Religion

Une messe au Krak des Chevaliers pour la deuxième fois en 8 siècles.

En 1271, le sultan des Mamelouks avait dépossédé les Francs de la forteresse…

Les volontaires français et syriens de l’association SOS Chrétiens d’Orient ont eu une chance inouïe, celle d’assister à la messe dans la chapelle du Krak des Chevaliers, célèbre forteresse croisée exceptionnellement préservée en Syrie. En 1940 déjà, pendant le mandat français, une messe des rameaux avait été célébrée entre ces murs épais. C’est donc la deuxième fois seulement en 745 ans qu’une prière catholique s’élevait du mont syrien.

« C’est l’unité dans le temps qui se refait », réagit le père Augustin-Marie Aubry, prêtre de la fraternité Saint-Vincent-Ferrier et conseiller religieux de l’association française. L’unité dans le temps était particulièrement complète : sa fraternité célèbre en effet la messe selon le rite dominicain traditionnel, celui-là même qui était célébré par les latins en Orient au XIIIe siècle ! Les mots qui ont raisonné ce 31 juillet étaient donc les mêmes que sept siècles plus tôt. « Nous avons prié pour la paix, et pour les habitants de la région dans laquelle le Front al Nosra a commis de terribles exactions », poursuit le jeune religieux.

Messe au Krak des Chevaliers © Blandine Verrier

L’ordre des Hospitaliers tient le Krak pendant 129 ans

On devine les horreurs commises lorsque l’on traverse les villages alentours dévastés par d’âpres combats. Cette merveille architecturale avait été conquise par les djihadistes du groupe terroriste le 8 mars 2012, avec l’aide d’islamistes libanais venus en renfort. Il avait ensuite fallu deux ans et deux mois à l’armée syrienne pour récupérer la forteresse justement réputée pour être… imprenable !

Conçu à l’époque des croisades, le Krak était aux mains des Kurdes lorsque fut lancée la première croisade en 1099. Conquise puis abandonnée par Raymond de Saint-Gilles, elle fut finalement récupérée par le régent d’Antioche Tancrède, en 1115. Mais le coût de l’entretien d’une telle forteresse était si élevé que Raymond II la confia finalement à l’ordre des Hospitaliers. C’est à cette époque que l’on commence à l’appeler le « Krak des Chevaliers ».

Il faudra alors 129 ans pour que la forteresse retombe entre des mains ennemies : en 1271, le sultan des Mamelouks Baybars 1er se saisit du château qui ne sera jamais repris par les Francs.

La messe n’y sera donc plus jamais dite…

La suite de l’article sur Aleteia.

Photo : « Messe au Krak des Chevaliers » © Blandine Verrier

21 juin 2016 – 587ème anniversaire de la Triple Donation.

Aujourd’hui, 21 juin, nous fêtons le 587ème anniversaire de la « Triple Donation » faite par Ste Jeanne d’Arc et le Dauphin Charles.
 
Cet événement majeur de notre l’histoire fut le premier renouvellement du Pacte de Reims.
 

Espérons et prions que la France renoue par un (p)acte similaire le fil coupé de sa vocation.

 

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Jehanne dit à Charles : «Sire, me promettez-vous de me donner ce que je vous demanderai?» Le Roi hésite, puis consent. «Sire, donnez-moi votre royaume».

Le Roi, stupéfait, hésite de nouveau ; mais, tenu par sa promesse et subjugué par l’ascendant surnaturel de la jeune fille : «Jehanne, lui répondit-il, je vous donne mon royaume». Après quoi, voyant celui-ci tout interdit et embarrassé de ce qu’il avait fait : «Voici le plus pauvre chevalier de France : il n’a plus rien».

Cela ne suffit pas : la Pucelle exige qu’un acte notarié en soit solennellement dressé et signé par les quatre secrétaires du Roi. « Notaire, écrivez dit la pucelle inspirée : le 21 juin de l’an de Jésus christ 1429, à 4 heures du soir, Charles VII donne son royaume à Jeanne. Ecrivez encore : Jeanne donne à son tour la France à  Jésus-Christ. -Nos Seigneurs dit-elle d’une voix forte, à présent, c’est Jésus-Christ qui parle : « moi, Seigneur éternel je la donne au Roi Charles ».

 

En Nom Dieu, Notre jour viendra !
Yves Delacroix.

Matérialisme ou l’essentiel ?

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Retrouver l’homme et la part de l’invisible.

« C’est pourquoi nous ne faiblissons pas. Au contraire, même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour ». (2 Corinthiens, ch.IV,16) « A nous qui ne regardons pas aux choses visibles, mais aux invisibles ; les choses visibles en effet n’ont qu’un temps, les invisibles sont éternelles » (2 Corinthiens, ch.IV,18)

L’ « essentiel » est invisible parce que les yeux ne peuvent le percevoir. La majorité des gens ne voient que le palpable, parce que l’esprit et le cœur sont obstrués par le matérialisme ambiant. L’essence même de la vie ne se distingue pas. Comment percevoir les choses lorsque l’on priorise l’argent, le gain et tout ce qui tourne autour : profit, usure avec ses avatars le mensonge et la fourberie. Ce nouveau Dieu a remplacé ce qui pour les yeux des hommes jadis était primordial : la vie communautaire, telle qu’elle était vécue par les anciens, pétrie de valeurs, tourné vers l’élévation et l’exemple. Nous avons simplement remplacé le Christ par Juda…

Qu’a-t-on fait de l’amour, de la communion des êtres, de cette rencontre entre deux âmes. Ces instants de courtoisie et d’approche, de passion. Ce jeu des sens, d’amitié, de dialogue et de partage. Apprivoiser un esprit en respectant son caractère, sans le frustrer. Du mystère qui fait que deux êtres choisissent de faire ce chemin de la vie ensemble jusqu’à se confondre…

Prenons-nous le temps pour faire chaque chose, ce temps en dehors du temps qui file dans notre monde moderne avec la montre qui nous emprisonne. Avons-nous assez de recul pour apprécier encore le chant naturel des oiseaux, le bruit des arbres sous le vent où le clapotis des ruisseaux… Qu’avons-nous fait de la gratuité, ce service cher à nos aïeux, qui entretenait les rapports entre les humains et assurait la charité indispensable à la société organique…

Oh, je sais, certains diront : encore du passéisme champêtre ou de l’écologie, mais réfléchissons un peu, n’est-ce pas indispensable à l’équilibre de tout être humain que de pouvoir se ressourcer et trouver à un instant de sa vie, cet espace nous redonnant toute notre dimension humaine ?
Une sorte de confrontation entre nous-même et la création. Le dos collé à un arbre, regarder ce ciel comme une fusion entre le sang qui nous irrigue et la sève qui va des racines aux branches. Une sorte de sérénité nous envahit devant les merveilles qui s’offrent à nous, la paix de notre être et le silence qui suit la profondeur des bois. Voit-on cette tranquillité intérieure que l’on trouve en nous, comme un apaisement recherché mais que l’on ne trouve plus dans nos vies bruyantes, minutés d’un quotidien pollué et stressant. Sait-on encore trouver cet apaisement, cette plénitude que l’on avait autrefois et que l’on redécouvre par des pratiques venues de l’Asie !

Où se trouve la richesse essentielle de l’homme, si ce n’est dans son regard envers l’autre, la charité et la compassion, quand la justice s’est au préalable épuisé. Ce qui fait partie de l’invisible, de ce qui est en nous, la beauté intérieure supérieure au visible. Ce qui est vrai, le bon, le bien, la richesse que l’autre dégage semblant sortir du fond de son être. Ce trésor qui ne se quantifie pas, dont l’or du monde ne peut acheter fera souvent d’un ami qui le possède, la perle rare d’une vie. Ces valeurs sont celles qui firent la grandeur de notre civilisation, dont nous nous sommes détournés lorsque nous avons préféré le visible à l’invisible, l’argent à la spiritualité, Juda au Christ. C’est à la portée de chacun de redécouvrir ce jus précieux, cette essence qui est en nous. Redynamiser cette énergie intérieure, la nature même de l’homme qui donne un sens à sa vie. Ce pourquoi il est né, d’où il est venu et la fin qui l’attend, tout le respect envers la création et les êtres qui l’on bâtit, conseillé. Cette part qu’il prendra envers ceux à qui, il transmettra ces connaissances et son appui…

F. Winkler

Le code de chevalerie (3/10) : tu ne reculeras pas devant l’ennemi

« Le salut d’un roi n’est pas dans son armée, ni la victoire d’un guerrier dans sa force ».

À quoi peut bien ressembler le chevalier des temps modernes ? Pour répondre à cette épineuse question, Aleteia a remis au goût du jour un ancien code de chevalerie en vigueur au XIIesiècle. Ces dix commandements, à l’image du décalogue de l’Église catholique, dictaient la conduite des chevaliers désireux de cultiver les saintes vertus et d’éveiller en eux les sentiments les plus nobles. Répondant aux problématiques médiévales, un tel code peut à première vue sembler désuet ou inapproprié à l’époque moderne. Vraiment ? Largement imprégnés par la morale chrétienne, ce seront des prêtres, bien dans leur époque, qui revisiteront et réactualiseront pour vous les préceptes de ce code dont notre société moderne gagnerait beaucoup à s’inspirer. Faisons naître ensemble un nouvel esprit chevaleresque ! 

Cette semaine, c’est au tour du père Bertrand Monnier, curé de la paroisse Val de Marie, dans le diocèse de Verdun, d’apprendre à notre aspirant chevalier comment faire face à l’ennemi. Difficile de deviner à la célébration traditionnelle de ses offices que l’abbé Monnier, né en 1979, est fan de musique metal, ainsi que des mondes fantastiques et médiévaux. C’est donc tout naturellement qu’il a choisi d’ajouter quelques références cinématographiques originales à ce nouveau code de chevalerie pour mieux illustrer son propos.


Tu ne reculeras pas devant l’ennemi

Mon jeune apprenti,

Aujourd’hui, je vais te parler de l’ennemi du chevalier : le côté obscur de la Force. Tu sais qu’un chevalier Jedi combat le côté obscur avec courage et bravoure. Il est d’ailleurs même prêt à mourir au combat. C’est là une belle et noble chose, qui permet de faire grandir ce monde. Je ne doute pas de ton courage et de ta bravoure, ni de ta générosité. Je sais à quel point tu es motivé pour participer à cette grande aventure humaine qui est la construction du Royaume des Cieux.

Sache cependant que le côté obscur de la Force sait se jouer de nous et fort bien utiliser cette motivation à nos dépends. Ainsi, au nom de notre courage et de notre bravoure de chevaliers, il nous arrive de tomber dans les pièges qu’il nous tend. Alors, pour mieux éviter les traquenards, je t’invite aujourd’hui à te poser cette question : qui donc est mon ennemi ?

La réponse va te sembler rude, mais il faut pourtant que chaque chevalier Jedi se le redise bien souvent : je suis mon premier ennemi. Rappelle-toi l’initiation de Luke Skywalker par Maître Yoda, quand il entre dans sa caverne intérieure pour combattre son ennemi Dark Vador : il triomphe de lui certes, mais le masque tombe et il réalise alors que le visage de son ennemi n’est autre que le sien. Le premier ennemi du chevalier est donc lui-même. N’oublie pas qu’il est impossible de changer les autres, mais que l’on ne peut se changer que soi-même. La tentation est grande de succomber au côté obscur de la Force. C’est plus facile, plus rapide, plus avantageux à bien des égards… surtout matériels. Mais c’est bien ton âme que tu risque de perdre. Tout le monde s’imagine le côté obscur tel un seigneur Sith, sombre combattant. Les manières de succomber sont hélas bien plus nombreuses.

Il existe en effet une tout autre tentation pour le chevalier : celle de devenir un Moldu. Le Moldu qui sommeille en chacun de nous est certainement notre pire ennemi. Il est là, avachi devant son ordinateur et ne sait rien faire d’autre que de consommer, râler contre ce qui ne dépend pas de lui et faire des choix orientés uniquement vers la facilité et la rapidité, vers son confort et sa sécurité. Il refuse toute sorte d’aventure et ne réfléchit jamais aux choses qui dépendent de lui, en parfait rouage d’une machine économique. Telle est la sombre tentation qui habite chaque chevalier : basculer progressivement vers une vie facile et confortable, mue par l’ignorance et la peur, le consumérisme et la paresse.

Voilà, mon cher padawan, où est ton ennemi. Caché au fond de toi, il te murmure des paroles qui semblent être sages et prudentes, mais qui te font glisser lentement vers la mollesse d’esprit. Ce monde contemporain te changera en véritable guimauve si tu n’y prêtes pas attention. Et tu sais parfaitement qu’il est impossible de construire quoi que ce soit avec de la guimauve. Je vais donc maintenant te donner quelques exercices pour combattre l’ennemi moldu qui est en toi, en suivant ce précieux précepte des chevaliers : prier avant de réfléchir, réfléchir avant d’agir. Car tu sais bien que la première arme du chevalier n’est pas dans sa main mais dans son esprit.

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Mathieu Bock-Côté : «L’homme sans civilisation est nu et condamné au désespoir»

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – A l’occasion de la sortie de son nouveau livre,Mathieu Bock-Côté a accordé un entretien fleuve à FigaroVox. L’intellectuel québécois y proclame son amour de la France et fait part de son angoisse de voir le multiculturalisme détruire les identités nationales.

Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie et chargé de cours aux HEC à Montréal. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l’auteur d’Exercices politiques (VLB éditeur, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire (Boréal, 2007). Mathieu Bock-Côté est aussi chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique vient de paraître aux éditions du Cerf.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio@Alex_devecch

En tant que Québécois, quel regard portez-vous sur la société française?

Je m’en voudrais d’abord de ne pas dire que j’aime profondément la France et que j’hérite d’une tradition très francophile, autrefois bien présente chez nous, qui considère encore un peu votre pays comme une mère-patrie. La France, en un mot, ne nous est pas étrangère. Vous me pardonnerez ces premiers mots, mais ils témoignent de mon affection profonde pour un pays avec lequel les Québécois entretiennent une relation absolument particulière. En un mot, j’ai le sort de la France à cœur!

La pénétration de l’idéologie multiculturelle, que vous dénoncez dans votre livre, est-elle en France aussi forte que dans les pays d’Amérique?

Le multiculturalisme prend un visage tout à fait singulier au Canada. Au Canada, le multiculturalisme est inscrit dans la constitution de 1982, imposé de force au Québec, qui ne l’a jamais signé. Il a servi historiquement à noyer le peuple québécois dans une diversité qui le privait de son statut de nation fondatrice. Pierre Trudeau, le père de Justin Trudeau, était radicalement hostile au peuple québécois, à son propre peuple, qu’il croyait traversé par une tentation ethnique rétrograde. C’était faux, mais c’était sa conviction profonde, et il voulait désarmer politiquement le Québec et le priver de sa prétention à constituer une nation.

Dans l’histoire du Canada, nous étions un peuple fondateur sur deux. Avec le multiculturalisme d’État, on nous a transformés en nuance identitaire parmi d’autres dans l’ensemble canadien. Il faut rappeler ces origines oubliées du multiculturalisme canadien à ceux qui n’en finissent plus d’idéaliser un pays qui a œuvré à oblitérer sa part française.

Je vous donne au passage ma définition du multiculturalisme, valable au-delà du contexte canadien: c’est une idéologie fondée sur l’inversion du devoir d’intégration. Traditionnellement, c’était la vocation de l’immigré de prendre le pli de la société d’accueil et d’apprendre à dire nous avec elle. Désormais, c’est la société d’accueil qui doit se transformer pour accommoder la diversité. La culture nationale perd son statut: elle n’est plus qu’un communautarisme parmi d’autres. Elle devra toutefois avoir la grandeur morale de se dissoudre pour expier ses péchés passés contre la diversité.

Retour au Canada. Au fil du temps, le multiculturalisme canadien s’est autonomisé de sa vocation antiquébécoise et en est venu à représenter paradoxalement le cœur de l’identité canadienne. Il a remplacé ce qu’on pourrait appeler l’identité historique canadienne par une identité idéologique fondée sur la prétention. Ce qui tient lieu d’identité commune au Canada aujourd’hui, et cela plus encore depuis l’arrivée au pouvoir de Justin Trudeau, que la France regarde étrangement d’un air enamouré, c’est le sentiment d’être une superpuissance morale, exemplaire pour l’humanité entière, une utopie réussie représentant non seulement un pays admirable, mais la prochaine étape dans le progrès de l’humanité.

L’indépendantiste québécois que je suis a un regard pour le moins sceptique devant cet ultranationalisme canadien qui conjugue la fierté cocardière et l’esprit post-moderne.

Plus largement, au Canada, le multiculturalisme sert de machine à normaliser et à banaliser les différences les plus extrêmes, les moins compatibles avec ce qu’on appellera l’esprit de la civilisation occidentale ou les mœurs occidentales. C’est le pays du communautarisme décomplexé, c’est aussi celui où on peut prêter son serment de citoyenneté en niqab avec la bénédiction des tribunaux et du premier ministre, qui y voit une marque admirable de tolérance.

C’est le pays qui banalise sous le terme d’accommodements raisonnables un relativisme généralisé, qui peut aller très loin. C’est le pays où certains iront même jusqu’à dire que le niqab est peut-être même le symbole par excellence de la diversité canadienne, puisque son acceptation par les élites témoigne de la remarquable ouverture d’esprit de ceux qui le dirigent et des institutions qui le charpentent. Pour le dire autrement, le Canada pratique un multiculturalisme à la fois radicalisé et pacifié.

En France, le multiculturalisme semble moins agressif …

Il domine aussi l’esprit public mais n’est pas nécessairement revendiqué par les élites, qui entretiennent, à travers la référence aux valeurs républicaines, l’idéal d’une nation transcendant sa diversité. On sait bien que la réalité est autre et que la référence républicaine s’est progressivement désincarnée et vidée de sa substance nationale depuis une trentaine d’années.

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Pour une écologie chrétienne :

À Noël, le Christ vient « pour redonner à la création, au cosmos, sa beauté et sa dignité » a déclaré Benoît XVI. Au cœur de la nuit et de l’année solaire, cette nuit de Noël renferme une théologie de « l’écologie humaine ». Que faut-il penser de la prédilection avec laquelle le pape évoque l’urgence écologique. Est-il, ce faisant dans sa fonction de pape. Nous avons posé cette question à Alexis Arette.

Jardin d'Adam

Alexis Arette, cela fait des années que le paysan béarnais que vous êtes parle d’écologie à qui veut l’entendre. Quels sont vos titres pour évoquer cette question ?

C’est par l’effet d’une vocation contrarié que je suis devenu écologiste. Dans la famille, on était tous militaire ou paysan. Personnellement, j’aurais préféré l’armée, mais, après une expérience militaire en Indochine, je suis redevenu paysan. Il fallait bien reprendre la terre ! J’habite aujourd’hui, à Momas, ce qui est sans doute la plus vieille maison béarnaise : 1194 est la date inscrite au fronton de la porte. Dans cette maison, j’ai fait longtemps de l’élevage biologique. C’est en tant qu’agrobiologiste que je peux parler d’écologie.

Vous vous revendiquez comme écologiste ?

Je crois que dans l’écologie, il y a deux écoles rivales. Il y a d’abord une école matérialiste dont le fondateur est Ernst von Haeckel, célèbre biologiste allemand, mort en 1919, qui pensait que « la politique c’est de la biologie appliquée ». Darwinien résolu, ses théories ont été récupérées pour justifier le racisme ou l’eugénisme. Et puis il y a une autre école à laquelle je m’honore d’appartenir. Si l’on se réfère à l’étymologie, oikos désigne l’habitat. Et logos, c’est la science bien sûr, mais pour nous chrétiens, c’est aussi le logos. Le Verbe, « par qui tout a été fait » et qui est présent dans la création. Il nous faut raisonner selon ce logos, en sachant que la création nous ramène toujours au Créateur. Je préférerais d’ailleurs parler d’écosophie : il s’agit d’examiner avec sagesse la nature de manière à l’empêcher de déchoir. Lorsque je parle de la nature, j’envisage bien sûr d’abord la nature qui nous entoure, mais j’y inclus notre propre nature. Qu’on le veuille ou non, il y a une dimension morale de l’écologie, qui consiste à aimer ce qui nous fait vivre et à détester ce qui nous fait mourir. Toute la Bible, la Loi et les Prophètes, c’est cela !

Pourquoi faut-il tant tenir à la nature ?

La création telle qu’elle se présente à nous est réglée par une loi homéostatique et on peut dire que la nature, c’est cela. Lorsqu’il y a un coup de chaleur par exemple, on constate que ce sont plutôt des fleurs claires qui poussent et qui repoussent la chaleur. Au contraire, dans le froid, on a plutôt une végétation sombre. C’est lorsque l’homme ne respecte pas cette autorégulation qu’apparaît le désert, que ce soit au Sahara ou au Negueb. C’est le professeur Louis Kervran, qui, à la fin des années 1950, a découvert cette propriété de la matière vivante, que sont les transmutations biologiques à faible dégagement d’énergie, à partir d’éléments naturels stables pour aboutir à d’autres éléments naturels. Il a observé par exemple que dans un sol où manque le calcium, on voit proliférer les ravenelles, qui en contiennent beaucoup et qui, en mourant le lui restituent. Il fait la même remarque à propos des prêles, qui apportent de la silice. Les plantes sont de véritables laboratoires, qui sont capables de transmuter certains éléments du sol en d’autres. Elles peuvent aussi apporter beaucoup à notre organisme. On peut dire qu’on touche du doigt le rêve des alchimistes, qui était de transformer le plomb en or : en ajoutant ou en retirant une particule à un atome, on change un corps. Les travaux du professeur Kervran n’ont pas encore été exploités selon leur véritable portée !

Vous croyez vraiment qu’il est question de cette régulation homéostatique dans la Bible ?

Non bien sûr, ce n’est pas à la Bible de nous parler de cela. Mais la Bible (comme d’ailleurs le livre iranien de l’Avesta) nous présente Adam, au commencement, sous les traits d’un jardinier. Son rôle est d’entretenir la création et Dieu le prévient que dans le jardin, il y a un fruit venimeux. Le Créateur le prévient qu’il ne faut pas le manger, mais lui ne veut pas l’écouter. Il croit que le Jardin, c’est sa chose à lui. Et du coup aujourd’hui, il ne nous reste plus que le souvenir de cet état bienheureux, alors que sur la terre en ce moment la ronce est plus fréquente que l’arbre à pain. Cette image d’Adam comme jardinier de l’univers est corroborée dans le Nouveau Testament. Lorsque le Christ apparaît après sa résurrection à la personne qui nous ressemble le plus, cette pécheresse de Marie-Madeleine, il lui apparaît sous les traits du jardinier. Il est le nouvel Adam, qui est là pour rédimer la création qu’Adam a perdue.

Vous voulez dire que nous devons nous aussi cultiver notre jardin ?

Je crois que c’est à partir de notre service de la nature que nous revenons au Créateur de la nature, pour lui rendre ce qu’il nous a donné. C’est le circuit de l’amour, qui est toujours la restitution du don. Rendre à Dieu ce qui nous a été donné par Dieu. Pour nos ancêtres, qui étaient des agriculteurs itinérants, le circuit de l’amour a pu commencer par la méditation d’une bouse de vache. On constate que la touffe d’herbe qui sort de la bouse de vache est plus vigoureuse que celle qui sort du sol. En rendant ce qu’on lui a donné, la vache contribue à l’amélioration du sol. Eh bien ! Nous aussi, il nous faut rendre tout ce que Dieu nous a donné et c’est lui qui va nous transmuter dans la résurrection. Regardez la résurrection du Christ : n’est-ce pas une transmutation atomique du corps physique du Christ en un corps de gloire ?


 

Alexis Arette en huit dates :

Né en 1927. Part en Indochine en 1949 (blessé, légion d’honneur médaille militaire). 1953 : reprend la ferme de ses parents. 1957 : premier paysan de France, interviewé à ce titre par Jacques Chancel. 1967 : crée le festival de Siros, dédié à la chanson béarnaise. 1970 : vice-président de l’Académie de Béarn. 1984 : président de la Fédération Française de l’Agriculture. 1988 : conseiller régional d’Aquitaine.

Objection

Le retour de l’anneau de Sainte Jeanne d’Arc

Ce dimanche 20 mars 2016, jour de l’équinoxe de printemps chassant l’hiver avec une journée d’avance et coïncidant avec le dimanche des Rameaux ouvrant la semaine Sainte, le Groupe d’Action Royaliste s’est rendu à la cérémonie d’hommage à l’anneau de Jeanne d’Arc au Puy du Fou. Sous un soleil éclatant, la journée s’annonçait mémorable.

Chevaliers

Arrivés en fin de matinée, la cérémonie commençant seulement à 14h, nous avons décidé de nous rendre non loin du Puy du Fou, au Mont des Alouettes situé sur la commune des Herbiers. Il s’agit d’une colline culminant à 232 mètres qui offre un magnifique panorama sur le bocage Vendéen, où abondent les points de vues, les baies pittoresques, les rochers finement ciselés par la pluie et gardés par des ajoncs aux épines défensives. Ce fut un haut lieu des Guerres de Vendée, comme nous l’indique le tympan de l’élégante chapelle néo-gothique «1793, la Vendée fidèle» ; fidèle au Roi de France contre la frénésie révolutionnaire.  Cet endroit, particulièrement venteux, était autrefois très prisé par les meuniers de la région comme l’attestent encore aujourd’hui les trois moulins à vent récemment rénovés. Ces moulins avaient également une fonction stratégique entre 1793 et 1794, lorsque les Républicains vinrent mater les insurgés royalistes, et particulièrement lors de l’arrivée des colonnes infernales de Turreau. Ils servirent de télégraphe optique pour annoncer les nouvelles. En fonction du mouvement des ailes, différents signaux étaient annoncés aux Vendéens, de collines en collines, pour signaler tout mouvement ennemi. Victorieux, les troupes barbares révolutionnaires, incendièrent les moulins et seuls les trois en place aujourd’hui ont été restaurés.
Sur l’un d’eux est apposé une citation d’un sénateur de la IIIe République, Jean Yole :  «C’est le rôle de chaque génération de recueillir ce que la tradition détient de sages leçons, d’énergies accordées, pour en ensemencer les réalités futures. La tradition, c’est le pied-mère. Le progrès, c’est le greffon.»
En descendant du côté gauche de la chapelle, nous sommes tombés sur une stèle commémorative en l’honneur du bon roi Louis XVI, érigée en 1993, soit deux siècles après sa mort.

Monument Louis XVI - Vendée

Le cruel hiver de 1428-1429 allait finir, laissant une longue traînée de deuils, de misères et de désespoirs… La France, vaincue, trahie, était devenue la proie des Anglais, et les horreurs de la famine, du brigandage et de la guerre civile achevaient l’œuvre maudite de l’invasion. Dans les campagnes ravagées, les champs étaient en friche, les chaumières en ruine, les églises incendiées. Les populations affolées, terrifiés, hantés, fuyaient vers les villes sans nourriture, n’emportant que leurs souvenirs, ou se retiraient au fond des forêts, leur plus sûre retraite !

L’herbe, les ronces poussaient dans les rues de Paris dépeuplé et dévasté ; la nuit, les loups venaient disputer leur maigre repas à ses derniers habitants…

Lors de cette époque de larmes et de sang, comme de nombreuses fois dans l’Histoire, la France était au bord de l’anéantissement. C’est toujours lorsque les événements sont les plus dramatiques que la France reçoit un coup de pouce du Bon Dieu, lui permettant de se relever, de renaître de ses cendres tel le Phénix. Le Seigneur choisi ce moment pour faire parvenir à la France Jeanne d’Arc, lui confiant la mission de sacrer à Reims le Dauphin Charles, dit «Roi de Bourges », représentant le dernier rempart des Français restés fidèles à la cause nationale. Sa seconde mission était de bouter hors de France l’envahisseur Anglois.

C’est dans l’enclos potager paternel, que ses voix s’adressèrent à elle.
Jeanne entendit : «Jeanne la Pucelle, fille de Dieu, sois bonne et sage enfant ; mets ta confiance au Seigneur… Jeanne, il faut que tu ailles en France !». Elle regarda autour d’elle et ne vit personne, mais une grande clarté brillait à droite de l’église. Elle resta toute saisie devant la révélation de sa destinée. Bientôt Jeanne entrevit dans un nimbe lumineux l’image ailée de Saint Michel avec son armure éclatante, son épée de flammes, victorieuse de l’Esprit des ténèbres et du mal. Toute une cohorte céleste environnait le vainqueur de Satan, étincelant de lumière et radieux de beauté !

Jeanne, effrayée, tomba à genoux et ferma ses yeux… Lorsqu’elle les rouvrit, l’apparition était toujours là, mais cette fois elle put en supporter le divin éclat. «Je suis l’archange Michel, dit la voix. Je te viens commander de la part du Seigneur que tu ailles au secours du dauphin Charles, afin que par toi il recouvre le royaume de France, qui est celui de Jésus.»
Jeanne lui répond en tremblant : «Messire, je ne suis qu’une pauvre fille des champs. Je ne puis ni chevaucher, ni conduire des hommes d’armes !
– Va, fille de Dieu, reprit l’archange
– Mais je ne saurais, messire. 
– Dieu t’aidera et te donnera pour conseil Sainte Marguerite et Sainte Catherine. Tu iras trouver le capitaine de Baudricourt à Vaucouleurs. Par deux fois, il te rebutera, mais la troisième il te fera mener au Roi.
– Suis-je donc la Vierge annoncée par la prophétie ? 
– C’est toi qui sauvera la France et fera sacrer le roi à Reims !
– Ayez pitié de votre servante, messire !
– Va, fille de Dieu, et chasse les Anglais du royaume !

Et la vision disparut, remontant vers le ciel…

La suite nous la connaissons, Jeanne renouvelant  le Pacte de Tolbiac, alliance qu’a fait Dieu avec Clovis en 496, créant le lien éternel entre lui et le royaume de France, conduisit Charles a Reims pour être sacré Roi, ce qui permit la longue reconquête et l’expulsion des Anglais hors du royaume.

Revivez le parcours de Jeanne dans cette vidéo élaborée par SacrTV «Jeanne de Domrémy à Rouen»

 

Avant son procès à Rouen, les Bourguignons l’avait préalablement capturée à Compiègne, le 23 mai 1430. Emprisonnée, elle fut mise «aux enchères» pour 10 000 écus. Personne en France ne souhaita apporter cette somme, et c’est finalement les Anglais qui mirent l’argent sur la table afin de la livrer à Pierre Cauchon, évêque de Beauvais et allié des Anglais. Lors de son arrestation, les Bourguignons, en vue de son jugement pour sorcellerie, gardèrent comme pièce à conviction l’anneau de Jeanne, présent offert par ses parents et sur lequel était inscrit «Jhesus Maria». Jugée coupable, Jeanne fut conduite au bûcher le 30 mai 1431, et brulée vive. Seul son cœur restera intact, sous le regard abasourdi du bourreau. Quant à l’anneau, dernier objet ayant appartenu à la Pucelle, le cardinal de Winchester, Henri Beaufort, le récupéra pour le donner au Roi d’Angleterre. Ainsi depuis 1431, soit six siècles, l’anneau de Jeanne d’Arc, s’est vu confié de générations en générations au sein de la famille Cavendish-Bentinck, jusqu’à ce que son dernier propriétaire anglais finisse par le mettre aux enchères le 26 février 2016, à Londres.

C’est l’avocat et écrivain, Me Jacques Trémollet de Villers qui, venant de commettre un livre sur le procès de Jeanne à Rouen, a averti son ami Philippe de Villiers de la prochaine mise aux enchères de l’anneau – lui-même était au courant de son existence grâce à ses recherches pour écrire son livre. L’authenticité de l’anneau étant quasi-sure, Philippe de Villiers songe donc à participer à l’enchère afin de rapatrier en France cette relique johannique, éminemment symbolique. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, décida de réunir les fonds nécessaires pour acquérir l’objet, via La Fondation Puy du Fou Espérance et surtout grâce à de nombreux donateurs anonymes. A Londres, les Français remportèrent l’enchère le 26 février 2016. L’anneau de Jeanne d’Arc sera bien de retour six siècles après sa mort, dans ce qu’elle appelait « Le Saint Royaume de France » !  Acquis contre la somme de 376 000€, Philippe de Villiers, eu la bonne idée de dire que la France venait de payer les 10 000 écus réclamés par les vils bourguignons en 1431 pour la libération de Jeanne. Évidemment ce n’est « que » son anneau mais le symbole est fantastique !

Le 4 mars, Nicolas de Villiers, est allé chercher l’anneau à Londres, et décida qu’en ce 20 mars, dimanche des Rameaux, le précieux serait présenté au peuple de France.

Le dimanche des Rameaux, qui précède la semaine Sainte, commémore l’entrée solennelle de Jésus Christ à Jérusalem ainsi que Sa Passion et Sa mort sur la Croix. Si la comparaison est possible, le retour de l’anneau en ce jour des Rameaux est visible comme un signe.

Dimanche 20 mars, 14 heures, la foule se masse à l’entrée du parc. Beaucoup de familles, visiblement catholiques, ont fait le déplacement pour cet événement historique. Nous constatons la présence massive de jeunes, d’enfants et de cadets, ce qui est bon signe et réellement vivifiant ! Les bannières, drapeaux, gonfanons et oriflammes de l’Ancien Régime claquent au vent, dévoilant leurs riches couleurs. Nous distinguons évidemment les armes de Sainte Jeanne d’Arc, les armoiries de Charles VII, et beaucoup d’autres étoffes fleurdelisées ! L’ambiance est au beau fixe, quelques musiciens jouent des airs médiévaux, les prêtres discutent avec des parents et des militaires d’un bataillon de St-Cyrien… La sécurité donne l’alerte de l’imminence de la cérémonie, les gens sont invités à se rendre dans la cour du château style Renaissance italienne, ou pour ceux qui le souhaitent, de rester sur les accotements de l’allée principale pour admirer les départs des différents cortèges de célébration. C’est ce que nous avons fait.

Les premiers appelés furent les militaires en costumes d’apparat de l’école d’officiers de St-Cyr avec leur fanfare, jouant la magnifique musique «Terres Nord-Ouest»,  hymne du corps d’Artillerie des régions occidentales. Leur parade se terminant dans l’enceinte du château, ils formèrent deux haies d’honneur de chaque côté de l’entrée principale, pour accueillir le second cortège, le plus attendu.

Puis, résonne dans l’air, le sublime chant «Le Secret de la lance, le Cri de Jeanne», interprété par une douce voix. Le public, ayant à peine terminé ses applaudissements pour les St-Cyriens, ne fait plus aucun bruit. Visiblement ce chant entre dans les cœurs de certains français au vu des larmes sur les joues, de quelques dames notamment. Même nous, brutes patibulaires, sommes pris de chair de poule, c’est dire !
A la fin de cette mélopée cristalline, nous voyons arriver de l’entrée du parc, des bannières, de la cavalerie, des fantassins et chevaliers, venant vers nous. Il s’agit du cortège cérémonial qui amène l’anneau pour la présentation au peuple de France, et vers son ultime demeure en la chapelle du château du Puy. Arrivé à notre hauteur, nous sommes transportés six siècles en arrière, aux temps médiévaux : la cavalerie lourde de Seigneurs précède quelques chevaliers à pieds, des bannerets, écuyers et porte-étendards. Viennent ensuite des enfants en costume de villageois d’époque, portant des bouquets de fleurs jaunes et des rameaux. Un groupe de figurants habillés en Poilus, portant le drapeau tricolore républicain ferment la marche, suivis de près par une jeune cavalière interprétant Jeanne d’Arc en armes avec étendard. C’est enfin le tour du palanquin de la cloche abritant l’anneau, porté par des chevaliers. La cohorte de cottes de mailles et de heaumes se termine par des cavaliers lourds. Leur entrée dans la cour, où se tiennent 5000 français prêts à les acclamer, se fait magistralement. Les cadets de St Cyr ayant formé deux haies d’honneur, accueillent ces soldats d’une autre époque sabres au clair, comme un passage de témoin historique !

Saint-Cyriens et chevaliers

L’anneau de Sainte Jeanne d’Arc est enfin arrivé au terme de son périple à travers les siècles sous un tonnerre d’applaudissements !

chevaliers au palanquin

C’est enfin le moment des discours des trois tribuns de ce jour : Me Jacques Trémollet de Villers, auteur de «Jeanne d’Arc, le procès de Rouen», Franck Ferrand, animateur de l’émission  «Au cœur de l’Histoire» sur Europe 1 et enfin Philippe de Villiers, que l’on ne présente plus. Le tout orchestré par Nicolas de Villiers.

Ces orateurs nous ont offert de fabuleux discours.
Extraits.

Trémollet de Villers, nous raconta tout d’abord l’histoire de l’anneau depuis la condamnation de la Pucelle d’Orléans : «L’objet de vénération est déjà là, la source d’énergie le sera pour les temps nouveaux qui s’annoncent, un vrai printemps, pour cette terre que Jeanne appelait le Saint Royaume de France»

 

Ferrand, salua ensuite la «puissance d’illumination de Jeanne, symbole d’une force de résistance, d’une énergie, d’un amour de son pays. […] Jeanne est celle qui nous relie à une forme de transcendance, elle est en quelque sorte, un lien, vers des forces, qui sont des forces célestes»

 

Sainte Jeanne d'Arc

 

Enfin, Philippe de Villiers, dévoila une information absolument incroyable : depuis l’acquisition de l’anneau, beaucoup de personnes étaient dubitatives sur son authenticité. Peu avant le 20 mars, une équipe de spécialistes en orfèvrerie médiévale a certifié comme authentique la relique Johannique. Il n’y a plus de doutes, il s’agit de l’anneau porté par la Sainte. La perfide Albion ayant certainement eu vent de cette tonitruante annonce décida, un jour avant la présentation aux Français, de récupérer l’anneau. Elle somma le Puy du Fou de leur restituer l’objet, osant dire, avec toute la morgue britannique, qu’il faisait parti de «  leur patrimoine historique » ! Incroyable et monstrueux culot !  Voici, en substance, ce qu’a dit De Villiers, qui ne compte pas se laisser faire :

«Il y a un élément nouveau dans le périple de l’anneau de Jeanne depuis hier. Cet élément vient d’Angleterre. Le gouvernement britannique vient d’adresser à notre avocat maître Terrasse, qui est aussi l’avocat du gouvernement français à Londres, une demande inouïe: le retour de l’anneau à Londres.
Le conseil national des Arts (Art Council), après quelques études rapides aux archives royales et à notre dossier d’expertise, nous a fait savoir qu’il considérait que l’anneau pourrait entrer parmi les «objets de haute valeur symbolique du patrimoine national britannique», et qu’à ce titre il faisait l’objet d’un règlement européen.
Celui-ci stipule qu’il faut une licence d’exportation pour les biens qui doivent quitter le territoire de l’UE. Le Conseil des arts n’a pas caché qu’il se réservait la possibilité de préempter, pour le compte de l’État britannique, l’anneau. Le gouvernement britannique pouvait faire valoir son droit de préemption avant la vente, il ne l’a pas fait, et le regrette.
«Le Puy du Fou se réjouit de cette demande qui vient authentifier l’anneau dans son historicité et répond ainsi aux historiens bourguignons», déclare non sans malice Philippe de Villiers.

«La question essentielle, je vous la pose: l’anneau de Jeanne D’Arc fait-il partie du patrimoine national de l’Angleterre ?», s’exclame le fondateur du Puy du Fou.

Aussitôt la foule hue sa désapprobation.

Deuxième question : «l’anneau de Jeanne fait-il partie du patrimoine français ?»

Le public approuve avec enthousiasme.

«Nous porterons votre réponse à l’Angleterre et leur dirons ceci: si des Anglais veulent voir l’anneau qu’ils ont négligé à Londres pendant six cents ans, alors ils sont les bienvenus “Welcome to the Puy du Fou”. Aux autres, je dis “it’s too late”, l’anneau est en France, et il y restera ! », proclame-t-il sous un tonnerre d’applaudissements !

Nicolas de Villiers présente une jeune fille, qui elle aussi clame son amour pour la Pucelle. Les discours s’achèvent, c’est le temps de la levée des drapeaux !

Sous l’air de «La Marche de Robert de Bruce», hymne joué en France par la garde rapprochée écossaise de Jeanne lorsqu’elle entra victorieuse à Orléans, commença la levée des l’oriflammes.

La Marseillaise retentit ensuite. Nous pouvons le déplorer, mais n’oublions pas que même si des millions de Français ont donné leurs vies à cause de la broyeuse de peuples qu’est la République, c’est tout de même du sang français qui a coulé.Des millions de braves, de bonnes âmes françaises, se sont sacrifiés car ils combattaient avant tout pour la France. N’oublions pas d’honorer ces morts comme il se doit. La levée du drapeau Tricolore se fait péniblement, visiblement coincé, c’est avec bien du mal qu’il arrive au sommet du mat, sous les rires amusés de certains spectateurs. Nous y avons vu le signe de l’affaiblissement du régime actuel, et comme nous en parlions avec un vieux royaliste sur place, la République va s’effondrer très rapidement.

Ensuite, vint un grand moment pour nous avec le discours absolument magnifique d’André Malraux sur Sainte Jeanne d’Arc.

 

Autre grand moment, l’émotion se répand parmi les 5000 personnes présentes, lorsque les St-Cyriens chantèrent le poème de Charles Péguy «Heureux ceux qui sont morts» :

 

Comme magnifique bouquet final de la cérémonie, avant la présentation individuelle de l’anneau d’une Sainte Patronne de la France dans l’intimité de la chapelle du «Sommet des Hêtres», nous avons eu le droit à un nouveau chant des officiers de St-Cyr, écrit tout spécialement pour ce moment historique. Ce morceau absolument magnifique, «Rappelle-toi Jeanne», fut joué sur la mélodie de «La Marche de Robert de Bruce», composée au XIVe siècle

Cette journée mémorable, gravée à jamais dans notre mémoire et nos cœurs de français, s’acheva par une visite individuelle ou en petit groupe de l’anneau et certainement, l’âme de Jeanne était avec nous. Les quelques 5000 français présent en ce jour, furent des privilégiés éphémères, ayant pu voir le précieux artefact avant tout le monde. Il ne sera visible pour tout le monde qu’à partir du mois d’avril et selon certaines modalités de sécurité, car, comme l’a dit Nicolas de Villiers, l’anneau n’est pas à l’abri des vols et c’est pourquoi il demanda, en plaisantant, aux St Cyrois, de veiller pour le protéger des voleurs Anglais !

Ce fut un jour historique riche en émotions, car comme l’a si bien dit Philippe de Villiers, cet anneau n’est pas qu’un objet, c’est un signe d’espérance pour notre chère France. La Mission Divine de Sainte Jeanne d’Arc n’est pas terminée a-t-il ajouté. En tant que royalistes et membres du Groupe d’Action Royaliste, c’était un devoir d’y être, et nous ne le regrettons pas !

Je vais terminer sur ma vision personnelle de Ste Jeanne, en trois points qui me viennent à l’esprit :

  • Elle montre le lien vital qu’a la France avec Dieu, car elle s’est battue, non pas comme certains essaient de nous le faire croire, pour le peuple, mais pour Dieu. Le Seigneur lui a confié deux missions : amener le Dauphin à Reims, qu’il se fasse sacrer roi de France, et bouter l’Anglais hors du royaume. Son action de grâce, son Saint-Sacrifice, prouve que lorsque le peuple Français est en osmose avec le Christ, la France est en symbiose avec Dieu. Et si elle s’est battue pour Dieu, pour le roi, le peuple n’est pas oublié, loin de là, car peuple et roi ne font qu’un !
  • Elle donne un vigoureux coup de pied aux hystéries féministes conduisant, dans l’immense majorité des cas, à la haine de l’homme blanc. Imaginez un peu une jeune femme, vierge, fervente catholique, s’est battue, en nom Dieu pour le roi de France, pour la monarchie de Droit Divin, régime prétendu obscurantiste où les femmes furent maltraitées. Était-elle folle ? Non, n’en déplaise aux Caroline Fourest en herbe, des milliers de soldats, brutes épaisses, gaillards robustes et barbares, comme le fidèle compagnon d’armes de Jeanne, Lahire, l’ont suivi les yeux fermés. Ils étaient prêts à lui donner leurs vies. Il n’y a que dans le pays qui adore la Vierge Marie, qu’une héroïne comme Sainte Jeanne d’Arc est possible. Cherchez bien… cela n’existe dans aucun autre pays au monde.
  • Elle n’est ni xénophile ni xénophobe, mais chaque chose a sa place, et une place pour chaque chose. Si Dieu à créé différents peuples, différentes races, ethnies, cultures… ce n’est pas pour en faire une marmelade sans saveurs, un salmigondis cosmopolite sans reliefs… C’est ainsi qu’à son procès, lorsqu’un juge lui demande «Dieu aime-t-il les Anglais ?», elle répond «Oui, mais chez eux !». Les Anglais étaient pourtant chrétiens et blancs, ce n’est pas pour autant qu’elle voulait les voir en situation de promiscuité avec les Français. Le Plan de Dieu  n’est le délire utopiste d’«d’imperium» des peuples blancs, ni celui du métissage industriel.

En tant que patriote français, par conséquent royaliste, futur baptisé en 2017, je suis particulièrement outré de voir que les vaudevillistes républicains, ces gnomes libidineux, ces boursouflures hilares experts en cabotinages, essaient toujours de récupérer l’image de  Jeanne pour leur propre compte, pour irriguer les masses de leur démagogie puante, essayant de prouver un pseudo-patriotisme – inexistant pourtant. Ces morpions parasitant la France, semblent oublier que Jeanne est une Sainte, ce n’est pas une rombière à bagouses, en porte jarretelles comme l’égérie de la république, faisant le tapin pour des salonnards maçonniques.

Je souhaite ardemment que les vrais patriotes ne laissent  plus la Pucelle, se faire souiller post-mortem par ces virus !

Notre jour viendra !

Vive le Roi ! Bevet ar Roue !
Vive le Christ qui aime les Francs !

Mathieu Corvez

 

Les conséquences sociales dramatiques de l’abandon de Dieu :

Notre monde a quitté Dieu et il est triste. (…) Fuir, fuir à tout prix Dieu, fuir les biens et les devoirs spirituels, voilà les conséquences de l’acédie [l’un des 7 péchés capitaux].
Or il est impressionnant de voir combien nos sociétés souffrent de toutes ces manifestations :

Crucifixion
Le désespoir : on fuit Dieu, le but de nos vies. 11 000 suicides par an en France, 164 000 tentatives dont 40% chez les moins de 20 ans !

La dépression : on fuit sa situation pénible, on se fatigue de servir, de lutter pour le vrai, le bon, on ne comprend plus la raison de notre vie souffrante (la France est le 1er consommateur de tranquillisants).

La pusillanimité : on fuit l’effort, les biens difficiles. La chasteté, le mariage, la vie religieuse sont méprisés : divorce, concubinage. On ne veut plus se forcer à tenir la parole donnée, on a peur de s’engager. L’immaturité sexuelle de notre société est révélatrice de cette fuite : le mariage est dévalué, les charges qu’il impose sont refusées (fidélité conjugale, éducation des enfants), la licence sexuelle, faisant usage de pilules et autres techniques pour empêcher les conséquences de son acte, voudrait transformer l’amour en un jeu, sans responsabilité et sans risque.

La négligence ou la torpeur : on fuit son devoir, les commandements. Soit paresse dans le travail, soit surmenage et activisme pour fuir son vide intérieur. On préfère vivre dans le rêve, dans un monde artificiel et superficiel pour fuir les exigences de la vie, car on refuse le combat sur soi-même et contre ses défauts.

La rancœur ou l’amertume pour les hommes qui nous rappellent les biens spirituels : les déguisements d’homosexuels en religieuses, lors de leur triste défilé, en sont un signe.

La malice ou la haine des biens spirituels en eux-mêmes : la facilité avec laquelle notre société tolère qu’on blasphème, qu’on ridiculise ou qu’on calomnie la vérité, le manifeste. Le mauvais roman pamphlétaire Da Vinci code, qui tente de détruire sans vergogne les vérités les mieux établies, même historiquement, en est un signe.

Le vagabondage, l’instabilité intérieure : malaise dans les offices quotidiens, on fuit ses responsabilités pour traîner autour des choses défendues afin de compenser par des plaisirs le dégoût que l’on éprouve dans l’exécration de nos devoirs. On se livre à l’irrationalité, au caprice, on s’abandonne à ses passions pour n’obéir qu’à ses sens et son imagination.

Toutes ces dispositions puériles font ressembler l’acédiaque, comme le révolutionnaire, à un adolescent tiraillé par ses sens qui ne se pose qu’en s’opposant. Sa raison n’a jamais trouvé la maturité : reniement du passé, haine morbide de la tradition héritée, aveuglement devant les leçons présentes, vivant dans son caprice et dans ses songes, se projetant dans l’avenir, ayant la frénésie du virtuel et le délire du changement.
Toutes ces caractéristiques font donc penser psychologiquement à une crise permanente d’adolescence, mais elles sont en fait essentiellement et moralement les symptômes pathologiques de l’acédie.

Abbé Rioult L’apothéose humaine – p. 256

Le Christianisme face au règne de l’argent :

Alors que Moïse faisait l’ascension du mont Sinaï, pour y recevoir les Tables de la Loi, les Hébreux, libérés du joug de Pharaon, impatients de ne pas voir revenir Moïse resté pendant quarante jours et quarante nuits, pressèrent Aaron, le frère de Moïse, de leur construire une idole. Ils firent fondre les pendants d’oreille, les bracelets et les colliers en or qu’ils avaient emportés avec eux.

Avec l’or fondu, Aaron édifia un veau d’or que les Hébreux vénérèrent à l’imitation d’une divinité adorée en Egypte, le taureau Apis. Lorsque Moïse descendit du mont Sinaï en possession des Tables de la Loi, et qu’il vit les Hébreux adorer une idole, attitude contraire au troisième Commandement de Dieu, il fut pris d’une si grande colère qu’il brisa les Tables de la Loi sur un rocher.

Tables de la Loi 2Ce récit Biblique enseigné dans l’Ancien Testament est clair : L’Homme ici-bas sur terre, est et sera à jamais tentés par deux conceptions de l’humanité, celle du monde matériel (incarné par le Veau d’or) et celle du monde spirituel (incarné par les Tables de la Loi) Ces deux visions du monde engendrant chacune des Civilisations bien différentes, où l’une verra l’homme devenir esclave et l’autre le verra comme un être transcendant !

Le penseur grec qui influa le plus durablement sur la pensée de l’Occident pendant deux mille ans, demeure Aristote, dans le domaine économique comme en bien d’autres. Aristote que Dante appellera le Maître de ceux qui savent, interroge la nature et l’expérience plutôt que de bâtir dans l’abstrait une cité utopique comme Platon.
Aristote blâme l’avidité humaine sans limite, autant qu’un Saint Thomas d’Aquin pourra le faire. Le bonheur profond de l’homme, dit-il, n’est pas dans l’acquisition illimitée des biens d’ici-bas, le bonheur de l’homme est dans la sagesse (on retrouvera, tout au long du monde médiéval chrétien et spécialement chez le fondateur du grand ordre monastique bénédictin, ce souci d’équilibrer toujours l’action et la contemplation).
Nous constatons à travers ces lignes combien ce précurseur à partir de l’expérience accumulée par l’observation, dicte les saines lois qui font la sagesse des sociétés et l’équilibre des hommes…
L’avidité sans frein des hommes engendre les plus grands bouleversements. « C’est pour se procurer le superflu et non pas le nécessaire qu’on commet les plus grands crimes », dit Aristote. Et encore : « Toutes les choses qu’on regarde comme utiles sont précisément celles dont la surabondance est nécessairement nuisible ou au moins inutile ». »

Pour ce qui est du Christianisme le message est assez clair en ce qui concerne le rôle des riches :
Au sujet de la richesse matérielle, Jésus enseigna d’abord à ses disciples :
Matthieu 6:24:

Christ 2Nul ne peut être en même temps au service de deux maîtres, car ou bien il détestera l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué au premier et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir en même temps Dieu et l’Argent.
Plus tard, à la suite de la question d’un jeune homme (ou d’un notable, selon les évangiles et les traductions) qui lui demandait que faire pour obtenir la vie éternelle, Jésus donna à ses apôtres l’exemple suivant :
Matthieu 19:21-24

Jésus lui dit : Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Après avoir entendu ces paroles, le jeune homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens. Jésus dit à ses disciples : Je vous le dis en vérité, un riche entrera difficilement dans le royaume des cieux. Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu.
(suite…)