La Monarchie

La république pour les riches, la Monarchie pour le Peuple :

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Extrait d’un cours d’histoire de l’historien Henri Guillemin tiré de : L’autre Avant Guerre 14-18. Sur le chapitre « La république des républicains » Henri Guillemin met en évidence la logique républicaine à défendre les riches au détriement du peuple. Et inversement, la défense du peuple contre les riches par la Monarchie incarnée par le Comte de Chambord confirmé par les écrits politiques de ce dernier.

Jean-Jacques Rousseau disait : « Jamais, dans une monarchie, l’opulence d’un particulier ne peut le mettre au-dessus du prince ; dans une république, elle peut aisément le mettre au-dessus des lois. »

(…) Rien de plus aisé, dans une république, que de faire de l’État la propriété des propriétaires ; ce sont eux, par conséquent, qui feront les lois.»

Ci-dessous une page extraite de « La république conservatrice » de  Dupont-White 1872 :

Dupont White

Nos raisons pour la Monarchie (1ère partie) :

« Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque action d’éclat. »

« Il faut avoir vécu dans cet isoloir qu’on appelle Assemblée nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus complètement l’état d’un pays sont presque toujours ceux qui le représentent. »

P-J Proudhon

Quel type de monarchie voulez-vous ? Constitutionnelle ? Parlementaire ? Absolue ? Ou comme en Angleterre ? Voilà le genre de questions récurrentes et somme toute légitimes que l’on nous pose assez souvent !
Pour y répondre, faisons dans un premier temps une petite analyse critique du fonctionnement dit démocratique, du système républicain actuel :
En cinquième république, les français en âge de voter, votent tous les cinq ans pour un président de la république, représentant la fonction suprême de cette institution.
Pour cela, les français choisissent leurs partis politiques un peu comme on choisit son club de foot, le but étant de « gagner » sur les autres partis afin de voir son candidat à la plus haute fonction de l’Etat. Ce mode de fonctionnement, parfaitement acquis aux yeux d’une grande majorité, n’est pourtant pas sans conséquences. C’est cette logique qui crée l’instabilité républicaine qui se donne pour but de mettre au pouvoir un parti pour 5 ans, pour ensuite refaire des votes afin de laisser la chance aux autres partis : terrible alternance quand elle prend la forme de la revanche d’un camp sur l’autre.
(suite…)

La Monarchie, une nécessité écologique

Monde écologique

Je suis en train de préparer mon intervention au colloque « Dessine-moi un roi », organisé par l’Action Française samedi prochain, intervention qui portera sur ce que pourrait faire la Monarchie en matière d’écologie : sujet passionnant qui permettra, je l’espère, de démontrer aussi qu’elle est le régime le plus à même de comprendre le « souci environnemental » et d’y répondre, concrètement.

Car aujourd’hui, il y a une urgence écologique : le dérèglement climatique inquiète ; l’artificialisation des terres progresse quand la déforestation et l’asséchement inconsidéré des zones humides se poursuivent et, parfois, s’accélèrent, y compris dans notre pays ; la biodiversité, végétale comme animale, s’effondre malgré les efforts de nombre d’associations de protection de la nature ; les pollutions se multiplient et le nombre de décès annuels liés à celles-ci semblent augmenter, jusqu’à atteindre, en France, 40.000, soit une centaine de personnes chaque jour ; etc. La liste est longue des atteintes à l’environnement, à notre environnement, et elle n’a pas fini de s’allonger, malgré les annonces multiples et variées de « développement durable » faites par le gouvernement ou les municipalités qui se réfugient derrière cette formule magique mais peu crédible au regard des réalités environnementales…

Alors, désormais, la présence d’écologistes (ou prétendus tels…) au gouvernement ne suffira pas pour inverser une tendance lourde (et néfaste) qui entraîne notre pays vers un dramatique stress environnemental par le simple fait de la poursuite de cette société de consommation trop énergivore et trop pollueuse. Un gouvernement écologiste lui-même serait insuffisant, prisonnier des contingences électorales et des féodalités économiques et financières qui auraient tôt fait de rappeler leur existence et leurs exigences, pas forcément appropriées à l’exercice d’une politique environnementale crédible et durable…

En fait, au-delà d’un gouvernement forcément de passage si l’on suit la logique électorale de nos démocraties contemporaines, c’est, véritablement, un État écologique qu’il faut promouvoir et installer dans la durée : n’est-ce pas justement la Monarchie qui peut le mieux répondre à cette exigence de la durée, « renouvelée » par le mode de succession du père au fils, mode le plus naturel et le plus humain qui soit ?

Jean-Philippe Chauvin

Un Roi pour la France sinon…

J’ai décidé de publier cette brochure en accord avec Paul avec qui je distribue la soupe populaire aux pauvres appelé « Soupe du Roi ». Pourquoi cette brochure ? Parce que ces quelques pages expliquent très bien ce pourquoi le Groupe d’Action Royaliste (GAR) existe. Nous avons la même démarche et la même volonté : éclairer les citoyens sur la solution de nos maux, en bref, comment s’en sortir.
Cette brochure reprend la constitution naturelle de notre France qui remonte dans la nuit des temps. C’est ce que Aristote définissait déjà en disant que le plus équilibré des systèmes était « la démocratie dans la commune, l’aristocratie dans la province et la monarchie dans l’Etat. »
Je remercie Paul de nous avoir autorisé à publier son analyse, qui contribue largement à l’éveil des Français vers les libertés sous le Roi.

F. Winkler

AVERTISSEMENT :

La rédaction des pages qui suivent est, pour l’essentiel le résultat d’une réflexion strictement personnelle. Le parti-pris de politique-fiction que j’ai adopté m’a donné beaucoup de liberté au risque de friser ou d’atteindre l’utopie.
J’en prends l’entière responsabilité.

Paul Turbier

La Monarchie sociale : ses raisons d’être

monarchie ouvriers

La Monarchie française est éminemment sociale, ou a le devoir impérieux de l’être, ne serait-ce que pour légitimer sa nécessité et son autorité : c’est un élément que je ne cesse de mettre en avant, suscitant parfois une certaine circonspection de la part de mes contradicteurs mais aussi parfois des sympathisants monarchistes eux-mêmes…
Sans doute faut-il expliquer ce point de vue, et l’approfondir sans cesse, au regard de l’actualité, malheureusement cruelle aujourd’hui envers ceux qui travaillent ou qui cherchent un emploi : si la Monarchie n’est pas un remède miracle, elle est le régime qui peut permettre, avant tout, de garantir la justice sociale et de ne pas abandonner ceux qui souffrent d’une crise (en fait, d’un processus de mondialisation…) dont ils ne sont guère, en tant que tels, responsables ! L’indépendance de l’institution royale, de par le fait que la naissance ne doit rien à la fortune, lui donne l’occasion (qui est, en fait, un devoir) de parler au-dessus des simples intérêts privés, y compris des plus riches, que ceux-ci soient des individus ou des sociétés privées. Un Louis XIV n’hésita pas, en son temps, à embastiller Nicolas Fouquet, l’homme le plus riche du royaume, sans doute plus comme un rappel que l’Argent ne faisait pas le bonheur et, en tout cas, ne commandait pas à l’Etat royal en France, que comme le règlement d’une simple affaire de corruption… De plus, le Roi n’est pas le représentant des classes dominantes (une sorte de suzerain capitaliste, en somme) mais un souverain qui s’impose à tous et encore plus à ceux qui possèdent, et qui a le devoir de n’oublier personne dans son souci politique. S’imposer ne veut pas dire être un dictateur qui terroriserait les riches et flatterait les autres, mais simplement rappeler à tous que l’Etat n’est pas « une place à prendre » mais un pays à servir, au-delà des différences et des libertés particulières qu’il faut organiser, ou plutôt laisser s’organiser dans le respect des équilibres sociaux et de la justice nécessaire à toute œuvre sociale. Dans un monde où l’Argent a pris une telle importance, cela ne sera sans doute pas facile mais la Monarchie a ainsi quelques atouts et il serait dommage pour le pays de ne pas les utiliser…

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L’indépendance royale, certes menacée par les jeux des groupes de pression financiers dans cette mondialisation qui cherchera à fragiliser l’Etat politique, est un levier important dans la capacité de l’Etat et de son gouvernement, quelle qu’en soit la couleur électorale, à faire accepter les réformes à ceux qui, d’ordinaire, cherchent à s’en abstraire ou à en fuir les conséquences quand elles ne leur conviennent pas. Mais la Monarchie n’oublie pas de permettre à tous, y compris les groupes de pression, de s’exprimer et de proposer, voire de contester : mais c’est la Monarchie qui arbitre et préserve l’Etat et l’intérêt commun, tout en laissant le gouvernement faire son travail et œuvrer au quotidien.

La Monarchie active « à la française », de par son rôle majeur (sans être omnipotent ni même omniprésent) d’arbitrage politique et de protecteur social, marque son territoire d’action par sa capacité de décision dans quelques grands domaines, ceux que l’on nomme régaliens (ce qui, d’ailleurs et même en République, veut dire … « royaux » !) : la grande finance, la diplomatie et les affaires militaires, et la garantie de « la protection de tous », en particulier sociale.

Si la Monarchie instaurée (le plus tôt sera le mieux !) veut s’enraciner sans se renier, il lui faudra assurer et assumer son rôle éminemment social : dans un monde incertain, face à une mondialisation menaçante, elle doit tracer un sillon social profond en rappelant aux puissants d’aujourd’hui, d’ici comme d’ailleurs, que toute politique crédible et efficace passe par la prise en compte des populations et par le souci de préserver la justice sociale, ciment des sociétés et facteur d’unité nationale. Il lui faudra aussi lancer le grand chantier d’une nouvelle organisation sociale, par le biais d’un syndicalisme vertical qui prenne en compte, dans ses structures, tous les échelons de la hiérarchie, et par la mise en place d’espaces de réflexion et de décision, voire de redistribution dans certains cas (intéressement, actionnariat salarial ou populaire, patrimoine « corporatif », etc.), espaces qui réunissent tous les acteurs de l’activité économique locale, communale, régionale ou nationale, y compris en y intégrant des acteurs extérieurs et étrangers (mais qui ne devront pas avoir vocation à diriger ce qui doit rester aux mains des producteurs locaux) comme les investisseurs ou les représentants des institutions internationales (ceux de l’Union européenne, par exemple) ayant une part dans l’activité économique concernée.

A l’heure où la République tremble devant les oukases de la Commission européenne et les injonctions d’un Marché devenu incontrôlable, il est temps d’en appeler, fortement, à l’instauration d’une Monarchie sociale pour la France, non par caprice ou utopie, mais par réalisme et nécessité !
C’est, d’ailleurs, sur le terrain social, que le royalisme a, aujourd’hui, le plus de chances de faire entendre sa «musique particulière», au travers de la contestation des mesures antisociales de cette « Europe-là » et de cette République hollandaise si oublieuse de ses promesses électorales de justice sociale… Mais, au-delà de cette régence sociale que nous assumons, il faut poser, ici et maintenant, les conditions d’une vraie politique sociale inscrite dans le marbre des institutions à venir…

Jean-Philippe Chauvin

La Monarchie, combien ça coûte ?

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Vous pensez qu’une République coûte moins cher qu’une Royauté ? Vous avez tout faux : c’est tout l’inverse !…
Sur notre Page Facebook, Ciboulette Ludivine nous a envoyé un message très court, mais assez virulent, dont l’essentiel consiste à dire qu’elle ne veut pas d’une Royauté parce que « en plus ça coûte très cher aux contribuables ! Alors monarchie en France en 2013 ? Inutile. Vous rêvez ! Et en France ? On n’a pas assez de la crise et du chômage de masse… » etc.. etc…
Que Ciboulette ne veuille pas d’une royauté, c’est son affaire. Mais qu’elle dise et croie le contraire de la vérité, à savoir que la royauté coûte très cher, alors qu’en fait c’est notre République qui est une ruine, cela mérite au moins qu’on lui dise, juste, qu’elle se trompe…
D’abord, nous la renverrons au rapport publié en avril 2012 par Herman Matthijs, professeur d’administration et de finances publiques à l’Université de Gand (c’était son sixième !) sur le coût des chefs d’Etats européens, dont un de nos lecteurs (de Belgique) nous a envoyé quelques extraits :

* Le président de la république française est le chef d’État le plus coûteux d’Europe : en effet, le budget de la présidence de la république française s’élevait, à la parution du rapport, à 111,7 millions d’euros. Le budget de la présidence de la république fédérale d’Allemagne, s’élevait, lui, à 30,7 millions d’euros.
Par ordre décroissant, voici ensuite le budget des différentes royautés européennes :

– pour la couronne néerlandaise : 39,4 millions d’euros ;
– pour la couronne britannique : 38,2 millions d’euros ;
– pour a couronne norvégienne : 25,2 millions d’euros ;
– pour la couronne belge : 14,2 millions d’euros ;
– pour la couronne suédoise : 13,9 millions d’euros ;
– pour la couronne danoise : 13,2 millions d’euros ;
– pour la couronne luxembourgeoise : 9,2 millions d’euros ;
– pour la couronne espagnole : 8,2 millions d’euros.

Habituellement, dans ces royautés, les souverains ne partent pas à la retraite, tandis que la république française doit pourvoir à la retraite de trois anciens présidents qui ont coûté chacun 1,5 millions d’euros en 2012.
En outre, il faut ajouter que, dans les pays où il y a un roi ou une reine, la succession est réglée à l’avance, tandis qu’en France elle fait l’objet d’élections dont le coût s’avère absolument exorbitant : pour les élections présidentielles de 2012, il a atteint 228 millions d’euros.

Si les budgets annuels restent à peu près stables, et malgré le décret de la fin août 2012 qui a réduit de 30% la rémunération du président de la république française, le coût du quinquennat de François Hollande s’élèvera à près de 809 millions d’euros, en tenant compte des élections présidentielles et des retraites.
Selon les mêmes conditions et pour la même période, la royauté néerlandaise devrait coûter 197 millions d’euros; la royauté britannique, 191 millions d’euros; la royauté norvégienne, 126 millions d’euros; la royauté belge, 71 millions d’euros; la royauté suédoise, 69,5 millions d’euros; la royauté danoise, 66 millions d’euros; la souveraineté luxembourgeoise, 46 millions d’euros; et la royauté espagnole, 41 millions d’euros.

Ainsi donc, alors que la présidence de la république devrait coûter aux Français quelque 809 millions d’euros sous le quinquennat de François Hollande, dans le même temps les huit principaux souverains européens réunis ne devraient coûter que 807,5 millions d’euros à l’ensemble de leurs sujets, c’est-à-dire qu’à eux huit ils atteignent à peine le coût total de l’actuel président et des trois présidents retraités, en France!
Avec un budget annuel de 40 millions d’euros par an, un Roi de France reviendrait donc 75% moins cher que l’actuel président de la république.…

raisons monarchieEnsuite, nous lui conseillerons la lecture de l’excellent petit ouvrage 10 très bonnes raisons de restaurer la monarchie, de Renaud Dozoul et Laurent-Louis d’Aumale. Le livre est très court (99 pages, écrites très gros) et se lit donc très facilement; en plus, il est « pétillant », plein d’esprit et d’humour, et, comme il bouscule pas mal d’idées reçues (donc, fausses, évidemment…), c’est un vrai régal. Et, si Ciboulette veut, on ira même jusqu’à le lui offrir !…
Que lit-on, pages 88/89, au chapitre 10 : Parce que ça marche, paragraphe Et c’est moins cher ! :

« Malgré les apparences, la monarchie anglaise coûte beaucoup moins au Trésor britannique que la Présidence française aux Contribuables Associés. Cinquante-quatre millions d’euros par an pour la couronne contre cent vingt-deux pour l’Élysée : deux fois et demi plus cher ! Ce chiffre intègre les quatre-vingt-deux millions d’Euros du coût net de l’Élysée, et les deux cents millions d’Euros dépensés tous les cinq ans pour les élections présidentielles (les élections législatives suffisant à définir une majorité de gouvernement). Nous jetterons un voile pudique sur le coût du clientélisme électoral (en réalité très difficile à évaluer), qui pousse le président en campagne à arroser un peu de tous les côtés, afin de faire fleurir des voix dans les terres les plus arides. D’ailleurs, au-delà des frais de la présidence et de ses générosités, on peut méditer sur le poids symbolique de l’État. En l’absence du roi, et le président étant voué à changer régulièrement, l’État est le seul outil d’incarnation permanente de la république. C’est par la taille de l’État que celle-ci assure sa fonction symbolique en France. Un État gros et lourd donne une impression de puissance et de pérennité. Or ce poids a un coût. Les pays où la fonction symbolique est assurée par une famille royale peuvent sans doute plus facilement limiter l’État à sa vocation de gestion de la cité, en faisant un outil plus souple et par conséquent plus efficace. »

Et, si l’on rajoute à tout ceci le simple rappel de la dispendieuse sur-administration, avec ses doublons, triplons et quadruplons ! 243 sous-préfecture, depuis plus de deux siècles, cela en fait de l’argent gaspillé, qui aurait été mieux employé dans la Recherche, par exemple; une douzaine de Préfets pour les grandes Régions, comme l’Aquitaine (Préfets, Préfet de Région, Préfet maritime, Préfet de police…); et ce nombre faramineux de députés, comparés aux Etats-Unis, cinq fois plus peuplés que nous ! Et ce Sénat, délicieux fromage pour ceux qui en profitent et pour qui – le mot est de Raffarin… – « le tour de taille n’est pas un problème ! », mais qui ne sert à rien, sauf à nous ruiner un peu plus…! Et ces centaines de milliers de fonctionnaires en plus, par rapport aux Allemands, alors que nous sommes 20 millions de moins qu’eux; et cette ENA, unique en Europe et qui ne produit que… des énarques, justement, plaie et calamité de notre siècle…

Voilà ce que l’on peut – liste non limitative… – très rapidement, répondre à Ciboulette, en lui retournant le compliment : si cela lui plaît d’avoir un Système qui nous coûte beaucoup, beaucoup trop cher…

La faute à Rousseau

De la colère à la Monarchie ?

la-monarchie2L’affaire Cahuzac et ses multiples rebondissements et conséquences n’en finissent pas d’empuantir la scène publique, au risque de dégoûter nos concitoyens et de renforcer le ressentiment à l’égard d’une classe politique qui apparaît de plus en plus (à tort ou à raison, d’ailleurs) comme une caste de parvenus coupée des réalités concrètes des populations et des territoires : en somme, un « pays légal » déconsidéré et incapable de répondre aux légitimes aspirations d’un « pays réel » soucieux de travailler et de vivre, tout simplement.

Dans les discussions au sein des familles ou sur les lieux de travail, au comptoir des cafés ou sur les quais du métro, on peut sentir monter une colère de moins en moins froide de Français qui se sentent abandonnés par un Etat qui a oublié de remplir ses devoirs à leur égard. Discussions de plus en plus animées, de moins en moins cordiales à l’égard des gouvernants et des parlementaires… « Les gens s’énervent », me soufflait il y a quelques jours un serveur du « Danton », à Paris, près de l’Odéon.

Cela étant, l’erreur serait de se réfugier dans l’abstention ou dans la seule dénonciation des élus : au contraire, il faut tout faire pour tirer des leçons politiques de ces affaires et travailler à la mise en place d’institutions qui libèrent l’Etat et le politique de l’influence de l’Argent et des milieux qui le manipulent ou le vantent.

Pour commencer, ne faut-il pas s’interroger sur le mode de désignation même du Chef de l’Etat ? Devant disposer d’un large soutien, à la fois financier et partisan pour gagner celui des électeurs, n’est-il pas à la merci de ceux qui « font » l’Opinion, des médias aux puissances financières et industrielles (en particulier par le biais de la publicité et des « conseils », autre nom des groupes de pression…), et cela au risque de devenir l’obligé de ses généreux « donateurs » ? Une élection présidentielle coûte cher, de plus en plus même si l’on en croit les chiffres des dernières éditions des années 2000 et suivantes… Elle est donc, qu’on le veuille ou non, réservée à ceux qui ont les plus gros moyens et qui appartiennent aux partis « crédibles » ou reconnus comme tels, parfois sans aller plus loin dans la réflexion, et seuls habilités à gouverner, à un moment ou à un autre, le pays. Sans l’argent, pas d’élection à la tête de l’Etat dans notre République cinquième du nom !

Il y a pourtant aujourd’hui encore une chose qui, elle, ne s’achète pas : la naissance au sein d’une famille reconnue comme telle et accueillante à l’enfant qui naît ! C’est par la naissance que l’indépendance de la magistrature suprême de l’Etat pourrait être, en définitive, la mieux assurée. Celle-ci ouvre la voie, le jour venu, lorsque le Chef de l’Etat alors en place s’éteint aux yeux des hommes, à une succession tranquille, naturelle, dynastique… Bien sûr, cela n’enlève rien à la difficulté de diriger un Etat, dans un monde qui ne cesse de bouger et de mettre à mal les équilibres traditionnels et socialement nécessaires, mais cela libère au moins l’Etat, en sa tête, des préoccupations financières et des promesses clientélistes aujourd’hui indispensables en République pour briguer la plus haute magistrature de l’Etat…

Jean-Philippe Chauvin

Ce qu’était un Roi de France

Edouard Schuré a raconté dans la Revue bleue que, tout jeune homme, il fut invité à un dîner chez Michelet. Pendant le repas une discussion s’engagea sur les rois de France et leur rôle dans l’histoire. Jules Ferry ayant vivement défendu leur politique extérieure, Michelet s’échauffa.
« Les avez-vous connus comme moi qui ai vécu avec eux dans les archives de l’Etat et dans les mémoires du temps ? Vus de près ils sont effrayants.»
A cette parole de Michelet qui a le mérite de bien traduire la passion qui le brillait, Renan répondait en normand : « Autre chose est ce qu’était le roi de France sur son trône et ce qu’il était dans l’imagination du peuple ».
Abordant l’histoire avec cette idée préconçue que toute vertu et toute sagesse résidaient dans la plèbe, dans la portion la plus inconsciente du peuple, Michelet a voulu voir nos rois effrayants.
L’ancienne France en a-t-elle eu la même vision?
Que répondent les chroniqueurs et les mémorialistes?
Dans notre ère des démocraties, toute hérissée d’encombrants conformismes, et de multiples règlements derrière quoi le moindre détenteur de la plus minime parcelle d’autorité est heureux d’abriter son insolence ou sa morgue de petit tyran, l’on a peine à concevoir la franche bonhomie, la liberté familière de nos rois. Si un citoyen, victime d’une injustice, s’avisait d’aborder le président à sa promenade ou de le relancer jusque dans ses appartements de l’Elysée pour en demander réparation, il serait saisi par des agents, conduit au commissariat de police et livré aux tribunaux pour lèse-majesté.
Nos rois étaient plus accessibles, ce qui faisait dire à Bonald : « Quelle haute idée nos pères ne devaient-ils pas avoir de la royauté puisqu’ils respectèrent des rois qui mouraient au milieu d’eux, dépouillés de tout l’éclat qui les environne aujourd’hui ? ».