d’anciens kolkhozes d’où les moujiks généreux ont été chassé par l’atome, des petits hameaux en ruine, des champs d’herbes balayés par les vents chargés de radio-nucléides : une véritable scène d’ombres crépusculaires, d’une mystique sévère. Pour ceux qui connaissent le film « La Route » avec Viggo Mortensen, les séries de jeux vidéos Stalker ou Fallout, vous pouvez aisément imaginer l’atmosphère de ténèbres qui règne en ces lieux bien réels, malheureusement…
Au bout de quelques kilomètres, nous arrivâmes au niveau d’une ville, Tchernobyl City, l’unique ville au monde sans enfants, d’une tristesse absolue. Ici ne vivent que des scientifiques et militaires, au nombre de 3000, présents sur place deux semaines par mois, afin de ne pas absorber de doses mortelles de sieverts (unité de mesure pour mesurer l’impact des rayonnements sur l’homme). Nous fîmes une escale de quelques minutes, et y reviendrions pour se restaurer le midi et moi pour y dormir le soir…
Nous repartîmes en continuant vers la route principale, Tchernobyl City n’étant seulement qu’à 18km du réacteur numéro quatre. Huit kilomètres plus loin nous pénétrâmes le premier arrondissement, dans la zone des 10 kilomètres, le plus inhospitalier.
A la frontière des deux espaces en quarantaine perpétuelle, nous fîmes une halte d’un quart d’heure dans ce qu’il reste du hameau de Leliyov, autrefois habité par environ mille personne ; aujourd’hui tout est en ruine ou enterré. Ce sera notre première sensation de lourdeur, d’ambiance pesante, comme si une chape de plomb nous écrasait.
Un peu à l’écart du village nous vîmes une stèle commémorative sur laquelle était gravée la Vierge Marie, en hommage aux anciens habitants de Leliyov obligés de fuir cette petite localité. A l’entrée se trouvait un bâtiment qui servait de salle communale, de lieu de vie avec un théâtre en son sein : le sol était détruit, en putréfaction. En sortant on voyaient encore plusieurs bâtiments, dont une école et une crèche, avec des lits superposés, rouillés, garnis de poussière, avec les peluches des enfants et autres jouets dispersés sur le sol. L’aura en ce lieu était sordide, de quoi donner aux visiteurs des stigmates psychosomatiques. L’école est le lieu qui marqua le plus les esprits, nous qui sommes habitués à voir cet endroit habituellement remplis du rire d’enfants, ici c’était le calme et la noirceur des abysses. A l’extérieur, dans les anciens parcs de jeux hautement radioactifs, le sol étant imbibé de poussières d’uranium et plutonium, de poupées et de voiturettes pour garçons éparpillés, nous ne pouvions pas trop explorer car des trèfles rouges nous indiquaient « no pasaran ». De toute façon le guide nous demanda de monter dans le véhicule, pour continuer notre chemin.
La frontière du premier cercle des dix kilomètres vient d’être franchie, nous ne voyons que des bouleaux, des érables, des platanes, quelques conifères, mais également des genres de petites collines surmontées de pancartes avec des trèfles rouges. Le guide nous expliqua qu’il s’agissait d’anciens villages, de maisons, de fermes, qui ont été enterrés par les liquidateurs… Puis au loin nous commencions à distinguer ce qui ressemblait à des usines, un capharnaüm de ferraille rouillé saupoudré de poussière nucléique.
Nous fîmes un bref arrêt au niveau d’un cours d’eau, un canal en réalité qui permettait d’acheminer l’eau de la rivière Prypiat vers les réacteurs, afin de les refroidir. Sur notre gauche nous apercevions le monstre d’acier, la fameuse centrale nucléaire « Lénine », le centre névralgique de la catastrophe. C’est vers ce terrifiant léviathan d’acier abritant le magma d’uranium que nous nous rendions.
Arrivés aux pieds du colosse, les réacteurs numéros 3 et 5 de la centrale nucléaire, nous faisions une courte escale au niveau d’un pont passant par dessus le canal d’approvisionnement de l’eau aux réacteurs, c’était une passerelle ferroviaire permettant le transport de marchandises de la centrale aux blocs de stockage de l’autre coté, le fameux enchevêtrement de métal rubigineux. De ce point de vue, nous observons des poissons agglutinés à la base du pont : il s’agissait de siluriformes, des poissons-chats ou silures, visiblement en excellente santé, assez gros et peu impactés par les effets des radiations. Puis nous repartîmes, pour nous rendre devant le réacteur numéro 4…
Nous nous tenions devant le Gargantua de fer, le ventre rassasié du magma en fusion d’uranium, sur lequel a été édifié un sabot noir insolite, le fameux sarcophage construit en six mois par les liquidateurs pour confiner le cœur du réacteur numéro 4, pour l’empêcher de régurgiter son mortel contenu dans l’atmosphère. C’était véritablement impressionnant. Nous étions seulement à une centaine de mètres de l’épicentre d’ou a commencé l’apocalypse atomique la plus grave de l’histoire, devant le Méphistophélès nucléonique. La radiation était cent fois supérieure à celle mesurée à Kiev, qui est de 0,24 ms/h (en France la radiation est de 0,12 ms/h) soit de 24 ms/h, ce qui est très important. Néanmoins nous ne restions devant le sarcophage que 20 minutes – pas de quoi être inquiété – car sur place des ouvriers travaillaient à la construction d’un nouveau cénotaphe, une gigantesque Arche destinée à être mise sur l’ensemble du réacteur 4, ainsi que par dessus le sarcophage, une oeuvre pharaonique qui doit être achevée et posée en 2017. Cette nouvelle protection est censée durer plusieurs siècles. Les dimensions de cette « Arche de Tchernobyl » sont spectaculaires : 108 mètres de haut, 165 mètres de long. Elle doit remplir trois rôles : le confinement des matières radioactives, la préservation du premier sarcophage dégradé contre les agressions climatiques et la protection des travailleurs sur site ; ce second sarcophage abritera des ateliers destinés à décontaminer, démanteler et conditionner les matériaux radioactifs en vue d’un futur stockage, plus sûr. Notre temps sur place était révolu, et à vrai dire, nous n’avions pas vraiment envie d’y rester plus longtemps.
Il est midi, il nous fallu retourner à Tchernobyl City afin de prendre un copieux déjeuner cosaque. En chemin, nous traversâmes la forêt rousse, laquelle, lors de l’explosion en 1986, a été littéralement cramée par le souffle radioactif, les particules d’iode 131, d’uranium, de plutonium et césium 137 retombant directement sur elle. En quelques jours cette unique partie de la forêt prit une teinte rousse, brûlée par le souffle de la centrale éventrée. La radiation était très élevée ici, de 15 ms/h, nous passions rapidement, et arrivions au restaurant pour manger. Le repas est fut bon, tout les produits venant de l’extérieur de la Zone, inutile de le préciser.
Une fois le ventre plein, avant la seconde partie de la journée, nous visitâmes sommairement la ville, passâmes devant un monument dédié au 29 pompiers morts le premier jour du cataclysme, ensuite devant des véhicules et robots totalement irradiés. Le guide nous demanda de monter dans le véhicule, c’était le moment d’aller à Prypiat.
Sur la route vers Prypiat, nous repassions devant le dragon cracheur d’uranium, et faisions un petit stop photo devant le panneau d’entrée de la ville, Припять 1970, date où cette ville d’URSS de l’Oblast de Kiev, sorti de terre. Elle se trouve à 3 km de la centrale nucléaire de Tchernobyl et à une dizaine de kilomètres au nord de Tchernobyl City. Elle est donc située dans la zone d’exclusion de 10 km, la plus irradiée.
Tout en conservant le statut de ville, elle est désormais une ville fantôme, inhabitée (selon les autorités Ukrainiennes), tout comme les villages proches de Novochepelytchi, Kotcharivka et Kopatchi, situés à 7 km de Prypiat. La forte radioactivité ambiante empêche le repeuplement de la ville et les bâtiments dégagent une poussière toxique qui, potentiellement, peut irradier mortellement un homme en une semaine.La ville tient son nom de la rivière éponyme qui arrose la ville et qui rejoint le Dniepr. Ce cours d’eau a été gravement contaminé lors de la catastrophe. Prypiat fut construite, à l’origine afin d’héberger les employés de la centrale nucléaire. Sa population s’élevait à 21 711 habitants en 1979. La ville était alors considérée comme une «ville modèle» de l’architecture soviétique, possédant des logements de bonne qualité, une voirie dans un état correct, ainsi que des équipements culturels : jardins publics, installations sportives, cinémas, théâtres et un parc d’attractions qui devait être inauguré 4 jours après l’accident. À la veille de la catastrophe, Pripiat comptait 49 360 habitants. Voici une vidéo montrant la ville avant 1986
Imaginez une ville comme Laval ou Anneçy, deux cités d’environ 50 000 habitants, qui auraient été vidés de leurs populations en 1986, comme Prypiat…
Prypiat est aujourd’hui une ville abandonnée, devenue un musée témoignant de la fin de l’ère soviétique. À ce titre la ville est souvent comparée à Pompéi.
Nous nous préparions à entrer en URSS. La visite de Prypiatfut certainement ce qu’il y’a de plus marquant, l’effet d’un accident nucléaire massif se faisait redoutablement sentir ici, tout était détruit, dévasté, plus d’âmes qui vivent. C’était le silence ou l’on entend que les animaux, les murs qui craquent, la ferraille qui grince, les gouttelettes d’eau empoisonnée tombant sur le sol, le bruissement du vent sur les feuilles… l’abomination atomique crée une atmosphère d’outre tombe, de souffrance, de profonde mélancolie, de calamité, de tourment, de désespoir… Il nous fallait avoir l’esprit solide pour se rendre dans un lieu comme celui-ci. Nous arrivâmes sur la place centrale. La place, où autrefois une foule se massait, était désormais remplie de bouleaux s’enracinant dans le bitume, face à nous se trouvait un ancien restaurant, « ресторан » en russe, sur la gauche un supermarché ravagé, les caddies et rayons renversés et nous l’explorâmes d’étages en étages.
Nous sortîmes de ce bâtiment pour nous rendre au parc d’attraction, en réalité une fête foraine installée en 1986 pour préparer les festivités du Travail qui devaient avoir lieu le premier mai. La grande roue et les auto-tamponneuses ne bougeaient plus, elles rouillaient et pourrissaient sous la végétation. C’est aussi à cet endroit que le taux de radiation est le plus élevé (72 fois supérieur au taux maximal de sécurité). Les arbres sauvages ont envahi les bords de route. Cet endroit destiné à l’amusement glace le sang. Tout est figé, cryogénisé par le courroux de l’Atome. Après ce terrible endroit, nous explorâmes successivement différents lieux parmi lesquels, des appartements dans lesquels les pillards ont tout dérobé, ce qu’il restait de souvenirs des habitants déplacés à jamais disparus. S’en suivi la déambulation dans la ville, la visite d’une serre, de la piscine municipale réellement impressionnante, de cafés, restaurants, opéra, école de musique dans laquelle des pianos attendent des pianistes qui ne reviendront plus, de gymnases, terrain de baskets au parquet défoncé… Ce qu’il y a de plus bouleversant, lors de cette promenade lugubre, était la visite des crèches, maternités, hôpitaux… mais surtout des écoles, où le silence a définitivement remplacé le rire des enfants, les tableaux noirs sur lesquels la date de 27 avril 1986 est écrite à la craie pour l’éternité, les cahiers nominatifs des écoliers, les livres d’histoire et géographie, pleins d’iconographie Soviétique, ou le sourire carnassier du boucher Lénine et du tyran Staline sont omniprésents.
Les centaines de classes, les longs couloirs sont vides pour toujours, le mobilier et tout le matériel pédagogique restera là, se dégradant avec les années. Lors d’un vagabondage dans l’une des école, si je me souviens bien l’école numéro 2, une véritable scène d’apocalypse s’offrit à nous : dans la cantine de celle-ci, des milliers de masques à gaz éparpillés sur le sol, quelque chose de dramatique s’était passé ici… Et pourtant non, tout ces masques ont été mis sur le sol après avoir été dépouillés par des vandales souhaitant récupérer un précieux métal qu’ils contenaient. Quant au nombre important de ceux-ci, en 1986 l’URSS était en pleine guerre froide avec les USA. Les russes, mais aussi les américains de leur coté, craignaient une guerre atomique entre les deux blocs superpuissances et tout les lieux communs étaient largement approvisionnés en matériel de protection contre les retombées radioactives.
Avec une végétation croissante au bord comme à l’intérieur même des bâtiments et l’infiltration de l’humidité due à la pluie et la neige, certains bâtiment présentent une menace de s’effondrer. Beaucoup ne sont pas possibles à visiter, trop dangereux ou trop irradiés. Le danger y est très grand, en particulier pour les enfants. Les plus hauts taux de radioactivité sont d’ailleurs atteints à Prypiat (et non à Tchernobyl où sur le site de la centrale, en partie décontaminés : les autorités ont notamment enterré à un mètre de profondeur les souches les plus sensibles, comme l’herbe ou la mousse, ce qui n’est pas le cas à Prypiat). Le danger peut toutefois évoluer en fonction de la météo et des endroits : ainsi par temps de pluie, les poussières (qui transportent la radioactivité) restent au sol et l’endroit est «plus sûr».
Immeubles, piscines, hôpitaux : tout est resté tel quel et même les objets les plus anodins (jouets d’enfants, journaux, etc.) ont été abandonnés dans l’urgence.On trouve aussi beaucoup de véhicules de l’armée et de pompiers qui ont été abandonnés dans les alentours de la ville car leur exposition les avait rendus trop radioactifs pour pouvoir être réutilisés. Prypiat étant devenue hautement radioactive, l’armée a été amenée à détruire un grand nombre d’objets présents au sein des appartements et des bâtiments pour éviter qu’ils soient ensuite récupérés et que des personnes s’aventurent dans cette zone. Mais cette mesure avait également pour but de dégoûter les anciens habitant de Prypiat de s’y reloger illégalement. Depuis la catastrophe et la mise en place de la zone interdite, Prypiat a fait l’objet d’opérations ayant pour but de limiter la propagation des particules radioactives dans l’air en nettoyant les sols des rues avec de l’eau sous haute pression, comme cela se fait aux abords de la centrale. Notre journée en Enfer arrivant a son terme, nous quittions Prypiat et reprenons la route vers la sortie de la Zone d’exclusion.
Sur la route, deux « checkpoints », deux points de contrôle de détection de la radioactivité nous furent imposés, c’était obligatoire et logique de toute façon. A chaque arrondissement son contrôle, nous passions le premier sans problème, la mesure se faisant à l’aide d’appareils datant de l’époque Soviétique. Nous entrâmes dans une cavité, posâmes nos mains face à nous, chaque partie du corps étant ainsi analysée afin de détecter si de la poussière radioactive s’est immiscée sur notre corps ou nos vêtements – un cas sur 100 est positif… Pour nous c’était bon, la lumière était verte. Premier test réussi.
A la sortie même protocole avec une deuxième contrôle, identique, lumière verte ; c’était bon pour nous, nous pouvions quitter Tchernobyl… sauf moi, mes deux compères retournant à Kiev. Ayant prit l’option deux jours dans la Zone Interdite, je fus reconduit à Tchernobyl City. A mon arrivé, le guide me fit une visite approfondie de la ville, et je constatai que les 3000 personnes vivant ici, vivaient dans une ville qui est pour moitié une ville fantôme : des centaines de isbas sont vides, avec toujours le mobilier à l’intérieur. Certains vieux sont retournés vivre chez eux après avoir été évacués. Nous fîmes un petit tour dans l’ancien stade, d’où j’aperçu au loin les toits dorés de l’église orthodoxe locale, derrière une statue de Lénine trônait. Il fut l’heure du dîner, je rentrais me doucher, manger, et passer une soirée à boire des bières et de la vodka avec des soldats ukrainiens, dont un vieux bougre parlant quelques mots de français. La journée du lendemain s’annonçant chargée je me couchai à minuit. Je dormais à Tchernobyl, étrangement je passe une bonne nuit, bercé par le césium 137 surement…
Réveil à 7h du matin pour ce deuxième jour à Tchernobyl, il faisait déjà très beau. Après quelques syrniki (beignets à base de fromage frais et d’œufs, spécialité slave), des fruits, café et jus d’orange avalés, il était 8h. Youri, le guide, vint me chercher pour le départ. Nous partîmes pour un ancien site militaire de l’URSS, un point hautement stratégique, à environ 15 kilomètres de Tchernobyl City. La petite route que nous empruntions était très étroite, seulement un véhicule pouvait y circuler, ce qui est étonnant vu la longueur de celle-ci jusqu’au site de l’armée. Elle était chaotique du fait qu’il s’agit en fait d’énormes plaques de bétons mises les unes à cotés des autres, sans entretien depuis trois décennies qui plus est. Ce chemin était entouré de forêts de conifères tempérées et Youri m’indiqua que nous étions sur le territoire des loups gris de Tchernobyl. Beaucoup de meutes vivent ici, ils sont assez peureux et disposent de nourriture en quantité non négligeable dans la Zone, néanmoins il n’est pas conseillé de descendre. Après ce long trajet sinueux sous les ombres de pinèdes obscures, nous arrivâmes à un grand portail vert avec deux grandes étoiles argentées. Le guide descend et entre dans un bâtiment délabré mais habité, à l’entrée, un colosse en treillis avec son molosse sort pour nous ouvrir. Nous entrâmes, déjà au loin je distinguai une immense masse métallique. Après une longue marche à travers des casernes, armureries, cinéma, salles techniques… nous parvenions aux pieds du Titan de fer rouillé, l’ancien radar Soviétique Duga-3.
Petite histoire.
Surnommé à l’époque le « Pic Vert Russe » ou « Mitraillette à caviar », Duga-3 était un radar trans-horizon faisant partie du système soviétique de veille lointaine des antimissiles balistiques. Son surnom vient des occidentaux, à l’époque un signal radioélectrique célèbre de l’Union Soviétique était reçu sur les ondes courtes dans le monde entier de juillet 1976 à décembre 1989. Son bruit ressemblait à un claquement sec et répétitif à une fréquence de 10 Hz d’ou la référence au comportement du pic vert qui claque son bec frénétiquement sur les troncs d’arbres.
Les sauts de fréquence aléatoires perturbaient gravement la réception des stations de radiodiffusion, le service radioamateur et les liaisons radio de service, si bien qu’il a généré des milliers de plaintes émanant du monde entier. Ce n’est qu’a la chute de l’URSS que la masse apprit qu’il s’agissait d’un radar antimissiles – bien que l’Otan connaissait son existence depuis plus longtemps et lui avait donné le nom de « Surface d’Acier », « Steel Yard ». Les systèmes Duga étaient les dernières innovations des Soviets en matière de détection et d’interception de missiles balistiques ou nucléaires, à l’époque nous étions en pleine guerre froide et de terreur nucléaire, les américains et soviétiques craignaient chacun de leur coté un déluge de bombes atomiques. Les russes disposaient en plus de leur coté de la monstrueuse « Tsar Bomba »…
Le premier système expérimental, le Duga-1, fut construit près de Mykolaïv en Ukraine et détectait avec succès des tirs effectués sur le cosmodrome de Baïkonour à 2 500 km. Ensuite vint le prototype Duga-2, construit sur le même site et capable de suivre des tirs depuis l’extrême-orient et à partir de sous-marins dans l’Océan Pacifique alors que les missiles volaient en direction de la Nouvelle-Zemble (Archipel de l’océan Arctique Russe). Ces deux prototypes dirigés vers l’Est émettaient avec une puissance relativement faible, mais la technique s’avérant bonne, on mit en œuvre la construction d’un modèle véritablement opérationnel.
Le nouveau Duga-3 était doté d’un émetteur et d’un récepteur séparés d’environ 60 km. Le problème de ce dernier est qu’il était détecté dans le monde entier, à cause du fameux claquement répétitif. Le signal radio était tellement puissant qu’il s’immisçait même dans les téléphones filaires. Pour combattre ce brouillage, des radioamateurs eurent l’idée de générer un signal «inverse» synchronisé sur le signal original, mais l’idée, ne fonctionnant pas, fut vite abandonnée. On remarqua cependant qu’en émettant un signal du pic vert enregistré à l’avance on arrivait à le faire changer de fréquence, ce qui amena à penser que la station réceptrice du radar était susceptible de différencier la signature vraie du radar d’une «imitation». Par triangulation on a rapidement déterminé que les signaux venaient d’Ukraine. En raison des petites erreurs instrumentales inévitables sur les différentes mesures exécutées par les militaires, on hésitait entre les abords de Kiev, Minsk, Tchernobyl, Gomel et Tchernihiv. Tous les rapports décrivaient le même type d’installation avec l’émetteur à seulement quelques kilomètres au Sud-Ouest de Tchernobyl (au Sud de Minsk et au Nord-Ouest de Kiev) et le récepteur à environ 50 km au Nord-Ouest de Tchernobyl (à l’Ouest de Chernihiv et au Sud de Gomel). Il existait, bien sûr, d’autres théories allant du brouillage volontaire des stations de radiodiffusion occidentales jusqu’au brouillage des communications avec les sous-marins. Ces théories du brouillage s’effondrèrent rapidement lorsqu’on s’aperçut que Radio Moscou et d’autres stations pro-soviétiques étaient également fortement brouillées par le «pic-vert». L’imagination ne manquant pas, on est allé encore plus loin dans la spéculation en avançant que ce pouvait être un système de contrôle de la météorologie, ou même de manipulation mentale. Nous étions en pleine Guerre Froide, et à la chute de l’URSS, début des années 1990, les radars Duga furent peu à peu abandonnés, désactivés et démantelés, remplacés par des systèmes satellitaires beaucoup plus performants, les satellites de veille lointaine US-KS.
Pour ce qui est du site du premier Duga-3 qui se trouve dans la Zone d’exclusion de Tchernobyl , il semble bien avoir été définitivement désactivé car aucun ordre de maintenance ne figure dans les négociations entre la Russie et l’Ukraine concernant les radars de veille lointaine. En revanche, l’antenne est toujours en place, elle a été largement photographiée et a été utilisée par des radioamateurs comme pylône de transmission pour y installer leurs propres antennes mais elle devrait être également démontée dans un avenir proche, le chantier est toujours en attente.
La structure est irradiée, à l’époque les liquidateurs n’eurent pas le temps de la démembrer. Les travaux avaient commencés, d’ailleurs beaucoup de tas de ferrailles gisants sur le sol en témoignent. Mais détruire Duga-3 coûterait une véritable fortune, du fait que la structure est très instable, rouillée, irradiée et surtout de ses proportions éléphantesques très impressionnantes, un énorme mammouth d’acier et de tubes.
Après Duga-3, nous pénétrâmes dans un couloir d’une profondeur inouïe, rempli de part et d’autres de centaines de pièces, bureaux, dortoirs, incroyable. Au bout du corridor, un grand bloc, avec plusieurs étages, beaucoup de pièces remplies de déchets, de bazar en tout genre, de papiers. Au dernier un bureau du KGB, jonché d’icônes Soviétiques, portraits de Staline et Lénine, marteau et faucille. L’atmosphère était vraiment stupéfiante. La suite de la visite, je grimpai de mon propre chef sur le toit de ce bâtiment et profitai d’un panorama extraordinaire. Le paysage était lunaire, malgré les forets de feuillus, j’aperçu au loin la centrale « Lénine », plus à gauche la ville fantôme de Prypiat en arrière plan du disproportionné Duga-3. Je restai ici une dizaine de minutes puis il fallu descendre.
Nous entrâmes dans une pièce de stratégie militaire, avec des panneaux qui devaient être lumineux à l’époque, il s’agissait d’un bureau de tests de missiles atomiques, s’en suivi une succession de bureaux, de zones de stockage, d’immenses salles informatiques, zones de montages, salles de conférence, une pièce remplies de pièces électroniques, de matériel informatique, d’ampoules. Cet endroit me semblait tout droit sorti de la quatrième dimension, j’étais bouche bée. Encore une fois, incroyable.
Nous ressortîmes. Il faisait toujours beau dehors tout près de ce bâtiment militaire, une école et crèche pour les enfants d’officiers, dehors un parc de jeu rouillé, avec des panneaux de propagande bolchevique tout autour. Nous arrivâmes ensuite à un bâtiment qui servait de centre d’entrainement de troupes spéciales Russes, les spetsnaz. Je vis leur caserne, salle de musculation, cantine, vestiaires, dortoirs, armureries avec de nombreuses boites de munitions pour fusils-mitrailleurs AK-47. Nous continuâmes à marcher dans ces méandres militaires, nous entrions dans l’ancien cinéma et midi s’approchant nous repartîmes pour Tchernobyl City pour manger. Après le café c’était reparti pour une dernière demie journée dans la Zone.
Le programme classique des visites indiquait normalement une seconde visite à Prypiat, chose que nous ferions plus tard, mais pour l »heure, nous étions en avance visiblement, Youri me proposa alors de nous rendre sur les bords de la rivière Prypiat dans une ancienne ferme piscicole qui abritait également un laboratoire de recherche. C’est dans la zone de stockage, face au réacteur numéro 4, de l’autre coté de la passerelle à silures. Sur les rivages de la rivière Prypiat, cours d’eau qui abreuvait la centrale pour refroidir les réacteurs, il y a énormément de carcasses rouillés, de bateaux échoués, tout est très pollué et d’ailleurs les taux de radiations dans cette eau saumâtre sont épileptiques. Tout comme la Locuste de la Rome antique, Prypiat empoisonne les rivières alentours et surtout le Dniepr, fleuve qui passe notamment par Kiev. Près de l’ancienne ferme à poissons, le guide approcha son dosimètre du sol et me montra les ondes alpha-beta émanant d’un squelette de renard. Le compteur Geiger s’emballa, les ossements étaient hautement radioactif, les taux de strontium énormes, et j’appris que toute la faune et la flore contenaient en dose élevée du strontium et césium, et que même si lorsque nous marchions dans la Zone, et que de visu nous ne trouvions rien d’anormal, la moindre chose est chargé de corpuscules irradiantes. La radiation n’est pas phosphorescente, ce n’est pas pour rien que ce phénomène est appelé ennemi invisible.
En entrant dans le laboratoire je remarquai une grande quantité de bocaux étranges, à l’intérieur des poissons entier, des morceaux non identifiés baignant dans du formol. Le guide ignorait quel était la nature des recherches ici. Nous sortîmes, traversâmes une voie de chemin de fer, pour nous rendre sous une cheminée nucléaire. Youri me prévint que les taux de radiations sont énormes à l’intérieur ; nous ne resterons que deux minutes, le compteur Geiger sonnant frénétiquement, affichant 300ms/h. Colossal, l’intérieur de la cheminée de refroidissement était gigantesque.
Il est déjà quatorze heure, Prypiat nous attendai pour le reste de l’après midi.
De retour dans l’ancienne cité Soviétique, au lieu de visiter le centre ville comme la veille, nous allâmes vers l’est, et là je me rendis compte de la grandeur de la ville, des dizaines et dizaines de kommounalka (appartements bolcheviques en commun) défilaient.
Le premier bâtiment à explorer était le commissariat ; à l’entrée était accroché une carte de la ville, derrière le comptoir d’accueil une cellule ouverte, à l’intérieur un instrument qui ressemblait à une guitare, Youri dit « balalaïka ». Dans un couloir d’autres cellules, mon guide post-apocalyptique entra dans l’une d’elle, il sorti sa lampe torche et commença à lire une lettre de prisonnier : ça n’était pas une cellule en réalité mais une genre de salle de correspondance, la missive de l’interné était émouvante et extrêmement bien écrite. Il y en avait des centaines d’autres. En sortant du commissariat, on voyait sur le toit beaucoup de carcasses de véhicules rouillés. D’ailleurs, contrairement au centre ville, il y a beaucoup de véhicules ici, un véritable cimetière. Après la police, vint le tour des pompiers, la caserne était presque vide, il n’y avait que des établis, des fosses à vidange, le matériel des soldats du feu.
Nous allâmes ensuite vers l’ancienne zone industrielle, à l’orée d’une usine avec une passerelle reliant deux bâtiments. Dans la frénésie de l’exploration, je me précipitai à l’intérieur, mais je fus vite stoppé, le guide hurla et me dit de ne pas me rendre n’importe où, il me dit que le sous-sol du bâtiment dans lequel je m’apprêtais à pénétrer était hautement radioactif, qu’un homme peut y mourir en quelques minutes – terrifiant ! En fait dans le sous sol les liquidateurs ont entreposé des quantités monstrueuses d’objets contaminés, et n’ont pas eu le temps de les traiter. J’entrais avec lui dans les anciennes usines « Jupiter », immenses hangar de chaines de montage. Suite de la visite, la poste, avec les anciens guichets, les zones de tri du courrier, les bureaux, sur un mur une fresque murale d’art socialiste en très bon état de conservation, pour glorifier la conquête spatiale de l’URSS. Pour terminer la journée nous entrions dans une ancienne clinique pour enfants. Ce lieu était d’une tristesse absolue, les jouets d’enfants jonchaient le sol, les lits, les poupées sur lesquelles des masques à gaz ont été posés sur le visage, dans une des pièces une piscine de rééducation, décor de film d’épouvante.
Derniers instants à Prypiat dans la bibliothèque municipale, où quasiment tout les livres sont intacts, comme des témoins d’une époque révolue. Mon séjour dans la Zone Interdite touchait a sa fin, Youri me raccompagnai à Tchernobyl City, nous buvions une bière, échangions nos coordonnées et faisions les adieux. Le chauffeur qui me ramène a Kiev m’attendait, je montais dans le véhicule, passais les checkpoints de radioactivité sans problème. A 17h30 ma villégiature à Tchernobyl était terminée, je sortais de la bulle temporelle et quittais l’URSS post-apocalyptique.
Ce lieu est tellement gravé dans ma mémoire que je me souvient des moindres détails, j’ai vu énormément de splendeur dans le monde : le Grand Canyon, la Baie de San Francisco, les Everglades, Venise, Prague, La Grande Muraille de Chine, le Colisée de Rome… Tchernobyl est le lieu qui m’a le plus marqué, pourtant ce n’est pas du tout une destination touristique, pas de paysages de carte postale, c’est laid et lugubre, tout est pollué, irradié, hostile, dangereux… Et pourtant cela m’a profondément « stigmatisé ». Ce n’est pas vraiment descriptible. Et aussi fou que cela puisse paraître, j’espère un jour y retourner, avant que le temps n’efface les derniers vestiges de cette capsule temporelle coincée dans une URSS de l’Age Atomique.